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!)lic. autre que celui de M. Henri Martin', en ait attribué l'honneur et le premier mérite à qui de droit.
C'est à la même période de la vie de M. Quinet qu'appartient la publication d'un simple article de sept ou huit pages à peine, mais qui porte ce titre : De l'Avenir de la reHijion^. Dans cet écrit, provoqué sans doute par les nouveautés reliitieuses qui occupaient la France, durant les premiers jours qui suivirent son réveil, surtout par l'utopie sainl-simonienne, Edgar Quinet trace à larges traits le plan de l'œuvre capitale de sa vie, VHistoire des religionSy et en fait entrevoir à l'avance les conclusions suprêmes, l'anéantissement des vieux dogmes ou plutôt leur fusion dans une religion du droit et de la liberté, embrassant le genre humain tout entier.
Un autre opuscule, paru antérieurement (1828), De l'orufiue des Dieux ^, contient le germe du Génie des lelifiions, premier terme du redoutable problème que Î\I. Ouinel aborda en voulant exposer la philosophie de la révélation.
Durant son séjour à Paris, après la révolution de 1850, sans compter M. Miclielet, il voyait dans une intimité de tous les jours, MM. Ballanche, Ampère, Fauriel, Magnin',
' Au l. lY tic son Histoire de France. — Au témoi^riafîc du savant liisloricn. il fanl ajouter niainteiiant celui de M. Saint-Î^em' Taillandier (/î<'rM<' des Deux-Mondes, l" juillet 1858, p. 137-138, notej : « Des savant^^ même, el du premier ordre, repoussaient avec dédain ces innovations qu'ils devaient accueillir plus- lard el confirmer par de nouvelles recherches. M. Haynouard s'indi;;nait qu'on pût voir des éléments celtiques dans les poëmes du cycle <rArthu<. M. Génin niait qu'il y eût des poëmes carlovinjriens en vers de douze syllabes ; l'éditeur (le la Chanson de lioland a prouvi'; depuis qu'il avait mieux étudié, sur les indications de M. Quinet, notre vieille littérature nationale. M. Quinet, en un mot, a donné la première impulsion à ce mouvement d'études qui a débrouillé nos origines poétiques. Il a précédé même dans cette voie le docte et ingénieux Fauriel, qui a été ^u^ tant de points l'iniliateur littéraire du dix-neuvième siècle. »
* Juin 1831, Me'Ianges. Œuvres compltles. t. VI. p. 394-403.
^ Œuvres complètes, t. 1. p. 414- i37.
de Gérando, le baron Massias, madame Piccamier et sa société.
Après la mort de son père, de 18Ô2 à 1853, il fit un vovage en Italie. C'est là qu'en étudiant les monuments, 'es hommes, les mœurs, la religion et les révolutions, à Venise, à Florence, à Home, à >'aples, il finit Ahasvérus\ rêvé au pays nalal, sous les voûtes de l'église de Brou, continué durant son séjour en Allemagne et après son excursion en Grèce. On sait que ce grand poëme en prose, audacieuse tentative littéraire, n'est point, quoiqu'on l'ait dit, un chant de désespoir, mais au contraire un chant de rénovation. On y trouve l'exacte expression d'une maladie qui tourmentait alors le genre humain, et qui le tourmente encore : la maladie de l'attente. Ahasvérus errant, c'est l'esprit enfiévré qui cherche à travers l'ombre le soleil qui va venir, c'est « l'humanité sourdement travaillée dans ses entrailles comme si elle allait enfanter un Dieu . »
Le poëme d'Ahasvérus remua profondément tous les esprits d'élite. S'en inspirant, la princesse Marie, plus artiste que princesse, et dont la mort a été si [irématurée, composa deux admirables bas-reliefs, — le Départ d'Ahasvérus, les Femmes ressuscitées, — et un groupe, — Ahasvérus et Bachel au jugement dernier, — dont il n'existe que trois épreuves, une chez Ary Scheffer, une que doit avoir M. Quinet, une qui était aux Tuileries avant J848. Ary Scheffer lui-même a composé sur deux épisodes à' Ahasvérus deux dessins, dignes de son grand talent. Celui qui représente Rachel au berceau du Christ a été popularisé par la gravure.
A son retour d'Italie, Edgar Quinet fut moins heureux
' T. VII (les Œuvres complètes.