‹ Edgar Quinet sa vie et son œuvre CharlesLouis ChassinChapitre 33 sur 66 · LB& RELIGIONS DE L INDE · texte numérisé non relu

LB& RELIGIONS DE L INDE

^ies formes animales, végétales, minérales de la nature, llndten peut se choisir des femmes dans toutes les castes fégéoérées doBl ^Ëtat se compose. En s'unissant avec la nature visible, le Dîew Va absorbée en lui ; elle n*est que fiction, lui seul est réalité. De même, flans la famille •wieniale, seullè^ère est tout. Mais est-il lui-même queli]ue cbose? A proprement parler, il n'y a ni famille ni individu, il n'y a que des castes. L'homme s*étant démis de sa personnalité au profit du Dieu, rinterprètt du Dieu doit se placer au sommet de l'échelle humaine. Au-dessous S'Sfûied la caste militaire, fruit de la conquête, etia casie marchande vient ensuite. A peine compte la dernière, celle des laboureurs, maudite, puisqu'elle ne peut exister sans lutter perpétuellement contre la nature inviolable. < Ainsi la pensée du Dieu triple et un se reproduit exactement dans la société, où il s'incarne, comme dans la nature, en tombant de chute en chute jusqu'au fond de l'a- Mme où git le paria;

Dans llnde comme ailleurs, le Drame marque le mo» ^ ment où, les croyances nationales élanl discutées, lésâmes ^ commencent à douter. Rien qu'en parcourant un dos grands \ drames indiens, MaltUi et Madham^ Vierama et Ourmsiy le Mnehichekati ou Sacùmiala , on reconnaît une révolution dans les idées religieuses : la monarchie y éclipse le.sacerdoce, et c'est presque toujours un brahmane qui joue le T(Ae de» bouffon. U semblerait au premier aspect que le drame fût imposable avec le panthéisme ; on croirait, le terme des incarnations étant prévu d avance, que ce ne pourrait être qu « ua éternel monologne de l'éterael Solitaire. » Le drame indien,' qui ne mesure ni le temps ni l'espace, qui nie reconnaît d'autre unité de lieu que l'univers entier et (jui, enfin, promène son action du ciel à la terre et de la terre au ciel , ne ressemble sous

m LES BCUGIOIfS AmOIffiS.

aucun rapport au théâtre ùe& ijîrecs; il se rappeoehe da* ▼antage de la féerie de CaUeron ou de Siialspeate.

personnages y agissent peu ; on dirart « des fantômes de poésie qui touclieut à p^iue le soi. » lia ont pariois de l'ironie dans le genre de celle que Vm ironve dana ka Nuées ou dans Don Quichotte; maia>ur principal omelèpe est un lyrisme qui, loin d'être condensé en des chœurs, déborde à travers toute l'action. Le théâtre itulieu est la continuelle apothéose de lamotir, amour essentiellen^i ' Hgieux, qui n'est pas seulement de Tbomme à la femme^ UKiis de r homme et de la fennne à la nature entière. En somme pourtant, le drame deTlnde n'est qu'une ébaudie» L'hoqime est encore resté trop lidèle au Dieu pour que I» tragédie soit sérieuse. La tragédie éclatera plu^ tard. « l^our cela, il faut attendre la Grèce. »

Cependant par le drame, la révélation des Védas a été raillée. 11 reste à voir Cimmientla méthaphysique ébraida la loi nationale. — La philosophie indienne peut être résumée au moyeu de cette question )K)sée au fond de chaque système.: Comment rhomn» peut-il dev^ùr Dieu? Ambitieuse en même temps qii^bumble à rinfini, voiei où elle aboutit. Par la contemplation passive de Tl^tre, l'homme peut devenir Braluua lui-même; mais il ne le. sera que lorsqu'il ne sera plus lui , et moins il aura eoiiseienee de ses monvem^ts internes, plus il approchera de- son apothéose. De la sia le, le sommeil est l'image de la vie absolue et la mort seule est le commencement de la véri-

table existence. Cette soôété indienne, aspirant à se «fivia»-

ser par r anéantissement volontaire, présente arec la société chrétienne du moyeu âge une analogie que M. Quinet n'a pas manqué de signaler. Dans l'une et dans l'autre so- \ ciété, il nous montre te duel de la raison el de fai foi sui-

