PREMIER PROJET DE PLAN DI’ PALAIS MASS1MI
Habitation de' Pirrhij.
Via dcl Paradito.
Via di S Pantaleo.
Habitation de M* Lura di Mnaitno.
| Alignement donne
Vestibule ou portique.
\irlte rectangulaire et «on banc.
Hahitation de M* Aogelo di Max u»o.
Chambre.
Corridor d’entrée.
Salle à manger
K' Cbtminee.
L Chambre laite.
L' Cheminer M Chambre faite. •
M' Fenêtre.
N Antichambre faite.
O Chambre.
P Cuisine faite.
Cheminée.
Loge à faire.
Piiita.
Ancienne cour de M* Pirtro Manmo.
Citerne.
Logr faite
Dans le premier projet la façade était en ligne droite suivant l’éloi-
ET CRITIQLKS.
■ gnement ordonné. [ ,.i dimension du veslibule était un peu plus considérable; à l'une des extrémité* seulement existait une niche, non plus cintrée, mais rectangulaire, avec un l>ane. Il est douteux que le vestibule ainsi exécuté eût été d'un effet aussi pittoresque que celui qu'on voit aujourd'hui, lài distribution des pièces qui forment la partie antérieure du palais est presque entièrement conforme à celle du plan exécuté; l'escalier seul a été reporte sur un autre point. Ici la cour n'avait pas été régularisée, et l’effet n’en eût pas été satisfaisant, quelque goût que Pertizzi eût pu mettre dans l'étude. Un portique de communication existait entre le bâtiment du fond' de là cour et celui de l’entrée, mais le portique du fond, formant répétition , était supprimé. Ce même projet donne encore de précieux renseignements sur les murs nouveaux à faire, et sur les anciens murs qui furent conservés. Il fixe, en outre, la situation des habitations «les deux autres frères de Pietro : celle d'Angelo était mitoyenne et à gauche; celle de l.uca comprenant la petite cour et les bâtiments du fond. Il est probable qnc cette partie fut cédée à Pietro, qui, sans cet agrandissement, se fût trouvé trop à l'étroit. On est porté à croire que cette seconde cour lui était tout d'abord échue en partage ; mais il faut cependant tenir compte de la note de Peruzzi (écrite eu sens inverse) : di Mtxsscr Lura di Massimu.
Kn face du palais de Pietro, de l’autre côté de la rue di S. Pantaleo, Luea possédait encore une autre habitation. Nous avons également le plan de cette propriété; il semble plutôt indiquer l'étal des lieux qu'une restauration projetée par Peruzzi. Enfin, nous savons que l’alignement ordonné par l'autorité était en ligne droite. Si Peruzzi ne s’y est pas conformé c’était sans doute par des raisons d'économie et pour se servir des fondations, ou pour donner à la façade plus d’importapce. Au lieu de mettre une inscription dans la frise de l’ordre du rez-de-chaussée, il l'ornait de triglyphes et- de métopes, dont il avait même déterminé le nombre, l-es autres dessins manuscrits, quç nous avons recueillis, représentent le plan, la façade et
NOTICES MISTOHigl ES
tfèux<coupes sur la cour; ils ne différent pas d'une manière sensible de ce qui a été exécuté.
Après les renseignements et les explications qui précèdent, on est mieux en état d’apprécier la restauration de Pertizzi ; on connaît maintenant les difficultés de sa tâche. Kn se rendant ainsi compte de tout ce qu’il a fait pour obtenir partout la régularité, pour dissimuler les biais et mettre chaque chose à sa place avec une rare prévoyance, on sera étonné qu’une oeuvre d’art aussi parfaite ait pu être accomplie malgré tant d'obstacles et de complications, et, loin de trouver nos éloges exagérés, on ne peut manquer de partager nos sympathies et notre admiration.
Complétons maintenant les détails que nous avons à donner suç les deux plans de la planche a8i. Après avoir traversé le vestibule, on entre dans un passage ou corridor, menant à 4a cour, et qui est l’analogue du pivlhyrum des maisons ilePompéi. A gauche ce passage donne entrée à plusieurs belles salles, et à droite, à la salle à manger. la) voûte de celle-ci était décorée d’une fresque île Jules Romain, représentant le Festin des dieux. Cette peinture a malheureusement disparu sous le badigeon, lorsque la salle à manger a été transformée en cuisine. Vu sa situation, cette grande pièce ne pouvait recevoir de jours directs; aussi Peruzzi a-t-il lait tons scs efforts pour suppléera l’insu flisance des jours secondaires : il en a pris un sous le vestibule d’entrée et deux autres sous le portique de la cour. Non-seulement il a agrandi, autant que possible, ces fenêtres, mais.il a pratiqué dans la voûte du portique des ouvertures en biais, qui laissent pénétrer plus de lumière. Pour éclairer l'escalier, qui est commode et bien situé, la difficulté n’était pas moindre. Ici les jours ont été pris aux deux extrémités. D'un côté l'architecte a su se ménager une petite cour (i) à l’aide de laquelle il a pu éclairer les paliers tournés vers la rue ; du côté opposé , les paliers reçoivent du jour d'une arcade ouverte au-dessus de la des-
(i) Cette cour a été supprimée : on y a établi, au premier étage, un petit iicalier circulaire, rt -aux autres étages ‘les communications avec In» pièces lituM* sur la rue.
ET CRITIQUES
rente de caves; et à partir du premier étage une vive lumière, arrivant des arcades ouvertes sur la cour, se répand sur l’escalier entier;
f.n descente aux souterrains a été adroitement rejetée près de la fontaine, Sur un point où elle n'est d'aucun embarras.
