‹ Edgar Quinet avant l'exilChapitre 60 sur 150 · SAINT-MARC GIRARDIN · texte numérisé non relu

SAINT-MARC GIRARDIN

Comme toujours, Michelet donne à son ami les plus sages avis : « Mesurez bien votre réponse, vous avez affaire à une malveillance qui se possède et n'en va que mieux à son but. » Il poussait vivement cette affaire et disait que les injustices auxquelles Quinet était en butte resserreraient, s'il se pouvait, leur amitié.

La Réponse de Quinet parut, en effet, dans le Temps, les Débats^ le National.

Dans son Histoire de France, M. Henri Martin fut heureux de rendre justice à Edgar Quinet sur cette question

des épopées du xii' siècle. En exposant les vraies origines de la poésie chevaleresque, il trouvait tout naturel de rappeler celui qui a signalé le premier l'importance fondamentale de rélément celtique dans nos romans nationaux, celui qui a compris et deviné d'où sortait tout ce grand flot de poésie amoureuse et féerique dont il n'y a pas trace dans le cycle de Charlemagne.

C'est à vous qu'il appartenait de deviner les bardes, à litre de fraternité. Il me sera doux d'être choisi pour cette œuvre de réparation. Vous avez glorieusement ouvert la porte de ce monde mystérieux où nous voyons aujourd'hui tant de perspectives éclatantes et profondes. La renommée vous est venue par d'autres voies, mais vous avez grandement raison de revendiquer ce premier titre, méconnu par la malveillance et l'ignorance. Vous étiez, dés lors, digne de vous-même *.

J'allais oublier, parmi ses relations mondaines l'aimable famille de Colmar, qu'Edgar Quinet retrouva à Paris, en 1831 ; il était là comme avec des parents. Tout le monde l'aimait dans cette maison; on y faisait de la musique* les enfants chantaient des chœurs, on l'invitait à toutes les soirées, on allait ensemble à l'Opéra.

Une autre amitié de 1831 est celle de sir Peter Smith, le fils du vieil Écossais, beau-frère de madame de Saint- Edme :

« C'était un personnage considérable, directeur au ministère des colonies, chevalier de l'ordre de Saint- Georges; aussi, lors de mon voyage à Londres, en 1825, l'idée ne vint pas à mon ami Smith de me faire faire la connaissance de son illustre fils. Ce n'est qu'après mon

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