‹ Edgar Quinet: sa vie et son œuvreChapitre 84 sur 135 · II. — DU CHRISTIANISME PRIMITIF · texte numérisé non relu

II. — DU CHRISTIANISME PRIMITIF

Au début de son étude sur l'ensemble de la civilisation chrétienne, de Jésus-Christ à la Révolution française, N. Quinet rappelle les origines universelles du christianisme et montre comment , dès le temps d'Eschyle et de Sophocle, la Grèce, doutant de sa mythologie, altérée de la* soif de l'avenir, rêvait le Dieu incùnnUj et, plus tard, « reçut son premier baptême, » quand Platon émit l'idée du Verbe de Dieu, idée qui d'Athènes s'envola vers Alexandrie et vers Antioche. Le christianisme était donc vaguement conçu et préparé lorsque apparut, ad milieu de douze disciples, choisis non parmi les docteurs^ les riches et les puissants, mais parmi les humbles, les pan-

< M. Quinet le constate lui-même dans sa Uttre à Eugène Sue, p. 18-19.

s Le Chritiiomime et la Révolution flrançaiiet leçons 3 et 4.

:^20 LES nBLIGIONS VODEBNES.

vres et les simples, un maître sans école, enseignant dans les riies , sur les places, au sommet des montagnes, en présence de la nature, qu'il prenait à témoin, prêchant moins encore par la parole que par Faction , donnant surtout sa personne en exemple, et de sa vie communiquant la vie.

 cette légende, M. Qutnet a toujours tenu comme au plus précieux legs du passé. Si sa raison se refuse i faire un Dieu du prophète , elle lui commande au moins de le considérer comme un homme, et, c'est au nom du principe fondamental de la personnalité humaine qu*il croit devoir protester contre la théorie du septicisme allemand, formulée avec tant de vigueur par le docteur Strauss ^ Dans le Christianisme et la Révolution française, en Aéfii de la grande controverse d'outre-Rhin , il exprime ainsi toute sa pensée :

« A travers dix-huit siècles, je reconnais, jVnlends d'ici, non )»as le murmure de la science alexandrine, mais le mouvement d^un grand coBur infini qui «"oavre et qui pailc avec les lèvraa de llioniine dans la langue de l^hommo. •

En effet, que voit-il en Jésus-Christ? Un résumé vivant de toute la puissance morale du genre humain, montriint le Dieu, incamé dans l'homme, révélant ce que nul encore ne connaissait : ce la puissance infinie de Tâme. » Cette révélation faite^

« Ce n^est plus rien de lire le livre de la loi et des prophètes ; il faut être soi-même un livre vivant, une Bible agissante, une prophétie \tvanto; c*est â-dîrc que Fidéal de TfigUse, dans Tespril de son auteur, «st d'être le mouvement de la vie spirituelle. Quiconque s'arrête, s'endort dans le temple, au milieu de Tencens, cesse d*ètre de sa communion : quiconque veille d*esprit et de cœur, fût- il Samaritain, est jivec lui. i

' Examen de la Vie deJéeuê. Voyei surtout Avertisiemeta et ch. n, rn, iv.

DU CHRISTIANISME PRISITIF. 527

Elevant à une telle' hauteur, par-dessus toites les sectes chréliennes, le clirisiianifime primitif, Edgar Quinet doit croire à la personnalité, à Tenthousiasme,. à rbéroïsme de Jésus; et ce n'est, selon lui, que grâce à ces grandes forces individuelles, Tenthousiasme et Théroïsme, que les apôtres peuvent s'élancer hors de Judée, vers Rome, vers Byzance, et fonder le inonde moderne. Les premiers caractères de TEglise, conformément au génie du Christ, sont « inspiration, élan, spontanéité, mouvement pour ([uitter l'ancien rivage. » Bien plus, le principal est de « maintenir l'âme dans une attente continuelle. » D'où il résulterait que le progrès sans bornes serait l'idéal moral apporté au monde par le héros du Calvaire.

Une nouvelle époque de l'Église primitive commence avec la dispersion des disciples , qui n'emportent ni bois de croix, ni couronne d'épines, ni tunique ensanglantée, ni reliques d'aucune sorte, mais seulement « l'esprit de vie » de Jésus. Au sortir de Jérusalem , les apôtres se trouvent entre deux mondes : le monde juif, réputé orthodoxe; tout le reste de l'univers, païen. Saint Pierre voudrait que l'on restât dans la loi judaïque , que l'on se soumit à la circoncision d'Abraham et aux rites de Moïse. Saint Paul, plus universel, croit quMl n'est pas nécessaire que le christianisme entre par la porte étroite du vieux temple de Jérusalem. Son idée triomphe, et les apôtres se répandent dans le monde, les uns, avec saint Kerre, spi ritualisant les rites anciens; les autres, avec saint Paul, créant des rites nouveaux, pour des peuples nouveaux;, a tous, accordant l'unité de Tesprit avec la liberté des formes. » Edgar Quinet professe une admiration pro • fonde pour saint Paul, parce que c'est à son audacieuse interprétation des paroles du Maître, emportées hors de la Judée , c'est à Tindépendance, à la spontanéité de