On ne saurait déterminer quelle situation avait été choisie pour la cuisine. Dans le premier projet, il est vrai, elle était placée à l’extrémité de la cour, dans le bâtiment en aile à gauche ; mais cette situation ne pouvait plus convenir, le portique tle communication ayant été supprimé. On |>eut, sans l’affirmer toutefois, croire que la cuisiné avait été d’abord reléguée dans les souterrains. On trouve à mi-étage de la descente aux caves quelques marches interrompues, se dirigeant sous l'une des rampes du grand escalier. Ces marches sont les restes d'un petit escalier qui, en se prolongeant, mettait en communication les souterrains avec une pièce située derrière la salle à manger, pouvant servir d’office. Cette pièce, bien que pourvue J’une cheminée, est trop petite pour pouvoir y installer une cuisine. D’ailleurs j>euton supposer que Peruzzi, qui, dans son premier projet, avait reporté au loin la cuisine, pour éviter les inconvénients résultant d’une pareille pièce placée à proximité de la salle à manger, ait pu, dans le projet exécuté, changer complètement d’avis, lorsque les conditions étaient moins favorables, et quand l’espace était déjà trop resserré (i }? Il est bon dé faire remarquer qu’au rez-de-chaussée, le vestibule excepté, toutes les salles, le passage et le portique sont voûtés; tandis qu’au premier étage, le salon et toutes les autres pièces sont décorés de plafonds en bois. On ne saurait qu’appiouver cette entente raisonnée de la construction ; là encore on retrouve le même esprit «le sagesse et de convenance, qui n’a cessé de présider à la direction de cet édifice.
I .«.jugement «pie nous avons à porter sur la façade se réduira à quelques observations : l’ordonnance du rez-de-chaussce est d’une bonne proportion; les fenêtres du premier étage sont d’un beau
(i) Pendant le* débordements du Tibre, les caves de tout ce quartier sont envahies par les eau* qui y séjournent. CYsl pour celte rais«i», s.'»nsdoutrJqueUcui«ueaHêrt*poriéeau rex-de-cliaujsée.
NOTICES HISTORIQUES
style et ii;i ns un lion rapport; mais les appuis saillants, trop rapprochés les uns des autres, sont d'un effet pesant. I .e double rang des mezzanines est monotone, bien que l’architecte ait cherché à atténuer cet effet en mettant peu de moulures à celles du premier rang, afin qu'elles prissent moins d'importance et qu’elles parussent être en quelque sorte le complément des fenêtres inférieures, comme elles le sont en effet dans le grand salon. Le couronnement n’est pas moins remarquable par sa belle masse que pour le bon goût de ses détails. C’est peut-être à tort que le mur de face a été entièrement couvert de refends; cela lui imprime sans contredit une apparence trop uniforme, mais aussi il y gagne plus d’unité ; et ce parti pris sert à le détacher davantage du palais voisin. Enfin, la courbure qu'on a fait suivre au mur de la façade est une idée heureuse, puisqu'elle donne à cette façade une masse plus imposante et un aspect plus monumental.
L’inscription^que porte la frise, dans la planche a8i , n’a pas reçu d’exécution; nous 'l'avons retrouvée dans les archives de la famille Massimi. Elle est écrite en lettres majuscules et sans soin, comme une simple indication destinée à l’ouvrier. Nous avons pu reconuïittre l'écriture de Peruzzi au mot novissimo, qui avait été oublié, et que Peruzzi a rétabli en interligne, avec son écriture cursive ordinaire. Nous donnons ici un Jac-sinrilc de cette inscription, dont les lettres ont été réduites à moitié.
7 T K VS MAXIM VS 'Do/vyrwjq
riLivs ?rmr ni?û5^
'JE S IN. l/I/l ?OKTlTIClA It<
/,;f3rc r D io vo n i n cen or o
CONSVMVT/1S Hf5TrTI/rr flTvNDAMENTrSQ^ TXcivnDAS c V^AVIT A N N o t> N r
kt r.nrriQi'RS.
lai forme <le quelques chiffres tracés nu dos de eette inscription nous a confirme dans notre opinion; et nous u'avons eu alors aucun scrupule à rétablir l’inscription sur notre façade; malheureusement le millésime y manque. ;
Details de l'élévation du palais Pietm-Massimi.
Cette planche reproduit une tranche de la façade sur une échelle plus grande, afin de faire mieux juger du rapport des étages, de la proportion des ordres et des fenêtres, et de la valeur de l’entablement. Cette [rortion de façade sert également à expliquer l’arrangement, soit des colonnes, soit des pilastres du rez-de-chaussée, et à indiquer les mesures générales de la façade entière.
Une coupe sur le.mur de-face fait connaître la saillie des fenêtres et des corniches, et donne la hauteur des planchers. Les autres fragments de plans rendent plus intelligibles les reliefs et les mesures du rez-de-chaussée et du premier étage.
F-e détail de l’ordre dorique, qu’on voit à droite sur la planche, mérite de fixer l'attention. Aucun ornement ne le décore, mais les moulures offrent de belles lignes et de beaux profils. I<e chapiteau est grec, ou plutôt on retrouve dans son profil le sentiment des monuments de Rome, élevés aux derniers temps de la république, comme furent ceux qu’on voit encore à Tivoli et à Préneste. Ce chapiteau aplati n’est pas une bizarrerie, un pur caprice de l'architecte; mais il atteste la réflexion d'un esprit juste. Un ordre placé audessous d'une construction aussi élevée et aussi pesante demandait a être fortifié : c’est cette apparence de force que Peruzzi a voulu exprimer en accusant fortement la saillie du chapiteau, l/accouplement des colonnes avait la même signification; et cet accouplement, dont on a tant abusé et qui est si souvent condamnable, peut être ici motivé et justifié. I^s pilastres qui décorent le mur extérieur sont du
NOTICES HISTORIQl ES
même diamètre cpie les colonnes et ne diminuent pas. Les pilastres du vestibule, qui correspondent aux colonnes, sont d'un plus petit diamètre que celles-ci. Quoi que Pernzzi ait pu faire, l’effet en est peu agréable. On trouvera ici les mesures île l’ordre avec les variantes pour les chapiteaux des pilastres- L’ordre tout entier est exécuté en travertin.
la; détail de la fenêtre du premier étage, qu'on voit à gauche de la planche, donne la face de cette fenêtre, son profil, son appui et jusqu'aux refends qui l'accompagnent. Les moulures, les crossetteset les consoles de cette fenêtre, exécutée en travertin, ont également la finesse et le sentiment des monuments des derniers temps de la république romaine.
