MAISON DES MENUISIERS
N des monuments les plus célèbres de la Renaissance, la Maison des Menuisiers, no 40 Grand' Place, fut élevée vers 1644.
« Sa splendide et gracieuse façadç est percée, dit Schayes, au-dessus d'un rez-de-chaussée rustique, de trois étages de fenêtres rectangulaires que séparent deux rangs de colonnes doriques et ioniques engagées et un rang de termes ou gaines, au-dessus duquel s'élève un très beau gable à fronton et à enroulements, orné de quatre colonnes cpmposites . et de trois niches. Entre les fenêtres des deux premiers étages sont des bas-reliefs qui représentent les différents attributs et procédés du métier i. Très peu de soins seraient nécessaires pour remettre en bon état la façade de cette maison.
Un hôtel situé rue de l'Empereur n^ 9, portant le millésime 1647, présente les signes qui distinguent l'école de Rubens. Il est très probable qu'Artus Quellin, le collaborateur assez fréquent du maître, le même qui sculpta les ornements de la Porte de
l'Escaut, soit l'auteur du fronton supporté par la porte d'entrée de la maison citée. Le style charmant et la grâce des têtes d'anges et des Vierges de ce statuaire se retrouvent ici, joints seulement à quelques vigueurs utiles dans le décor sculptural. Cet ornement « précieux représente des disciples de Neptune montés sur leurs coursiers marins et luttant comme des centaures.
Outre la construction de la tour de l'église St-Paul, on fonda, au cours du XVII' siècle, quelques chapelles généralement destinées à desservir des maisons de charité.
67.- Vieille Bourse, n>2i. Parmi CCS dernières, celle ajoutée à l'Hospice Lanlschot, en où vers 1656, subsiste encore, quoique très détériorée (Canal Falcon). C'est un riche négociant, Corneille Lanschot, qui en fit la fondation pour douze femmes âgées. Sur le portail de la chapelle, dédiée à Sainte-Rosalie, on lit une inscription commémorant le don.
Les impostes de l'arc en plein-cintre de cette entrée monumentale (fig. 44) reposent sur de grandes consoles dont le profil se détache sur les battants
de la porte. Des deux côtés se dressent des colonnes engagées reposant sur de forts piédestaux; leurs chapiteaux d'ordre composite sont surmontés de deux faux entablements qui, à leur tour, reçoivent deux grandes moulures dessinant des volutes en spirale qui, avec la corniche horizontale, forment un tympan contenant, avec deux têtes d'anges, le cartouche à inscription.
Les fenêtres de la chapelle montraient encore il y a quelques années des têtes d'anges du même aspect (fig. 46). Trois autres de ces ornements, si abondants dans les œuvres de
l'école des Quellin, or- 68.-Echauguettederaacienne . , „ porte de Malines. (Disparue),
naient une niche Renaissance de l'hospice de la rue Chapelle -de -Grâce (fig. 47).
L'église St-Charles-Borromée nous offre donc UD type de l'architecture de la Renaissance du XVIIe siècle ; sa tour est un véritable modèle du genre qui superposait un ordre différent à chaque étage des constructions (voir texte page 84). Plus tard, Michel-Ânge, le premier, introduisit l'usage de n'employer qu'un seul ordre dans tout l'édifice. Quelques palais, que l'on peut admirer à Anvers, et que nous venons de citer, renseignent sur l'archi-
tecture civile monumentale à cette époque. Quant à l'architecture privée ou plutôt celle des habitations moyennes notables, elle reste longtemps stationnaire. Les pignons à gradins se transforment assez communément en pignons à enroulements, tantôt simples tantôt superposés en plusieurs rangs ; mais on trouve pourtant des gradins au XYHI^^ siècle (voir entre autres la maison n^ 1 de la rue Large, 1702). Quant aux croisillons de pierres qui barrent les fenêtres, ils disparaissent complètement. Les vitres maintenues dans des châssis en bois prennent de plus amples proportions.
Avant d'indiquer les monuments les plus importants du XVIII« siècle, il semble utile d'attirer l'attention sur quelques caractères que l'on trouvera dans la plupart des constructions de la ville, avant la domination du mode connu sous le nom de style Louis X V.
Outre les colonnes diverses à renflements, les frontons brisés, les modillons, Tornemenl qui fait partie de presque tous les monuments est l'encadrement des cartouches à inscriptions. Un mélange de ces éléments décoratifs se groupe presque toujours autour des fenêtres-lucarnes très communes au XYII« siècle. Sur les balustrades, sur les pédicules des pignons, sur les guérites de sentinelles, (fig. 68) enfin partout où une minime surface horizontale offre une tablette, on trouve des vases, des statues, des sphères, des glands, des bouquets. Les dates, inscrites sur les façades au moyen des anilles en fer maintenant les murs, sont surtout en usage au
XVIIe siècle. A aucune époque on n'a plus orné les portes ; généralement on les charge trop et on ne se soucie pas de relier les membres décoratifs entre eux. Parmi les dessins reproduits ici on trouvera au moins un type de chaque variété de portes.
Celle de la Plaine Falcon, n» 39, constitue le seul reste d'un vaste monastère dont les premiers souvenirs remontent à son fondateur Falcon de Lampage, c'est-à-dire vers l'année 1350. L'institution subit bon nombre de vicissitudes, et la porte, qui existe encore (fig. 59), ne fut édifiée qu'en 1671. Il faut aussi mentionner, surtout au point de vue de la conservation de l'ensemble, la maison n" 30 de la rue Mutsaert ou du Fagot (fig. 60-61).
it-Georgea (voir page 74).