MATÉRIAUX
\jes habitants de Rome ont été heureusement pourvus par la nature de matériaux propres aux constructions. Ces matériaux sont en général bien supérieurs aux nôtres, et le climat moins destructeur contribue encore
à en perpétuer la durée.
On construit le plus ordinairement en assises de pierres et en briques,
car le moellon ou tuf ne s’emploie guère que pour les murs de refend.
La pierre dont on se sert pour les plus beaux édifices est le travertin, TR AVERTI NO, appelé par les anciens lapis tiburtinus ou pierre de Tivoli. C'est une roche calcaire blanchâtre tirant sur le jaune et donnant des blocs de la plus grande dimension : son grain est très-fin, mais elle est persillée. Au sortir de la carrière elle est tendre et devient ensuite fort dure; sa ténacité la
reud capable de supporter sans se rompre une charge plus considérable que la roche d’Arcueil et même que le marbre blanc. Il est vrai qu'elle éclate au feu , mais elle résiste à toutes les intempéries de l’air. Enfin, elle acquiert avec le temps un ton chaud et coloré d'un aspect fort agréable. Lu grand nombre de
(i) On pourrait, peut-être, avec les nations actuelles de la science, compléter aujourd'hui le beau travail de M: Brocchi et rendre raison de certains faits géologiques ayant dû se passer dans cette contrée, et qui sont restés sans explication satisfaisante. Mais cette tâche ne m'appartient pas, elle revient de droit k ceux qui, occupes d’une manière tonte spéciale de ces attrayantes études, sont , plus que moi, en état d’y ajouter des observations nouvelles ou de
présenter d'intéressants aperçus.
IO
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monuments antiques, tels que le Colisée et le théâtre de Marcellus, et la plupart des églises et des palais modernes sont construits avec cette pierre.
Le travertin est un dépôt calcaire d'eau douce, mais il n’est pas, comme les pierres des environs de Paris , disposé en bancs d’une épaisseur uniforme : sa hauteur varie, au contraire, pour chaque bloc; ce qui, afin de ménager la pierre, oblige à faire des raccordements. L’inconvénient d’avoir des assises non réglées diminue au reste pour le travertin, parce que les nuances des divers morceaux diffèrent infiniment peu entre elles. La plupart étant d’ailleurs posés sans mortier ou avec un mortier composé de sable très-fin, les joints sont peu sensibles et l'irrégularité s’aperçoit à peine (i).
La pierre qu’on emploie le plus communément est le pépérin, lopi n iv i : pierre moins dure, moins belle, moins homogène et plus poreuse que le travertin. C’est une modification à la roche volcanique que nous avons désignée sous le nom de tuf liütoide. Sa couleur est grise avec des taches brunes et des points brillants. Quoique tendre lorsqu’on l’exploite, elle supporte mal la taille : elle durcit avec le temps et résiste aux effets du feu. On l’extrait de plusieurs endroits des environs de Rome, mais surtout de Castel- Marana sur la roule de Naples. lats anciens la liraient princi|>a!ement de Gahies ou d'Mhano et la nnmmaieut pour cette raison tapis gaùinut ou albunus.
L* pierre de Mahino est une espèce de peperino d'un bleu cendré, plus compacte et d'un grain plus uni que le précédent. On en fait des marches d’escalier, des cheminées communes, et les parties des édifices les plus chargées de moulures.
(s) Voici <lc quelle manière est dirigée l'exploitation du travertin au pied des collines de Tivoli, d'où l'on tire la majeure partie de celui qu’on emploie aux constructions de Rome. On découvre dans toute cette plaine, au-dessous d'une terre fertile et à la profondeur d'environ o"* ,-0 à o“‘ ,90 , une première couche de travertin de qualité inférieure, et interrompue de distance en distance par des feutes ou quelques parties terreuses. Eu conduisant la fouille à une profondeur de6 à 7 mètres, ou trouve une couche de calcaire crayeux d'environ o*“,ia d épaisseur, d'où sortent des sources d’eau. Enlin, sous ce calcaire crayeux , on rencontre le travertin propre à l’exploitation. Cette division des carrières de travertin en deux couches bien distinctes rend plus facile l'extraction de la couche inferieure.
Je dois eet détails à l'obligeance de M. Jay.)
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Lu tuf utiioîde, dont nous avons déjà parlé à l'article précédent, Sf trouve au («apitoie et sur plusieurs autres collines à l’intérieur de Rome. Il s’exploite hors de la ville à Monte Verde, à Ponte Nomenlano, àTorre Pignatara hors de la porte Maggiore, à Ardée, et le long de la voie Ardeatina. Sa couleur est d’un brun rouge ou jaunâtre avec des taches orangées. La texture de celte pierre , qui est assez résistante, approche de celle de la pierre ponce. A toutes les époques de Rome elle a été fort employée dans les constructions et en blocs de dimensions diverses. Au temps des rois on en a construit l’arcade de la Cloaca Maxima et les murs de Servius.
Quelquefois on la taillait en petits cubes ohlongs et assez mal équarris. Cest avec des matériaux de ce genre que sont exécutés les promenons du théâtre de Marcellus et les murs des basiliques élevées au temps de Constantin. Dans le moyen âge, on retrouve cette pierre débitée de la même manière dans les constructions dites sarrasines, telles que la tour qui forme sur le Capitole l'angle du palais sénatorial, les murs de la cité léonine , ceux de la forteresse de’ Gaetani près du tombeau de Cecilia Mctella , et enfin quelques-unes des reprises faites aux murs d’Aurélien. L’usage s’en était même conservé à l’époque de la renaissance, puisque la façade du palais di Venez.ia est ainsi construite.
