DES PONTS
Quatre ponts établis sur le Tibre font commtmiqtier entre elles les deux rives du fleuve. Ces quatre pont; ne procurent en réalité que trois passages
(i) Horace décrit sia», ode s, tivrejvr, l’une de ces terribles irruptions du Tibre :
• Vidimus thvum Tibcrim , retortis
• Litton* Etrusco violenter undis,
« Ire dejectom mouumenta regis
■ • TempUque Vott*. » *, , - .
()4 RESSEir.XftMENTS RIVEES. .
d’une rive à l'autre, parc*» que deux d'entre eux aboutissent à file Tibéritie et sont situés dans le prolongement l’un de l’autre. Dans la ville antique, le système de communication était plus complet : elle comptait sept ponts, et sur six points différents on passait le Tibre.
Malheureusement ces ponts furent établis suivant iid principe doublement vicieux , et n’ont pu résister it des débordements considérables. Non-seulement leurs piles trop massives ne laissaient jias un débouche suffisant aux eaux, mais plusieurs se trouvant placés dans une direction défectueuse relativement aux courants , ont été entraînés par eux. >
I es quatre ponts qui existent aujourd’hui sont en grande partie antiques on construits sur des fondations antiques.
■ I e pont S. Angki.o, autrefois fi/rus , fut bâti par I’eriipfrcur Adrien et répart1 par plusieurs papes. La dernière restauration eut lieu sous Clément IX, et fut exécutée par Bernini , qui posa le parapet et l'orna .de statues. Sa longueur est de qt) mètres., . ■ - . -
Le pont Sisto, autrefois Janh-ulrnjù , ayant été emporté, Sixte l\, en 147S, lit exéruler celui qu’on voit maintenant, pur l’architecte Baccio Pintelli, lequel l’établit sur les fondations du pont antique. Il est remarquable par ses tympans évidés en oeil de boeuf; ]iréeaution utile qui, dans les crues d’eau, augmeute le délKiuehé-el lacüite l'écoulement. Sa longueur est de <j8 mètres.
Deux ponts, partant des deux’ rives opposées du fleuve , almutissent ,i file Tibérine. la- premier, le pont Quattro Capi, autrefois t'abricius , est antique. Suivant les inscriptions qu'on lit sur les arches, il fut Construit l'ail de Rome 690-, jiar Fabrieius, Cunjtor viantm. Son nom moderne lui vient de quatre hermès quadrifmns, servant jadis il orner ses extrémités.
I,e second pont , qui forme de l’autre côté de file la continuation du premier, est antique et pon te le nom dp S. Bxrtoiomjei) : on l’appelait autrefois (rshiit- Il fut reconstruit et dédié par les empereurs Valentinien, \ alens et Gralien , d'après l'inscription qu'on voit sur le bandeau de couronnement, laquelle le désigne même sous le nom de Gralien fi).
1 D'après une inscription mmlrrne qu’on Ht sur tu pont Quattro Capi, ce pont, ei relui île S. Baitolomco. furent mtaurvs en 1879, pw lnlpKvot Xt. .
URNSEir.NEMKMTS UIVKRS. <j5
I .es (rois autres ponts brisés, qu'on peut encore rceounaitre par les vestiges qui eu restent , sont : Je [Vont Trtam/iha/is, ou. selon d'autres, / nttcnnut. Il n'en subsiste plus que des débris peu apparents qui encombrent le lit dp Tibre; \
la: pont Borro ( ivmpu ), autrefois Palatinus , fut commencé par le censeur M l'ulvius , et achevé [>ar ( àunelius Scipiou l'Africain, et L. Mummius, censeurs. Ayant été détruit à la suite d'une inondation , il frit reconstruit eu 1 55i , par Jules 111 , et renversé peu après , en 1 564. Grégoire XIII le rétablit en 1 576; mais l'inondation de i5g8 en emporta près de la moitié. Depuis lors i) n'a plus été relevé. On pourrait, avec beaucoup de vraisemblance, attribuer ces chutes successives à l’obliquité de son axé relativement au courant. Enfin , il ne reste maintenant du pont Su LUcius, illustré par l’exploit , d'Horalius Codés, que quelques ruines qu'on aperçoit dans le fleuve près du port de Bipa grande. >■