L'écoulement des eaux pluviales, qui tombent entre le bas de la croisée et son appui, a été adroitement ménagé. Ces eaux sont recueillies dans un canal qui les rejette sur l’entablement inférieur. Les tètes de lion de la doueine de cet entablement sont une décoration d’à-propos et l’expression d'un besoin , si (ce que nous 11e saurions affirmer) ces têtes servent à l'écoulement; elles sont en outre disposées de manière à se trouver dans l'axe des colonnes et des pilastres. •
Plan, profil ef face du couronnement du fxdais Pietrù- Meus uni.
vi, ,1. La grande corniche qui couronne si dignement la belle façade de ce palais a trop d'importance pour ne pas être donnée dans tous ses détails, lie plan, la face et la coupe étaient nécessaires pour bien faire connaître les moulures, leur profil, l’ornementation, les refouillements et enfin les rosaces des soffites. I>a richesse de cet entablement est à comparer à celle des beaux entablements du forum. Comme nous l'avons déjà dit, le couronnement, bien qu’exécuté eu briques recouvertes de stuc, est dans un état parfait de conservation ;
ET CRITIQUES
c’est ce qui témoigne du soin et de la surveillance apportés |>ar l'architecte à celte importante partie de lediGce.
On trouve nu lias de la planche le profil des chambranles des croisées ou mezzanines de cette façade.
Vestibule tin palais Pie tnt- Ma.uint i.
Ce vestibule est une des œuvres de l’architecture moderne la plus u. .s. complète, la plus soignée et tout à la fois la plus originale. Les moindres parties y sont étudiées, je ne dirai pas seulement avec talent, mais avec urt amour tout particulier.
Nous avons consacré trois planches à ce vestibule : sur celle-ci sont représentés le plan de la partie inférieure; celui de la partie supérieure, ou le soflite; les coupes sur la longueur et la largeur, et enfin le détail des caissons. l-e plan intérieur donne la courbure du portique, les mesures générales, la saillie des pilastres, celle des chambranles, la profondeur des niches, les croisées avec leurs marches échancrées ; il indique les compartiments du pavé, exécutés eu briques de champ et en dalles de travertin, les soupiraux, les marches jugées sans doute nécessaires, non-seulement pour se préserver des • eaux lorsque le Tibre déborde (dans les grandes crues elles sont insuffisantes), mais pour donner plus de noblesse au vestibule, en l'élevant de quelques degrés au-dessus de la rue. Le plan supérieur donne le dessin du soffite, dont les ornements, exécutés en stuc, varient d'un caisson à l’autre. Le dessin d'ensemble du soffite et le détail de l'angle en montrent l’ornementation, et la coupe sur les caissons permet d’apprécier les refouillements. Le caisson du milieu est occupé par les armes de la famille Massimi.
En fixant son attention sur la coupe longitudinale du vestibule, peut-être trouvera-t-on cette architecture un peu lourde? Sur place cette impression est modifiée. 1^ style parait ferme plutôt que lourd,
NOTICES HISTORICITES
et les refends qui se prolongent dans ret intérieur sont un aeeotnpagnenient qui motive suffisamment cette fermeté.
I .a porte, nous l’avons déjà dit, est étudiée dans le style d'architecture de l’époque romaine de la fin de la république. C’est un des plus lieailx exemples de porte qu'on puisse offrir. On en jugera d après le détail reporté à la planche suivante. A l'instar des portes antiques, la largeur de celle-ci est réduite vers le linteau.
Ia*s pilastres de ta coupe correspondent aux colonnes et diminuent comme elles, l-eur diamètre est moindre que celui des colonnes et leur diminution proportionnellement plus petite. Peruzzi n’a pu réussir à sauver l'effet peu agréable de cette diminution.
I /ajustement des bancs est charmant, et l'idée heureuse ; on en verra le détail à la planche suivante.
Détails du vestibule fin /Mitais Pirtro-Massimi.
Sur cette planche sont rassemblés de magnifiques détails : la porte est le plus remarquable. Elle est riche de moulures et d ornements, distribués avec tant de goût et déraison, qu'on ne saurait y trouver matière au moindre blâme.
La frise porte une guirlande de lauriers, qui se rattache à la console par un ajustement original. Cette frise, ainsi décorée, appelait, poilr l'harmonie, des ornements sur d'autres points. C’est ce qui a été fait avec une réserve et un bonheur extrêmes : il a suffi d'orner quelques moulures de denticules, de chapelet .de perles, d’oves et de canaux, et les caissons de rosaces, pour rétablir l’accord le plus parfait. I« chambranle, au contraire, pour faire opposition,- 11’olTre que ses moulures, assez multipliées, il est vrai, et parfaitement en rapport. Ouant à la console, Peruzzi a cru devoir lui donner quelque richesse; le voisinage de la frise le demandait. Ces divers ornements, quoique distribués avec sobriété, pouvaient enlever à la [Mirte son
ET CK1TIQL liS.
