‹ Edgar Quinet sa vie et son œuvre CharlesLouis ChassinChapitre 31 sur 66 · II. — DE L\ BÉVÉLATION · texte numérisé non relu

II. — DE L\ BÉVÉLATION

Vk-à-vis de la nature, l'iiomme n'est ni un maître ni un ^esdflTe. Lui créé^ la nature, auparavant créatrice, cesse d'enfenter, car en lui s'arrête, résumée el complète, la '

(lcnès(» de la .iiialièie. C'es( maintenant à l'iiommc lil)re, : mobile, pendant qu elle elle reste immuable, de Tache- / ver, de. l'interpréter, de « hit donner une voix\ » de commencer, en un mot, la Genèse de rinlelligence.

Le Génie ilei> reU(iions a précisément pour but de mar- / quer les phases de la Genèse spirituelle, de décrire le spec- ! tade de la créatbn de l'histoire civile par l'homme. Mais', ; pour embrasser tant de sociétés diverses, ])risées sur le \ chemin de Thumanité, pour les comparer les unes aux I autres et en dégager le mouvement général, il faut re- 1 -monter au principe qui renferme Tessence de chacune ; d'elles. Où trouver ce principe? Dans la reliuifui.

Montesquieu ^ avait, au contraire, prétendu établir que ; la principe des lois civiles et celui des rehgions sont deuxj principes corrélatifs n'exerçant Vm sur l'autre qu'unej action pour ainsi dire de hasard; el que si I nn dos deux, en certaines circonstances, domine et transforme l'autre, c'est pttttèt le principe humain du droit que le principè divin du dogme. — I/opinion du ^rand légiste, généralement professée au di\-huitième siècle, lui a survécu. >omkrede philosophes et de pnbUcistes enseignent encore

' Gi'iiit' (h'ft lU'liyioua, livre I, Œuvres compîètcitt tome 1. - De l'Origiiir (tes Dienr. Œuvres, l. I, p. 415. * Esprit des iois, liv. XXIV.

m LES BKUQIONS AKTlQliiS.

que l'élément religieux est « un accessoire sans relation nécessaire avec la vie politique des peuple. »

Edgar Quinet se place à un point deirue diamétralement opposé. Il croit et il prouve « que c'ert la forme poj : litique qui partout s'est réglée sur le moule de l'institution ; religieuse.,., que iareligioii est la loi des kds^ c'eKt4i : I dire celle sur iaqueUe toutes les autres s'ordomieDt...S » ique la substance de la vie civile est la même, » et partant ' jque nul changement dans TËtat n'est une révolution, si ' te changement n a pour base, pour i^aranfie et pour couj ronnem^At une tirasfoiinalioii mdiêdeduDieu jusqu'à- » lors adoré.

Partant donc de cette idée, — que l'on ne connaît pas ; un peuple si Toii ne connaît ses dîieui, — M. Quinet est ' loin de condamner toutes les religions conrnie œuvres de tromperie et d'asservissement, à la manière des hardis démolisseurs du dernier siècle. U examine chacune d'elles avec une respectueuse attention, et cherche si, dans k « poussière divine » amassée par les siècles, il ne reste pas a quelque débris de vérité, de révélation universelle, » utile encore pour animer « l'éclair qui doit tout éblouir ; 'et ramener ta paix que le monde a perdue. » Ainsi, considéré dans son idéal, le Génie des religions est l'histoire de ;|la (( vie de l'Esprit divin à travers les âges. » À La première question à résoudre est celle de la révéia- » tîon. Est^ceDieu qui s'est communiqué à l'homme? Est-ce j rhomme qui, de lui-même, a cherché et trouvé Dieu? Je suis et je résume les idées d'Edgar Quinet. — Avant Thisloire, la configuration des continents empreint l'histoire future de certains grands traits qui jamais ne s'effaceront, ici et là, les races humaines semblent être jetées

* Enseiptemmt du peuple, p. 7-8.

