L'ÉGLISE UOMAINK ET LA SCIENCE
plus implacable, plus puissante que Tenfer. Elle a volé l'héritage du genre humain.
« Quels sont ces hommes d'un ordre nouveau, Galilée. Kepplcr, Newton, auxquels il est donné de lire dans le conseil éternel du Dieu des mondes? Donnons-leur ici leur véritable nom : ce sont les prophètes
du monde moderne Ils ont lu, d;ins runmensité, les lois qui
meuYent la société des mondes; et ces lois, cette géométrie sacrée,
CONTEMPORAINE DE DiEU, GOÉTERNELLB AVEC DiEU, OÙ leS OUt-ils apiT-
çues, sinon en Dieu lui-même? Le moindre de tous, Linnée, après avoir reconnu les lois de la vie dans Tinfiniment petit, s écriait : « Je viens « de voir, par derrière, passer le Dieu éternel tout-puissant, tout sait chant, et je suis reste dans la stupeur... »
€ Or ce que le monde reproche à l'Église dans cette affaire de Galilée, il faut qu'elle le sache bien clairement. C'est d'avoir, comme Linnée, vu passer devant elle la main de Dieu et de ne l'avoir pas reconnu.... »
Après Galilée, après la révélation des lois fondamentales du monde physique, voici Vico qui cherche à ramener à des lois immuables l'univers moral. Par son amour des traditions, son sentiment de l'autorité, son culte des légendes, son intelligence des symboles, sa consécration du passé, embrassé du haut de l'idéale cité de Dieu, d'un côté, il est d'accord avecla réaction catholique qui regarde en arrière, mais en même temps il élargit le catholicisme, il lui offre l'universalité des Eglises, l'augmente de toute la pensée accumulée par les siècles, et, parlant, le lance vers l'avenir. La papauté ne veut pas comprendre ; par bonheur pour le philosophe, elle ne le peut pas. I/ultramontanisme, aux yeux duquel l'histoire n'aurait qu'un lien, qu'un but, le triomphe visible de la papauté, n'a que faire di3 l'histoire depuis qu'elle le cor.lredit et le condamne par chacun de ses grands événements, UéForme ou Révolution, lia, comme dit admirablement Edgar Quinet, il a perdu « le lîl de la Providence. » Hors de l'ÉgUse sont désormais
ceux qui découvrent les lois divines, les Vico, les Condorcet, les Herder, les Hegel, les Emerson.
Ainsi, en moins d'un siècle, du dix-septième au dixhuitième, Rome se dépouille elle-même, par Galilée, de la science du Dieu de la nature ; par Vico, de la science du Dieu de l'histoire. Qu elle « continue un moment encore, à se laisser déposséder ainsi du Dieu vivant , demain que lui restera-t-il ? »