‹ Èdifices de Rome moderne, ou Recueil des palais, maisons, èglises, couvents, et et autres monuments publics et particuliers les plus remarquables de la ville de Rome dessinès, mesurès et publièsChapitre 39 sur 104 · I JO · texte numérisé non relu

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Portique sur le Capitole.

\ , ,.rr. Ce portique se trouve répété deux fois sur le Capitole : l'un donne entrée au couvent de l’Ara Geli, et l'autre à cette partie de la colline appelée roche Tarpéienne ou monte Caprino; on croit généralement qu’ils sont l’ouvrage de Vignola, qui, en cette circonstance, se serait montré observateur peu rigoureux des règles qu'il posa lui - même dans son traité des Ordres. Ici, en effet, il a changé le parti des moulures du dorique et supprimé les triglyphes.

Ce petit monument, quoique d’une extrême simplicité, se fait remarquer par la belle proportion de .l'ordre dorique, par celle des arcades et de la porte , enfin , par l'élégance et la pureté des profils. Les deux portiques sont précédés de nombreux gradins qui contribuent à leur donner du pittoresque et de la légèreté.

Élévation /le l’église S. M. in Domnica située sur le mont C'elio.

v. J: Elle est plus connue sous le nom de S. M. délia Navicella : cette

dénomination lui vient d’une nacelle en marbre, copiée, dit-on, d’après l'antique, et que Léon X fit ériger sur la place qui précède l'église. On croit que celle-ci occupe l’emplacement de la maison de sainte Cyriaque; mais on ignore le nom du premier fondateur. Suivant Anastase, Pascal Ier, en 817, l'agrandit et la fit reconstruire en entier. Léon X, qui en avait été le cardinal titulaire , l'ayant trouvée découverte et presque en ruine, la fit rebâtir sur les dessins de Raphaël. Enfin, en i5GG, le cardinal Alessandro Medici, depuis Léon XI, v ajouta de nouveaux embellissements.

Cette façade se distingue par la simplicité de son ordonnance, la bonne proportion de sa masse, et par l'expression- sage des be-

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soins et des convenances. On regrette que l'ordre dorique y soit allongé outre mesure, et que les détails n’aient pas toute la correction désirable.

Élévation du rez-de-chaussée de l'église S. Catarina de ‘ Funari.

Cette église, construite sur les ruines du cirque Flaminius, fut si,* commencée l’an 1 54-4 : le cardinal Frédéric Cesi , en |5G3, fit achever l’intérieur et élever la façade sur les dessins de Giacomo délia Porta.

Un motif gracieux , des profils d’une grande pureté, et surtout l’exécution soignée et pleine de délicatesse des moulures , des chapiteaux et des guirlandes , recommandent le rez-de-chaussée de cette façade à l'étude de l’architecte. L’étage supérieur rat loin d’offrir les mêmes perfections sous le rapport de l’ajustement et de l'exécution. Il appartient probablement à une époque postérieure à la construction du rez-de-chaussée. S’il est l’œuvre du même artiste , c’est qu’en effet Giacomo délia Porta, influencé par l'exemple de ses contemporains, semble avoir oublié , dans un âge avancé , les judicieux préceptes de Vignole , son maître. Isx façade latérale mérite d’être signalée pour son heureux motif et pour l'adroite combinaison de ses lignes avec celles de l’élévation principale.

La porte est exécutée en marbre blanc, et le reste du monument en pierre travertine.

Plan et vue du vestibule d’une maison via de U’ Angelo Custode.

Ce petit plan est un modèle de grâce et de simplicité; la distribution ii, F,„ ,s en est aussi sage que commode. Il offre un exemple frappant de cette vérité dont on ne saurait trop se pénétrer : que le mérite d’un ouvrage d’architecture ne réside ni dans la magnificence de la décoration , ni dans la richesse des matériaux , ni enfin dans la grandeur des pro-

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portions, mais daas une juste et saine appréciation des besoins et des convenances. Faute de se régler d'après ce principe , on ne cherche que trop souvent à obtenir des effets en prodiguant à l'infini les ornements de toute espèce , tandis qu’on pourrait arriver à un résultat, souvent même plus brillant, sans dépense, ou du moins sans toile profusion. C’est au reste ce que démontre avec évidence l’aspect de ce petit vestibule. Une seule colonne en fait pour ainsi dire tous les frais ; mais cette colonne est placée avec un art qui révèle le vrai talent, lequel sait donner aux moindres choses du charme et de l'originalité.

I à' petit portique qu’on trouve immédiatement après le vestibule, donne entrée aux appartements du rez-de-chaussée, et à l’escalier, dont les voûtes correspondantes aux paliers sont , ainsi que celles du vestibule, ornées de rosaces et de compartiments.

Eglise S. M. f/i Loreto, Piazza Trajana.

h, s,. r.a communauté des boulangers chargea, en 1 ‘"107 , Antonio da Sangallo, de la construction de cette église : Giacomo del Duea y mit la dernière main l’an i58o, et exécuta la lanterne de la coupole, qui est d’une invention si bizarre.

