LA LOI DES QUESTEURS
Edgar Quinel passa rautomne de 1850 à Seineporl. Que de fois il décrivait cette vieille habitation qui avait Tair d'un château délabré !
« Un petit mur et de beaux acacias séparaient la maison de la grand'route. On entrait, par un perron à deux escaliers, garnis d'une rampe de fer, dans un vestibule, puis dans une grande salle à manger donnant sur uu jardin rempli d'arbres fruitiers et de magnifiques raisins. A droite, un beau salon avec une antique cheminée où flambait le feu, très nécessaire dans ce pays un peu humide. Le piano entre deux fenêtres, avec mon violon et les sonates de Mozart et de Beethoven.
» La forêt voisine, la Seine traversée çn bac, les
grandes clairières, le cours tranquille du fleuve, un paysage agreste et mélancolique, de belles avenues à perte de vue, la lisière de la forêt profonde, je revois tout cela comme si c'était hier*. y>
C'est là qu'il commença le second volume des Révo^ luttons d* Italie^.
C'est là qu'il passa ses derniers jours de bonheur avec celle dont les vertus ajoutaient un rayonnement à ce sanctuaire de travail et de patriotisme.
Vers la fin de l'hiver, au milieu des symptômes politiques menaçants, avant-coureurs de l'effondrement général, la plus grande des épreuves frappe Edgar Quinet. La mort détruit son foyer : il perd cette noble femme, si religieusement, si passionnément aimée.
Ils avaient assisté ensemble à un bal d'enfants au jardin d'hiver des Champs-Elysées, à la fin de février; elle revint en voiture découverte, prit une fluxion de poitrine et mourut, le 11 mars 1851, à l'âge de quaranteneuf ans, après seize ans de l'union la plus sainte. Edgar Quinet l'a immortalisée sous le nom de VAnge RacheL
M. Michelet, à la prière de son ami, prononça le discours funèbre ^ qui exprimait le deuil et la vénération de tous ceux qui ont connu la première femme d'Edgar Quinet, la compagne de sa vie heureuse.
J'abrège ici (mais pour y revenir ailleurs) le tableau