VIE
NOTICKS HliTOHIQUF.S
Il est certain que Sangallo avait composé un projet pour la façade jx>stérioure, et que, de son vivant, celle-ci reçut même un commencement d’exécution. Plusieurs dessins bien authentiques de sa main nous en fou missent une preuve sans réplique. I/und’eux - - représente une croisée à fronton, dont la haie se
il B*~~ 1 • j [ rétrécit du haut. Notre architecte la désigne sous’
f le nom de croisée de la façade sur le jardin; puis vl|| I il ajoute en note : « Ces croisées ne furent pas
« exécutées ainsi, mais suivant le dessin tracé « ci-contre{ i). » Ce dessin, en effet, est conforme à ce qui existe aujourd'hui ; seulement le fron- Jlill — — LË . ton, qui, d’après une autre note de Sangallo,
^ devait être alternativement triangulaire et ein-
ll tré. v est supprimé. Nous l’avons rétabli sur
1 1 1 •' tr > ...
notre ligure. Celle-ci était utile à connaître; car
rj | ; de plus elle nous fait voir comment Sangallo avait
il , ménagé ait-dessous des soupiraux un socle d’une
hauteur suffisante pour y placer un siège (2).
Il n’est pas démontré, bien que cela soit probable, que le plan général que nous avons présenté ci-dessus, page 279, soit le plan original de Sangallo; autrement il suffirait pour prouverque la pensée première d’une loge au centre de la façade jtostérieure lui appartient en propre.
u ïf
(1) Scix/o délie finestro del gianlmo. — Le fineslre non si facciono |x>i cosi, si fecciono corne s* dire .qui... Les manuscrits indiquent encore tous le» details de ces croisées, de la grandeur même rie l'exécution,
(a) S'il n’est pas douteux que la façade postérieure ait été commencée par Sangallo, s'il est
KT CRITIQUES
pilastres du projet de Sangallo ont été remplacés par autant de colonnes engagées; et aux angles de la loge le motif a été changé par l’adjonction de chaque côté d’un pilastre, qui forme accouplement avec la colonne engagée qui l’avoisine.
</noi qn’il en soit, re n’est pas le projet de Sangnllo qui a été suix i pour le milieu de In façade, à moins de supposer (ce qui est peu prol laide) qu'il a modifié depuis l’esquisse de la loge, très-arretée pourtant, qui ligure sur la page précédente. Ilestd’ailleursimpossibled'adinettrr que Sangallo ait pris la moindre part à cette partie centrale. I /exécution en est molle et négligée elle diffère trop de celle de la cour, dont on admire le caractère ferme et grandiose des moulures et la beauté des profils, pour pouvoir l’attribuer à la même main.
Au reste, notre conclusion sur la construction de cette façade postérieure est celle-ci : Kn 1 lorsque Sangallo cessa de vivre, la suite des travaux fut confiée à Michel-Ange. Celui-ci posa le couronnement de la façade principale, et éleva les étages supérieurs de la cour cl des façades latérales. A sa mort, en ir><>/|, il fut remplacé par Vignole. (iet architecte se trouvant alors surchargé de travaux, principalement à Saint-Pierre et à l’église du («ésù, dut s’adjoindre, pour ceux du palais Farnèse, son élève Giacomo délia Porta. II nous parait évident que ce fut celui-ci qui s’occupa presque exclusivement de la suite des constructions. Nous en trouvons en quelque sorte la preuve dans les profils et le caractère banal des moulures. Ciacomo délia Porta était sans doute un artiste distingué; il était bon constructeur, comprenait parfaitement les effets d’ensemble, mais il manquait le plus souvent de goût et n’avait pas le sentiment du détail. F.n 1 quand Vignole vint à mourir, il resta seul à la tête des travaux, et il composa alors la loge du dernier étage, qu'il acheva en 1 ">8q, comme le témoigne l’inscription citée plus haut.
certain qu’il a exécuté les croisées du rrx- de-chausséc, on ne saurait toutefois lixer le |»oiiit ntt *a direction a ressé, et c'est ce qui nous semlde aujourd'hui bien di/licile à éclaircir.
NOTICES HISTORIQI ES
PLANCHR 12'».
Palais Farnèse ; coupes sur lu cour.
vu ii Iji coii|>e générale sur la longueur donne une idée assez nette et assez complète des vestibules, des portiques de la cour, et de l'intérieur des salles et des galeries. On peut juger de leurs proportions relatives, du rapport des ordres, et meme du mauvais effet du dernier étage, bien que la jvetitesse de l’échelle ne permette pas de distinguer sur cet étage les tristes détails de l’ordre et des croisées (i).
La coupe sur la largeur se présente avec plus d'avantage; elle reproduit la plus belle partie de la cour, c’est-à-dire les lieux ordres inférieurs et le côté de cette cour, dont les arcades du premier étage sont restées ouvertes et débarrassées des croisées qui les déparent. Ou ne trouverait dans aucun monument des formes et plus belles et plus nobles, un concert de toutes les parties plus harmonieux. Ce double portique, véritable modèle de goût et de pureté, est du style le plus élevé. Il n’est inférieur à aucun autre ouvrage de ce genre. Pour la fermeté des profils , la finesse des moulures et l’élégance des proportions , il peut être mis en parallèle avec le théâtre deMarcellus, dont il est évidemment une émanation. Je souhaite à tout véritable artiste de. pouvoir contempler sur les lieux mêmes cette œuvre d'une perfection si rare , et je lui promets ces jouissances intimes, si réelles et si pures, et ces douces rêveries que la contemplation calme et l’étude du beau inspirent toujours.
Nous ne nous ap|>esan tirons pas davantage sur ces détails, qui peuvent être classés parmi les plus beaux types qu’offre notre art : nous aurons à y revenir lorsque nous parlerons des planches où ces
(i) On doit regretter sans doute que cette belle cour, par suite du départ de Vignole pour Gaprarola, soit restee ainsi exposée à subir au second étage les incorrections discordantes de Michel-Ange; mais le regret est adouci par l’idée que l’absence de Vignole nous a valu un nouveau chef-d’œuvre, le rlulteau de Caprarnla , le monument peut-être le plus hoiiiogêne , le plus complet et le plus in t-procliablr.
mémos détails sont représentés sur une grande échelle qui permet d'apprécier la forme et la proportion des moulures et des profils.
On a fait usage, pour la construction de cette cour, de matériaux choisis. Le travertin a été employé partout, si ce n’est à l'intérieur des arcades du premier étage et des entre-eolonnements du deuxième étage, où la hrique appareillée, et mise comme remplissage, a serxi à détacher les croisées, dont l'encadrement est en travertin.