DE Là lœiiLàTiOll.

dam no moule, et du moule partiouUer, de la forme sou* laquelle le monde apparaît à chaque raoe, natt une révél»-

lion spéciale.

i La création, d'abord séparée de son auteur , tend de plus en plus à 86 rattacher à lui par le lien de Tesprit, et la terre enfante véritafblemeni son Dieu dans le travail des âges. >

Chaque continent est un sanctuaire. — L'Asie, la terre des formes végétales et animales monstrueuses, en « son; i . infini visible, « puisera Tidée de rincommensnrriiïit^J , dans le temps et dans Tespace; trouvant son INeu dans j sa riche nature, clic s'arrêtera au panthéisme et aux in-| * carnations. Mais, à l'extrémité de ce ccmtinent plantureux s etasd le grand désert arabe ; là, pour la première fois, l'homme s'élèvera à Vidée pure du Ken-esprit, se pros- * ternera successivement devant des dieux sans corps sans idoles, Jéliovab, Clurist, Allah. A l'Asie est attachée l'Afrique, « la patrie des sables, Tocéan uns iles ; » à Texception de l'Egypte, elle ne produira aucun Dieu à elle, son iulelligeiicc restera serve comme son peuple noir. Alais voici la Grèce, née de l'onde et comme Tonde, mobile : elle circonscrira Timmensifé oriaitale en son artistique petitesse et ses dieux humains ne seront que des formes de l'éternelle beauté. L'Italie s'avance au centre de la Méditerranée pour j régner \ elle ii*aura d autre vrai/ dieu que la cité, la Ville Étemdle, reine du monde ; son: -empire matériel écroulé, elle gardera encore Tempirc spirituel de la papauté. EnOn, entre l'Asie et l'Europe, j ; jparticipant de Tune et de lautre, TAmérique parait être • une terre de médiation, destinée à concilier un jour le . génie de l'Orient et le génie de l'Occident.

Après avoir montré l'unité originelle du genre humain, ^M. Quinet, sans rechercher en quel lieu se fit la premiàre

¥li LES KËUGIONS ANTIQUJÙS.

réunion d'hommes, s*éfu^ieà recbmiaître par quel miracle l'homme est tout à coup sorti de la voie immuable de la nature pour s'élancelr daas la foute houleyersée de This^ toire. Loin d'accepter l'hypothise de Rousseau, de. créer des liomiiies abslrails, il voit naître la société du jour où « d'une manière quelconque, la pensée de la divinité a H jailli de Tesprit d'un homme qui a pu ranncmoer, la

« publier ou Timposer à aes frères. »

c Autoiv du féticfad s^est assemUée bi tnba» un Dîsa niticmai t enfanté la nation; l'unité religieuse a fondé Tunilé politique» et de Tidce de Dieu est sortie la société toute vivante, v

Et, en effet, à Torigine de tous lés peuples, qui re* trouve-t-on ? Ua Manou, un Zoroastrc, un Hermès, unOrphûe, un Moïse, et non pas des inventeurs d'ai U mécanisas, comme le crut ie dix«huitième siècle. Et ces poètes, ces voyants, ees prophètes, où puiseui-îls leur inspiration? Dans la nature ; on les voit constituer l'ordre civil sur ce modèle, en faire comme ce un abrégé de l'univers. »

De ia aorte, Quinet nie d'une manière absolue 1^ commencements enfcnlin» attribués à l'humanité naissante. Du premier élan de l'esprit, elle congoUDieu, révélé par l'organe de la naUire.

« Lc^ jnrnniidos d'Egypte, les temples de Thèbes, ceux de Persépolis, les iiioiuinu nts de Mycèiies, voilà les premières IiuUps du genre humain; et, dans un autre ordre de choses, les livres de Moïse, les poésies d llumère, vQÎlà les livres avec les^els cet entant apprend à lire. »

Une nouvelle ère commence dans la genèse sociale du moment où les peuples, auparatani confondus dans l'unité primilive; manifestent des instincts divers et se séparent. D'après les traditions nationales, même d'après celles des nègres, coniirmées par la science modei'ue, Ihur

DE Ik RÉVÉLATIOiN.

