L'ÉGLISE RENVERSÉE PAR L'ÉGLISE
oantcs rébellions, le saint-siége ne trouve rien de mieux à faire que c< d effacer d'un seul coup et d'une manière solennelle l'esprit et la lettre de TÉvangile. » La bulle Uni- (jenitus (l712) anathématise les maximes suivantes :
« Dieu nest pas^ la religion n'est pas où n'est pas la charité. — // n'y a pas de bonne œuvre sans l'amour de Dieu. — La foi justifie quand elle agit, mais elle n'agit que par la charité, — On se sépare du peuple des élus dont le peuple juif a été la figure, et dont Jésus-Christ est la tête, en ne vivant pas selon V Évangile ou en ne croyant pas à r Évangile. — Rien de plus vaste que r Église de Dieu, parce que tous les élus et les justes de tous les siècles, la composent. »
Ur les propositions condamnées appartiennent aux snints, aux martyrs, aux Pères^ à saint Paul, à Jésus-Christ lui-même. Par conséquent, comme dit si énergiquementEd • gar Quinet,(( le pape, pour se débarrasser des hérésies, nonseulement poignarde le christianisme, mais Tidée même de la religion et de Dieu. » — Et dès lors tout manque de fondements, TÉtat, supprimé pour n'y laisser que le roi, aussi bien quePÊglise, supprimée pour n'y laisser que le pape. Au milieu des ruines, ceux que Ton a nommés les deux derniers Pères, se disputent pour savoir où est l'orthodoxie ; Bossuet condamne Fénelon, qui anathématise Saint-Cyran ; les jésuites font la guerre aux jansénistes, les gallicans aux papistes ; et, pour couronner ce chaos, la pourpre romaine s'étale sur les épaules de Dubois, Tabbé des roués!
L'Église étant ainsi, de la base au sommet, renversée el déshonorée par l'Église elle-même, la philosophie se présente pour balayer le passé. « Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot, entrent, la tête haute, dans une place livrée d'avance; ils n'ont pas besoin de combattre : ils marchent sur des cendres. »