I,e peuple de Rome, très-jaloux , et avec raison, de la conservation des monuments antiques, qui sont autant de témoignages de sa grandeur passée, a accusé Paul 111 , ainsi que plusieurs autres pa|>es, d’avoir spolié le Colisée et utilisé ses blocs en travertin à la construction de leurs palais. Cette accusation me semble ici d’autant moins vraisemblable, que Sangallo n’eût jamais consenti à s’associer à un pareil acte de vandalisme. On peut croire néanmoins que des débris du grand amphithéâtre, détachés par l’effet du temps, ont trouvé leur emploi dans le rea-de-chaussée de la cour ; et ce qui le ferait supposer, c'est que la pierre est sur cette partie d’une couleur d’ocre jaune plus tranchée.
Nous avons mentionné, page ago, un manuscrit de Sangallo qui représente la charpente primitive du comble, laquelle, h la mort de ce
maître, avait déjà reçu un commencement d'exécution , mais qui fut ensuite modifiée par les continuateurs du palais. Nons donnons en marge la réduction de ce manuscrit intéressant à 'connaître, et dont les mesures ont été transformées en mètres.
Nous ferons remarquer que la charpente indiquée à gauche sur la coupe générale est composée de deux fermes ajustées l’une au-dessus de l'autre , et que la petite ferme supérieure pose sur le faîtage de la grande ferme inférieure.' Une combinaison analogue, et basée sur le même principe de stabilité , existe pour la charpente dit casin de la
NOTICES HlSTOKIQl’ICS
n ilia Ciulia (voje: planche uo (>), ce ijui serait un indice (joe la charpente du palais Fan lèse est l'œuvre de Vignole, auteur de la précédente, et fournirait une nouvelle preuve <|ue cet architecte prit |»art aux travaux du palais dès l'année |54".
Ou h prétendu que les bois de charpente de la vieille basilique de Saint-Pierre, en partie démolie pour élever la nouvelle église, furent employés au jmlais Farnèse. ISous nous bornons à consigner ce fait, que nous n’avons pas vérifié, et sur lequel il nous semble d'ailleurs difficile de jioiivoir prononcer aujourd'hui, à moins qu'un auteur contemporain ne l’allirme, ou que d'aneiennes entailles ne se retrouvent dans les bois. '
Palais Fttrnèse ; plan et coupe (lu vestibule d'entrée.
fie vestibule est d’un aspect riche et sévère. Sa décoration |>artieipe à la fois du caractère de la façade et de celui de la cour, et forme ainsi un lieu entre l'un et l'autre. Cette ordonnance est pleine.de convenance c! de logique , eu égard à la jiosition intermédiaire du vestibule.
On pourra sans doute, et avec quelque raison, blâmer la proportion trop courte des colonnes relativement à l’étendue de la voûte qu'elles supportent : mais il ne faut pas oublier que les colonnes, dans la plupart des palais de Rome , sont des richesses antiques mises toutes façonnées à la disposition de l’architecte , qui n’a d’autre mission «pie d'en trouver l'emploi judicieux.
On ne saurait 'comment expliquer l’ajustement irrégulier «les oo»loiiues engagées «pi on voit aux extrémités du vestibule, non plus «pu; ccs deux parties de mur biaises sittmes sous le porti«|ue, si on ne se rappelait «pie toute cette partie du rez-de-chaussée, d’abord construite sur de petites proportions, fut ensuite agrandie à l’avénement «le Paul III au pontificat. Evidemment ces parties liiaises ont été ima-
KT CKITIQltS.
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giuéc» pour dissimuler la tète des deux murs de refend , qui furent alors conservés et ornés de nielles et de colonnes engagées. Cette combinaison bizarre, qui m'avait tou jours semblé un problème insoluble, trouve ainsi son explication. On sent, par ce seul exemple, les difficultés qu'eut à surmonter le grand a rchitccte chargé d’opérer ces cbangements, pour 11e pas mutiler son couvre.
.11 ne reste aujourd’hui que quelques fragments très-minimes. de l'ancien carrelage en brique; mais ces fragments, quoique fort dégradés, nous ont cependant suffi pour présenter un ensemble complet sur la moitié du plan. Ce carrelage vient nlioutir, vers le milieu, à des dalles en granit rayées au ciseau, afin de donner prise aux pieds des chevaux. Enfin, ces mêmes dalles forment une sorte d’ encadrement à une partie de pavé établie dans l’axe du vestibule.
Nous avons figuré sur l’autre moitié du plan, d’une part, les projections des caissons de la voûte, et, de l'antre, celles des caissons qui forment les soffites îles bas-côtés. u ■
Sur les douze colonnes du vestibule, trois sont eu granit det foro, trois en granit gris, et les six autres eu granit rouge. (v)uaut aux colonnes engagées, celles des parties latérales connue celles des extrémités du vestibule sont, ainsique les pilastres, exécutées eu travertin.
La coupe sur la longueur, qu'on voit au-dessus du plan, fait connaître l'ajustement des caissons de la voûte et de l'intrados . des arcades, la proportion des colonnes et des niches, sans donner toutefois une idée bien complète de l’effet dejeusemble, dont on jugera beaucoup mieux en.consultant la planche suivante. . >
Palais F amère; coupe et vue (Ui vestibule d’entrée.
La coupe sur la largeur donne les dimensions exactes et les pro* vu, ii. portions relatives de la partie centrale et des bas-côté», la profondeur (Je» ujehes et des divers caissons,- *.r i . . .^ . . w
ioo NOTICES HISTORIQUES
i^a vue disposée au-dessous de la coupe présente d'heureuses oppositions de lignes : l’effet en est brillant et complexe. Ainsi, tandis <pie la partie centrale est ornée d’une voûte formant berceau, et semée de caissons cintrés et richement ornés, la décoration des basicités, qui a moins d’éclat, se compose au contraire de soffites rectilignes. Au-dessous de ces soffites on distingue une suite de colonnes engagées et de niches cintrées qui produisent en fuyant des accidents et du mouvement. Enfin, on découvre au loin quelques parties de l'intérieur et de l'extérieur du portique de la cour, qui ajoutent de l'harmonie et de l’intérêt au tableau. ' •'
Palais Farnèse ; coupe et vue du vestibule d'entrée.
vu, ii. La vue précédente ne suffisait pas pour faire apprécier tout l’effet du vestibule; il nous a donc paru utile de représenter celui-ci sous l’aspect opposé, en plaçant le point de vue à son extrémité, et sous le |>ortique auquel il vient aboutir. De là on juge mieux de l'effet perspectif des bas-côtés, et de l'opposition des plafonds et des voûtes.