Le tuf lilhoîde a été extrait de l’intérieur de Rome, même dans les temps modernes. La carrière située sur le mont Aventiq, près de S. Prises , a fourni une partie des pierres qui ont servi, il y a environ un demi-siècle, à la construction du palais Braschi.
I-es anciens désignaient ce tuf par les noms de sn.aim qwitlrntum , lapis quadrants , et quelquefois par ceux de top/ms ruber, sitrum rubrum et sa-eiun rubrum quadmtum : ces dénominations diverses se rapportaient au tuf lithoïde seul qu’ils employaient ordinairement en morceaux carrés : ou se tromperait donc en supposant que Vitruvc et Tite-Live ont voulu indiquer |>ar ces expressions toute espèce de pierre carrée autre que celle qui ressemble au tuf lithoïde du Capitole et de Monte Verde (1). Aujourd'hui, le
i) Je n’ai pas été à tnélDC de vérifier celte upiniun : elle appartient à SI. broerhi, dans l'ourage duquel je l’ai puisée.
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tuf dont ou se sert le pins souvent se tire des carrières situées hors des portes S. Paolo, S. Lorenxo et S. Sebastiano.
1 J pierre dite Palombino est un toi calcaire dont on fait une excellente chaux, et qu’on trouve en abondance dans les montagnes de Palestrine et île Tixoli. Cette pierre est blanche, poreuse, tantôt fragile et tantôt compacte. Les anciens s’en servaient quelquefois pour les ouvrages de maçonnerie de blocage, et meme pour les ouvrages réticulés, oput reticulatum.
Lf.s pierres ponces qui sont, à cause de leur extrême légèreté, d’un usage précieux pour la construction des voûtes, se rencontrent fréquemment au nord de Rome, vers Caprarola, Ragnaia et les monts Ciniini.
Briques. On trouve dans l'intérieur de Rome ou à ses portes une argile Blanche et muge, très-abondante et éminemment propre aux ouvrages en terre cuite. Aussi la brique et la tuile y sont-elles d’une qualité supérieure.
La dimension des briques modernes de Rome ne s’écarte pas beaucoup de celle des nôtres (i). Toutes celles qu’on y fabrique aujourd’hui sont cuites et font un excellent usage. Dans les plus beaux édifices, on les emploie même pour les parements extérieurs. C’est ainsi que sont construits l’intérieur de l’église de Saint-Pierre, les façades des palais Saccbelti , Mattéi, Parnèse, du Vatican, de Saint-Jean de l^atran, celles des -églises S. M.
(i) Il existe toutefois plusieurs sortes de briques.
Les briques ordinaires [mattoai ordinan) dont on se sert le plus souvent |>our la confection des murs ont owH ,179 de long sur o"*’,i Ü9 de large et o^'soîî d’épaisseur.
Les grosses briques (mattoni groui) ont o™* ,334 sur o"*‘ ,167 et o"*' ,046.
Les grosses briques carrées [matinni grossi quatiri) ont sur deux de leurs dimensions o"* ,a3f> et o**- ,046 d'épaisseur.
Les briques minces carrées [malton t xottili quatiri | ne different des precedentes que par l'épaisseur réduite à o"“-,d33.
Enfin, il est encore une sorte de briques appelées quadrucci , avant o’*'1 ,a6o sur o"*' ;ioa et o**‘ ,041.
La plupart de ces dernières briques sont employées an carrelage des appartements, des vestibules, des portiques et des loges- decouvertes.
On pourra juger du bas prix de la brique |»ar un seul exemple. La valeur du mille des ma t font ordinari ne s’élève même pas à a 3 francs.
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dell’Anima, de S. Anastasio de’ Greci, enfin celles d’un grand nombre d'autres monuments.
I-a plupart de ees ouvrages ayant été destinés à être recouverts d’un enduit, ne sont pas établis avec une grande précision d’appareil. On en remarque toutefois qui présentent une régularité de joints d’un aspect très-agréable , et j’en citerai des exemples dans mes Notices.
La brique s’emploie conjointement avec le travertin et le jié|>érin, qu’on réserve alors pour les corniches, les bandeaux, les chambranles, et enfin |H>ur les chaînes en bossages dont, pour l’ordinaire, on fortifie les angles des façades.
Les anciens ont fait un fréquent usage de briques crues ; mais aucun ouvrage de ce genre n’est parvenu jusqu’il uous. Ou n’a même pas retrouvé une seule brique crue au milieu de tant de ruines. Les briques cuites, au contraire, ont résisté admirablement aux siècles et aux intempéries ; et les thermes, les aqueducs, et plusieurs temples, en offrent de magnifiques exemples qui témoignent des avantages et de la durée de ces constructions.
Ces briques étaient employées dans les ouvrages dits /airrizie. sorte de maçonnerie composée de blocage et revêtue de petites briques triangulaires posées à plat et en liaison, et formant parement. Oc distance en distance, sur la hauteur, de grandes briques carrées , comprenant l’épaisseur entière du mur, reliaient et consolidaient toute cette «instruction.
Cette espèce de maçonnerie formait un tout si homogène , que, malgré la destruction des enduits destinés à préserver les murs, plusieurs parties de ceux-ci sont arrivées jusqu’à nos jours dans un état parfait de conservation.