* Hunilé, dès rorigîiie', se disperse eo (rois races. Deux peuples jiimeanir, les Indiens et les Perèans, apparsusent i les j)roniiers. Ceux-là, coiileiiiplatirs, clierclieiit dans le lit de 1 Indus cl du Gange une l elraile naturellement défendue; Us s'endoriBOTt ayee Brahma « parmi les ile«ra « des eaux. » Ceux-ci,' les Mèdes, les Pwrscs, poussés en \ avant par un dieu lutteur, projettent au loin la famille . celtique et germanique, le double génie de l'Occident. I A côté de cette rao^ de Japhet, celle de <Seâi, rénnissant le I génie de la religion à celui de l'industrie, s'clablil d'abord î dans les montagnes entre deux grands cours d'eau, , l*|îupfarate et le Tigre : d'elle naîtront la Ghaidée, lai^hénicié^ la Judée, Cartbage> TArabie; Babylonesera le ecënr de ce |J ■ grand corps qui, possédant les deux ligures visibles de u . .l infuii, le désert et la mer, produira Jéjlia\ab otie Cbris^^ ^; : A TEst, enfin, la deseendiuiee^e Chara«.|ioire|iu^ <di^^ ^' crépus, se eoiifond dansée mystère jificam les peuples fabuleux à têtes de cbien et de loup : elle restera sans voix et^ans Dieu. Les trois acteurs étaïU^^n scène, l'iu^ loîre primitiviK de k 4iSM^ n eii;qiiè:^4^ irainqueurs se superpoaeni aux ▼ainoits et la dSKrenet de couleur sert de premier prétexte à la difiérence des castes. — Le jdeuxième.acte des ém^;rations conunence dès qu'il faut que l'Asie, enocmibréede peuples et de traditions, déborde. Elle porte l'inlelligence et la vie dans les vallées jusque-là muettes de la Grèce, et rémigralion des Hellènes se produit en même temps ^e '}0a Ati^reiiHi ati fixent ein Cbanaan. La Grèce^ d'une exislence Isul exiérieifie, péNt avec ses dieux, tandis que la Judée, se renfermant en ellemême, donnera au monde leUieu univf^sel. C'estàTappel de ce Dieu incùnitU que, kmgtempt, après les migralioa» germaniques se rueront sur le vieux monde et le délritt'ront. rius tard encore, on verra les mêmes destructeurs

276 LSS MlWm AUTRES.

de Borne poUti^pie résumant l'antiquili, éi^er Luther ooQlrala Rome religienae des papes, représenlmt le mcjen

ici se termine le premier livre du Génie des religiom, La ré>élaîion par Vorgamue ie la naiure est prouvée dans son origine et suivie dans ses effets. On peut aborder à

présent la queslion de la tradilion.

m. — D£ LA TRADITION*.

« Toute révélation, dit Edgar Quinet, vient d'Orient, et, transmise A l Occident) s'a^p^ tiaditMu: TAsie a les popliètes, rgorope t .les doeteiin. t

Et il fait remarquer que jamais ces deux mondes ne se mit rapprochés sans que de leur harmonie naisse un Dieu noufeau. Les époques principales de la vie i^ligiense de rhumanité sont marquées par les alternatives d*alliance <Hi de séparation de l'Occident et dé TOrient. Ainsi la première alUance est sediée par la Grèce, qui Tignore i r origine et croit avoir elle-même inventé les dieux, dont le haut Orient lui a fourni les prototypes : son illusion est •ébranlée^ lorsque avec Alexandre oUe retrouve ea mère indemne; et, dès lors, die a fini de vivre. La seconde alliance est nouée par le christianisme naissant, mais pour être brisée bientôt, quand le christianisme, s'exilant du lieu natal, ne &it une pa^ de l'Occident. Durait tout ie moyen âge les^eux mondes vivent séparés : les croisades ne sont qu'un <:hoc. Pour que le lien commence à se renouer, il faut les grandes découvertes du quinzième siècle et la Renaissance. Encore n'est-oe que de nos jours, de|^ts la 6à du dixhuitième siècle, que se produit la iwaMsanoè orien*

* Génie (kt Beli^wn*, \,IU> . * »

DE Là TRADITION. 377

taie. La premMre, ptrtieBlièrement grecqtie et romame,

-« a donné au monde une forme, une parole nouvelle; » la seconde ne produira-i-elle pasua semblable effet? Cellelà a eorrapooda avec k AéCmne ; oelte-ci oe carreqxmd* -elle pa9 avec la RéfdiatiiMil ^

« Tant il est vrai, dit Edgar Quinet, que le passé, en se ereusant^ VI d^h fertOisé l'avenir» et que le premier n^acosi d'*£lfe la prophétie ^ le aecMid lient cBosanmer* »

