‹ Edgar Quinet sa vie et son œuvre CharlesLouis ChassinChapitre 30 sur 66 · LES RELIGIONS · texte numérisé non relu

LES RELIGIONS

SËCTIOiX PREMIÈRE

L — POINT DE Dimr.

Des cea?re9 d'Edgar Qurnet^ la plus appfofoadie ei 1» pins complète, est cette œoTre multiple qui commence par

deux opuscules, De l'Avenir de la reïujïon et De VOrujine des dieiix^ se détermine soua sa foce critique dans Y Examen de la vie de JéeiUy éclate en un chef-d'œuvre, le Génie des religions^ et se poursuit dans les Jésuites ^ Wltramoti' tanwne, le Cliristiaiiisme et la Révolution française, pour aboutir à VEnseignement du peuple^ à la Lettre sur la si* tuation' religieuse et monde de l'Europe et à la Révolution religieuse au dix-neuvième siècle, ileiie œuvre immense, à laquelle la vie d'un autre bamine n eût pas sufti, mérite défà d'être conaidérée comme la- synthèse d'une Uisroiae IME» Révolotiohs relwigoses st sociales, dont Favenir édi* • fiera la volumineuse analyse. Je vais essayer ici d'en sui-

LES miGlONS ASTIQUES

vrele plan. Mats anperaTaiU, il importe de hisserM. Qui-

net lui-même indiquer le lien pliiloso|ihiquo, avec lequel il a rattaché les unes aux autres les périodes si contradictoires, en appareiM^e, de l'^i^eaoe feUgieu^e du genre humain :

« rhisloire, écrîvait-Q «n i8S7 *, noos apparaissait tout ^ère ccniime une vaste et Amélie Réduction du général aii particulier; «Vslle traTail damôi qoî se fait j<Nirpea à peu, se dégage pard»gréi de ee qut hiî est étranger, et aspire à se prodiiire sous la forme h j^os libre. Semblable au statuaire qui dépouille sou bloc de marbre ju8qu*4 ce qu'il reconnaisse à la lumière les traits qu'il contemple en lui-même, la personnalité de Tbomme a^ seip de Tunivers tend ^ se circonscrire pour se fortifier, brisabt avéc tes ^ièdes un ass^age qni renaît avec eux, t»n|ours divisé et toujours indestructible. D'abord plongé au sein du meié^ eeemiqîMr, il étond son Mre éur Tespace d la durée sans bornes. De son soulBe de vie, il anime les deux errants, les vastes mers. (Test Bmpédode qui agite des jnouvements précipités de son sein la dme des monts, les toùtes des forêts, le cour^ des fleuves. Dans ce premier culte, embrassant tout, adorant tout, n'oubliant que hii-méme, il a une cosmogonie, une théogonie, et point d'histoire. (Test rinde et rOrient, sitit qu'il apparaît. De l'univers il descend aux empires, auxquels sm être est si bien attaché quil n'est rien que par eux; sans force» saw valeur, presque sans nom, soit que de vastes gésén^ns se confondent sous une seule penonne,.8oit que lui-même il m puisse se distinguer dans ses prières avec Dieu. C'est la Médie, la Perse, FÉgyptc et PAissyrie. Des empires il retombe par degrés sur lui-même, qaoiqutemi moi, eume à dem^sonfondu avec la ci té, n'ena^ruatceBCOceque d'elle sa valeur «t son indépendance. La cité se brise avec la Grèce, avec Rome, et son moi restant seul, dépouillé du signe qui en cacbait la grandeur absolue, découvre en lui>niême iin iiâm plus vaste que le premier qu'il vient de déconnv. C'est Vunivers cfarétoi. Cet infini, il le diiâse^ncere» aspiraat après dea aiêeifia à ne relever que de soi. Cest la réforme, è'est le cartésianisme^ et> o« . qui en est la suite, c'est bi fin du moyen âge et l'avenir que j'ignore. »

€ehi dit, aana oraindre de se .perdre, on peut suivre le vailknir &eiple de Herder jusqu'au tond dfs ténèbres des

^ Eêtai têor ir^ifer, tome n des OÊ w reitm pU te ê , p. 400401.

DE U RÉVÉLATION. 27i

origiiies bttinaiiies. Ne sait-on pas drjà qu'U n'y descend

que pour remonter vers la lumière, vers la liberté ?

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