.caractère dorique; c’est ceque l’architecte a senti; et c’est sans doute pour rappeler ce caractère, qu’il a ajouté dans la corniche des modifions (1) simples, qui ont quelque analogie avec les mutules de l'ordre dorique. Que de perfection ne découvre-t-on pas, quand on analyse les œuvres de tels maîtres et qu’on s'efforce de s’identifier avec l'esprit qui a dû les diriger.
lai porte, nous devons encore le rappeler ici, est établie dans le principe des anciens : l’ouverture, en effet, est plus étroite dans la partie supérieure; les Consoles saillantes ont peu d’épaisseur et sont découpées par des filets d’une grande finesse; les chambranles ont des crossettes; tous ces détails sont dans le goût de fépoipie romaine rie la fin de la république.
I. nue des coupes sur la porte, celle de gauche, donne le refouillenteiiJt des moulures et la face intérieure des consoles; l’autre coupe rend compte de leur face extérieure, de la saillie de la porte sur le mur etde celle des -pilastres, des refends et des chambranles décroisées.
lats détails des grandes niches, situées aux deux extrémités du vestibule, sont à la même hauteur pour le style, il y a un goût infini dans rajustement des caissons losanges, et dans celui des |>etites ligures mythologiques qu'ils contiennent; on se sent déjà envahi par ce riant paganisme, avant d'avoir franchi h* seuil de la porte. (Nous n'avons vu aucun inconvénient à changer de place deux ou trois figures, qui noos semblaient plus élégantes, et dont la pose et les ajustements entraient mieux dans la forme du losange). Tous les ornements de cette niche sont également exécutés en stuc et sont bien conservé*. la1 dessin du banc n’est pas sans mérite. La console qui
(1) La porte uxtérieim* du palan Sachetfi , planche 94, présente ainsi 1111 bel exemple de l'emploi des nmdtlloni; mais comme Sangallo mourut dix ans après Pcriu/i, sans avoir achevé le palais Sachetti, la priorité doit être équitablement accordée à Peruaxi. Les frtiétre> du premier étage du même palais Sacbetli offrent également de l'analogie; ce qui prouve que les deux éminents artistes, émules et contemporains, avaient adopte les mêmes doctrines ; ils les variaient dans l’apfdifation. chacun suivant son génie individuel. ' *
NOTICES HISTOniQUKS
le supporte est courte et exprime la force; elle se termine par une griffe qui l’assoit bien.
T.es fenêtres du vestibule étant placées dans un entre-colonneinent assez, étroit, leur chambranle ne pouvait avoir un grand développement; aussi se compose-t-il fie quelques moulures fort simples, s'harmonisant très- bien du reste avec les refends, qui semblent à peine interrompus par ces ouvertures.
Vue du vestibule d'entrée du / mhiis Pietro-Massimi.
vi. ai. Après le tracé des plans, après les coupes et les détails du vestibule, , une vue était encore nécessaire pour ajouter plus de clarté à notre * description. Nous l'avons prise au point le plus favorable, de manière , à faire sentir la forme cintrée du lieu, l'effet de l'accouplement des colonnes, celui de la porte, de la niche, dusoffite et du pavé. Tout ce qui compose le vestibule, les pilastres, les fenêtres, le banc et les refends, se trouve compris dans notre vue et peut être parfaitement apprécié. Cependant, quelque perfection que nous ayons cherché à donner à nos dessins, ils ne peuvent pas entièrement communiquer au lecteur l’impression d’enchantement qu’on éprouve à la vue d’un ensemble aussi accompli.
On regrette qu'on n’ait pas placé de belles statues antiques aux deux extrémités de ce Vestibule; c'eût été à la fois compléter la pensée de l’architecte et donner à ces statues elles-mêmes l'encadrement le plus favorable.
Corridor d’entrée et roujtr jjrinrijm/e du jmlais Pietro-Mns.dnd.
"■ »*■ Au bas de cette planche est la vue du corridor d’entrée; on peut, d’après ce dessin, se ijtire nue idée de. l'ensemble de la décoration, et
ET CRITIQUES
île l;i première i ni pression qu’on reçoit en avançant vers la cour. On aperçoit dans l'éloignement, à travers les portiques, une partie de la petite cour de l’ancien palais. Nous développerons sur l’une des planches qui suivent la voûte de ce corridor, dont la décoration mérite d’ctrc donnée en détail.
La portion de plan figurée à gauche serti» montrer la disposition du carrelage. I-n coupe sur 1a ligne Alt indique l'arrangement intérieur de la porte du vestibule et des croisées îles pièces voisines, et au-dessus de la porte le sujet en stuc qui décore le fond île la voûte.
I m coupe générale du palais lait embrasser d'un seul coup d'œil presque tout ce que cet édifice offre d’intéressant à l’intérieur : le vestibule, le corridor d’entrée, les deux portiques, l’une des façades de la cour, la naissance de l’escalier, son arrivée dans la loge du premier étage, enfin le grand salon et les appartements du bâtiment du fond.
Kn parcourant du regard les diverses parties de l'architecture, que cette coupe générale met en lumière, l'œil est partout charmé par l'heureuse disposition des motifs. Quelques rares objets seulement semblent former comme une dissonance au milieu de cet harmonieux ensemble, et principalement le dessin de la fontaine de la cour. Telle est la pureté île style de Pernwsi, que l'on s’étonne au premier abord d’apercevoir ici ce fronton brisé, d’où part une fausse fenêtre, portant un écusson, avec les mauvais détails de ces consoles renversées et des pots à feu qui les surchargent. On s’explique difficilement ces singuliers contrastes avec la suavité de style de Peruzzi. Ils ne lui sont pas imputables, en effet; ces motifs, on le verra plus bas à l’article relatif à la planche a8<), sont des additions postérieures. Nous devons prévenir également que le petit étage en atfique, qui règne au-dessus de la fontaine, est une construction moderne; il a remplacé la terrasse qui existait dans l’origine.