Les tuiles étant plus exposées que les briques aux intempéries, demandent qu’on apporte encore plus de soin à leur fabrication, et que la pâte en soit plus fine et mieux corroyée.
A Home, on se sert pour la couverture de deux sortes de tuiles; les unes plates avec rebords, et les autres creuses. Les premières, nommées lego/e, ont o“',.l(u6 (i5'*V1'-) de long: leur largeur n’est pas la même aux deux extrémités. D’un côté, elle est de o“* ,334 (•*** A1*’), et de l’autre, de o“‘ ,a5o (g K î"*’); leur épaisseur est de o*”,oj3 (io1*) , et la hauteur des rebords de droite et de gauche de o**' ,oa5 («“* ). Les tuiles creuses ou canali
REXSK1GNKMENTS DIVERS.
\ un! aussi en (liniiniiant ; leur plus grande largeur ou diamèlrc es! de n" 1 (8*“ n“*), leur plus pelile de o“*,i7t> el leur épaisseur de
o“* ,oi9 (8"*' t).
Voici maintenant de quelle manière on les emploie : on commence préalablement par former sur les chevrons une aire ou carrelage avec de grandes briques qu’on nomme pianelle, ayant o""',a84 (to1” 6“* ) de long sur o““ , 1 58 ( 51” I O1"-) de large, el o““ ,oag (iŸ*) d’épaisseur. Ces briques se posenl à pial d’un chevrou à l’aulne et sont jointes avec du mortier. Cela fait, on élablil sur le bord inférieur du toit un rang de tuiles plates à rebords, qu'on assujcllit en les posant sur mortier: sur ce premier rang, on dispose d’autres tuiles à rebords, de manière à les faire entrer l’une dans l’autre avec recouvrement d’environ o“',o8i (V*j; on obtient de la sorte, dans le sens de la pente du toit, autant de rangées qu’on espace d’environ o" , 027 (•'”). Cet intervalle est recouvert par des tuiles creuses dont la partie ronde est en dessus et qui se recouvrent les unes les autres, ainsi que les tegu/e, avec lesquelles elles se raccordent.
Cette sorte de couverture est très-durable et serait indestructible si les tuiles étaient toutes posées en mortier. Ainsi, près de la voie Appia, on trouve un petit temple de Uaccbus, aujourd'hui S. lirbano, voûté et couvert en tuiles antiques du même genre, mais un peu plus grandes. Ces tuiles, dont plusieurs portent une empreinte avec le nom de l'im[>ératrice Faustine, femme d’Antonin, ont été probablement posées lors de la construction de ledifice (1).
(1) Parmi tes matériaux en terre cuite, on doit mentionner encore les poteries servant de conduites et de tuyaux de descente. Leurs dimensions sont très-variées.
Les tuyaux dits candotei délia Maddtdena sont les plus grands : leur diamètre intérieur est de o"**1 ,»5i, et leur hauteur, non compris l'embouchure , de o"* ,40g.
Ceux dits de Monte Cavallo sont de la même hauteur que les précédents, et leuc diamètre intérieur de o*** ,176.
Ceux dits de Cieità-y ecchia ont o"" ,i58 de diamètre.
Ceux dits Basiardi ont 0“** , , an de diamètre.
Ceux dits Cannelle sout de quatre espèces : ils ont o"" ,og3, n**' ,0-4, o"*’ ,o63 et o"c ,o/,7 de diamètre intérieur : la hauteur des deux premières sortes est de o"*-,446 , celle de la troisième de o**,-,»3a, cl relie de la quatrième de o“* ,871.
Enfin, ceux qu'on désigné sous le nom de Tartortlli sont les plus étroits : leur diamètre est seulement de o"* ,n33, et leur hauteur de o"*'
HENSBKitVEMBKTS DIVERS.
l.i crixiix esl à Rome d'une excellente qualité. Elle se fait généralement aujourd'hui , comme dans les temps anciens , avec une pierre blanche et compacte dite pahmhino , qu'on tire des montagnes de Paleslrine et de Tivoli.
Dans les constructions delà ville moderne, on ne s’est malheureusement que trop servi d'une autre espèce de chaux faite avec des débris de marbre antique qu’on rencontrait de toutes parts : des temples entiers sont ainsi disparus convertis en chaux.
La pouzzolane ( pozzvltuui ) n’est autre chose qu’un tuf granulaire semblable à celui dont nous avons parlé précédemment. Elle se rencontre en mille endroits, à l'intérieur de Rome ou dans les campagnes environnantes. Employée comme sable dans les constructions, elle le remplace avec avantage. Cette espèce de gravier, qui semble composé de débris de pierres ponces, de scories volcaniques et de laves poreuses, ne fait aucune effervescence avec les acides : sa couleur varie ordinairement suivant la profondeur de la fuuille. Elle est le plus souvent d’un rouge-brun mêlé de particules brillantes d’un jaune métallique; mais la meilleure est celle où le rouge domine et qu’on extrait de Saint-Paul aux trois Fontaines.
Les anciens nommaient .Innariœ les carrières de pouzzolane. Les catacombes de Calisto ou de S. Sébastian», de Rasilla sur l’ancienne voie Salara, de Torre Pignatara sous l'église de S. Pietro e Celeslino, de Ciriaca hors de la porte S. T-orenzo, enfin de Calepodio e Novaziano à S. Pancrazio, sont autant de carrières de pouzzolane.
