‹ Edgar QuinetChapitre 26 sur 122 · LES ŒUVRES DE L'EXIL · texte numérisé non relu

LES ŒUVRES DE L'EXIL

ruses lie l'ennemi et no Ibndaienl la république qu'en lui donnant une large base morale, assise sur les ruines de la vieille religion des autocrates et des sujets.

Mais il ne suffit pas de préparer théoriquement l'avenir, il faut en même temps dégager le présent des fausses idées qui légitiment et éternisent toutes les réactions. Tel est le but d'un admirable morceau de critique historique, la Philosophie de l'histoire de France, — première partie d'un grand ouvrage auquel 31. Quinet travaille depuis cinq ans, et qui sera la Philosophie de la Piévohition française. — On se rappelle quelle sensation ce morceau produisit dans la i)resse eiu'opéenne aussitôt après sa publication par la Revue des Deux-Mondes. C'est qu'en effet, au choc de ces (juelques pages foudroyantes, une ruine immense venait d'être faite : l'histoire de France officielle, celle que l'on n'a pas honte d'enseigner encore dans toutes nos écoles, dans tous nos collèges, l'histoire officielle n'existe plus! A la place de ce monstrueux amalgame de sophismes, Kdgar Quinet a édifié la vraie théorie de l'histoire, celle qui ne pervertit pas mais moralise, celle qui a pour points d'appui la conscience et la responsabilité des individus et des nations, et non le fatalisme des événements, la glorification quand même du fait accompli.

Quoique ses nouvelles œuvres tendissent toutes à rendre à sa patrie le cœur qu'elle semblait avoir perdu, Edgar Quinet ne se laissait point absorber dans sa profonde douleur de proscrit. Il n'oubliait point qu'il est d'autres nations que l'on dit mortes et sur lesquelles tout écrivain démocrate doit rappeler la vie. En 1 8~(), saisissant avec empressement l'occasion unique du conflit oriental, il reprit la cause des nationalités, pour laquelle il avait tant travaillé dèjà.n.a Revue des Deux-Mondes publia les Roumains, où se Irouvcnl allirmés et prouvés les imprescrip-

tibles droits des Moldo-Valaques à s'unir en corps de nation et à entrer dans la cité européenne.^ Profondément touchés d'un tel appui, les Pioumains des deux Principautés, simples citoyens et boyards, unionistes et non unionistes, oubliant toute divergence d'opinion, se hâtèrent de rédiger et de siyner de nombreuses adresses en l'honnenr

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