Élévations divcntu de la cour du mdaix Pietro-Masximi.
I ja coupe générale de la planche précédente, en donnant une idée sommaire de l’ensemble du palais, fait connaître l’une des façades de la cour. I.es trois autres façades sont représentées sur la planche /pie' nous avons maintenant sous les yeux : toutes sont variées et d’une élégance remarquable. On ne peut se lasser d’admirer le talent si souple de l’artiste, se jouant avec les difficultés, et parvenant, sans nuire à l’unité, à répandre partout de la variété.
Sur la façade, du côté de l’entrée, au-dessus de la loge du premier étage, existe un attique qui ne passe pas pour l’oeuvre de Peru/.zi. Nous pouvons attester le contraire; les dessins manuscrits de ce maître que nous possédons en fournissent la preuve. L’intention de l’architecte n'est-elle pas d’ailleurs évidente, et ne voit-on pas qu’il a cherché de ce côté à obtenir de grandes ouvertures et une construction légère pour ne pas charger les colonnes de la loge:’
A la partie intérieure des arcades qui au premier étage éclairent l’escalier, on remarque des demi-balustres qui témoignent de l’intention de Peruzzi, d’interdire de ce côté la communication avec la terrasse, au-dessus de laquelle on a ensuite construit un corridor en attique.
Les deux plans des portiques ont reçu quelques mesures principales; ils rendent les élévations respectives plus intelligibles et donnent les compartiments du pavé, exécuté partie en briques et partie en travertin.
Le rez-de-chaussée des quatre façades de la cour est exécuté en travertin et les autres étages en briques revêtues de stuc. Les pilastres de la loge Sont en marbre blanc et les deux colonnes en marbre.
5qi
L’architrave au-dessus de ces colonnes est en bois, ainsi que la corniche à modillons qui tonne le couronnement.
Coupes sur le / Mirtii/ue île l'entrée île la cour du palais Pietro- Massif ni.
Les trois coupes réunies sur cette planche sont prises sur le premier portique de la cour et sur la loge dn premier étage. (Voir ce portique et cette loge en perspective dans la planche ayo.) Elles sont établies sur une échelle assez grande pour qir’on' puisse apprécier non-seulement la forme et la proportion de chaque chose , mais encore la plupart des détails.
I«i coupe du haut de la planche fait voir les pilastres du rez-dechaussée correspondant aux colonnes du portique; l’intérieur de l’escalier; les compartiments de la voûte; l’ensemble des croisées; et, au premier étage, la décoration de la loge, exécutée font entière en peinture, à l’exception de la porte, qui est en marbre blanc.
La seconde coupe, au bas de la planche, à gauche, représente la décoration de la face du portique du côté de l’escalier et celle de la loge an premier étage. Outre les mesures des deux ordres et des deux étages, on y trouve celles des portes du rez-de-chaussée, des voûtes, des arcades, etc.
Les pilastres cannelés de la loge sont en pierre et en relief, tandis que les contre-pilastres qui les accompagnent sont en peinture et mis en perspective. . . . -
Les cadres au-dessus de la cour, ceux des niches de l’escalier aux divers étages et les ornements intérieurs de la fontaine sont postérieurs à Peruzzi. Suivant un compte qui existe dans les archives de la famille Massimi, ils furent exécutés, en ifiio, par un stucateur nommé Gian, Uattista Solari, qui fut également chargé de blanchir une partie du palais.
NOTICES HISTOIIIQUES
OlJ'J
La troisième coupe, celle de droite, donne la face opposée à l’escalier. Elle fait connaître au rez-de-chaussée : la croisée ajustée dans l’arcade (elle ne diffère des autres qu’en ce qu’elle est cintrée, disposition motivée par le besoin de la mettre en harmonie avec la porte cintrée de l’escalier qui lui fait face); les stucs de la voûte du por tique et du corridor d’entrée; au premier étage, la décoration du fond de la loge, exécutée tout entière en peinture; les croisées et les refends d'une des façades sur la cour; enfin les portes latérales du grand salon. Un bon nombre de mesures principales sont de même inscrites sur cette coupe.
Vue générale de lu cour du /nduis Pietnt- Mussimi, prise sans le portique du fond.
vi. ?5. Trois côtés de cette cour apparaissent sur cette vue; on peut ainsi juger de la variétédes façades, de la manière dont elles sont reliées entre elles et de l’harmonie qui règne dans ce bel ensemble. Cà* dessin, nous en avons l’espoir, suffira pour convaincre le lecteur que nos appréciations n’ont rien eu d'exagéré ét peut-être pour lui faire partager le charme indéfinissable qu’on éprouve à la vue de ce délicieux intérieur, où tout est grand dans un espace si étroit, où tout est marqué au sceau d’un goût pur et exquis.
Nuf autre point de vue ne pouvait, aussi bien que celui que nous avons choisi, présenter à la fois autant de choses intéressantes. Il réunit la fontaine, le portique avec l’escalier, la jolie loge avec son attique et ses mezzanines; l’œil même pénètre à travers le corridor d'entrée jusque dans le vestibule, et à son issue dans la rue.
Les compartiments de la voûte du portique (du fond de la cour), occupant le premier plan dans la gravure, sont par cela même à une plus grande échelle, qui a permis d’en reproduire nettement et avec détail l’ornementation.
. t HT CRITIQUE». Sÿ'l
* * •*. *■ uM r ~ hCV
1 'mîtes diverses du palais Pietm-iïfassimi.