On a lieu de s’étonner que Vitruve, qui mentionne la pouzzolane de Naples et en décrit les merveilleux effets, n’ait rien dit de celle de Rome. Il est vrai qu’il indique trois sortes de sables, le noir, le gris et le rouge, et l'on se demande, pour expliquer une omission aussi extraordinaire, s’il n’a pas voulu désigner trois diverses pouzzolanes. Pourquoi cependant établit-il une distinction si marquée entre ce sahlc et les pouzzolanes de Naples dont les qualités sont pourtant à peu près les mêmes? On ne saurait toutefois concevoir qu’au temps de Vitruve on ignorât l’existence de la pouzzolane aux environs de Rome, où elle est partout si abondante, et l’on ne peut
Ho
tlEMSEIONEMENTS DIX ERS.
croire davantage qu'on ail pu méconnaître aussi longtemps les qualités précieuses qui la caractérisent.
Dans le ciment des monuments antiques, on reconnaît deux espèces de pouzzolanes, la noire et la rouge.
Le mortier qu’on fait à Rome est excellent, parce que les matières qui le composent sont d’une qualité supérieure. La cliaux y est très-bonne et la pouzzolane l’une des meilleures qu’on puisse se procurer. Celle-ci s'emploie seule avec la chaux, et le mélange se fait comme pour le sable.
le mortier qu’on retrouve dans les monuments antiques est d'une telle consistance, qu'rtn s'est imaginé que les anciens avaient une méthode particulière pour le composer. Tout leur secret pourtant consistait à n’employer que de bons matériaux et à les broyer avec le plus grand soin. Il est d’ailleurs probable que ce procédé si simple , et à la portée de l’ouvrier, nous a été transmis sans altération. Les irruptions de barlrarcs, en arrachant l'artiste à ses études, doivent occasionner, sans doute, la décadeuce des arts, mais elles ne sauraient changer chez un grand peuple les méthodes les plus ordinaires de l’art de bâtir, lorsqu’elles ont été consacrées par l'expérience d’une lougue suite de siècles. On peut, en effet, comparer le mortier employé à la construction de plusieurs édifices élevés depuis le xvi* siècle, et on le trouvera tout aussi adhérent, tout aussi résistant, que celui des monuments antiques.
I’latre. 1-es anciens ont fait usage du plâtre qu’ils tiraient de file de Cvpre, île la Calabre, de l’Étolie et autres lieux. Ils s’en servaient quelquefois comme de mortier, et surtout pour la composition des enduits. Aujourd'hui , on l’emploie seulement comme enduit, et même assez rarement.
Al arbres. Les anciens entendaient par marbre toute espèce de pierre compacte susceptible de prendre le poli et de conserver un beau lustre. En architecture, où la pierre est assez souvent considérée sous le rapport seulement de son apparence , on a conservé au mot marbre la même acception, birn que les naturalistes ne classent parmi les marbres que les pierres calcaires qui, recevant le poli, font effervescence avec les acides sans faire feu sous
«EVSEKi'tEME'ITS KIVFR*.
lectine de nçwr.ll» -excluent donc d» cette catégorie lé» granités, les porphyres, lés jaspes et les albâtres. : • ' ; -.
O» trouve au» environ» de Rome des brèches que Je» anciens ont négligé d'exploiter, parce qu'étant maîtres de disposer d'une multitude de carrières, répandues sur tous les points de leur vaste empira , ils ont du choisir de préférence les marbres dont- les couleurs étaient ou les.plus brillantes «ni les plus agréables. Les Romains, modernes ayant retrouvé dans les ruines le produit <le mille carrières diverses , n’ont guère fait usage dans leur,» édifices que des- marbres arrachés aux monuments antiques ou découverts dans les fouille».
U noos a paru à propos-de donner ici quelques indications sur les principaux marbres «pie nous aurons- occasion de citer dans les Notices. Nous ne nous attacherons qu’à faire ctumailric leur couleur, la lieu d'où ils proviennent, et les dimension»' des blocs de diverses espèces- employés dans les monuments «le la .ville moderne.
L eGnmilr est une roelie moins homogène cl beaucoup [dus dure «pie le marine. Il est eoiuposé de feldspath, de quart* et de mica, en proportions variablqs. On distingnc'den» sortes de granités : le rouge et lu gris. Les donne obélisques de -Rouie sont tous formés de granité rouge. « • ; , . •
Les anciens tiraient leurs granités ifKgyptc, de File de Oypre et de l’ile d'Elbe. , • ;
Les jilus grandes colonnes de granité d’une seule pièce, qui existent ii Rome, sont celles du portique du Panthéon : elles. ont n’" ,«jto de hauteur.
Dans' l'église deSarnl-Paut hors les nltirs, la hauteur des deux colonnes qui Soutiennent Farcgdc à l’extrémité «Je. la nef, est de i r“'1 ,694.
. Oéllos «les thermes de Dioclétien ont la ptéme hauteur.
La plopart des anciennes églises ont été bâties avec des colonnes antiques; presque toutes ces colonnes sont en granité. Ainsi, à Saint-Paul (l) et à Saint-Laurent hors les murs, à S. Sabina, S.. M. in trasteverc, S. Crisogmm,
(1) En ill-jtA, Saint- Paul a été «li-Otiit par bu incendie ; c’est une pvstc U jaitaais regret-, table. On reconstruit maintenant cette basilique sous la direction de M. Poletti ; les colonnes de (a nouvelle église smmtJohnees d’une espèce de granité qn'ou rire du tae Majeur, et qu'on n amuse tttiflianb. ' . ...... . :* ... ,
ftKXSElCNEMtNTS DIVERS.