On remarque sur le premier plan ces deux parties de mur dont la forme biaise ne saurait être expliquée autrement que nous ne l'avons fait au bas de la page 398; ils sont évidemment la conséquence d'un remaniement, dans la distribution d’un plan primitif? aussi la décoration de ces deux parties se ressent-elle des difficultés imprévues qui surgirent alors, et elle ne peut être considérée que comme un exj»édient fâcheux auquel l’architecte a dû recourir [tour arriver à une solution. I^s caissons allongés qui tendent à un centre sont, en effet , ' d’un triste aspect, et semblent un disgracieux remplissage.
coupe du haut de la Planche, faite dans le sens de la longueur - du premier portique, donne des renseignements complets sur la décoration de ce portique et de l’entrée de l’escalier. Quelle que soit notre admiration pour Antonio da Saugallu, nous devons avouer que les
ET CRITIQUES
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encadrements des pilastres qui figurent au pied de l'escalier sont d'un • ’ mauvais effet, et déplorer, comme indigne d’un tel maître, l’ajustement de mauvais goût qui relie les chapiteaux entre eux. Pour excuser l’architecte, il n'y a pas ici le motif de difficultés qui naissent d’un agrandissement ou d’une restauration , puisque l'escalier est sorti tout entier, et d'un seul jet, de ses mains.
Palais Farnèse ; details du vestibule (Centrée.
Tous les détails du vestibule se trouvent réunis sur cette planche, vu. ,1. On peut ainsi juger d’un coup d'oeil de leur convenance, du rapport et de l’harmonie des moindres parties.
Nous avons déjà dit que les fûts des douze colonnes du vestibule étaient antiques. C’était une bonne fortune pour Sangallo d’avoir à sa disposition de telles richesses , mais leur emploi avait bien aussi son danger. Ces colonnes, en effet, étaient d’une petitesse qui ne permettait guère de les faire entrer dans la décoration d’un édifice dont les proportions sont partout monumentales. L’habile architecte comprit donc qu'il fallait les élever sur un piédestal : mais, dans cette situation, il était à craindre qu’elles ne semblassent maigres et mesquines.
Ce défaut capital devait être évité, et c’est à quoi il a réussi en supprimant la corniche du piédestal , auquel il a conservé toutefois la base qui forme empattement sur le sol. Il est résulté de cet ajustement que le piédestal semble une partie intégrante de la colonne et faire corps avec elle. C’est là un de ces résultats imprévus, une de ces solutions admirables de problèmes jugés insolubles , que l’étude ou fa génie patient sait obtenir. Que l’architecte apprenne donc, par cet exemple, qu’il peut avoir dans l’étude une confiance sans limites, et que cet enseignement lui profite!
On peut se demander d’où provenaient ces douze colonnes antiques du vestibule; mais on manque de documents, et aucun antiquaire ite
NOTICES HISTORIQUES
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Iss mentionne. Pour moi, je suis porté à croire qu’elles ont appartenu à ees petits monuments isolés et votifs qu’on voyait dans l’ancienne Imilique de Saint-Pierre, que Bramante et Sangallo lui-même avaient dû démolir pour faire place aux nouvelles Constructions. On aura jugé que, vu leur petitesse, ces colonnes ne pouvaient trouver d’emploi dans la nouvelle basilique; et Sangallo aura été autorisé à les utiliser dans le palais de Paul III , comme il le fut pour les débris de l’ancienne charpente. Cette conjecture n’est confirmée par aucun auteur contemporain , mais elle n’est pas sans quelque apparence de vérité.
fats ornements des caissons de la voûte du milieu u aussi bien que ceux des caissons des bas-côtés, sont exécutés en stuc, et présentent un dessin agréable. Ils ont peu de saillie, et sont aujourd’hui tellement effacés, que ce n’est qu’avec peine qu’on est parvenu à les reproduire dans leur intégrité. Cette partie de la décoration est réputée l’œuvre de Michel-Ange. . ,
Les bancs situés entre les colonnes engagées des murs latéraux , sont une conception pleine, d’à-propos et de convenance dans un vestibule. Leur ajustement et leur profil , qui correspondent à ceux des piédestaux des colonnes , sont bien conçus, et contribuent a donner une grande fermeté au petit ordre qu'ils supportent.
Palais Farnèse; parties principales de ta coupe sur la cour.
Cette planche résume les parties les plus intéressantes de la cour. Elle donne, à une plus grande échelle, le profil général de cette cour, l'entrée de l’escalier, l’ensemble des trois ordres, et leur arrangement aux angles, les arcades, les croisées ; enfin le vestibule du fond et le profil de la façade postérieure. Déjà ces mêmes indications se trouvent sur la coupe de la planche ia5, mais la petitesse des détails s'oppose à ce qu'on puisse les apprécier. Ici, au contraire, l’échelle étaut
ET CRITIQUES
lri]>le, le lecteur pourra mieux juger de l’ensemble des proportions, dn rapport des ordres et des étages, enfin, des moulures et des profils.
Il sera ainsi à même de rectifier nos jugements , l'éloge connue le blâme.
On nous saura gré, sans doute, de reproduire ici line |>artie d'un dessin manuscrit deSangallo qui représente, avec des variantes, les premiei-s essais de cet architecte pou i la décoration de la même ce dessin , le nombre des arcades est également de cinq, le que nous présu flira, nous n’en doutons pas , pour mettre à même de faire d’intéressantes et utiles comparaisons. Il faut y remarquer :
Qu’au rez-de-chaussée les métopes 11e sont pas ornées, et (pie la corniche a des mutnles ;
Qu'aii rez-de-chaussée comme au premier étage.
les patères ont été supprimées au-dessus des archivoltes;
Qu'au premier et au deuxième étage le milieu des balustrades est cintré , et forme dans chaque arcade une sorte de tribune ;
VII, i
Vil. I
3o/j NOTICE» HISTORIQUES
Qu’au deuxième étage le composite fut d'abord préféré au corinthien ;
Enfin , qu’aux trois étages la elef des arcades sous l’architrave est en saillie, et profilée en console.
Palais Farnèse; détails du rez-ele-chaussée de la cour.
Qui ne serait frappé du beau sentiment qui règnedans tous cçs détails? Quelle proportion exquise! quel gall>e noble et pur dans les profils de l'ordre! enfin quelle heureuse combinaison dans les moulures de l’angle de la cour, pour y produire avec énergie l'expression de la force! I, 'ornementation est disposée avec réserve et à propos : son style a de l’élévation, et conserve le caractère grave et ferme répandu sur les moindres parties.
I.a porte n'est pas irréprochable ; elle est empreinte d'un caractère de solidité poussé jusqu'à l’exagération ; le chambranle en est lourd et d’un mauvais effet. Suivant le précepte de Vitruve, que Saugallo cite souvent dans ses manuscrits, et qu'il parait avoir soigneusement étudié, cette porte diminue de largeur de bas en haut, et cette largeur varie de i mètre ys!\ millimètres à i mètre 5a8 millimètres.
