AQUEDUCS MODERNES
Des dix aqueducs antiques, trois seulement versent encore dans la ville une partie de leurs eaux, et suffisent pour l’en pourvoir abondamment.
de Frontin est d'accord avec le nivellement fait par Pire 11 cm , qui a reconnu pour huit aqur. ducs les hauteurs suivantes, rapportées au quai du Tibre, A Ripetta :
Amo tcovcs {A la port» majeure) 47,51
Claudia 47,4a
JrLIA 39,71
Tamia..... 38, i3
Masco. . .... 37,48
Auto .... 15,17
Vtaco io,43
Arm 8,37
On a calcule que la pente moyenne des eaux devait être de o"*l,oot6 par mètre, avant leur arrive» A la piscine épuratoire , et de 0“ ,00a 3 par mètre, jutqu’au point où l'on commençait A les distribuer.
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RENSEIOVEMENTS DIVERS.
[.es eaux de ces trois conduits sont désignées sous les noms de l'ergine , Felice, et Paohi , qui ont remplacé ceux fie Firgo, Marcio - Claudia - Alessnmlrina et Trajana.
L’acqca Vergise, jusqu’il .Nicolas V, était à peu près perdue, lorsque ce pontife chargea, en i453, Léon-Baptiste Alberti d'en réparer les conduits. Le travail, commencé par cet architecte, se poursuivit sous Sixte IV, et fut achevé, en t568, par Pie V. Enfin , Clément XII et Benoit XIV firent construire par Nicolas Salvi la belle fontaine connue sons le nom de Trevi , pour remplacer celle qu'avait élevée Alberti près de trois siècles auparavant.
Le produit de cette source (i) est de 3, 481 pouces de fontainier, fournissant 6.1,78a mètres cubes par vingt-quatre heures : l'aqueduc, après avoir traversé sur des arcades la villa Borgbe.sc, longe les murs de Rome au nord du Monte Pincio, passe sous cette colline, et ressort au pied de son revers occidental par trois issues. Le conduit le plus septentrional, aptes avoir suivi la via (le/ liabuino, alimente la fontaine de la place (tel Popolo. Le second fournit à la fontaine delta Barcaccia, descend le long de la via de Condotti , et, se subdivisant dans le quartier du campo Marzo , entretient les fontaines de Ripetta et des places délia Rotonda , Aavona , di campo di Flore , et di Ponte S. Angelo. Enfin, la branche méridionale de l’acqua Yergine, après avoir jailli par torrents sur les marbres de la fontaine de Trevi , se dirige vers le Corso, quelle suit jusqu'aux places ( (donna et ai Fenezia, tandis que deux de scs diramations , descendant vers le sud-est de la ville, vont alimenter les diverses fontaines du quartier centra), et finissent à la place de S. Carlo a’ Catinari. Celle source fournit donc à treize gratifies fontaines et à Ireute-sept |>etites, et satisfait aux besoins domestiques défoule la partie basse de la ville.
L'xcqo* Felice a pris son nom du pape Sixte V ( Felice Montalto ), qui enrichit Rome de cette eau. Urbain VIII la distribua ensuite dans divers
(1) Nous avons emprunté au Commentaire de Rondelet sur Front»» , et à l’ouvrage de M. de Tournon, plusieurs renseignements que nous donnons ici sur les eaux modernes , renseignements précieux, que l’ancien préfet de Rome avait obtenus d'ingénieurs romains fort habiles.
■ ENSEIGNEMENTS DIVERS
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quartiers. Son aqueduc reçoit une partie de l’ancienne eau Claudia et Marcia, et celle des sources situées près de Colle Panlanclle et du village Colon na, distant de i5 milles de Rome. On croit retrouver dans ces dernières sources l'aqua Alessandrina. Après avoir eu partie suivi l’ancien aqueduc de Claude et les conduits construits par les papes, elle se trouve, à son entrée à Rome par le plateau de la porta Maggiore, à 47“**'» 4a au-dessus du niveau du quai du Tibre, a Ripetta : ainsi cette eau peut fournir aux besoins des quartiers les plus élevés de la rive gauche.