S. M. in aroceli, S. Itarlotomen all'isola, et, dans beaucoup d'autres églises, ce sont /les colonnes de granité qui séparent tes nefs des lias côtés".
Les colonnes de [tolites dimensions ont également trouvé leur emploi : t les plus précieuses ont servi à orner les autels, et les autres à la construction des cloîtres et. dés bâtiments particuliers. Ainsi, dans un grand nombre de |ialais et même dans beaucoup de maisons, les voûtes des vestibules sont supportées par des colonnes qui, le plus souvent , sont en granité. Le palais Borghèse possède à lui seul cent colonnes de granité; quatre-vingt-seize forment le portique de la cour, el les quatre autres servent d’ornement aux façades.
la* Porphyre , la plus dure de toutes les pierres, diffère du granité par sa composition et sa couleur. Sou grain est plus fin, ses parties plus conqtactes et mieux liées. Le porphyre est rouge ou vert. Le premier est d’nn rouge foncé, senié de petites taches blanchâtres et quelquefois noires et brillantes. Le porphyre vert a des taches blanches et verdâtres qui tranchent sur le fond dont la couleur est d’un vert très-foncé. Les Italien» l’appellent venir nnliiv ou terpepliim. "• . -
Les anciens tiraient leurs porphyres d’Egypte, de Numidie, d’Étlriopie, des bords de la mer Rouge, des Iles de r.Areliipd, et même de l’Italie.'
Porphyre rouge.. Dans l’église de Saint-Paul hors les murs, on comptait, avant l’incendie, trente colonnes de porphyre , dont quatre de o“" ,83«) sut b"1 ,700; au baptistère de 8aint-.lean de Latia 11, il y a huit colonnes de porphyre très-belFcs , mais inégales de diamètre. Celui de ht plus grosse est de o“" ,568 sur 4"', ,54o de hauteur. ‘
Les colonnes des petits autels du Panthéon ont (>“',447 sur 'l—’yÜÎ? de hauteur. On compte seize colonnes de porphyre à S. M. Maggiore, quatre à, S. BartolomeO âl l’isola; quatre à S. Marco, quatre a S. M. in Iraslevere, quatre à S. Lorettzo hors les murs, deux à S. M. ih 'Oomnica, et deux à S. Pancrazio.
Porphyre vert ou vente iintico. Les dettx plus belles colonnes de cette espèée de- porphyre se voient au palais des conservateurs sur le Capitole, filles ont ci”! ,466 île diamètre sur de hauteur.
A Saint-Jean de Latrau, les niches de la nef sont orjiées de vingt-quatre entonnes de porphyre d’un petit diamètre. Celles de la chapelle du, Saint-
«ENSEIGNEMENTS DIVERS
Sacrement , daus la même église, sont plus grandes et D ont guère que V”' ,oo de hauteur. , .
Dans Téglise de S. M. in Campilelli, deux eulonues de vert antique dècorent l’autel de la chapelle Saiute-Anne.
' , Dans les villa Mrdici, Borghèsc, et au palais Giustiniani, nn en trouve également de fort belles. . •
Le marbre SumitUque tire sur le gris avec de petites taches jaunes : c’est une espèce de granité, les belles cuves des fontaines de la place Farnése sont formées de ce marbre. • • • •
Le Cipol/ino était appelé par Tes anciens tapis phrygins ; c’est un marbre d on gris pâle tirant sur le vert, présentant de grandes veines blanches, dont la disposition ondulée a du rapport avec celles qu’on distingue sur nne tranche d’oignon, en italien ctpvUa, d'où il tire son nom. I .es dix chlonues du temple d’Anlonin et Faustinc sont formées de ce marbre / elles ont i”' ,â6a de diamètre sur 1 1 ,6g \ de hauteur. Dans la cour de la Curia Innocenziana, il v en a une fort lrelle sans emploi et couché» à terre.
La brèche de jaune antique est un marbre mêlé de rotlge et de jaune tondus ensemble et nuancés de veines blanches. Il prend un tçès-beau poli. Les grandes colonnes de l’intérieur du Panthéon paraissent formées de ce marbre : elles ont i*" ,iao de diamètre sur 7*"',8g2' de hauteur.
I à' Lumachella, dont le fond est jaune, est rempli de taches grises, noires et blanches : il est ainsi nommé de ce que les taches sont tournées connue de petites coquilles de. limaçon; on en voit des colonnes dans le casin de la villa Borghèsc et à la chapelle Slrôazi, dans l’église 8. Andrea delfa Vallée
La brèche appelée Porta santa, et autrefois Ijapis chias, sé tirait de l'ile de Chios. Cette brèche est- mélangée de tachés inégales blanches, jaunes, rouges et grises : les colonnes des portes de la façade de l’église S. M. dcll’anima. et celles de l’autel de S. Scbastiano, dans la. basilique de Saint-Pierre, sont formées de ce marbre. On en retrouve encore quatre autres dans l'église S. Agnese hors les murs.
Le marbre Africain est d’un ronge-brun mêlé de veines d’un blanc obscur, avec quelques filets d’un vert foncé. Il en existe deux colonnes au portique, du Vatican. •• , •
Il v « une autre espère de marbre africain très-dur et susceptible do iwe-
84 ' RENSEIGNEMENTS DIVERS.'
voir le plus beau poli. Le fond est mélangé de tache» d’un blanc sale et d'un ronge couleur de chair ou sanguin foncé, avec des veines obscures et noires très-légères et ondoyantes.
