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LA REUGION DE LA PERSE

base de la morale privée, s'élend à l'administration de la nature. L'homme, le citoyen a des obligations non-seulement envers les personnes, mais de plus envers les choses. De la sorte, le commerce et l'industrie rentrent dans le dogme : ayant pour but d'utiliser et d'embellir le temple de la création, le travail devient le premier des rites. 1/ antiquité perse avait donc réalisé cet accord de la religion et de l'industrie, encore rêvé, enseigné de nos jours.

M. Quinet n'a certes pas négligé d'insister sur la valeur durable de la plupart des idées des Perses et sur leur transmission au monde moderne à travers les religions postérieures. — « Au commencement la parole était Dieu, c'était en elle qu'était la vie, et la vie était la lumière. » Cette première phrase de l'évangile selon saint Jean paraît être copiée du Zend-Avesta de Zoroastre. — Ormuzd et Ahriman ne sont pas seuls, éternellement l'un en face de l'autre, dans le ciel persan ; une troisième personne y apparaît, un médiateur mystique, hermaphrodite, Mithra, qui de sa splendeur interne illumine le dieu des ténèbres et le convertit à la lumière ; Ormuzd étant réconcilié avec Ahriman, les morts ressuscitent et l'univers renaît plus splendide et plus pur. Mithra, ce dernier né des dieux persans, qui clôt leur Ancien Testament, est aussi le plus grand des dieux orientaux, le plus spiritualiste, le moins éloigné de la tradition chrétienne. Il a de commun avec Jésus les noms, les attributs, les fêtes, le même jour de nativité. Le monde, troublé par leur ressemblance, resta longtemps indécis entre les deux dieux nouveaux. Enfin la Perse fut doublement vaincue, en Orient, par le Dieu de la Bible ; en Occident, par le Dieu de l'Évangile. Mais, à ses vainqueurs, elle imprima sa marque; ses dogmes reparurent mêlés aux dogmes triomphants. Jéhovah, comme Ormuzd, domine la nature sans y être incarné ; il a son

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Ahriman, Satan ; entre eux et à leur service volent des «hœurs d'anges et d'archanges , d'Amschaspands et de Darwands. L'arbre de vie dans le monde naissant, le baptême de Teau sacrée, la résurrection de la matière, autant de traits communs à la Bible et au Zend-Âvesta. Les animaux couronnés de Persépolis deviennent les animaux symboliques des évangélistes, et ce sont les rois mages qui, les premiers, aperçoivent de loin l'étoile chrétienne, et accourent offrir la myrrhe et Tencens au Dieu nouveau-né.

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