La tradition orientale, perdue, a donc été retrouvée ; i j tous les jours, elle se retrouve. Et déjà Ton en sent les 1 1 résultai^. A pône ks Porhigak aiTtiait41s. franchi le eap ! ^ de Bonne-Espérenee et touché au rivage iodkn « qu'apparaissaient parmi eux Camoens, mariant en son poème 10rieni et l'Occident. De même, peuaprès Anquetil Uuperron, Bemardîa de Saint-Pierre introduit le naturalisme asia«> tique dans la littérature française. Les grands travaux scientifiques des William Jones, Wilson, Colebrooke, ne passent point sans inspirer et ScheUey et .Bjron. Enfin, Herder, Gœthe, Geerresy RuclMCt, ne sonV-ils pas dqà remplis d'un génie tout oriental? L'Allemagne entière, scellant l'alliance avec sa philosophie nouvelle, n'estelle pas a une sorte d'OrjiBnt cbrétien, une Asie dans TEu- •> rope? »

Le Génie des religions, résumé de plus d'un demi-siècle j . de découvertes et de travaux scientiûques , marque les jj premiers effets de l'alliance nouvelle, et il en resserre Tiii- / • ' timité; c'est là un des grands caraelàres de ce beau livte. ^ * Par lui sjnthélisé, TOrient révélateur restitue à T Occident / m tradition brisée, et Fesprit moderne de l'Europe s'aug* j mente de Timnieaisité de l'esprit unaverseL

Jusqu'alors la piété et PineréduKlé semblaient s'être 4^ntendues pour mécomialtre la tradition profane. Cou^

iS

m LES RELIGIONS AKTXQUES,

traîremeifi au ^cydopMisIés et aox^rétieDi, M. Qoi-

net ne peut pas considérer comme ml ou mensonger tout ce que le genre humaia, durant tant de siècle, a révé, ci^u, affirmé et traduit en- ses nMmflraenta de {râpre^ en ses livres et en ses instilotioiis« Il croit i'heiurè ^Miede rendre

justice aux religions tombées. Selon lui, « toute prophétie n'est pas renfermée dans Jérusalem. » De l'Inde à la Grèce et à Rome, il retrouve ipars lei lauibeaux det'Aaeien Testament dn monde profane, non mmns que celui

des Hébreux, prépai alion et prophétie du Nouveau Testament chrétien.

• Afrhè ^veir approfondi ie chaoi^ des fables païennes^

. Edgar Quinet affînne que malgré la difrérenco des riles, les cuites principaux de l'Orient forment ^uae seulg^et

' même religion partagée m autant de sectes que d'emjmres. L^Asie entière iilte te birade permanent de la nature;

elle a pour formule suprême le panthéisme. Ainsi s'expliquent ses royautés Ihéocratiques, la confusion qu'elle

fiiit du droit pmâaree 1^ dcmtdioBiK Xe Dieu est tout, il possède tout; L'humafHté n'a que VosufruH de ce que le

Dieu (ou le roi, son représentant) détient en inaliénable

(propriété. Ën Gjnàee, l'homme commence à s'adorer luimême; ee f^eÀ j^us le Dieu qui s'incarne, c'est rhomme qui devient Dieu. Par conséquent la volonté s*élèveau rang ' de loi, l'héroïsme au rang de dogme. Le peuple, s'étant couronné sur l'Olympe, ne cherche qu'en lui-môme la . souiee légitime de rAnterité, dn Droit. Legouvanement théocratique de la haute Asie, en Grèce, en Italie, setrans- ' ibrme en aristocratie ou démocratie. Athènes et Rome, ^ répiddiques • « jailliaaent tont armées- du front du genre ' humain déi6é. »^ Ihis vers le tempe d' Afexsndfe se produit dans le paganisme la révolution d'Kvhémèr^./ Les dieux ne représentent plus ni la nature ni rtuuuaoi^ ; on

Sm U TRADITION. • S79

les considère' -cenrnie d^aneîeiu i^ots, ie pmk^ tyrans /

exaltés par la servitude des peuples. Rome adopte sans/ réserve Tidce d'Evhénière, eslinctitm de la foi païenne, et cette .idée crée chez elle une nouvelle sociétés A vrai dire, Rome n'avait jenifiiffed<»rc qu'eUeHnème, enchaînant dans son Capitole, « conyne autant d'otages sacrés, » tous les dieux de l'univers. Sous lempire, le despotisme descend dn:eidl sur la^ terre, les dienx détiennent -mpé' rewrs, ce sont César, Caliguta, Claude, Néron. Pourtant celle décadence de l'histilu lion religieuse a un heureux effet, la sécularisalion de la terre. Le droit j^Wé succède au droit divin^ au prêtre le jurbconsulte.- Le propriétaire^ n'est plus Brahma ou Osiris, mais l'individu. L'homme, isolé de l'univers, par le stoïcisme s'arroge l'indépendance absolue dans le monde moral, « par la loi civile la Souveraineté plênièfe des choses. C'est là l'esprit du droit romain. » Par contre, le premier effel du chrislianisnie ramenant Dieu dans le monde, est de reconstituer les biens

