‹ Edgar Quintet, sa vie et son œuvreChapitre 66 sur 109 · U RELIGION DE LÀ PERSE · texte numérisé non relu

U RELIGION DE LÀ PERSE

naissent sous les pas du Dieu. Djemsehid prononce dans le monde encore muet la parol^ sainte. A l'écho de cette parole, Fherbe germe, les animaux s'apprivoisent, et le iséjour de l'homme est préparé avec Taide des anges, des Izeds. Zoroastre est à Djemsehid ce que Moïse est à Abraham. Avec Djemsehid, les Perses ont vécu, en pasteurs, dans les monts. Quand Zoroastre leur communique son enseignement, ils vont quitter les sommets de la Bactriane pour atteindre Persépolis. Si Moïse reçoit les ordres de Dieu du milieu des éclairs, Zoroastre, au contraire, sur le Sinaï persan, converse presque familièrement avec la Divinité. Ainsi, le premier caractère de la révélation persane est une céleste amitié entre la créa- Uire et le créateur. Autre caractère particulier : celte religion est unelouange perpétuelle de la création. Sans cesse elle l'évoque par des hymnes, et dans tous les détails du culte, elle en fête Tanniversaire. Dans aucune autre on ne retrouve aussi vivement accusé le sentiment de « la ehasteté virginale de l'univers naissant. » — « Qu'existait-il au commencement? demande le prophète. — Il y avait la lumière et la parole incréée. » — Nul peuple n'a mieux senti que les Perses, mieux exalté le prodige de la parole ; nul n'a mieux compris comment la parole est dans le monde moral ce qu'est la lumière dans le monde physique. Pour eux tout parle, la montagne, la forêt, la source, le feu. L'univers est un verbe, un a hosannah » prononcé par l'organe des choses, et la parole est le principe, Fâme de la création. Recevoir un nom, c'est, à leur sens, recevoir l'être. Le monde surgit par la puissance de révocation, et l'évocation est incessante; le prêtre la renouvelle au milieu de la nuit, afin que les êtres se souviennent qu'ils vivent, et le matin, pour saluer la vie qui toujours recommence. Le Zend-Avesta est en grande partie composé de

dbyGoogk

formules d'évocation, « échos de celles qui ont rompu te silence du néant, » L'homme s*unit au monde par la parole sacrée dont il fait sa nourriture et son breuvage ; « il communie avec Tunivers tout entier en buvant le su€ mystique de l'arbre de vie dans le vase de Djemschid, qui figure la coupe du monde...; il mange la chair divine, le pain d'Ormuzd, sur les tables de la liturgie. Voilà le principe de la cène et de Teucharistie païennes, au fond de tout le rituel persan. »

Ormuzd» maître de toute sagesse, artisan de toute beauté, domine le règne de la parole et de la lumière incréée. Ahriman est le chef des ténèbres muettes. Entre Ormuzd et Ahriman la lutte est implacable, éternelle. Leur duel est reproduit par toutes les créatures et par chaque homme, dont le cœur est un champ de bataille pour les deux principes contraires. 11 descend ainsi du ciel à la terre, et remonte de la terre au ciel. Chaque objet de la nature a un ange gardien, chaque être a pour idéal une personne qui plane au-dessus du monde réel : les Dews, les Darwands combattent les Ferrouers, les Izeds, les Amschaspands. Dans le duel universel, pour quel principe Thomme se décidera-t-il ? Pour la lumière. De là découle toute rhisloire des Perses et des Mèdes. S'ils courent vers le Midi, vers l'Occident, poussant leurs chevaux jusqu'au fond de TÉgypte, jusqu'au cœur de la Grèce, c'est pour faire triompher partout le règne de la lumière. Nulle part le lien entre le dogme et la constitution politique n'est plus visible. Sept archanges amschaspands entourent le roi de la lumière. Sept satrapes entourent le monarque terrestre, il y a sept castes dans la nation, sept murailles autour de la ville sainte. Sur Tidéal du Dieu se règle l'éducation du prince et du peuple. Chacun doit préparer en son cœur le règne d'Ormuzd. La purification.

dbyGoogk

Page 1