52S LES REUGIONS BIODERNES.

son esprit, qu'il doit ses plus éclatantes victoires. Parlant au milieu des peuples ,«il les met de moitié dans sa création ; ils inventent avec lui, ils achèvent et couronnent sa pensée.

ff L'ËgHse, se bâlissant ainsi chaque jour, grandit tout ensemble dans Tâme de Tapôtre et dans Tâme du genre liumain ; voilà le vëritable idéal d'une liturgie et d'une Église vivante'. »

Cet idéal, FÉglise de Rome, prétendue chrétienne, Tat-elle conservé? Ta-t-elle jamais eu? Ce n'est point, en effet, dans les papes qu'il faut chercher les continuateurs des apôtres, mais dans les conciles. Ces grandes assemblées représentent, au& yeux de M. Quinet, tout Tesprii de la révolution chrétienne. Jamais l'antiquité n'avait eu ridée de réunir des hommes venus de tous les points de la terre pour délibérer et voter sur la croyance universelle. Tous ceux qui accourent ainsi constituer Tesprit divin scint imbus de cette doctrine nouvelle que Vàme de Dieu s'est mêlée à l'âme de l'homme ; ils savent tous « qu'en se réunissant les uns aux autres, des miracles de lumière peuvent jaillir de leur conscience ; ils ont foi dans cette âme qui éclate de toutes les âmes ; » et c< ils décrètent tranquillement les mystères, comme s'ils habitaient en Dieu. »

Cependant les conciles n'eussent pas suffi à l'immensité de leur œuvre, si cette œuvre n'avait été préparée d'avance et conduite par les Pères de l'ÉgUse. M. Quinet nous montre ces puissantes intelligences cherchant Dieu, non à l'aveugle, comme des enfants, mais comme des hommes ; s'assimilant ce qu'il y a de vivant et d'éternel dans la phi-

* Considuré à un tout autre point de rue, saint Paul paraît inGniment moins admirable. l\ a propagé la foi de rcsclaye, respect, amour du maître terrestre, pour gagner l'égalité du ciel!

DU CHRISTIAlilSVE PRIMITIF. 5»

loiiophie antique, «t s'élançant libreineni au fond des mystères, animés d'une pensée commune, qui est de « concilier le Christ de Judée avec la vérité manifestée dans le reste (lu monde à l'esprit humain. » Et, en effet, le premier travail des Pères n'a pas été la ruine de la philosophie, mais son apothéose ; par eux « la sagesse, le Verbe de 1 antiquité, purifié de temple en temple, d'école en école, s'identifie avec la personne de Jésus-Christ. »

Tout n'était pas fini avec Jésus. Avec lui, au contraire, tout commençait. D'abord, qu était il lui-même? Homme ou Dieu? — Dès l'origine, surgissent des sectes qui nient sa divinité ; la plus célèbre, celle des GfiostUiueSy n'est', selon M. Quinet, qu'un ténébreux paganisme chrétien, qui a laissé quelques-uns de ses caractères dans les plus anciens des livres canoniques, Y Apocalypse, « songe de l'esprit endormi dans la première nuit du christianisme. » — Les apôtres, à vrai dire, ne savaient rien de la nature extrahumaine de Jésus-Christ ; ils l'appelaient Mattre, Mais, dès que l'Évangile triomphant peut aspirer à devenir le livre universel, quand les martyres ont cessé, quand l'empire christianisé poursuit par la force l'extirpation du paganisme', alors les chrétiens se divisent sur la question de la nature de leur prophète. La moitié du monde, sans l'identifier avec Dieu, reconnaît le Christ comme Fils de Dieu, mais non issu de lui de toute éternité. L'arianisme n'accepte Jésus-Christ ni pour un Dieu ni pour un homme ; il baptise au nom du Père incréé, du Fils créé et de l'Esprit qui sanctifie. Quoique cette transaction entre l'Evangile et la tradition païenne ait pour elle la plupart des empereurs et même, un moment, le saint-siège de fiiune, les Pères protestent et se lèvent, pour qu'il n'y ait rien

* Vuir pu» loin, fcclion 111, % 3.

nSO us RELIGIONS HODERNES.