Palais Farnèse; suite des détails du rez-de-chaussée de la cour.
Ces détails sont moins brillants, sans doute, que ceux de la planche précédente; mais ils ne sont pas dépourvus d'intérêt, et sont, du reste, indispensable» pour l’intelligence complète de certaines parties du rez-de-chaussée, que les coupes n'avaient qu’imparfaitement fait connaître.. L'attention devra principalement se porter sur le détail de la cheminée et sur celui de la croisée. Celle-ci est traitée dans le même principe que la porte de la planche précédente, dont nous avons blâmé la masse et la pesanteur exagérées. Dans cette porte comme dans laeroi-
ET CRITIQUES
sée, la Crise a été supprimée, et pour toutes les deux l'ouverture des haies va diminuant à partir du lias. Ajoutons qu’à l'égard de la croisée la critique 11e trouve plus à s'exercer, et qu’elle approuve, au contraire, la justesse des rapports et l’harmonie parfaite du détail comparativement à la masse.
‘ Palais Farnèsc ; détails du premier étage de la cour.
I -. ordre du premier étage est digne du dorique qui lui corres|»ond vu. il. au rez-de-chaussée , et l’un et l’autre sont étudiés dans le même esprit de sagesse et de force. L’harmonie se maintient dans l'ajustement du pilier d'angle, et c’est le même génie de combinaison. A ces perfections il faut en ajouter d’autres, la beauté des profils et la distribution intelligente des moulures. Jamais Sangallo n'a mieux traité une ordonnance; dans aucune de ses œuvres il n’n été mieux inspiré.
I «s ornements de la frise, exécutés en stuc, sont attribués à Michel- Ange. Nous n’avons à citer aucun document qui confirme cette opinion, que nous ne repoussons pas ; nous pouvons même dire «pie, selon toute probabilité, ces stucs ont été exécutés sous sa direction, et qii’ils ont l'expression de son style et de sa manière sèche et un peu sauvage. Les autres détails, le piédestal, les balustres, l’imposte, les caissons et les pilastres, ont de la distinction et de la gravité dans les profils et les moulures.
Nous avions d'alvord admis l’opinion reçue, et attribué à Vignole l’ordre ionique et les autres détails du premier étage ; mais jamais Vi- • gnole ne s’est élevé à cette énergie de profil , à cette crânerie de formes, si j'ose parler ainsi. J’ai d'ailleurs acquis la preuve, en étudiant les manuscrits de Sangallo, que ce grand architecte est bien l’auteur de ces magnifiques détails. S’il est vrai qu’il ne les ait pas exécutés en entier, du moins ses continuateurs ont dû ne pas s’écarter de ses plans. Je trouve d’abord dans ces manuscrits un dessin de
KOTICKS HISTORIQUES
la base de l’ordre, et dans la dimension exacte de 1 exécution, avec cette note curieuse : « Quelques-uns interprètent ainsi qu’il suit un
« passage de V itruve : Les as- « tragales doivent être la hui- <■ tiènie partie de la plinthe des « troelnlles (scoties). Pour moi, « j'entends, à l’opposé, que l’as- « tragale doit être la huitième * partie des deux trochilles, « puisque Vitruve s’exprime « ainsi : Astragali ' faciendi sunt « vttavœ partis tochili ( i ). »
Lu autre dessin plus intéressant nous offre une preuve plus confluante eu faveur de Sangallo. Ce dessin représente le chapiteau ionique également dan» la dimension exacte de l'exécution, et porte ce titre, de l’écriture même de Sangallo : Pour te palais des Farnèse, pour le second ordre ionùpte (a). La figure du chapiteau est accompagnée de notes du plus grand intérêt, en ce qu elles révèlent la méthode imaginée par Ant- Sangallo pour le tracé des moulures et de la volute du chapiteau ionique. Cette méthode est très-simple, et donne à la volute un contour si suave et si parfait, que nous n’hésitons pas à présenter ce procédé comme préférable peut-être à ceux même qu ont suivis Vignole, Palladio et Philibert de Lorme, qui pourtant écrivaient trente ans plus tard.: .
Sangallo divise le diamètre, inférieur de la colonne eu dix-huit parties qu’il nomme a ils , sans doute -parce qu’il prend cette fraction <lu diamètre pour fceil de la volute. L’eeil lui sert de module, et il le
(i) • Alruni inicndono co&i, in queato modo Vit ru vio, ehe li astragali abbiano ad csaerc « l otiava parle del plinlo de’ trochiHi, lo lo inteiido ewtie a riscontro chc l*aat1ragaf& sia « l’oliava parte di tutte a due H Lrochilli ; perché dite ço&i : a AttraçaU faciendi sunt ottavœ partis tmchiii. •
- a Per if p.iln/7.0 de' Farficsi. — Per il secundo ordinc icifitco. 0
kt caiTiguKs.
divise en vingt parties égales appelées minutes. Cela fait (i), il donne au chapiteau une hauteur de sept œils et demi, et le double, c'est-à-dire quinze œils, au diamètre du haut de la colonne; et comme le diamètre du bas a dix-huit œils, et qu’ainsi la différence entre les deux diamètres est de trois œils , il s'ensuit que la colonne diminue d’un sixième. I,a division des moulures du chapiteau s'établit de cette manière. L'abaque ou tailloir, comprenant le filet et le talon qui couronnent, ont ensemble un œil et demi. Les deux moulures du bas, c’est-à-dire la baguette et le filet, ont également un œil et demi ; enfin l'ove a le tiers de la hauteur du chapiteau , autrement deux œils et demi (2).
La hauteur des moulures ainsi marquée, on obtient In saillie de l’abaque en portant une mesure de deux œils de chaque côté du diamètre supérieur de la colonne, qui a été fixé à quinze œils; d’où il résulte que la largeur totale de l'abaque est de dix-neuf œils. Maintenant pour le tracé de la volute 011 opère ainsi : de l'extrémité de l'abaque on porte vers l’axe de la colonne une mesure de trois quarts d’œil, autrement de quinze minutes, et l’on abaisse une perpendiculaire BF, qui passe par l’extrémité inférieure du talon de l’abaque. Cette perpendiculaire prolongée détermine le centre de l’œil de la volute, à sa rencontre avec la ligne inférieure de l’ove DU. Après avoir décrit la circonférence de l’œil de la volute avec ce centre et un diamètre déjà fixé, puis tracé les deux diagonales AE et CO, on divise le rayon de l’œil en vingt et une parties égales ; on fait ensuite passer par chacune de ces divisions autant de petits cercles concentriques à celui de l’œil Ces dispositions préliminaires suffisent pour décrire la volute entière, dont les divers centres se trouvent sur la perpendiculaire BF et
(1) Pour l’intelligence Je re qui suit, voyei la figure .«lu chapiteau , page 3o8, placée avisintention au verso, afin que le lecteur, ayant la volute sous les yeux , puisse en suivre plus aisément la description qu’on lit au -dessous sur la même page.