Les marbres noirJ antiques sont le lenarieu, le lydien, l'alabandique ; celui <|ui portait le nom de Ltieullus venait de l'ile de Chios. On en voil quatre colonnes au maître-autel de S. Lorenzo in Lncina.
la- Hasalte, qui, selon Pline, venait de la Thébaîde ou haute Égypte,- est une espèce de lave d’un gris noir et quelquefois verdâtre.
Paonazzetto. Le fond de ce marbre est blanc, avec des taches Violettes. Au portique du Vatican, il y en a deux colonnes. A Saint-Paul hors les murs, on en comptait vingt-quatre formées de deux morceaux.
Diapré île Sicile. Il est d'une couleur mêlée de rouge-brun, de blanc et d’isabclle : ses taches sont grandes et rectangulaires. On en trouve vingt colonnes dans la nef de l'église S. Marco, et quatre à la chapelle Bofghèse, dans l'église S. M. Maggiofc. ,
Le marbre ap|ielé Di/ns/azzuJu , l’un des plus beaux qu’on connaisse, est très-rare. Sa couleur est d'un bleu foncé, moucheté d’un autre bleu plus Clair tirant sur le céleste, et mêlé de quelques veines ou de points jaunes très-brillants. Quatre colonnes de ce marbre ornent l’autel de Saint-Ignace, dans l’église du Gcsù.
I x- marbre Persico est ainsi nommé à cause de sa couleur qui approche de celle de la fleur du pécher. Il est mélangé de blanc, de jaune et de rouge foncé. Il en eviste des colonnes à S. Antonio dé Portoghesi et à S. Carlo al Corso.
les anciens tuaient leur Marbre blanc de Luna , près de Carrare; du mont Hymélte, près d'Athènes; de l’ile de Brait ia , sur les cèles dç Dalmatie; de l'ile de Paros , dans l’Archipel ; de l'ile deThaso, dans la mer Égée; de l’ile Prooonnèse, dans la merde Marmara; de l’Asie Mineure; de l’ile de Cliios; enfin, de Cappadocc; et ce dernier était si transparent qu'on le débitait en laines très-minces pour en garnir les fenêtres.
Le marbre blanc a été fréquemment employé comme revétissement ou pour colonnes : nous citerons surtout les colonnes Trajane et Automne, composées l'une de trente-quatre blocs et l'autre de vingt-huit, en y comprenant le piédestal ; les belles colonnes du temple de Jupiter tonnant, de Mars vengeur, de Vesta , de la (jrtecostasis, de la basilique de Marc-Aurèle , de celle de
RF.NSEir.'SKMENTS DIVERS.
Constantin > dit forum Nerva; enfin , les arcs de Septime Sévère, de Tilus et de Constaiilin. ■ t ■ . .
V AlbiUrr. est une espèce de marbre demi-transparent, moins dur que le marbre ordinaire et d’une texture très-fine. Il est presque toujours blanc ; le plus' transparent est celui qui est d'un blanc de cire. On en trouve d'une teinte grise, rouge, et de plusieurs autres couleurs; quelquefois il est veiné et jas|ié. On en distingue de deux sortes, l'albâtre oriental et le commun. Les colonnes d'albâtre qu’on voit à Rome sont toutes d’une petite dimension: leur grandeur n’excède pas 3”*,5o.
Pavé. Dans les premiers siècles de Rome, les rues étaient pavées en tuf lilboide; mais nu lui substitua ensuite une lave basaltine, nommée .i//c.i , et maintenant .selrto. Ces pavés étaient formés de polygones irréguliers de cinq, Six ou sept côtés parfaitement joints; leur dimension était d’environ o”" ,6o. de diamètre, et quelquefois meme de l“,oo. Aujourd'hui le («vage des rues se fait avec la racine lave débitée en morceaux beaucoup plus petits, n avant guère que o““,io. Le selcio se lire, comme autrefois, de carrières situées aux environs de Rome, près du tapi beau de Ceciiia Metelln, et sur le chemin d’AI- Ismo , axant d'arriver à cette ville.
Pavemerts. Le parquet n'est pas en usage à Rome, et le pavement des appartements se fait habituellement pu carreaux de terre, cuite, disposés avec plus on moins de soin et de recherche. Ces carreaux sout oblongs et rectangulaires, carrés, hexagones et octogones. Nous avons indiqué ci-dessus les dimensions des premiers. ,
■On les mélange quelquefois de manière à obtenir des compartiments variés de forme et même, de couleur, puisqu'on peut leur donner des nuances rouges et jaunes plus ou moins foncées. Pour plus de solidité, les carreaux rectangulaires se posent ordinairement de champ et en forme d'épi dans les vestibules et sous les portiques. Cette sorte d’assemblage était, appelé par les anciens opu.i spicalum ; les modernes le nomment arête de poisson, spïna d) jiftce.. Dans le xvi' siècle on s’est encore servi dp carreaux de faïence , et on en. voit de très-bistoriés sous le portique du. troisième, étage de la cour des loges an Vatican. ’ , -, ’ . ^
HENSEir.NEMKNTS DIVERS.
Mosaïque. Ce genre de pavement était fort en usage chez les anciens, qui l’employaient pour les salles , les portiques et les rouis.