Le plan de l’église présente à l’extérieur la forme d'un carré parfait, et celle d'un octogone à l'intérieur. Les quatre angles du carré étant évidés , forment autant de grandes niches où l’on a établi des chapelles ayant leur ouverture sur quatre des côtés de l'octogone. Trois des autres côtés de celui-ci sont percés de portes conduisant à la place et aux rues adjacentes ; enfin , le huitième côté , celui du fond , offre une arcade formant l’entrée du chœur, près duquel on a ménagé deux corridors qui mènent au dehors et à la sacristie. Telles sont, en résumé, les dispositions principales de ce plan si remarquable par sa simplicité et par l’étude savante de ses moindres parties.

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' I . intérieur de l’église est décoré ave» richesse. L’ordre corinthien. }*ini|>ost(* et les archivoltes des arcades sont en partie ornés de dorures qui se détachent sur un fond blanc; mais ce qu’on remarque particulièrement, c’est l’effet brillant et merveilleux: de la Toute du chœur, dont les cuissons dorés sont frappés obliquement d’une lumière tres-vive provenant d’une ouverture demi-circulaire, pratiquée audessus de la sacristie et à l'extrémité de la voûte. On trouve encore à l'intérieur un orgue d’un ajustement fort gracieux et quelques statties modernes assez estimées. Les compartiments du pavé foffrent des divisions d’un dessin agréahle. ./. ' s-,* fr ' •

lut coupole est double, et fut, ü Home, la première construite • dans ce système. Elle dut être une imitation de celle que Bramante avait projetée, pour Saint-Pierre; on sait que cette conpole ne fut exécutée que beaucoup plus tard d'après les modifications indiquées par Michel-Ange.

Le rez-de-chaussée de la fa<;ade est d’une ordonnance simple et noble. f,a partie supérieure est Surchargée d’ornements bizarres introduits poatérieurement : leur adjonction malheureuse a détruit k charme et l’harmonie de l'œuvre de Sangallo. La mort de celui-ci ayant eu lieu eu îü/pi, il est présumable que la porte principale sur laquelle Se voit une inscription avec la date de lüüo n’a été exécutée ni par lui ni sur ses dessins. Cette porte est eu marbre blanc, et ne serait pas, au reste, indigne du grand architecte qui présida A l'érection de l’ensemble. .

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Plan fl élA'ation du palrtis Muti Papazturi', piazta il fila Pilottu .

H est à croire que les nombreuses irrégularités que présente', le. a.*' («srimètre de ce plan sont la conséquence des conditions imposées à l'architecte, qui fut, sans doute, obligé d'établir ses constructions t sur d’anciennes fondations. La epur . principale tire beaucoup d’agrément des fontaines, des bancs décors* de Heurs «pii Icnvironnent,

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èt du perron élevé à son extrémité. Dans l'autre partie du plan, on j >eut encore remarquer la combinaison de l'escalier et la manière dont on a su ménager des communications commodes sur les trois rues.

I .a façade plaît à la première vue par la proportion de sa masse , la lionne distribution de ses étages, et l'heureux motif des deux avantcorps. Les détails sont dans un rap|>ort satisfaisant, mais malheureusement d’un goût très-bizarre. Quant à l'ordonnance dorique qui occupe le milieu du rez-de-chaussée , elle est traitée avec moins d'incorrection que le reste, et sa disposition produit un bon effet.

Cette habitation fut construite par l’élèTe favori de Bernini , par Mattia de Rossi , qui accompagna son maître lorsque celuirci vint en France, à la demande de Louis XLV. .

PLANC11E 9.

Plan de T église et de l’hospice délia Tr'uiita de’ Pellegrini.

r Cet hospice fut fondé par les soins de saint Philippe de Néri, l'an . t*48, et l'église liâtie en ifii'4, aux. frais de Gio : Battista de Rossi, par Paolo Maggi. L’architecte Francesco de Sanctis en éleva la façade plus d'un siècle après.

On reçoit dans cet établissement les pèlerins de toutes les nations , et les convalescents des autres hôpitaux y sont logés et nourris pendant trois jours.

la? mérite de ce plan consiste dans le bel ensemble qu’il présente : les perrés y sont ménagés avec beaucoup d’art et les communications établies avec intelligence. Nous citerons surtout celles de |u cuisine et de la dépense avec les doux réfectoires comme, étant d’une commodité extrême pour le service.

On s’aperçoit toutefois qu'il règne dans les dispositions générales une sorte de décousu qui semble annoncer que des accroissements successifs ont eu lieu , et qu’on a cherché à utiliser des bâtiments vraisemblablement acquis ou légués pour être réunis à l’établissement. 11 est juste tle

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reconnaître qu'on est parvenu à les enclaver dans l'ensemble avec un talent supérieur.

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