Want à peu près les mêmes altei natives. D'abord, la philo-

m RBUGIONS lœ L'IKOE. «H

Sophie s'appuie sur raulorité de la révélaiioa de Brahma. / Plufttard, enti^Qt dans Tâge de la scolasiique, sans repoiis- ;

ser le fond des dogmes révélés, elle pi étoiul les con(irincr, ' et peu à peu, à ibrçe de les expliquer, ies dénature* Les dieax incarnés . qoi paupleot l'univers se c|iaD|^t en abstraetions, en catégories, en facnltés morales. Enfin, la philosophie, armée de tons les procédés du doute, se ré- • voUe ouverteoieat contre le dogme, le l éduil en poudre \ el, dans son achamemetit, se détruit elie-mèine. Mais au 1 moment où la négation atteint «son extrême limite, la foi i renaît, du gouffre des abstractions jaillit la révélation de ; Bouddha, le « Nouveau Testament de l'Inde. » • - / Les principes du bouddhisme, religion qui compte èilcore aujourd'hui plus de croyants que le christianisme et rislamisme, se résument en ces deux propositions : « I^s | trois mondes sont vides, et il n'y a pas de différence entre ' Tétre et le non-ètre. « Le bouddhisme est donc le pariait 1 contraire du braliuianisme. Dans cette religion, l'homme aspirait à incarner son Dieu en tout ; dans Tautre, il aspire à 1 éliminer de tûu|t. IiéçstÂoipijbj|Ql^ foi popiilaire, le bouddhisme ne peui- pas se développer dan^Unde, pas plus que le christianisme ne pourra s'étendre en Judt^. Il émigré en Chine, à Ceylaii, à Java, dans le Tliibet, dans la Mongolie, et ses deux, selon les belles expressions dç^ M.Qoinet, « pèsent au loin sur des empires aussi vides que leur divinité. » L'avantage du bouddhisme par rapport au brahmanisme est 1 unité divine, grâpi» à (fliggfiHf ^ pt'iyiiip- 1 linift .Iwijiaine, , c,j p^ à'dire rahnlj tim^^^ ^mbè^a Mais; son vîce esTde tfètre qu'une négation par excès de spiritualisme, partant d'enfanter une société tout occupée à se détruire. La véritable cité des bouddhistes est le nionas- * tère, et Tidéai qu'ils préciient est le célibat ittactif,*nounri d'aumônes, c est-à-dire rextinction de rhumauitéet de la l

LES AËLIGIOISS ÂNTIQU£S.

fiafnre. Tèus les voyageurs qui ont visité b Chine ont

observé avec étonnemcnt par combien de côtes se ressemblent le catholicisme occidental et le bouddhisme d'Orient. M. Quinet, sans insister sur ée point^ en a asses dit pomr montrer qu'ils abotftitoent i la même mort sociale.

i Quoi quMl en soil, ajoute-t-il en concluant, si la société indieiiiie à vécu, c*est qu'elle a eu la conscience profonde de rêire, même après avoir traversé le scepticisme. Mais cette idée, toute grande qu'elle est, substance et principe de toutes les autres, ne su fût poiitf à rbomme ; individualité morale, conscience, activité, lil^erté, où les trouverons-nous? Ce n'est pas dans le génie indien, puisque, selon le Bouddhisme et selon le Brahmanisme, Tioaction, le sommeil éternel, au seitt de réiemelle substance, voilà le lien, la porte do sahit, la vertu sdpréme. Il faut que le j^enre bumain échappe à ce prodigièux «ndnntement ; il faut que le premier sommeil fihisse, que le travail commence, que rhumanitév comme Sacountala, ait le courage de quitter Tasile de son enfance, powt marcher aiHkvant de Taveoir, son royal .i^aoé* a . .

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