‹ Edgar Quintet, sa vie et son œuvreChapitre 54 sur 109 · U HONGRIE · texte numérisé non relu

U HONGRIE

l homme et du citoyen périrent sur Téehafaud ^ Mais ce ne fut guère qu'après 1815, à partir de 1825, que le mouvement national se dessina sous l'action des idées francises. Quand éclata la Révolution de 1848, la Hongrie n eut qu*à profiter des circonstances pour précipiter sa marche dans la voie déjà ouverte de la liberté et de régalité.

Rien de plus légal que la dernière révolution hongroise à son début. La dlete, réunie en 1847, conformément aux constilutions séculaires, réforme l'état politique du pays ; elle discute et vote des lois nouvelles avec autant de droit que toutes les diètes précédentes. Sans rompre les liens qui unissent le royaume au roi, lequel est en même temps empereur d'Autriche, elle peut élargir la base de la liberté hongroise par Tabolition définitive des privilèges féodaux, elle peut proclamer Tégalité civile et religieuse des citoyens, à quelque race qu'ils appartiennent, elle peut ét^dre l'élection et l'éligibilité par delà les classes privilégiées et enfin instituer un ministère national responsable. Le roi reconnu et couronné , Ferdinand Y pronye que ses loyaux sujets n'ont point outrepassé leur droit acquis quand il vient en personne, le 10 avril 1848, remettre à leurs représentants les trente ^ une lois nouvelles confirmées par sa parole royale; quand il se choisit pour ministres hongrois Louis Batthyany, Kossuth, Szemère, Paul Esterhazy, Meszaros, Etienne Szechenyi, OSt- ▼œa, Klauzal et Deak; quand enfin, s'inclinant devant la YoloRté de sa fidèle nation^ il déclare la vouloir heureuse du fond du cœur, dans son bonheur trouvant son propre bonheur*.

* Lire les Jacobins de Bmgriet dans le beau livre de de Gérando : De F Esprit pMk en Hongrie àefmts.la Bévotution française^

* V. mon article ha Hongrie en 1857, dans la Revue de Paris du 15 no - Tembre 1857.

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356 LES NATIONAUTÊS.

Se fiant à Tapparence, la Hongrie hésite longtemps, — trop longtemps, — à préparer sa défense. 11 faut que le ban de Croatie, agent de la cour, ail yiolé son territoire; il faut que les races non magyares se soient mises en insurrection contre elle ; il faut enfin qu'une grande armée autrichienne Tait envahie, pour qu'elle se décide à se séparer de la dynastie de Habsbourg. Et encore ne le faitelle qu'au dernier moment, alors que cette dynastie n a plus pour chef Ferdinand V, roi reconfiu, et que TAutricbe conquérante prétend lui imposer un empereur qui ne lui* est rien, absolument rien , puisque son prédécesseur est vivant et seul règne légalement, en vertu de la prag- Hiatique-sanction, de son inauguration et de son serment.

C'est donc contrairement à toutes les lois tenues pour sacrées même dans les pays monarchiques constitutionnels que la Hongrie a été conquise en 1849, en présence de la République française immobile et de l'Angleterre ennemie, et quejusquà ce jour die reste conquise.

On a trop répété que la Hongrie était morte par sa faute, et du fait des nationalités soulevées contre elle. Si je pouvais descendre au fond de ce déplorable conflit % je montrerais sans peine que Ton ne doit pas en accuser les Hongrois seub. La lutte fratricide des nationalités sur le sol hongrois, en 1848-49, eut un double caractère, elle fut austro-panslave. Voilà pourquoi on vil des peu* pies, au nom de leur indépendance, aider le despotisme à tuer la liberté dans l'Europe orientale. Mais ni la guerre civile, — elle fut réprimée, — ni la guerre autrichienne, -—l'Autriche fut battue et bien battue, — ne suffirent

^ On le trouvera complutemeoi eipUqué dans V Histoire politique delà Bévolution de Hongrie en 1848>1849, % volumos in-8", que j'achève en collaboration avec M. Daniel Irnngi.

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