‹ Èdifices de Rome moderne, ou Recueil des palais, maisons, èglises, couvents, et et autres monuments publics et particuliers les plus remarquables de la ville de Rome dessinès, mesurès et publièsChapitre 3 sur 104 · NOTICE SUR I.A VIE ET LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

NOTICE SUR I.A VIE ET LES TRAVAUX

la rue Saint-Jacques est au contraire line véritable entrée d’académie; et encore n’a-l-elle point jusqu'ici reçu le complément de décoration que Le Tarouillv se proposait de lui donner, en plaçant des- statues dans les niches préparées latéralement, et au-dessous de celles-ci des tables de bronze où devaient être inscrits les noms des professeurs du Collège de France depuis l'origine de cel établissement jusqu'à nos jours. I)e mesquines susceptibilités, tout à fait en dehors des conditions artistiques, ont fait écarter jusqu'ici ces projets d'inscriptions.

Toute cette disposition architecturale donne la mesure du goût que b- Tarouilly eût apporté dans l’exécution île constructions publiques, s’il avait été plus souvent mis à même de produire. L'eill-il fait d’ailleurs, son nom n'aurait eu probablement qu’un retentissement éphémère, tandis qu'il reste à tout jamais attaché an monument durable élevé par lui à la glorification des architectes romains. »*

("est dans l'année. 1821 qu’il commença ses dessins d'après les éditices de Homo moderne. Il explique dans son discours préliminaire (page 1) pourquoi il a choisi pour objet de ses études les monuments modernes de préférence à ceux légués par l’antiquité : « Lés monuments de la Rcnaissauee, s' dit-il, • moins connus et enfants d’un à go plus rapproché du nôtre, étaient destinés à satisfaire à des usages ou à des besoins plus conformes à ceux de noire époque; leur application devenait conséquemment plus directe et plus facile. « Kn s’attachant à l'architecture des xv', xvi' et xvne siècles. Le Tarouilly n’a pas voulu limiter son choix aux seules productions dé premier ordre. Partout où il rencontrait une disjHisitiim habile, ou seulement un motif ingénieux, un détail remarquable, il 'le recueillail en tout ou en partie. Au début de son travail, du reste, il n’avait pas l’intention de lui donner le développement considérable qu’il a acquis; mais entraîné par l’accueil favorable fait à ses premières planches, il se détermina à le livrer à lu publicité, sur les instances de M. Pcrcicr, séduit par la richesse de son portefeuille, par le soin et l'exactitude consciencieuse apportés a l'exécution de ses dessins. Dès lors il se consacra entièrement a cette vaste entreprise. De nouveaux séjours faits a Rome en

RK g. M. I.K TAIIOUILtY.

XV Il

I #3 1-1832 cl en t84id845 Turent employés par lui en études laborieuses H eu recherches actives et habilement dirigées, qui le mirent en possession d'une abondante et précieuse moisson de matériaux. Ce qui leur donne un prix inestimable pour les architectes, c'est la rigueur des mesura et la scrupuleuse attention avec laquelle a été fiait k; relevé des cotes. D'un autre côté, l’extrême correction que l-e Tarouilly s'efforçait d’obtenir dans ses dessins, il l'exigeait des graveurs. Comme il ne laissait rien à une interprétation douteuse, il voulait retrouver dans les gravures la précision et le sentiment du dessin, la netteté du trait et la (inesse des détails. Les bons graveurs d’architecture manquaient quand il commença son travail ; par ses exigences envers eux et pur la perfection des dessins qu’il leur livrait, il stimula les efforts et provoqua l'habileté ;• sous ce rapport il a fait faire de véritables progrès à l'art du graveur d'architecture; il suffit pour s’en assurer de comparer les planches de son ouvrage avec celles des publications antérieures à la sienne.

Non-seulement la beauté de l'exécution ne s'est pas démentie pendant le cours d’une «usai lopguc palification, mais' encore l'intérêt a été croissant de volume en volume. Dans chacun des trois volumes de planches, au milieu d'un choix varié d’édifices religieux et civils, Le Tarouilly choisit une enivre capitale, pour en faire l'objet d’une étude beaucoup plus étendue. Tels sont, dans le premier volume, le palais de la Chancellerie, qui comprend 12 planches; dans le second, le palais Karnèse (25 planches) cl la villa (iiulia (17 planchas); dans le troisième, les palais Massimi 24 planches) et la basilique Sainte-Mario-Majeure (9 planches),. . . .

Au nombre des documents les plus intéressants de l'ouvrage il faut compter quelques restitutions d'après des dessins manuscrits des grands architectes romains; nous citerons entre autres la porte du palais de la Chancellerie et celle dt: S. Loreuzo in Damaso, retrouvée dans les manuscrits du Bramante. Cuf dessins originaux, soigneusement consultés par I -e Tarouilly , comme nous le dirons toot-ii l’heure, lui ont fourni des éléments de comparaison à l'aide desquels, familier comme il l'était avec le style des maître», il a pu parfois interpréter

Page 1