‹ Édifices anciens: fragments et détails, AnversChapitre 32 sur 35 · STYLE DIT LOUIS XV · texte numérisé non relu

STYLE DIT LOUIS XV

tE ce style et celui de la Renaissance, n'y a point la différence marquée qui ifGrme si l'on compare un exemplaire i style gothique pur et un monument du XVI« siècle. En effet, tous les éléments, colonnes et autres, se sont maintenus à leurs rangs et à leur importance ; mais l'ensemble des détails très fouillés et qui tous se présentent sous des formes onduleuses, rebondies, donne aux monuments un aspect, en même temps, et délicat, et chargé à outrance. Ces lignes sinueuses, ces volutes souvent souples, aux formes creusées, évidées, dentelées ou déchiquetées, ont valu à cette période de l'architecture, les épithètes de chicorée, rocaille, rococo. Tous les angles sont abattus, les grandes corniches à frontons elles-mêmes ont des contours courant sous ane direction libre et fantaisiste, seules les lignes verticales qui limitent les portes et les fenêtres offrent quelques traces de droites, mais celles-ci se voient encore interrompues bien souvent par des frisures sculptées dans les pieds-droits, dans les chambranles. Les frontons, les linteaux des fenêtres, les œils-de-bœuf qui surmontent les portes, chaque partie de la façade, nous montrent des ornements finement taillés qui font souvenir de Watteau, le plus populaire des peintres connus de cette époque.

Le Palais Royal, l'hôtel de Madame Osterrieth (fig. 73) et la Banque d'Anvers (flg. 72), offrent trois

types qui suffisent à faire connaître le style de la première moitié du XVIII« siècle. Tous sont édifiés d'après les plans de l'architecte-sculpteur Van Baurscheidt.

Le premier, construit vers 1745, appartenait primitivement à Van Susteren, seigneur de 's Gravenwezel; en 1764, il passa à Joseph de Fraula ; puis, en 1777, au comte Roose de Baisy ; enfin, en 1811, Napoléon le fit aménager pour lui servir de résidence lors des visites nombreuses qu'il comp- „„,;.,

^ "^ 70. — PignoD à enroulemenU

tait faire à Anvers. Depuis (itns). - Marché au Linge. l'Empire, cet édifice sert de Palais aux Souverains.

o Bien que l'ornementation rocaille ou Pompadour, dit Schayes, y brille de tout son éclat, la façade de cet hôtel est une des plus belles, sinon la plus belle, de toutes les habitations privées de la Belgique. On se servit pour sa construction de grandes pierres de Bentheim, et c'est peut-être le seul hôtel en Belgique dans lequel on ait fait usage de cette pierre, d'un grain très fin et d'un emploi fort commun en Hollande». «Rien de plus gracieux, dit le même auteur en parlant des maisons de l'époque, que la décoration intérieure des appartements au siècle dernier (XVI1I=), décoration d'un

style maniéré et plein d'afféterie, peu convenable aux vastes salles d'un palais de souverain ou d'un édifice public, mais parfaitement approprié à un boudoir, à une salle à manger ou à un salon de campagne. On prodigua les glaces, les trumeaux, les cadres sculptés et dorés, les stucs, les peintures, principalement les grisailles. Dans les appartements d'apparat, les tentures étaient en damas, en satin ou en soie, couverts de riches broderies. Des boiseries peintes communément en blanc avec filets dorés, des tentures en coton ou en papier peint, dont l'emploi ne commença que vers 1750, couvraient fréquemment les murs des appartements des maisons bourgeoises d'une certaine opulence. Dans les cuisines et autres dépendances, les murs étaient revêtus jusqu'à une certaine hauteur de carreaux de faïence, de fabrication hollandaise, émaillés de blanc avec fleurs ou autres sujets en bleu ^. On sait que c'est à partir du commencement du XVIIP siècle que l'on se mit à plâtrer les maisons.

En transcrivant ici ce qui fut écrit à propos d'un splendide monument, • la Banque d'Anvers, (fig. 72) il y a plus de trente ans, il nous sera possible de faire trois remarques qui pourraient servir de conclusion à cette notice s'il ne nous fallait pas citer quelques édifices de la fin du XVIIIe siècle.

(( Cet hôtel, dont l'intérieur à conservé des restes nombreux de son ancienne somptuosité, fut bâti, vers Tannée 1750, par ordre d'Arnold du Bois, seigneur de Vroylande, d'après l'ordonnance de l'éminent architecte-sculpteur Van Baurscheidt, fils ;

les deux statues qui décorent le balcon sont également l'œuvre de ce maitre; elles représentent un

Page 1