(a) Ces divisions sont indiquées sur notre figure par des demi -cercles ou quarts de cercle ponctues. — l^e manuscrit ne dit rien du listel qui s'enroule avec la spirale de la volute, mais Sangallo a bien pu omettre ce léger detail dans dés notes écrites seulement pour son usage.
NOTICES HISTORIQUES
l’horizontale DH, an* points de rencontre avec les derniers petits cercles.
Afin de mieux suivre l’opération du >1 conviendra de recourir simulta- \ nément, et à la figure entière, et à celle de *’<*** rePr*s*nt^ ci-contre de la grandeur I ‘*e l’exécution. Sur ce détail les vingt et J une divisions de l’œil et les divers een- > . « - / très de la volute apparaissent clairement.
Le i" centre i, 5f pUco sur la ligne horizontale Del le 4' cercle :
de ce centre on décrit le quart de cercle abc.
Le a* centre a, se place sur la verticale t et le 5e cercle :
de ce centre on décrit le quart de cercle cde.
Le 3* centre 3, se place sur l’horiaontale. • . . . . H et le 6r cerclé •
de ce centre on décrit le quart de cercle efg.
Le 4* centre 4» place sur la verticale B et le 7® cercle :
de ce centre on décrit le quart de cercle ghi.
RT CRITIQUES
3og
Le 5' centre 5, se plwe sur l'horizontale. D et le A1 cercle:
de ce centre on décrit le quart de cercle HL
I x 6' centre d, se place sur la verticale , F et le g' cercle:
de ce centre on décrit le quart de cercle Imn.
I.e 7* centre 7, »e place sur l’horizontale H et le 10e cercle :
de ce centre on décrit le quart de cercle nop.
1-e 8' centre 8, se place sur la verticale. ... r B et le 1 r cercle :
de ce centre on décrit le quart de cercle- pqr.
Le g' centre g, se place sur l'horizontale D et le ta' cercle :
de ce centre on décrit le quart de cercle rtt.
Le 10' centre 10, se place sur la verticale, . . . F et le 1 3' cercle :
de ce centre on décrit le quart de cercle fDE.
Le 1 1* centre 1 1 , se place sur l horizontale. H et le 1 4' cercle :
de ce centre on décrit le quart de cercle EFG.
Le ta' centre ta, se place sur la verticale • B et le 1 5* cercle :
de ce centre on décrit le quart de cercle GH A.
Enfin le 1 3' et dernier centre i3, te place sur l'horizontale D et le 16' cercle : de ce centre on. décrit le quart de cercle ABC, qu'on arrête en B, au pied du talon de l'abaque, et la volute est ainsi complétée.
Il nous reste à décrire le coussinet, partie du chapiteau qui s’obtient aisément. A cet effet on prend une ouverture de compas de un œil et demi, et avec ce rayon on détermine sur l’horizontale H un centre M situé de manière que l’une des pointes de compas étant lixée sur ladite horizontale, l’autre pointe arrive en O, qui est l’extrémité de l’axe de la baguette placée sous l’ove. De ce point M- 011 abaisse la perpendiculaire MN, et l’on décrit la portion de cercle ON qui forme la partie inférieure du coussinet. Pour exécuter la suite de celui-ci , 6n abaisse d’abord la perpendiculaire RQ à la distance de deux oeils, en dehors de ta saillie de l’abaque -, puis, sur la perpendiculaire MN prolongée, on détermine un point P également distant du point N. et de ladite perpendiculaire RQ, et de ce point P pour centre , on décrit le quart de cercle NQ. Enfin , pour compléter le coussinet, il faut tracer à la main une courbe ayant la forme d’uq talon renversé, laquelle partant du point Q, ira mourir sur l'extrémité
NOTICES HISTORIQUES
'JlO
B du talon de l'abaque ; et pour qu’elle échappe la saillie T de l’ove, il faut lui donner une faible courbure avant d'arriver à la partie creuse de cette courbe.
Tel était donc le procédé d' Antonio da Sangallo pour le tracé de la volute du chapiteau ionique. On le trouve ainsi consigné dans ses notes. Au premier aperçu , quoique plus simple que ceux qu’on connaît déjà, il semblera compliqué; mais pour celui qui en aura saisi la marche, il deviendra, au contraire, une opération facile.
Palais Farnèse ; suite des détails du premier étage de la. cour.
▼a, ti. De tous les détails qui composent cette planche, ceux qu’on remarque tout d’abord sont les deux portes disposées aux extrémités de la gravure. Ces détails ont évidemment l'empreinte du style de Vignole. On reconnaît ce maître à la forme et au galbe des consoles, à la frise, partie creuse et partie bombée, aux profils de la corniche, au dessin des feuilles avec graines mises sous les consoles, enfin à ces petites feuilles placées au-dessus de l’enroulement du bas de la console, et qui sont chez lui un trait caractéristique. Vignole, d’ailleurs, a peu varié l'ajustement de ses portes et de ses croisées , et cela fait qu’on ne peut guère se méprendre sur la plupart de ses productions.
La première de ces portes qu’on voit à gauche, celle dont la corniche est enrichie de modifions, est d’une proportion très-ferme qui dégénère même en pesanteur. Cette apparence provient de la hauteur considérable de l’entablement et de la saillie exagérée de la corniche. A cela près, les détails sont irréprochables et d’un beau caractère. Quant à la porte en bois, on peut apprécier sur l’ensemble la division des panneaux, et juger de leur profil d’après les détails.
Sur la frise de cette même porte, située dans l’axe du palais sous le portique du premier étage, et donnant entrée aux appartements du côté de la place, est gravée l’inscription : ranutivs • Farm • card. Cette
ET CRITIQUES
inscription , qui est répétée sur diverses portes du comble, nous enseigne que le palais fut habité par le cardinal Ranuceio, dit cardinal S. Angelo, ajn-ès le départ de Pier-I ,uigi son père , créé duc de Parme et de Plaisance en i545, ou après la mort de celui-ci, qui fut assassiné le 10 septembre 1 547-
La porte de droite, à l’autre extrémité de la planche, est beaucoup plus simple ; mais elle plaît néanmoins par sa belle proportion, l'heureux rapport des diverses parties, et enfin par la pureté des profils.