()e eommuii entre ranoien mondeet lenouveâu. Les Ariens ramenRÎenl le Christ aux propoplions d'on demi-dieu, d'nn h^.ros: du fond du désert, la voixd'AMiaDase résonne et le Chnst est porté en avant de toute la philosophie d'alors. — « 1^ Christ est la sagesse de Dieu. Or la sagesse n'est-elle pas' éternelle comme lui? Le» trois termes de^ Trinité de Platon peuTent-ils être inégaox ? Le créateur, est-ce un Dieu fatigué qui ait besoin de se donner uii fils pour achever son œuvre?» — I^e concile de Nicée, tout rempli de l'Ame d'Athanase, se réunit en présence de Constantin. Plar trois cent dix*hait évéques, représentant la chrétienté, le Dieu-*Homme est irrévocablement fait Dieu lai» même. Le Credo étant fixé, la période créatrice du christianisme s'acfaove ; assis à la tète des sociétés du moyen âge, il devient catholicisme.

. m. — CHAlSTIANiSlie ET CAnoiJGtSMB \

En franchissant lesjimites des deux mondes, du monde antique en dissolution et du monde catholique naissant, Edgar Quinet a signalé deux points fort iropor||Hits : d'abord, le caractère païen du catholicisme; ensuite, la position qu'il prend vis-à-vis de la race germanique, a laquelle il sert de lien avec la race romane. — An moment où apparut l'Évangile, le monde ancien marchait de lui-même vers un catholicisme païen. Rome politique, rassemblant chez elle tous les dieux, préparait Rome spirituelle, et son Panthéon n* était que « le Vatican de la mythologie. » Pontife de la terre, l'Empereur personnifiait l'universalité de l'Église païenne : le Pape n'eut

' Le ChrittUnùsme et la hévoiHlioH, leç«n« 5 et 6.

ClIRISTIANISllE ET GATyOLlCfSlIE. »l

qu*i s asseoir à sa place. — l/Egliae, en hitte acharnée avec la vieille société, afin d'en achever la destruction, derait naturellement se choisir pour alliés les Barbares ; et ceux-ci ne pouvaient résister à la religion qui les célébrait comme les exécuteurs des jugements divins. Dans le Nord, où tout leur parlait de leurs dieux, ils restaient fidèles au culte de leurs ancêtres ; mais, à peine étaient-ils descendus dans le Midi, qu'au milieu d'une nature brillante, où tout contredisait leurs divinités brumeuses, en une journée, ils se convertissaient au christianisipe. Ainsi rÉglise, sur le terrain de TEmpire, n'eut aucune peine à se faire des alliés et dès fidèles des envahisseurs liarbares, tandis que plus tard , il fallut huit campagnes à Charlemagne pour baptiser leurs frères restés de l'autre côté de l'Elbe.

Les deux éléments fondamentaux de la société nouvelle étant mis en présence, il s'agit desavoir de quelle manière furent édifiées les institutions du moyen fige. — La divinité du Christ ayant été reconnue à Nicée, une autre question occupe touslesesprits an quatrième et au cinquième siècle : I^ Dieu-Homme a-t-il double nature, double volonté? Oui, réppad le concile. Ef la société se subdivise immédiatement à rimage du Dieu : 4' une est divine, l'Église ; l'autre est humaine, l'Etat. Du jour où l'unité de l'Empereur et du Pontife est brisée, la société antique fait place à la société du moyen âge. — La féodalité s'explique ordinairement par l'arrivée des Barbares. Les Barbares n'en sont que la cause secondaire ; pour .en trouver l'origine, il faut remonter jusqu'aux dogmes. L'Évangile, dès l'abord, apparaît commeune proclamation de l'égaliléet de la fraternité des hommes ; et l'on s'étonne de ne pas voir se prod uire, à son appel , un immense soulèvement de la plèbe et de l'esclavage antiques» Pourquoi donc les franchises chrétien-

r>32 LES RBLIGIOKS HOilBRfiES.

lies sont-elles sitôt reléguées au ciel? Saint Augustin^ euchaîne l'Évangile par le dogme de la prédestination, et rhomme, privé de sa liberté morale, par la gi'àee de Dieu, se trouve fatalement voué soit au paradis, soit à Tenfer* L'inégalité ayant ainsi sa racine en Dieu même doit descendre jusqu*aux profondeurs de la terre ; le croyant la subit, Taccepte avec piété, parce qu'il lui parait impossible que la faiblesse humaine puisse réagir contre la toute* puissance divine *. Il faut plus que la Réforme, il faui la Révplution pour rendre à Thomme la conscience de ses droits et la force de les exercer.

