‹ Edgar Quinet sa vie et son œuvre CharlesLouis ChassinChapitre 22 sur 66 · V. — LB PORTUGAL · texte numérisé non relu

V. — LB PORTUGAL

Quand Edgar Quinet visita l'Espagne, en 1843 et 184 i, ) il ne voulut paa quitter la péninsule hispanique sans saluer, au moins en passant, le plus petit de nos frères latins, le

* Met VacojÊceien Espagne, ch. xux; la France et la Sainte Alttanee en Portugal, ai» lomealX et X des Œmirea, eomplitâ$,^'^lMatmm, tm

peuple portugais. Embarqué à Cadix sur un vaisseau anglais, il entra en Portugal par le Tage, et lo preniior nioliumeni qu'il aperçut sur la côte, le couvent de Béleai, lui rappela toute l'ancienne histoire , toute Tancienne poésie (lu fier pays de Vasco de Gania, de Magellan, d'Alhnquerque et de (îamoëns. C'est là, en effet, au pied de cette vieille église golhiipje qui seinble ci apfiareillée comme un navire en par lance, » avec ses câbles de pierre rattachant les mâts de misaine dont sont soutenues ses ogives, ses rosaces et ses voûtes; nuiison du Dieu des mers, réunissant toutes les zones terrestres en son architecture scientifique, animale et végétale ; c'est là que s'étend la playe des larmeSy si bruyante autrefois, quand les héros de la découverte jetaient le dernier adieu à la patrie, recevaient d elle la bénédiction suprême, et s'élançaient, sublimes de foi, à la conquête de l'inconnu. Et c'est là encore, sur le seuil du sombre monastère, qu'après avoir creusé les vagues, jusqu'alors berges, des golfes de Guinée, de Malabar et du Brésil, les anciens navigateurs rapporlaient les dépouilles des mondes, débarquaient les trésors des Indes orientales et des Indes occidentales; car Bélem était aussi, comme le dit le grand historien national, Jean Barros, la porte « par laquelle devaient entrer tous les triomphes du Portugal. »

Ije peuple portugais n'a eu qu'un jour dans l'histoire,

celui 011, en franchissant le cap de Bonne-Espérance, il « a rendu 1 Asie à l'Europe. » 11 n a eu aussi qu'un poëte, Camoêns, qu'un livre, les Imiades. Et quel est ce livre? Un des poèmes les plus sublimes qu'ait enfantés le génie humain, le poënie qui ouvre l'ère des temps modernes, « qui,

livre II, cil. ii, Du Gt'nie des religionSy les trois admirables pages consacrées au Portugal et à Caniocns, et à la il* leçon sur le Chrisiioniime et to hiwiMm finmçaise, l« detcription du couvent de Bélem.

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