A Pompéi on en a découvert cl on en découvre journellement dans presque toutes les maisons. On en remarqueencoredans un grand nombre d’églises bâties au temps de Constantin; et au musée du Vatican on en conserve de tort belles trouvées dans les ruines de Rome ou des environs : la grande mosaïque d’Otricoli et celle de Palestrine qu’on y voit, sont célèbres l'une et l'autre.
Ives mosaïques des anciens étaient généralement laites avec des cailloux de couleur; mais on imagina bientôt , pour obtenir des tons plus vifs et une infinité de nuances, de remplacer ces cailloux par des matières vitrifiées et colorées. Ainsi furent exécutées, dans le moyeu âge, les peintures îles tribunes ou absides représentant les ligures du Clirisl, de la Vierge et des apôtres., qui se détachent le plus souvent sur uu fond formé dé petits cubes de verre doré. . ’ .
Cet art ne cessa pas d’être pratiqué en Italie, et fit des progrès à mesure que le dessin s’épurait lui-mème. Il atteignit à Rome son dernier degré de perfectionnement à l'occasion des travaux magnifiques exécutés dans la basilique de Saint-Pierre.
Les grands pendentifs de la coupole de cette église et les tableaux des nombreuses chapelles sont tous en mosaïque. Ces tableaux sont des copies laites d’après de grands maîtres, et si bien rendues, qu’à une certaine distance elles font illusion et semblent de véritables peintures.
Enduits et stucs. La plupart des constructions des anciens étant exécutées eu briques ou en maçonnerie de lïloeage, demandaient à’èlre revêtues d’enduits destinés à orner et à protéger les murs à l’extérieur. Ces enduits . composés ordinairement de trois couches , étaient formés d’un mélange de chaux, de pouzzolane et de tuileaux pilés : leur épaisseur était très-variable . mais ne dépassait pas o“-,i 35 ( 5»* ).
Les enduits intérieurs étaient exécutés de la même manière; seulement, lorsqu'on voulait décorer les appartements avec luxe, on ajoutait aux trois couches en mortier trois autres couches de stuc. *
HBNStmJNP.MKNTS DIVERS.
Ce stuo se composait d’ui« mélange de chaux et de poudre de marbre, et formait une pâte plus ou moins molle, susceptible , lorsqu’elle avait pris une certaine consistance, d'être taillée et façonnée comme l’argile des sculpteurs. (>n exécutait de cette manière des compartiments, des corniches et même des bas-reliefs auxquels on donnait le plus beau poli. ,
On recouvrait quelquefois les stucs des couleurs les plus brillantes qu'on appliquait sur la dernière couche encore fraîche. Enfin, on peignait sur ees fonds coloriés des .arabesques, des paysages et jusqu'à des sujets historiques.
Les enduits et les stucs sont préparés aujourd’hui à peu près de la même manière qu autrefois; mais comme on y apporte moins tic soin, qu’on y multiplie moins les couches, et qu’enfin on leur donne moins d’épaisseur, ils n'ont pas autant de durée. On remarque, en effet, qu’un grand nombre de façades modernes sont en partie dépouillées de leurs enduits. Toutefois il existe des stucs établis depuis plusieurs siècles, et qui bien qu'exposés aux injures de l’air, sont parfaitement conservés. Ou peut citer surtout ceux de la façade et de la cour du palais Spada , ceux du vestibule du palais Farnèse, ceux de la façade et du vestibule du |>alais Massion, et beaucoup d’autres eucore. • .
Dans les habitations ordinaires ,. ou se borne, aujourd’hui, à couvrir les enduits d’un lait de chaux, même pour les intérieurs. Cependant on exéente Ici plus souvent sur- ceux-ci des ornements qu’on applique au moyen de poncifs. Ces peintures s’établissent à très-ljas prix , elles remplacent les tapisseries et les teutures de papier, et durent davantage. .
tjuaut aux- véritables peintures de décoration, nommées Frlsquis, on en .voit uu grand nombre, et des maîtres les plus célèbres, dans les palais et dans les église» de Home. Ces fresques s’exécutent à l’eau sur un enduit encore frais qu’elles pénètrent assez avant. Elles se conservent généralement assez bien à l’intérieur; et les couleurs les pins vivès appliquées aveç intel- .ligence pourraient, |ieudant plusieurs siècles, se maintenir dans toute, leur fraîcheur, .même à l’extérieur, si on doit eu juger d'après un fragment qu’on distingue sur la façade d’un palais construit, rue Giulia, par Baldassarre Peruzzi. Malheureusement les enduits ayant été presque toujours
R ENSEIGNEMENTS .DIVERS
mal établis, se sont détachés, et de beaux ouvrages ont été ainsi à jamais perdus. . ’ “
Les peintures en clair -obscur, exécutées par un procédé analogue, ont éprouvé le même sort par suite de la même négligence, et c’est à peine si On , en retrouve aujourd’hui quelques traces. On en voit encore plusieurs fragments sur la façade postérieure de l’ancien palais Massimi , et sur celles du casin de la Farnesina. Ces divers genres de décorations, dirigées et exécutées souvent par d’habiles peintres, devaient avoir beaucoup de charme et donner l’idée d’une grande magnificence.