La féodalité est la base du catholiciane , la Papauté en est le couronnement. ^ « S'il y a quelque chose d*é* vident pour la raison et pour la foi, dit Joseph de Maistre, c*est que l'Église universelle est une monarchie. » — Oui, sans doute, et la plus absolue des monarchies. Mais eutelle toujours celte constitution? M. Quinet, rhistoîreen main, prouve que la primitive ËgUse était une république d'États confédérés; car, lorsque l'élection des prêtres et (les évèques appartenait encore au peuple, ni Antipcbe, ni Alexandrie, ni Constantinople ne reconnaissaient pour roi spirituel Tévèque de Rome : à cette époque, le nom du futur pape était prononcé avec respect, de loin en loin, mais rien, absolument rien ne marquait qu'il régnât sur l'univers (urbi et orbï). Plus tard, les conciles ayant achevé la création du dogme, la papauté apparaît et l'autorité lui arrive par la force des choses. La Barbarie s'est ruée sur l'Empire, l'a déchiré en lambeaux ; Rome subsiste au mi-

* Concluant d'après les princii^cs posés avant lui/ notamment par saint Paul.

* Dans les héwÀulUm d'Unie, tome IV, des OEwret, p. S7, H. Ouiiicl insiste sur cette origine rcli}?ieuse de la féodalité. Il montre l'homme du moyen fige faisant hommage-lige de son être moral au prêtre, et de serf d'esprit devenant tout naturellement serf de corps.

CHRISTIAMISHE KT GATHOUCISNE. 553

lieu des ruines comme un point himineux. Alors même, réféque de la Ville Éternelle se contente de nier au patriarche de Constantinople le droit de prendre le titre d e- Téque miiversel ^ Toute l'ancienne société étant ruinée, la papauté romaine a surnage, dit Edgar Qiiinet, comme un reste d'alliance, âge de force, de modestie, admirablement personnifié par Grégoire T'. C'est lui qui forme ce que j'appdlerais volontiers l'époque de sainteté de la papauté. » Nais au neuvième, au dixième siècle, les choses sont bien changées. La papauté ne domine plus les Barbares par la force civilisatrice qu'elle emprunte à Tancienne Rome et par la puissance de sa propre sainteté morale. Elle est devenue barbare ; en élevant les Francs et les Vandales, elle s'est abaissée à leur niveau. Elle se fabrique de faux titres, se fait de fausses donations. I^es Jean XII, les Benoit VII, les Jean XV, « Héliogabales du saint-siége » mettent la tiare aux enchères, donnent à leurs concubines les croix et les calices consacrés, ordonnent leurs diacres dans leurs écuries....

M. Quinet eût pu insister sur ces saturnales de la papauté. Il se hâte de passer outre et d'arriver à Grégoire VII, dont il trace le portrait avec un véritable enthousiasme. Qu'aime-t-il en lui? D'abord sa maxime : c Tout pape élevé sur le saint-siége devient saint ; » et si ses successeurs l'avaient perpétuellement pratiquée, il serait prêt à reconnaître la papauté comme la représentation réelle de Dieu sur la terre. De plus, il admire en Grégoire VII une ambition immense, basée sur une con viction solide. Le voyant aspirer à devenir le roi de la pensée contre la force brutale, il le salue comme « un

« V. les DifTérends de la Reiigim de Marnix, 1. 1, p. 178-206, 254 et SOIT. On y trouvera le développeinent historique des usurpations de l'cpiscopat romatii.

331 LES REUGIDKS MODERNES.

ancèlre de la Révolution française. » Nul, en edei, avaiH lui, n'avait osé dénoncer à l'univers que les bases du pouvoir politique sont, selon ses.propres ^pression^, « In violence, Torgueil, la cupidité sans frein , Tinsoleiice, la |)erfidie, les homicides, enGn presque tous les genres de scélératesses. »

c RiiTioiitaiit irnn seul bond k Tesprit du christianisme dan5 m foire pi^cmière, ajoute Edgar Quinet, Grégoire Vil a senti qu*il portait en lui la conscience du moyen dge; de U, le droit d'interdit, d*exaoimuiiication, qui enlevait aux euipereurs leurs empires, n'était qu une

conséquence naturelle. »

Et r historien philosophe reconnaît la vraie grandeur du pontife en ce qu'il osa exercer un véritable terrorisme moral contre tous les pouvoirs qui lui parurent s'écarter du divin idéal. Ce droit suprême de jeter le prince, le roi, l'empereur hors du ban de l'humanité, la papauté Ta perdu; c'est le peuple qui l'a recueilli, et c'est lui seul qui, au XIX* siècle, peut exécuter la condamnation de Dieu*

Au jugement, trop favorable peut-être, renda par M. Quinet, sur le terrible Hildebrand, il y aurait à taire une réserve capitale. Le grand pape a trop peu pensé aux misères populaires, et il ne foudroya les princes de ses anathèmes que pour leur imposer «la constitution desdroits du sacerdoce et la liberté de l'homme d'Eglise, » De plus, c'est à partir de Grégoire VII que l'Église, définitiveinenr aristocratique et monarchique, tend à Héali^er à tout prix son idéal éternel : ,unité de la croyance, immobilité de la servitude *.

' Lire sur ce point la page 187 du Génie des Religmu.

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