La croisée à fronton qu’on voit au centre de la gravure appartient vraisemblablement à Michel-Ange. On y retrouve son style, mitige' toutefois. Sangallo avait laissé des dessins, peut-être même un commencement d’exécution ; son successeur, pour maintenir l’unité de la tour à cet étage du moins, dut renoncer à ses habitudes d’excentricité; mais il se permit quelques modifications dans les détails : ainsi, au lieu de frontons cintrés et triangulaires indiqués alternativement par le premier auteur, il n’a conservé que lés frontons triangulaires, et dénaturé le caractère et même la disposition des moulures de Sangallo.
Palais Farnèse; suite des détails de la cour.
A ne considérer les détails du dernier étage de la cour que sous le vu, n. rapport de leur mérite, ils n’eussent certes pas trouvé place dans ce recueil ; mais ils appartiennent à l’un des monuments les plus célèbres de l’art moderne , et c’est ce qui nous a déterminé à les reproduire pour que notre publication fut complète. Cette reproduction, au reste, ne sera pas sans utilité ; elle pourra du moins servir d’avertissement aux artistes qui seraient tentés de se jeter aveuglément dans la voie aventureuse des innovations, et elle leur signalera le danger de ces réformes téméraires ou improvisées. N’est-cc pas, en effet, un spectacle affligeant de voir le grand génie de Michel-Ange s'égarer lui-même dans cette voie, et le triste contraste qu'offrent les détails
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ajustés par lui, avec ceux de l’îlltistr*» maitre auquel il fit trop souvent une opposition peu intelligente ou même peu honorable?
La eheminée, représentée sur cette même planche, est due à Vignolc ; elle se recommande par la convenance des profils et la suavité du galbe des consoles. Nous l’offrons comme une sorte de dédommagement à nos lecteurs. Elle est exécutée en marbre jaune antique, et se trouve dans les deux salons a et b. ( Voyez le plan de la planche 117.) On lit sur la frise' de l’une de ces cheminées l’inscription snivante : pavlvs- lu ■ pont- Max - (1).
Palais Farnèse ; nue de la cour, prise sous le portique de Centrée.
Avant (f arrêter le point de vue de cette perspective, nous avons cherché longtemps celui qui présentait les meilleures conditions pour l’effet, celui qui pouvait le mieux faire apprécier cette belle cour, et la faire connaître le plus complètement. Nous l’avons choisi de façon à faire ressortir toutes les beautés de cette magnifique ordonnance, et pour qu’aucun ajustement de quelque intérêt ne fût masqué ni perdu pour l’neil.
Au premier plan se présentent ces piliers puissants qui supportent In voûte des portiques : et , par l’effet des développements produits par la perspective, on juge des compartiments du dessous de l’imposte et des caissons du cintre intérieur des arcades.
Au second plan, les deux premiers ordres apparaissent bien complets. tandis que le troisième ordre, qui dépare la cour, est à demi voilé. On distingue, au rez-de-chaussée, les portes et les croisées situées au fond des- portiques , et jusqu'aux ornements variés qui décorent les métopes de l'ordre dorique. I e premier étage n’est pas moins
fi' CeUc inscription démontré tans répliqué que Vignole prit part aux travaux du palais au temps de Paul 111, qui mourut en «51*0, environ quatre années après Sangalio. Elle fait ainsi remonter U participation de Vignole à une époque antérieure à i55o, et, selon toute probabilité, à 1 5^7 ou même k date du décès de Sangallo. ,
BT CRITIQUES. '
bien expliqué : on juge d’un coup d'œil de l’ensemble de la décoration et de toutes ses variantes. An fond de la cour, lt-S arcades sont à jour et ornées de balustres. Sur les faces latérales, les balustres sont supprimés, les arcades murées, et des croisées à frontons ménagées au centre. Cette vue fait surtout sentir combien il importe de fortifier les angles par une combinaison de colonnes et de pilastres accouplés, et elle en explique l’ajustement, même plus clairement que la coupe.
F.nfin on découvre au troisième plan le vestibule du fond, que cette vue, il est vrai, ne fait apprécier qu’imparfaitement; mais comme ce vestibule est très-nettement détaillé sur les planches ta5 et i Ho , on pourra y recourir pour s’éclairer.
Nous ne pensons pas que cette brillante perspective puisse atl'aiblir, dans l'esprit de nos lecteurs, la haute opinion qu’ils ont pu concevoir de cette cour, à la lecture de la notice de la planche ia5, et qu'ils trouvent nos éloges exagérés. Nous les prévenons, toutefois, qu'i|s ne doivent pas chercher dans l’architecture de ce noble édifice cette sorte d’élégance et de délicatesse dont le palais de la chancellerie est un des plus beaux tvjtes, ni ces ajustements à la fois pittoresques et d’un goût exquis, dont le palais Massimi est un rare exemple. Ici le mérite est autre, sans être moindre* ici le beau est dans l’harmonie et la régularité, dans la pureté de la forme et l’expression calme de la force, comparable à celle du lion en repos. Enfin, pour dernier éloge ajoutons que, par son aspect grave et sérieux, il est de tous les édifices modernes celui qui se rapproche le plus des monuments antiques.
r rimo tu ■ PLANCHE 137.
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Palais Famine ; vue de la galerie f, située au premier étage.
(Voyez fsur le plan, PI. n;.). ,.j
De toutes les galeries illustrées par des peintures murales, la plus vu. <1. admirée est celle de la Farnesina, décorée par Raphaël. (Voyez plan-
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cite 10a.) I ,a galerie du palais Famèse tient, sans contredit, le second rang. Les belles fresques qui lui donnent tant de prix furent exécutées (tendant les premières années du xvu* siècle, par Annibal Carrarhe, aidé de spn frère Augustin, de son cousin Louis Carrache et de ses meilleurs élèves, le Dominiquin, Lanfranc et le Guide.
La longueur de la salle est de ao",t4 sur 6“, 09 de largeur. Sa décoration se conqtose de stucs dorés, de pilastres corinthiens séparés |M«r des niches ornées de statues antiques. On y remarque deux bustes de Paul 111, dont l’un est dù au ciseau de Michel-Auge, et l'autre à celui de Guglielmo délia Porta.
La voûte est divisée en sept compartiments de diverses grandeurs, où sont représentés des sujets mythologiques puisés , pour la plupart , dans Ovide et dans Virgile. I-e sujet du centre , dont la dimension est plus considérable, exprime le triomphe de Bacchus et d’Ariane. Des médaillons entourés de figures assises sont placés entre les principaux tableaux. D’autres figures debout, à l’instar des cariatides, semblent supporter les grands cadres. Ces diverses figures sont considérées comme de magnifiques études, où la science et la beauté du nu sont portées à un très-haut degré. On retrouve le même mérite dans les six figures aecroupies , •imitant le bronze , placées entre les portes aux extrémités de la salle, lesquelles supportent les grands cadres qui occupent toute la paroi du mur.
