SOIS UNE CONSCIENCE
Aujourd'hui, M. Edgar Quinet console une sainte mère de la perte d'un fils de seize ans, son espoir; et Tépouse nouvelle, femme au grand cœur, console le citoyen de Tabandon de la patrie.
Je relis à la dernière page des Révolutions d Italie :
c Celui-là est en exil qui est condamné à vivre hors du droit. Celui-là est en exil qui est emprisonné dans la maison de Tinjustice.
« Le banni est celui qui, dans son champ paternel, à son foyer, se sent proscrit par la conscience des hommes de bien. •
« Mais toi, tu habites avec le droit. Partout où tu es, si tu restes fidèle à toi-même, tu es dans le foyer de tes pères. Ils ne fenlèveront pas la cité delà conscience. Réchauffe-toi à la flamme de la Justice. Te croiras-tu alors absent de ton foyer?
c Si la patrie se meurt, deviens toi-même Tidéal de la nouvelle patrie. Pour refaire un monde, que faut-il? Un grain de sable, un point ùxe, pur, lumineux,
« Travaille à devenir ce point incorruptible. Sois une conscience.
« Un nouvel univers n attend, pour se former, que de rencontrer dans le vide des cieux déserts un atome morjil. »
Ces paroles, adressées à l'exilé italien, peuvent s'adresser également à Texilé français en général, à Edgar Quinet en particulier; car, lui aussi, il s*est donné le mot d'ordre : « Sois une conscience I » et il est une conscience.
C'est pourquoi, ayant le droit de ne point ménager à son pays de dures et salutaires vérités, travaillant sans cesse à le réveiller et à le relever, il n'a pas un seul instant désespéré de la France.
Au sein du chaos moral, ne sent-il pas en lui le nouvel univers qui se prépare?
dbyGoogk