d'Ëgliseyil^4<Wi^ABPMft^^ sainte, le Roi der^ok'ia cUiiii«#«b prince^ ie ^irince au vassal ;

sur la hiérarcliie divine du sacerdoce l'empire se moule. L'opposition du christianisme provoque en mènie temps un effort du pagaitisme pour ee ranimer : i'Ëcole d'Alexandrie, formée des plu8noi>iesmtelligen( es, tentel'impossible ; à force d'être idéalisées, les idées corporelles de l'antiquité s'évanouissent^ V. ? jf ; v v * ^

De la sorte, pénétrant jusqu'au coeiir des révolutions sociales, M. Qninet y a observé ks prineipales. variaibns des religions antiques : apothéose de la nature, paganisme' d'Orient; apotliéose de l'humanité, paganisme grec; apothéose de la cité, paganisme romain; apothéose de la phi*^ iosophie, paganisme d'Alexandrie.

Maintenant que la forme de la société politique a été dé*

m LES RELIGIONS ANTIQUES.

duite des dogam, il rtile A ooairiBer k mime principe en rappliquant aux arts. Cette confirmation, d^nne vcrité

saisissante, est peut-être la partie la plus admirable du Génie des reUgions» G'eat là ^pie lauteur pose, avec une ac^uveraine étoquenee, ks basée Ibéoriqpies d'âne grande histoire de Tart^ dont il n'a point, par malheur, embrassé l'âoaemble en un ouvrage spécial , mais qui se trouve diaperaé à traTerstoulee.Beemn«e9.q«'elfeiUiHaned*iiae ^Ukraiasante Inniiire ^

9 V«cU dit-)], .a pour but de représenter par les formes la beauté înffnie, de saisir ilmmuable dans Té^iénière, d'embrasser rétemité . dans le ten^^ de peM« Piwdiâile par le tîsîble. >

Pour exister, lart n'avait pas besoin de rhomme; k beauté éternelle se trouva, dès Forigine, incarnée dam la nature naissante. La première poésie lut le premier lever du soleil au sortir du chi^oSy le premier murmure de la mer, le premier frémissement dés^bréts.

« Alors les tbakMS de neaUignes étaient Tarciitt^^ les sommets , et les'^ks aoulptés par .la fiwdre, sa8tataab*e; leo ombces et la lumière, le jour et la nuit, sa peinture; le bruit de la création entière, son barmome, et Pensembte de tout cela sa poésie. »

ai la nature m Fart ne sont copiés l'un sur Tautre, « ils dérivent d'un même original, qui est IMeu. » Quoique

l'art « iniile l'Eternel, » il ne doit pas cire confondu avec

la philosophie. Celle-ci peut oublier leslormes, ne s'occu-

* Je regrette bien sint cr(?rnent de ne pouvoir ici nipprochcr toutes les idées purement artistiques d'Edgar Quinet. Je n'ai cependant pas négligé de les signaler avec soin partout où je les ai reneontréea. Kéaimioine il teste à liireoa travail qui seitît une pinlesopbte bistorique de Fart d'après Edg;ar Quinet. On en trouverait les éléments d'abord au ch. vi du livre II du Gi^uie (1rs Heligions et dans V Essai d'une classification (les arts, puis dans la Grèce moderne, les P,(!volutions d'Italie, Mes Yacanceitn Etpagne, MttrmXt les iUiaug^ et ju«(|U6 dans l^Poànes»