Ces admirables peintures, regardées comme des chefs-d'œuvre, et qui avaient coûté à l'illustre artiste et à ses dignes collaborateurs huit années de travail, demandaient une noble et généreuse rémunération (1) : qui pourrait croire qu elles aient été taxées à 5oo écus d'or, somme dérisoire, en raison du temps employé et de la valeur inappréciable de l'ouvrage? Pour excuser le cardinal Odoardo Farnèse de cet acte d'odieuse parcimonie, on en a rejeté la responsabilité sur un certain Gio : Castrensi, son intendant, homme sans doute jaloux, grossier, ignorant, et complètement incapable d'apprécier un objet d’art;
(l) Quelque* salles voisines ooi été egalement décorées par les- mêmes peintres.
kt ciutiçuks.
mais rien ne saurait absoudre son patron d'une aussi criante injustice. Annibal Carrache en conçut un vif chagrin, qui peut-être abrégea ses jours. Il mourut en 1(109, â l’âge de quarante-neuf ans, quand il pouvait encore tant produire. Le cardinal Odoardo, qui marchandait ainsi des chefs-d’œuvre , n’appartenait que de nom à cette famille généreuse qui s’est illustrée pour avoir élevé les [«lais Farnèse et de Caprarola. La postérité a pris hautement le parti d’ Annibal contre l’indigne Mécène auquel il- s’était livré : elle a noblement vengé le grand artiste par son admiration constante (1).
Ensemble du plafond a, situé au premier étage.
(Fuyez a sur le plan, PI. 117.)
Plusieurs salles du premier étage sont décorées de beaux plafonds qui sont tous exécutés en bois, et, il faut l’avouer, avec peu de précision ': mais ces imperfections 11e sunt pas apparentes, attendu que les détails sont exposés à une assez grande hauteur.
Ces plafonds, au dire de Vasari, sont l’œuvre de Sangallo. Lorsque celui-ci agrandit le palais, « il y exécuta, suivant le biographe, un « plus grand nombre de salles et plus magnifiques, avec de très-beaux « plafonds refouillés et beaucoup d’autres ornements... (a).» Cependant cette affirmation de l'historien nous semblait suspecte, vu qu’à la
(i)- Vasari en pareille circonstance exprime ainsi son indignation h 1 egard des grands personnages qui abusent de la réserve et de ht modestie d’un noble artiste r « À vrai dire, autant » il faut être discret envers, les princes magnanimes et généreux, autant il faut être importun 7 et fastidieux ( fastutinso) à l'égard des avares, des ingrats et des discourtois, ‘parce que de
• même qu’envers les bons, importuner et demander sans cesse serait vice, de même avec les
• avares, c’est vertu ; cl ce serait vice, au contraire, que d'être- discret avec eux. • (Pie tic Raldntsarre Pcruizi.)
(s) • Facendo maggior numéro di stan/e e pi û raagnifichc, con palchi d’mlagtiu bellissinu « e molli altri ornnmenti. • [Pie tf Antonio dn Sanpdlo.) Vasari ajoute, dans la vie de Daniel de Volterre,qu’ Alexandre Farnèse fit peindre par Daniel une très-belle frise, dans une salle silnér à l’angle de son palais au-dessous des plafonds si riches exécutes f*us /es ordres d’Antonio d.i Sangallo. Ce témoignage répété est concluant.
ilfi NOTICES HISTORIQUES
mort de Sangallo la toiture n'était pas encore posée. Aussi avions-nous attribué à Vignole l’ajustement tle ces plafonds. Notre jugement s’est réformé à la suite d'observations prolongées. Ces détails nous ont semblé, en effet, appartenir à la manière de Sangallo pour les profils et l’ornementation ; depuis , nous avons retrouvé la confirmation de nos pressentiments, et en même temps celle du texte de Vasari dans les dessins mêmes du maître. Il est vrai que ces dessins ne sont pas conformes à l'exécution et ne présentent que des masses; mais on sait que ces sortes de travaux sont modifiés, le plus souvent, par l’architecte au moment même où l'on va opérer, et qu’une simple indication de détail suffit pour diriger l’ouvrier.
Ici nous ne pouvons nous dispenser de relever une erreur flagrante de Vasari, qui tendrait à fai-
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V; VT v S • \ Michel -Auge.
« Il élargit, dit-il, et étendit la grande salle (1). » Mais la grande salle, telle qu’elle existe aujourd’hui, est indiquée sur un manuscrit de Sangallo reproduit ci-dessus , à une moindre échelle, bile n’a pas varié, puisque les dimensions portées sur le manuscrit ne diffèrent que de quelques centimètres de celles de l’exécution : •
Les unes sont de. .... 2o“,5go sur i4",75o î Et les autres, de 2o",ôoo sur i4m,3oo.
D'ailleurs n'avons-nous pas fait remarquer, page 290, que Michel-
(i) - fcgli allargô e fè inaggion* la sala grande. - [l'ic de Michcl-Jnge.)
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Ange avait épargné la charpente de Sangallo qui couvrait le salon, pour ne pas détruire le soflite que cette charpente soutenait? De ces observations ne faut-il pas conclure que Michel-Ange n'a nullement agrandi le salon, et que vraisemblablement il est resté étranger à ce qui a été fait pour sa décoration ?
Reportons maintenant notre attention sur la gravure de la planche 1 37, et reconnaissons que la division des compartiments du plafond est simple, grande, variée, et dans de bons rapports. Les armes de la famille Farnèse, où figurent des fleurs de lis, sont ajustées au centre. Ces mêmes emblèmes se retrouvent dans de petits caissons et y tiennent lieu de rosaces.
Palais Farnèse ; plafonds des salons a et b, situés au premier étage.
. {F oyet a et b sur le plan, Pl/’i 1 7.)