Sur cette planche se trouvent réunis les ensembles et les détails de trois voûtes du rez-de-chaussée : celle du corridor d’entrée, celle du premier portique, enfin celle du portique du fond de la cour.
Dans la première voûte on distingue trois tableaux oit Peruzzi, Continuant son système poétique de décoration, a représenté des sujets antiques : les Courses du cirque, les Joutes de la naumachie, et dans le tableau du centre, une Offrande aux dieux. I.es ornements, ajustés autour des radies, sont traités avec goût et exécutés en stuc, ainsi que les sujets. On remarquera particulièrement les enroulements, où se voient des enfants couverts d'un bouclier et qui, l'épée au poing, attaquent avec résolution un monstre ailé. Quant aux ligures semées dans les champs lisses entre les encadrements, elles présentent une disposition un peu singulière et d'un choix contestable.
fa distribution des compartiments des voûtes ctant absolument la même pour lesdeux portiques de la cour, nous avons pu, à l’aide d’un seul dessin, indiquer toutes les variantes sur chaque moitié de l’ensemble et suivre la même méthode pour le détail de ces deux voûtes. ' • .
four du /ta/ois Pietro-Massimi ; vur prise .tou.i le /joilit/ue du irz-dr-chausséc, et détails divers.
Au moyen de la vue placée au haut de cette planche, on ]ieut se rendre compte de l’efTet du premier portique; de l’entrée de l'escalier; des croisées qui éclairent la salle à manger; des ornements de la voûte, et enfin de ses compartiments, dont trois sont à jour, afin
d’obtenir à l'intérieur des salles une lumière plus vive et plus directe.
I-es profils des deux portes, donnés au bas de la planche, ont entre eux beaucoup d'analogie et sont dans un bon sentiment.
I ,e chambranle très-orné, figuré entre les profils précédents, est en stuc et sert d’encadrement à un bas-relief antique, placé au dessus de la porte située dans la cour, près de la fontaine. Ce chambranle est postérieur à Peruzzi et date de ifiio.
Cour du induis Pietro- Massimi ; vue cl détails de in /ope du' premier étape.
L’élégance est le sentiment qui domine dans l'architecture de cette loge; la vue que nous en donnons fait bien juger de la proportion des colonnes, de celle de l’arcade ouverte sur l’escalier et de l'effet de la porte du grand salon ; elle indique las fresques qui décorent le mur du fond, et elle montre en perspective le beau soffite, suspendu sur cette loge. Pour faire connaître plus complètement ce soffite, nous avons dû ajouter la coupe et le plan, avec toute l’admirable variété des ornements qui décorent Jes caissons. Los armes de la maison Massimi sont. sculptées dans le caisson du milieu.
Ce plafond est exécuté entièrement en chêne ; les ornements sont dorés et se détachent sur fond blanc. Le fond des caissons forme une sopte de marqueterie or et blanc.
Le carrelage offre un dessin bien assorti ; il est exécuté en terre cuite de deux couleurs, rouge» et blanc.
Détails de lu cour du palais Pictne- Massimi.
Parmi ces détails, profilés dans un bon sentiment, I attention doit particulièrement se fixer sur la manière dont a été employé l'ordre
RT CRITIQUES
dorique. Sa corniche arcliitravée est réduite à un petit nombre de moulures. Cette simplification est motivée par des considérations faciles à comprendre : comme le caractère dorique se trouvait presque effacé dans l'entablement ainsi mutilé, d’architecte a voulu le rap- |>eler en conservant sous le filet de l’architrave les gouttes qui accompagnent les triglyphes, ici supprimés. •
On doit remarquer, a droite et dans la partie supérieure de la planche, la corniche du corridor d’entrée, dont les moulures sont combinées de manière à’ se confondre avec celles du chapiteau .dorique IjC rapprochement des deux protils permettra de saisir aisément la manière dont ces moùlures se pénètrent.
Détails de la cour du palais Pietra-Massinù.
L'ordre ionique a un caractère qui lui est propre et qui tient du vt, <5. style grec. Le chapiteau et la base sont surtout étudiés dans ce principe. L'ordre, il est vrai, manque d'ampleur, mais ila de la finesse, et son ornementation est brillante. Toute la richesse a été réservée pour le premier étage. Sans donner à l'entablement une grande saillie , l’architecte a su le faire dominer par des oppositions. S’il s’est montré ailleurs sobre d'ornements, il les prodigue pour l’entablement. On doit observer que la corniche de l’ordre a quelque analogie dans le profil avec celle du rez-de-chaussée, ce qui contribue à lier les deux ordres entre eux et à maintenir l’harmonie générale.
l«s profils de la corniche de couronnement (voir au lias de la planche, à gauche) sont loin d’avoir l’élégance et la finesse de ceux du reste de la cour. Nous doutons qu’elle soit l’oeuvre de Peruzzi, bien qu’on la trouve indiquée dans ses croquis manuscrits ; mais la mort l’aura peut-être surpris avant qu’elle fût exécutée, et le sentiment du maître n’aura pas été conservé. Cette corniche est fort saillante, ce qui est logique, afin de mieux abriter les façades. Lu
NOTICES HISTORIQUES
partie supérieure, qui a le plus de saillie, est en bois, tandis qné le reste est en stuc.
l-a porte, dont les détails sont au bas de la planche, à droite, offre un ensemble d'une noble simplicité. Aucune de ses moulures n’a reçu d’ornements; mais toutes sont du rapport le plus heureux et d’un profil irréprochable. Les battants de cette porte sont en chêne et divisés en compartiments bien ajustés. Quelques sculptures y jettent de la variété et produisent un agréable effet.
PLANCHE 29(i.