Parvenue aux murs de Rome, près l'amphithéâtre Castrense, elle entre dans la ville à la porte S. Lorenzo; là elle se divise en deux branches, dont l’une va alimenter la fontaine de la place S. X. Mapgivrc , et pourvoit d'eau le quartier environnant; l'autre, au moyen d’une suite d’arceaux, se maintenant sur le plateau qui domine Rome à l’orient, apparait à la fontaine Felice ai Ttrmini , suit la via Pia, d'une part se rentl à la fontaine tlel Tri tone , et de l’autre se dirige vers la fontaine ili monte CuvaUo et le |>alais mmtifical [al Quirinatr) , enfin arrive aux fontaines des places <lel Pasco/o, ili ra/n/m Faccinu , tP Ara celi, Mattéi, Ciudea, Catapilel/i, Montanara, et Hocca délia Verith.
Quoique très-inférieure à l'acqua Vergine, X arqua Felice est néanmoins potable; elle alimente seize grandes fontaines et onze petites. Son produit est de 1,0 fj pouces de fontainier, fournissant a 0,537 mètres cubes par vingt-quatre heures.
h'vcQt;* Pjvoi-A , qui provient du troisième aqueduc, doit sou nom à Paul V, qui, en tGta, lit rétablir le conduit de laqua Trajana (i) par Giovanni Fontana. Clément X y lit ajouter par Carlo Fontana un nouveau conduit dérivé du lac de Bracciano. Enfin, on y a introduit dernièrement J'eau du lac tli Martignano , autrefois A Iseatinus.
Cet aqueduc, après un cours de 35 milles, arrive au point culminant du
(i) M. de Tournon, el d’autres écrivains t au lieu de Trajana mettent Jtseatina, comme l'indique, en effet, l'inscription de la fontaine l’aola. Cependant Frontin désigne Vagua Jhcaiina comme la plus basse de tontps, ce qui rend im|mssible son arrivée sur le sommet du Janiculc, à moins de supposer que les conduits, ayant été mal dirigés au temps d'Auguste, ont depuis reçu une meilleure et plus avantageuse disposition.
RENSEIGNEMENTS DIVERS
Janicule, à 64 mètres au-dessus de l'étiage du Tibre. Il se divise ensuite en deux branches; l’une, suivant la pente du mont Vatican, se dirige vers le palais pontifical, en arrose les jardins, et alimente les brillantes fontaines de la place Saint-Pierre et celles du quartier tlel Borgv ,- l’autre, après avoir côtoyé la villa Panftli, verse une masse d'eau de 1,800 pouces par les cinq arcades de la fontaine Paola.
line partie de cette eau sert à faire mouvoir vingt-deux usines établies sur le penchant du Janicule; l’autre pourvoit aux besoins du Trastevere, et entretient même, de l'autre côté du Tibre, les fontaines de la via Giulia , qui avoisinent le pont Sislo. Le produit de cet aqueduc est de 4>7°9 pouces d’eau, donnant 94,187 mètres cubes en vingt-quatre heures.
En réunissant les chiffres partiels qui concernent les aqueducs modernes , on trouve :
Que la longueur totale des trois aqueducs est de 37 lieues ou 108,000 mètres; que celle des conduits qui distribuent l’eau aux fontaines publiques est d’environ 8 lieues ou 32,819 mètres; enfin, que le produit lulal des eaux est de 9,0a} pouces de fontainier, donnant par vingt-quatre heures un cube de 1 80, 5oo mètres.
Résultat considérable, quoique bien inférieur au produit des aqueducs antiques , dont il est à peine le dixième; mais, néanmoins, richesse immense, inappréciable pour une ville qui, sous ce rapport, et proportion gardée, rend encore Rome moderne quarante fois plus favorisée que Paris (■).
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