‹ Èdifices de Rome moderne, ou Recueil des palais, maisons, èglises, couvents, et et autres monuments publics et particuliers les plus remarquables de la ville de Rome dessinès, mesurès et publièsChapitre 2 sur 104 · DF · texte numérisé non relu

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P. M. LE TAROUILLY

U*s longs travau \ ne lassent pas la persévérance Iminaine; mais trop souvent la brièveté île la vie prive ceux qui s'y dévouent d'en recueillir les fruits. Celle, destinée a été celle de l'auteur de la publication des Édifices dk Komf. moderne. C'est lorsque, après trente-cinq ans d'un labeur constant et de soins assidus, touchant au terme de celte vaste entreprise, il recevait les dernière* planches des graveurs et il écrivait les dernières lignes de son texte, que la mort est venue le frapper et lui enlever cette juste satisfaction, celte joie grave qu'éprouve l'homme envoyant accomplie l'œuvre de ses patients efforts. Et aujourd'hui, en tète de ce monument terminé, qui devait simplement porter son nom, nous venons attacher, comme une inscription funéraire, quelques lignes destinées à dire quelle fut la vie du laborieux artiste.

P vvi.-M*rif LE TAROUILLY naquit à Coulances, le. 8' octobre 1795. Sa famille était honorable. Spn père, officier d'élat-inajor avant la Révolution, fut nommé directeur des hôpitaux militaires de Rennes; il quitta ensuite la carrière mili-

NOTICE SUR I.t VIE HT I.KS TRAVAUX

taire pour se livrer au commerce, el se fixa définitivement dans celle ville. Capable, doué d'énergie cl d’une rare activité, il put, à force de travail, élever convenablement une famille nombreuse, faire donner à ses dix enfants une instruction solide; comme il leur transmit les principes plus précieux encore cl leur donna le bon exemple de la proliité et des vertus domesticpies. Ses fils mil tous conquis des positions honorables.

Paul Iai Tarouilly, l’alné de ses enfants, fil avec succès ses éludes ati lycée de Rennes. En 1814 il vint à Paris, où il acheva, sous M. Dinel, inspecteur général, ses cours de mathématiques spéciales, pour se présenter au concours de l'Ecole polytechnique. Il désirait entrer dans le génie militaire, où l'ap|ielait son parent le général Treussart; mais la paix, qui allait désormais paralyser l'avancement, lui fil adopter une autre direction et le décida à s'appliquer à l’étude de l'architecture. En 1816, présenté par le baron Mounier, ami de sa famille, il entra à l’atelier de M. Percier; la même année il fut reçu à l'École des beaux-arts, et quatre ans plus lard admis en loge. Vers 1819 il compltv tait sur le terrain ses connaissances acquises, en suivant, sous M. Baraguayd'Hilliers, les travaux de reconstruction du théâtre de l'Odéon.

A l'automne de l'année t820 il partit pour l'Italie, où il devait trouver tout à la fois un aliment nouveau et un but à ses études. Rome el ses édifices, uobles créations du génie des grands arclütecles de la Renaissance, agirent puissamment sur son imagination impressionnable; il se voua avec l'ardeur de la jeunesse au culte de ces admirables modèles. C’était sou existence tout entière qu'il allait engager à la muse aux séductions de laquelle il croyait alors ne s'abandonner que passagèrement.

Le Tarouilly possédait tontes les qualités nécessaires pour réussir dans la pratique active de l'architecture : outre la connaissance de son art et la pureté de goût qu’il avait puisée dans l'enseignement de M. Percier, et qu'avaient affermie ses méditations sur les œuvres des architectes romains; outre son activité naturelle, et son amour du travail, il avait de l’entregent et de hautes relations; H était d’un commerre agréable; sa physionomie animée était sym-

pathique, et il eût aisément, s’il l'eût voulu, étendu le cercle de ses relations utiles cl poussé rapidement sa fortune, comme l'ont fait plusieurs de ses condisciples; mais, au lieu de se jeter comme eux dans le tourbillon des «((aires, il s'est absorbé dans l'importante publication qui fut la passion et le but de sa vie. Jl ne s'en est laissé distraire que par quelques travaux qu'il a exécutés comme architecte du gouvernement ou pour sa famille et ses amis.

A son retour d'Italie, en 1824, il fut nommé inspecteur des travaux du ministère des finances, qui s'élevait alors nie de itivpli. Plus tard.il fut attaché1 en la même qualité aux travaux de la place de la Concorde, puis à ceux des nouveaux bâtiments de l'Observatoire. Enfin, en 1834, il fit un projet de restauration et d'agrandissement du Collège de France, qui fut adopté; l'exécution lui en fui coDfiée, et il fut nommé architecte eu chef de cet établissement ; fonction qu’il a conservée jusqu’à sa mort. Les bâtiments du Collège de France, construits en 1774 par Chalgrin, étaient devenus insuffisants pour le nombre des cours et l’aflluence des élèves. le Tarouilly dut modifier les distri- Initiuns intérieures, consolider certaines parties, disposer de nouvelles salles île cours, un cabinet pour recevoir la riche collection, de physique; et, en sc raccordant sur les constructions existantes, il a ajouté latéralement deux pavillons destinés à contenir de nouveaux amphithéâtres. Entre ces deux pavillons il a ménagé une ebur, ouverte sur la rue Saint-Jacques, et il l'a fermée au fond par un élégant portique,, qui sert à les relier. Ce portique communique par trois arcades avec une autre petite cour intérieure, et par celle-ci avec la partie ancienne de l'etablissement. A l'extérieur les pavillons, dont l'un forme le prolongement de la façade suris place Cambrai, continuent, comme cela devait être, l'ordonnance grave et triste adoptée par Chalgrin ; mais les façades intérieures et le portique dessinés par Lu Tarouilly forment, par le bon choix et la précision de leur ornementation, un ensemble d'un aspect plus riant, plus atlique et mieux en rap|u>rt de convenance avec la destination, non-seulement scientifique, mais encore littéraire de l'établissement. L’entrée et les façades des bâtiments anciens sur la grande cour pourraient aussi bien convenir à un hôpital; la petite cour sur

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