A ne du grand .talon du jxtlais Pictro-Masshni, el plafonds divers.
I*i vue du grand salon du premier étage, ou salle du dais, donne . l'idée de la décoration de ces grandes salles d'apparat qu’on remarque dans les principaux palais de Rome. Il en existe de semblables aux palais Mattéi, Giraud, Famèse, di Venezia..., et nous en avons déjà parlé. Les princes romains et quatre marquis seulement ont le privilège de pouvoir y élever un baldaquin.
Il y a du grandiose et de beaux détails dans la décoration de ce salon, mais l'architecture en est lourde. Toute la partie inférieure de cette décoration semble avoir été traitée comme du provisoire : on le dirait en voyant les pilastres et les panneaux figurés seulement en peinture, bien qu’ils soient mis en pers|>ective de manière à faire illusion. L’exécution de la partie supérieure est au contraire plus monumentale. Le plafond surtout porte un grand caractère, mais il conviendrait mieux à une salle plus vaste et plus élevée, bien que celleci pourtant comprenne deux hauteurs d'étage; cela vient de ce que les caissons sont profonds, les moulures fortes et la corniche pesante. la- motif de la frise se combine à la fois avec l’ordre ionique et avec les compartiments du plafond. Il présente deux sortes de panneaux, décorés île peintures encadrées dans une moulure ren-
ET CRITIQUES
foncée. Chaque petit panneau contient une des divinités de la Faille, tandis que dans les grands panneaux sont ■'«présentés. quelques traits éclatants de l'histoire des Fabius de l'ancienne Rome (t).
I /ensemble du plafond qu'on voit au basde la planche servira à faire mieux comprendre la disposition des caissons, qui résulte de l’irrégularité de la salle. Nous en donnons le détail sur la planche suivante.
I -es détails accessoires: la belle cheminée, de marbre surmontée d’un buste de Raphaël, le baldaquin avec ses riches tapisseries et sa balustrade, le candélabre ou porte-tlambeau de marbre, enfin lès statues, bien que médiocres, contribuent à donner au salon un aspect monumental. ; '
la-s quatre petites portes latérales sont bien étudiées, mais celle du fond, qui sert d’entrée au salon, est mesquine et n’est pas placée au milieu de l'eutre-colonnement.
Au-dessous des armes des Massimi, peintes sur les bancs qui forment le mobilier du salon, on lit cette devise que nous avons déjà citée : Cunctnndo rmtituit, qui fait allusion à la tactique militaire rie Fabius MaxiinuS.
Le plancher haut de cette salle, c’est-à-dire celui qui supporte le plafond, ayant fléchi d'une manière sensible, on a dû le rattacher au comble; cette opération, m’a-t-on dit, a été exécutée vers 182R. J’ignore ce qui a pu obliger à prendre le point d’attache sur le côté de la ferme, vers le milieu de l'arhalétrier, lorsqu'il était plus naturel et plus sûr de se suspendre au poinçon.
Le plafond de la salle n° a (voir la plandie aHt) a quelques bons ajustements, mais il y a de la sécheresse dans les détails.' l/écusson
i)On attribue ce* peinture* à Jules Romain; ee qui non* parait peu probable. En effet. Juins Romain, d'après Yasari, fut autorise par Clément VII, à |Kt»»er au service de Frédéric Gunxague, marquis de Mantoite, auprès duquel il se fixa pour toujours. \jz pape étant mort en 1 534, les peintures seraient alors anterieures à cette année, et cependant, en i536, lorsque Pcnuxt mourut, le palais n’etait pas achevé. Il faudrait alors supposer qu’avant *534 les constructions étaient assez, avancées pour recevoir des peintures.
NOTICES HISTOBIQtES
du compartiment du centre, ainsi que les perles et les postes qui l’entourent, sont dorés et se détachent sur iin fond rouge; les postes seules sont découpées par un fond bleu. Le fond des arabesques coloriées est blanc, et le champ qui sépare les caissons est bleu.
Il y a beaucoup de variété dans la forme des caissons du plafond il" 4; mais, bien que cette variété plaise au premier abord , 011 s'aperçoit bientôt que ces formes se prêtent mal aux ajustements.
Ia>s parties saillantes, telles que les moulures, les trophées, les fclous, les fruits et les écailles, sont dorées. I/! fond des caissons est rouge; celui des clous est vert ; enfin celui des étoiles est bleu, et ces étoiles sont blanches.
Détails divers du grand salon du ]M.dais Pietm-Massimi.
vi. , j. On admirera dans le détail du plafond que nous donnons ici la
fermeté des moulures, la beauté mâle des ornements, et leur harmonie avec ceux de la frise. Qu’on s'arrête à considérer ce soffite, et ' l’on jugera de l’effet qu’il pourrait produire dans une salle proportionnée à son importance. Nous-ne citerons aucun ornement en particulier ; tous méritent d’être signalés pour leur choix erpour l’accord qui règne entre eux. Les rosaces des grands caissons sont variées ; nous en donnons trois différentes, également belles et inspirées de l’antique.