Le soBAFFiTO est une espèce de peinture pour laquelle on suit un autre’ procédé. Vasari le décrivant avec beaucoup de précision , nous nous conieiite’rons de Je traduire ici. « Lê sgraffito, dit-il, qui est tout à la fois dessin et
* peinture, sert uniquement à orner l'extérieur des maisons et des palais. C’est « le genre de décoration le plus expéditif et en même temps le plus durable,
« puisque les contours, au lieu d’être indiqués au charbon on avec. toute « autre matière analogue, sont gravés avec la pointe d’un fer par la main du « peintre: II' s’exécute ainsi qu’il suit : on prend de la cbatix détrempée à l’or- « dinaire avec du sable; on y mêle de la [taille brûlée, qui donne à l'enduit « une teinte de noir argentin. Cela (ait , on l'applique sur la façude, et , ap-ès
• l'avoir bien lissé', on le couvre en entier d’un lait de chaux. Cesi sttr cette , « façade ainsi blanchie qu’on décalque ensuite les poncifs des sujets qu’on
« veut y représenter, et dont on fixe les contours au moyen'cTune pointe de « fer <pii, enlevant la siqierficie blanche, fait reparaitre le noir de l'enduit.
« Enfin, on achève de leur donner du relief avec, des hachures. Tel est le « genre de travail appelé sgmjjitu par les peintres , per r'sjêr dai ferrv -sgruf- • Jiato , parce qu’en effet l’enduit est en quelque sorte égratigne par le fer..».
Bois. Les forêts des environs de Rome donnent des produits très-variés et très-abondauts, qui, tiou-seulement suffisent aux besoins de la ville, mais fournissent souvent aux approv isionnements des arsenaux <le Toulon , où ces Itois sont recherchés pour leur bonne qualité.
Le bois est beaucoup moins employé dans les constructions romaines que dans les nôtres. Les paus do bois, les parquets et les cloisons de menuiserie .
RRKSfeffiWEMÈ5TS DIVERS.
ne sont |>as en Usage; les escaliers sont toujours en pierre; enGn, dans les habitations de quelque importance, les salles du rez-de-chaussée sont habituellement voûtées , et quelquefois meme celles du premier étage.
Charpente. Les planchers sont disposés à peu près comme on le pratiquait anciennement parmi nous; c'est-à-dire, que les poutres, an lieu d’être recouvertes de plâtre qui les détériore, restent apparentes ou sont revêtues en menuiserie, et se conservent ainsi beaucoup mieux.
Les fermes des combles sont généralement d’une combinaison très-simple et parfaitement raisonnée. L’on peut citer comme modèles les fermes de .S. Saliina, de Saint-Paul hors les murs, et celles du théâtre Angciitiiia. Ces combles sont exécutés en sapin, et bien qu’ils soient plus légers, moins compliqués quelles nôtres et chargés de couvertures plus |>esaiites, ils se maintiennent droits et en bon état.
On doit attribuer leur belle conservation (■) au soin judicieux qu'ôu a mis dans lecliotx des matériaux et à la |>erfectiou du travail, car les bois sont équarris à vives arêtes. Ces combles, d’ailleurs, sont bien aérés, les couvertures bien faites et bien entretenues, de manière à les préserver de toute humidité.
Menuiserie. L’art de travailler le bois avec précision et délicatesse ne me parait pas avoir été poussé à Rome aussi loin que dans plusieurs autres villes d’Italie, et principalement en Toscane. Les travaux de menuiserie ordinaire, tels que les portes et les croisées, sont en général traités avec peu de soin et de goût. Je ne connais d’ouvrages en bois vraiment remarquables que les nombreux plafonds exécutés en chêne et en sapin dans le cours du xvt" siècle ou au commencement du xvn*. On en trouve de fort beaux aux palais Massirai et Farnèsc, et surtout dans un très-grand nombre (J 'églises : à S. M. Maggiorc , à S. Gio : în Laterano , à S. M. in Trastevere , à S. M. in Ara celi , à S. Lorcnzo hors les mûrs , etc. . . .
Serrurerie. Les anciens employaient beaucoup plus souvent le brouze
(x) Plusieurs des fermes de l'église Saint -Paul, détruite par l'incendie, dataient de la fin du pustiûeat de Lésai Ut, et de fan tpvé». * ‘ -
RENSEJG.VEMRIXTS DIVERS.
que le fer dans leurs constructions. Les crampons qui reliaient les assises de pierre, la couverture des temples et des principaux édifices, et quelquefois les revétissements intérieurs, étaient exécutés en bronze. Iles charpentes enfières furent même formées de ce métal, et les historiens font mention de celles du forum Traj'an et de la relia SolearU des thermes de Curacailn.
Les constructeurs nindernes> obligés de reuuncer à l'emploi du bronze à cause de l’élévation du prix, l'ont remplacé par le fer. La qualité supérieure des matériaux employés pour la maçonnerie leur a même permis d’en réduire singulièrement l’usage. Plusieurs- grands architectes se sont élevés contre l’emploi du fer, et Vignole répétait souvent que les bâtiments ue devaient pas se inaiutenir à l'aide de tringles. Le fabbriehe. non si hatmo t la rcçgere colle stringbè.
Les ouvrages de serrurerie ordinaire sont loin d’atteindre à Rome l'exactitude et la perfection qu’on remarque dans les nôtres. On y fait encore ce que l’oii pratiquait chez nous il y a plusieurs siècles : les ferrures sont en général grossières et manquent de ces combinaisons adroites qui les rendent d’un usage facile et commode. I’eut-étrc pourrait-on citer quelques grands ouvrages , tels que des grilles, mais ces ouvrages «ont des exceptions rares. ■*