‹ Èdifices de Rome moderne, ou Recueil des palais, maisons, èglises, couvents, et et autres monuments publics et particuliers les plus remarquables de la ville de Rome dessinès, mesurès et publièsChapitre 51 sur 104 · ANNO MDCCI.XXVIII. PONT. SV1 ANNO III · texte numérisé non relu

ANNO MDCCI.XXVIII. PONT. SV1 ANNO III

La coupe, étudiée simultanément avec les plans, vous fait parfaite- -ment connaître la loge de l’entrée et celle du fond, près de laquelle sont placées les volières pelle vous explique la double rampe ou cordonata qui fait descendre à la cour liasse; enfin elle vous introduit dans les salles fraîches situées sous les deux loges, et vous fait mèmè pénétrer plus bas, jusque dans l’intérieur de la nymphée.

Kn fixant son attention sur la première loge, on se demande Ce qui a pu déterminer l'architecte à détruire, sans motif apparent, la régularité du vestibule, et pourquoi il a donné, aux deux portes qui se font pendant, une modénature si différente. Il est présumable que primitivement la loge dont il est ici question n’avait qu’une épaisseur à |>eu près égale à celle de la loge placée a l’autre extrémité, et que la double rampe on cordonata aboutissait à un palier découvert. Am-

ET CRITIQUES

manati, en prenant la direction des travaux, supprima donc et envahit le palier, en reportant à son extrémité la façade de la loge ; entre les colonnes de cette façade il plaça des bahistres à double panse , semblables à ceux qui entourent la nymphée. Il faut croire, comme nous l'avons déjà dit, qu’il était extrêmement jaloux de constater sa participation aux travaux, puisque, non content de l’indiquer par une inscription (i), il a cherché à l’exprimer d’une manière plus explicite encore, en changeant de style pour la nouvelle porte, voulant marquer par une irrégularité flagrante le point où il prenait les constructions. Je regarde la première porte comme l’œuvre de Michel-Ange ou de Vasari, qui dirigèrent momentanément les travaux après 1a retraite de Yignole, et avant l’arrivée d’Ammanati (a). Je soupçonne toutefois celui-ci d’être l’auteur de l’attique de la façade gravée au haut fie cette planche. I>es cariatides qui décorent cet attique semblent, en effet, témoigner pour le sculpteur , et, à cette époque, Ammanati n’était guère connu que pour tel ; On ne s’aperçoit que trop qu'il débutait alors en architecture, et" ce n’est pas ici qu’on pourrait retrouver l’habile architecte du palais Negroni (3).

L’ensemble de la cour se fait remarquer par un décousu fâcheux entre les diverses ordonnances, par l’absence d’une pensée unique

(i) Otle inscription, en caractère tic *«•

retrouve sur la face A du pilastre carré de l’angle de droite du vestibule qü* donne entrée aux bâtiments de la nymphec. Elle est placée à la hauteur de a", ni} au-dcs&us du carrelage, et en voici le texte et la disposition :

HARTHül OMF.l) AMMAUATO ARCU1TKTTO FIORRNTIKO.

(a) l>rés de cette porte, mais sur le mur extérieur de* bâtiments exposés au nord , on remarque une croisée dont les profils ont beaucoup d’analogie avec ceux de la porte. Cette croisée est supportée par des consoles du style' d’Amnianati , ce qui pourrait faire croire que ta porte est également son ouvrage ; mais comment supposer alors qu’il ait, sans aucun motif, voulu détruire l'harmonie du vestibule? Je persiste donc à attribuer la première porte aux architectes ses prédécesseurs # que je viens île nommer.

(3) Voyez les planches i Sy et suivantes, où ce palais est représente avec ses medleurs details.

U) 4 NOTICES HISTOKigl KS

et tranche. On y reconnaît les tergiversations habituelles du maître, et même, il faut le dire, des incertitudes dégoût chez les trois artistes, qu’il faut envelopper dans le même blâme. 1 .'éloignement de Vignole semble avoir porté un coup funeste à cette partie des constructions ; on dirait que les vues d’ensemble cessèrent avec lui , et que ses successeurs manquèrent du vrai sens architectural. C'est ce qu’on est porté à croire en voyant la manière inhabile dont sont reliées entre elles les deux loges des extrémités. J'admets que la difficulté était grande ; que l'obligation d’utiliser huit colonnes d’un petit diamètre, et de rattacher par un ajustement celles-ci aux colonnes de l’autre loge, dont le diamètre était plus considérable, demandait des efforts et de grandes ressources dans l'esprit ; mais quand on voit cependant de quelle manière la jonction des deux ordonnances a été combinée, on ne trouve pas de raisons pour excuser une telle incurie ; et certes ce n’est pas ainsi que Peruxzi ou Vignole eussent résolu le problème (i). Toutefois, abstraction faite de ces négligences, les façades des deux loges De sont |>as sans mérite , comme on le verra en étudiant la planche suivante Quant à la nymphée, elle est d’une agréable conception, et l’exécution en est très-soignée. Vasari y prit quelque part , s’il faut l’en croire; mais l'étude et les détails sont probablement d’Amman'ati : les cariatides passent même pour avoir été sculptées par lui.

