V. — LA fiCLIGIO» DK LA GHnSE
Si le brahmanisme emporte le génie de l'extrême Orient èux dernières limites de Tidéal, la civilisation des man- <larins le ramène brusquement au réel, a Suspendue entfe «ces iem mondes, la balance de la hauté Asie reste paf fai- ' tement immobile. »
D'après ce que nous connaissons des livres de TEmpire du Milieu, atttsi immiables que des étoiles fixesy M. Quinet a su démêler la forme eitfaordinaire de la ré- Telalion chinoise. Fo-hi naît d'une vierge qui l'a conçu en marchant solitairement sur les vestiges de Dieu. Dans les iieux bas, il rericonlre,^ attachée au limon du chaos, une tortue çionstrueuse dont Fécaille aiurée jporte des carac-
, * Génie des BeUgiouSt l. 111, ch. ?«. • '
U RSUGION Dfi U CHINE. 99»
(ères mystérieusement tracés par la sagesse éternelle. A ees signes, le législateur snprAme emprunte les formeft générales de FunÎTers, et d'après ces formes sont tracés les premiers rudiments dos lettres. Ainsi récriture est créée à Ximage |le la création^ et c'est par la créaliort écrite que la Chine perçcHt Dieu. La ligne, tracée par l'Ë^ femel et qui représente rineoramensurabie, y est interprétée de siècle en siècle jusqu'à Confucius qui couronne la tradition par la philosophie.
religion étant écriture* géométrie révélée, tout, dans Fordre civil, doit être également écritoire et fornïe. La société chinoise, — rites, codes, cérémonies, combinaisons, — est la traduction, a l'application vivante de la géométrije étemelle. » C'est une société de lettrés.^ dans, laquelle la hiérarchie civile s'établit, au concours, selon le degré de science que chacun peut atteindre dans 1 interprétation des livres sacrés. L'inégalité des posilionsy nait de Tinégalité des lumières, et Ton reste prolétaire^ plébéien, ou bien Ton gravit les degrés du patriciat, comme ailleurs on prend les diplômes de bachelier, de licencié ou de docteur. D'autre part, la représentation de l'univers étant réputée plus importante que l'univers luimême, la nature est plus observée qu'adorée, le culte devient étude et le temple observatoire.
Le grand caractère du peuple chinois est, selon M. Quinet, d'avoir, le prendiar, représenté le déisme', on plutôt le ralionalisnie en Orient. Son Dieu sîins ii^j^ure, i^abitant le néant, ne consacre, il est vrai, ni la polygamie ni l'étemelle injustice de la caste. Hais il n'a point de per*^ sonnalité, point d'âme. C'est «t un Dieu pétrifié sur lequel se moule une société pétriliée. » A cause de cela le peuple chinois, quoique son principe social soit la prééminence inteilectuelle, quoiqu'il n'ait d'autre idole que le bon sens,
m LfiS REUGiONS ANTIQUES.
/ reste immohile et confiné au bout de l'univers. Que d* autres ladmirenti M. Quinet le plaint.
i Dans cette société naine, tout est tronque par le faite. A la morale niamjiie l'héroïsme, à la royauté la muse royale ; aux vers la jioésie ; h la pliiloso|)liie la métaphysique; h la via l'immortalité, parce qu'au sommet de tout njan<^ue le dieu, p