DE U TIlADlTiO.N. |B1

per.que des idées. L*art est miftlre èe deux mondes, do

réel et tle l iiital, qu'il ne peut délruire ni résoudre l'un parTattire* — « Toute œuvre belle est véritablement morale, parce qu'etie exprime fiiarmoiiie du immdeeldeaoïi auteur. » — 1/art ayant pour but la beauté souveraine, « malgré la contrariété des temps, des civilisations, des rriigioiis, le même idéal plane mir toute Fbumanité. » : Mme ri tons les artistes du monde tendent an même but, \\ l'alliance est encore plus évidente entre ceux qui appar- i tiennent ù un même ordre de civilisation. Or l'idéal qui \ domine une civilisatimi n'est autre que son idéal religieux. | C'est donc la religion qui donne a tous les arts d'une société le mémo air de famille. M. Quinct signale comme une loi générale que les révolutions dans les arts sont j^iîterminées par les révolutions dans la religion. 11 faut oepen** dant prendre garde de confondre les religions et les arts. , La poésie n'est point la foi, l'art n'est point le culte. En réilisaniles Ipnnes palpables de l'idée de Dieu, l'art altère ceUi idéir el^YM^^Â peu la transforme. D'abord asservi, alors que la croyance est profonde, il copie les types consacrés par le sacerdoce. Mais l imagination ne tarde pas k se substituer à la coutume, et « l'art ne grandit qu'aux dépens de la tradition. Né du culte, mais inclinant à l'hérésie, il tend lui-même à détruire son berceau. »

La première époque de l'iiistoire des religions est le pan- ' théisme des peuples delà haute Asie, qui adorent Tinfini j * matériel, la nature inTaincue, le Dieu-Univers. Quel.*; ^êra l'art de ces sociétés? L'architecture; une repiésentation de la nature sans l'homme, œuvre non d'un indi- / TÎdUy mais de générations successives, de castes. — La Grèce ayant accompli la seconde révolution religieuse, la statuaire est chargée de mettre le Dieu-homme sur l'autel. Art essentiellement païen, c'est par le paganisme qu'elle

m UBS BEUGIO^S ÂJSTIQUES.

aUeuddra tmite sa ^lendeur. Bonne, ayani à peu près la

même religion que la Grèce, a le même art; cependant, coiume elle divinise la cité plutôl. que l iadividu, elle fait moins de statues que de décorations urbames, arcs» por^s» ^TiNes, colonnes triomphales. — Par la révolution ehié» tienne, l'humanilé ayant abdiqué devant le Créateur, la statuaire sensualisle des aucuns est relouée, au second plan ; c'est la peinture qui occupe sa place. Mtts il est un art surtout dont la révélation appartient au christianisme, le plus spiriluel des arts, a puisqu'on dirait qu'il arrive à 1 ame comme la voix du DieurËsprit, sans l'ialermédiaire des sens, m la musicpie»

Jusqu'ici Ton n'a pas parlé de Fart des arts, la poésie. Elle suit exactement les mêmes transformations. Lyrique dans le haut Orient, elle traduit le premier cri de Thumanité évdllée dans VinGni, et ses hymnes sont «n parfait accord avec l'aicliitecture religieuse. En Grèce, elle est épique, comme la statuaire, érigeant rhomme, le héros, le dieUi sur le piédestal des .poèmes homériques. En Grèce 'encore, àu pays des républiques^ elle est dramatique, osant dévoiler le combat entre le Créateur et la créature.

Architecture, sculpture, peinture, musique, poésie, tels sont <K les degrés par lesquels l'imagination humaine tend à réternti e beauté. » Hais sont-ce là tous les arts? Edgar Quiaet en nomme encore un : YarL de la nie,

« Il y a, s'écric-t-il avec une chaleur d'àiiic qui |R'i!ctie et lavit, il y a du Phidias en cl:acun de nous, parce ([u'il y a du I liidiiis en toute créature morale. Oui, chaque hoiiime est un sculpteur qui do.t coiTÎger son marbre et son hmon jusqu'à ce qu'il ait fait sortir de la masse conrusc de ses instincts grossiers une personne intelligente et libre. Le juste, c'est-k-dire celui qui sait, quand il le faut, dépouiller la vie mortelle, comme le sculpteur dépouille le marbre pour atteindre la statue intérieure le héros et le saint, voilà le dernier terme

et le comble de la créaiion sur la terre... Voilà le foôme, le tableau.

LES HSUGiOliS iUE.L'lNBE.

ilianiiome par endlence ; car cW tiM harmoaie ^imale, m pojfnw vîfant. L^œnvre et Touvrier sont intîmement uaîs et canfoiûlus ; il n'y a rien au delà» si ce n^eat Dièu même. •

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