Les balustres placés sous l’appui entre les colonne? de la première loge, et ceux qui forment la balustrade de la double rampe, n’existent plus aujourd’hui, et sont remplacés par des barreaux' de fer. J’ai rétabli ces balustres dans la coupe, d’après l’autorité de Giovanni Stcrn , qui affirme en avoir retrouvé des débris , et qui nous en a transmis le détail.

(i ) Pour celte appréciation critique, je n’ai pas tenu compte «le circonstance* particulières qüe je puis ignorer car les architectes n’ont que trop souvent la main forcée, et il serait injuste de les accuser toujours de fautes dont Us ne sont que les éditeurs icsponaables. 8 *1 est vrai que les huit colonnes antiques de la petite loge aient éie trouvées A Tivoli au temps des constructions, leur emploi devint un embarras pour les architectes, dont les dispositions étaient (veut être déjà prises pour une décoration semblable a celle de la face oppooee-

Kl CttITigl'Ktt.

On remarque sur l'ordre dorique du fond, attribué à Michel-Ange, une particularité assez, singulière : la partie supérieure de la corniche est recouverte d’un stuc assez mince , qui a modifié les moulures. Est-ce Ammanati qui a jugé cette modification utile, afin de mettre les moulures dans un meilleur rapport avec l'étage supérieur? Cela est peu probable. En admettant, comme on le dit, que l’ordre dorique soit de Michel-Ange, l’autorité de celui-ci était trop grande pour qn'Ammanati osât se permettre une correction. N'est-il pas plus croyable que l'application du stuc est d'une époque postérieure, et fut faite à la suite d'une restauration exécutée au temps de Paul V ou de Clément XIV ? Aujourd'hui le stuc, presque entièrement détaché, n’est plus visible que sur quelques points.

la» deux petits escaliers à limaçon qui de la cour basse montent directement à la loge du fond sont en ruine, et des éclats de pierre si* sont séparés du noyau central. Connue le moindre choc pourrait déterminer l'affaissement de ces escaliers, on a pris la sage précaution d'en interdire l’usage. .

Ca voûte de la salle fraîche placée à l’opposé, sous la principale loge, est décorée de liclles fresques. Ce luxe, bien que placé dans un soubassement, ne saurait surprendre; car cette pièce était peut-être la plus agréable à habiter à certaines heures du jour.

Pour compléter la décoration de cette cour, et lui donner l'apparence de ce qu’elle devait être dans le principe, nous avons dû orner les niches de statues, afin de remplacer celles qui s'y trouvaient an temps de Jules 111 (i).

Parlons enfin des deux longues inscriptions gravées sur des tables de marbre qui sont fixéèsà droite et à gauche entre les deux nichesdusouhassement et dans feutre-pilastre dorique du milieu. Ces inscriptions sont relatives à la cession de la' propriété, aux travaux exécutés, et à la

{ i) L’n petit nombre de ce* dernière» ont été gravée» dan» un recueil f|ui doit être raie, ei qui porto le nom «le lo. Bapti»ta de Cavallerit», et la date de ii85. te recueil e**t dédié au cardinal kudovico Madrucin, et contient cent gravure» de statue» antique*

•{(>(> NOTICES HISTORIQUES

police de la villa. Voici celle de gauche» qui est indiquée sur la coupe :

Ivi.il u I . pont . MAX avspicio

B A LD Vf N VS ei vs frater . imukdioi.vm svbvrbanvm

CHOPE FLAMINlAM . AB ANTONIO PATRVO . CARDINALE . OLIM AN IM I CA VS A . COMPARATVM SYLVA . HORTIS . VILLIS . VINET1SQ CONTIGVIS * ET CVIVSV1S PLANTAR . GENERIS . NVMERO PENE IN FINITO . A SE AVCTVM . NOVOQ . AC POL1TIORE CVLT\' . NVLLO NON LOGO . DIRECTVM . ATQ . ILLVSTR ATVM . AqVA . ViRGIN K ET FONTIB SALVBERIUMIS . E LATEBRIS TERRAE JNACCESS1S . NON MIN VS AD COM MVNE OMNIVM . QVAM AD PR1VATVM COMMODVM . IN I.VCEM EDV CTIS . VNDIQ. 1RRIGVVM FACTVM . SALIENTIBVS . PISCINA AVIARIO ATQ « HOC QVASI THEàTRO . ADM1RAB1LI . ‘ PICTVRAE STATVARVM

emblematvm spi.endore constrvctis

TKMPLOQ . IN PRIMIS DEO OPT . MAX . AC DIVO AnDREaK AB IPSO IvLIO PoNTIFICE ERF.CTO . ATQ . DICATO

* SIBI INNOCENTIO CARD1NAL1 . ET FaBIANO COM1T1 FILMS

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