Le détail qu'on voit à gauche sur cette planche appartient au plafond a, représenté sür la planche précédente. Son profil est sage, et l’ornementation distribuée avec à-propos sur les moulures : mais on peut avouer qu'on n'y trouve pas la finesse de style que Sangallo apportait habituellement à la taille des moulures qui devaient être à portée de Y«il. L’artiste a compris que le fini d’un détail était perdu s'il était exposé à une grande hauteur, et qu'on pouvait le négliger sans préjudice pour l’effet, qui même gagne souvent à une exécution heurtée. ^ , -, ' - r
[/autre plafond, celui du salon b, situé au-dessus du vestibule d'entrée, est d’une disposition régulière, et composé uniquement de. caissons octogones. Nous n’avons mentionné sur le dessin d’ensemble presque aucun des ornements , vu la petitesse de l’échelle. Pour les connaître-, il faut reporter son attention sur un fragment détaché qu’011 voit à droite sur la gravure : quelques parties de l'ornementatièn y sont d'un agréable aspect. • • -
NOTICES HISTORIQUES
Patois Farnèse; plafonds des salons d et e, situés au premier étage. ( y oyez d et c sur le pion, PI. 1 17.)
vu. La décoration du plafond de la salle d est régulière, bien que les caissons varient de forme et soient octogones, losanges et triangulaires; mais ils sont combinés de telle sorte que la forme des uns apl»elle celle des autres. T .es caissons octogones, vu leurs dimensions et leur refouillement plus considérables, ont la principale importance. On jugera du profil et des ornements en recourant aux détails exposés à droite sur la planche. ï^es rosaces surtout sont d'un joli dessin. Ce plafond a été exécuté sous la direction d'Antonio da Smigallo; la réduction ci-contred’un manuscrit de ce maître en fait foi, bien que les caissons n’y soient
indiqués qu’en masse. Nous n'avons pas reproduit lé plafond de là salle voisine c , qui nous a semblé moins intéressant; mais nous trouvons dans les manuscrits du meme Sangallo deux croquis composés pour le plafond de la salle c, qui sont antérieurs à l’année 1 545, alors que Pier Luigi était duc de Castro et de Nepi. Les deux.croquis présentent le même motif. Le premier, qui n’a pas dè corniche à son pourtour, porte à ses extrémités les inscriptions :
d’une part. ..... 1*1 eb i.vigi farnësano dvx di Castro et de l’autre. . . . pif.r i.vigi dvx di Castro et wepi
Le seeond croquis gravé ci-après se distingue du précédent par une
BT CRITIQUES. 3ig
corniche très-détaillée, et par des caissons richement décorés ; il n'a
d’autre inscription que celle-ci :
HER LVICI FARNESIO DVX 1)1 CASTRO ET DI NEPI
Ce dessin est d’ailleurs assez, arrêté pour suffire à l’exéeu- Tons ces manuscrits, «pie nous avons reproduits , donnent la preuve que Sangallo a pris une bien plus grande part à la décoration intérieure du palais qu’on né l’avait d’abord supposé.
Quant au plafond de la petite salle e, il ne peut être de la main de Sangallo, puisqu'il pose sur le mur de la façade postérieure, construit, à partir du premier étage, par Vignole et (liacomo délia Porta : il est probablement l’œuvre du premier de ces artistes. I -es trophées et ‘autres attributs militaires indiquent assez «pie l'appartement était destiné à l’un des membres de la famille Famèse «pii suivait lu carrière des armes. Ix> dessin de l’ensemble du plafond est d’une combi-
naison assez gracieuse, mais les détails ont de la sécheresse. On en jugera par les fragments mis à une grande échelle, et disjiosés à gauche sur la planche.
Conclusion. — Nous n’avons pas d’autres jugements à jiorter, d'autres renseignements à donner sur le palais Famèse, dont nous avons discuté tous les titres, pièces en main. D’autres palais de ltome sont également cités comme des chefs-d'œuvre, mais il n’en est aucun qui le surpasse' en mérite , aucun qui réunisse à line masse plus grandiose des lignes plus belles, des proportions plus justes, enfin des détails mieux étudiés et d’un caractère plus élevé. Ajoutons qu’il est supérieur à tous par l’excellence de sa structure, et que sa constitution forte et robuste lui assure encore, après trois siècles passés, une longue existence, ainsi que la constante admiration des artistes et de tous ceux qui ne sont pas insensibles aux mâles beautés de l’architecture.
NOTICES HISTOHIQCES
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Eglise et couvent de S. Pietro in Vincoli.
'• :*■ Cette église est située sur un plateau de l’Esquilin , à l'extrémité méridionale du mont, et près des thermes de Titus. Il y a plusieurs versions sur l’origine de sa fondation. Elle remonte, dit-on, au temps même de saint Pierre, et fut la première élevée par le prince des apôtres en l'honneur du Sauveur. Détruite dans le grand incendie dont Néron a été accusé d’être l'auteur , elle fut ensuite rebâtie vers 44a , au temps du pape saint Léon le Grand , par l’impératrice Kudoxie, et. prit le nom de Saint-Pierre in Vincula ( Suint-Pierre aux Liens), depuis Saint-Pierre in Vincoli. On explique ainsi l’origine de ce nom. lorsque l’impératrice Eudoxic, femme de Théodose, empereur d’Orient, visita les lieux saints, le patriarche de Jérusalem lui lit don de la chaîne à laquelle saint Pierre avait été attaché, sur l'ordre donné par Hérode. Elle transmit cette chaîne à sa fille Eudoxie , femme de Valentinien III, empereur d’Oecident, et celle-ci la fit déposer dans l’église qu'elle venait de rebâtir, et qui pour cela prit le nom de Saint-Pierre in Vincula. Elle fut aussi nommée basilique Eudoxienne, en mémoire de l’impératrice qui l’avait rétablie.
L’église fut, depuis, restaurée plusieurs fois, d’abord par Je paj«‘ Pélage, et ensuite par Adrien I"en 77a. Sixte IV, dit-on, vers i4/5, eu modifia la forme : il cintra la voûte de la nef transversale et éleva le portique extérieur de la façade. le caractère de l’architecture, de ce portique semble, en effet, le prouver; il est évidemment du dessin de Baccio Pintelli, architecte ordinaire de Sixte IV. Pour le motif, le style et le caractère des détails, ce portique est entièrement conforme à celui de’ SS. Apostoli, bâti par le même architecte. ( Voyez pl. ifiy.)
Jules H , avant d’ètre élevé au pontificat, était évêque d’Ostie, et il succéda à son oncle Sixte IV en qualité de cardinal de Saiut- Pierre in Vincoli. Pour desservir cette église, il appela les chanoines
ET CRITIQUES
réguliers de Saint- Augustin , sous l’invocation del SS“" Salvatore. Ayant mis à la disposition de ces religieux le palais voisin , dont les réparations avaient été commencées par son oncle, il bâtit ltii-niènic, vers i4qo, le beau cloître qui en dépend, ^architecte chargé de toutes ces cpnstructions 'fut Giuliano da Sangallo. Enfin, en 1 70 '5, diverses réparations furent faites à l’églisé, Sous la direction de Francesco E’ontana , qui couvrit la grande nef d'une voûte en bois d'une forme disgracieuse, et divisée en compartiments ajustés sans goût.
On remarque, sous le portique d<> cloître et sur la frise de diverses portes, des armes et des inscriptions qui , de prime abord, semblent donner des indications contradictoires, mais qui , bien interprétées, expliquent au contraire parfaitement l’histoire des constructions. Ainsi les deux inscriptions :