Ce plafond est exécuté en sapin; les ornements en sont sculptés et (teints de diverses couleurs : le fond des grands et des petits caissons carrés est bleu foncé (i). I,es grandes rosaces sont blanches, sauf là
(i) Les parties de ce plafond t|iii sont peinte* en jaune étaient vraisemblablement dorées dans l’origine; on ne saurait en douter, quand on retrouve de la dorure sur les ornements de la frise, de l'architrave et de* portes, lorsqu’on dut restaurer le plafond, cette couleur jaune aura probablement été substituée à la dorure endommagée, moins, sans doute, par tfconnmie, car elle était peu importante, que pour ne pas mare, par le contniste et l'éclat de la dorure
HT CRITIQUES
rosette du milieu, qui est jaune. Ia*s rosaces des petits caissons sont egalement jaunes. J .es grecques sont blanches sur fond rouge clair, fa» feuilles de laurier, qui ornent les champs entre lès caissons, sont blanches, mais les fruits sont jaunes et les rubans violets. Enfin les entrelacs des caissons oblongs sont blancs, tandis que les feuilles des extrémités sont jaunes. Quant à la corniche du pourtour, qui se relie au plafond, elle est peinte en blanc. Dans la frise, les moulures des encadrements, les tètes de lion et les fruits sont dorés et se détachent sur un fond blanc, légèrement bleuâtre. I.e fond de l’architrave est blanc et les ornements dorés.
I<e détail de la cheminée est à remarquer, principalement pour ses belles consoles. Cette cheminée, ainsi que les portes latérales de ce salon, sont en marbre blanc; les battants de ces portes sont en chêne, et peints en blanc, avec moulures dorées.
Détails des plafonds des salles, et vue de la petite cour, du viens j /niait Pietro-Massind.
Dans le plafond de la salle n° 3 (i), les caissons sont octogones, losanges ou carrés, formes qui se combinent parfaitement entré elles et présentent un ensemble agréable à l’œil. f.es moulines des caissons, les grecques, les clous, les rosaces grandes et petites et lés ornements dans Ips losanges, sont dorés ; quelques parties seulement des grandes rosaces sont blanches. Le fond des caissons -octogones est bleu, celui des carrés est rouge, celui des losanges est vert; enfin, pour les grecques il est rouge. la* détail du lias de la planche donne les moulures et les ornements de ce plafond sur une plus grande échelle.
nouvelle, à la vieille dorure, qu’on ne voulait pas renouveler. Un est parvenu de la sorte a mettre plus d’harmonie dans l'ensemble, mais le plafond y a perdu de la valeur; car la couleur jaune est d’un mauvais effet, et fait désirer qu'on revienne à Ja dorure.
. ( Ces numéros se' rapportent aux indications données dans un des plans de la planche 281 .
fi 00 NOTIcfcs HISTOMQ1F.S
Le plafond de la salle n° i n’est pas aussi varié (pie le précédent; niais le parti a de l’élégance, et il a pu se prêter assez bien à la forme irrégulière de la pièce, à l’aide de tricheries inaperçues. Quoique ce plafond ail la forme d'un trapèze, nous avons préféré lui donner celle d’un rectangle; toutefois nous avons soin de prévenir de ce changement sans inqtoilance.
I,cs ornements à l'intérieur des caissons, comme on peut en juger dans le détail au bas de la planche, sont bien composés et présentent treize variantes; ils sont distribués avec symétrie, de telle sorte (pie deux ornements voisins sont toujours différents. Il faut en excepter toutefois les ornements des six caissons du centre, qui sont semblables deux à deux et disposés par paires. lass moulures et les ornements de ce plafond sont or et blanc; le fond des caissons octogones varie de couleur d’un caisson à l'autre, de même que les ornements. Ce fond est alternativement rouge et vert. Celui des petits caissons est vert, et les grecques au pourtour de la corniche sont dorées sur tin fond rouge.
l>a vue du milieu de la planche donne l’idée de la petite coût, reste de l’ancienne demeure des .Massimi, antérieure à 1 5a”. Elle ne fut pas comprise dans la restauration de feruzzi ; et depuis lui, elle n a subi d’autre changement que dans le ravalement des façades. Ce ravalement est d’une époque moderne et se rapproche du style de Carlo Maderno. lais stucs sont probablement de ht même époque que ceux de la fontaine et de l’escalier, et datent sans doute de 1610.
Deux colonnes antiques en granit décorent cette cour; l'une apparaît sur le premier plan de notre vue, et l'autre au fond de la cour. De chaque coté de la colonne, et faisant corps avec elle, existe un pilastre très-étroit. Cette singularité a été j>eu remarquée jusqu'ici et n'a pas, je crois, été expliquée. Que signifient ces pilastres ainsi rattachés aux colonnes? Quel était leur usage? Correspondaient-ils à de petites colonnes arabesques en métal qui soulageaient la portée trop considérable d’une architrave? ou bien répétaient-ils'
RT CRITIQUER
de» poteaux en bois destinés à recevoir des châssis vitrés? Quoi qu’il en soit, ce détail mérite d’être étudié, et peut-être serait-il possible de trouver sur un bas-relief antique, ou dans les constructions de Pompéi, quelques renseignements propres à expliquer cette disposition bizarre.
Palais Angelo-Massimi.
I,e palais Angdo-Massimi, comme celui de Pietro, eut beaucoup à v souffrir dans la catastrophe de ltome; après l'incendie il fallut aussi le restaurer. Peruzzi, chargé des constructions, procéda, connue pour l'autre palais, en apportant partout la plus rigoureuse- économie. H utilisa le vieux mur de la façade, dont il changea les ouvertures; mais il fut obligé de renouveler les murs de la cour. I,es deux portiques de celle-ci, ainsi que l'escalier, sont également son ouvrage. Ses travaux ne s'étendirent pas au delà, et c’est pour cette raison que nous n'avons pas donné plus d'étendue aux deux plans du bas de cette planche; ils ne représentent que la partie vraiment intéressante de ce palais, celle qui a été remaniée par Peruzzi.
On ne retrouve plus ici, dans les dispositions adoptées par l'architecte, l'originalité que nous offrait l'autre palais. Ceo dispositions, il est vrai, étaient en quelque sorte commandées, autant jwrla forme du terrain que par les constructions conservées. Quelque simple, quelque ordinaire que soit ce plan, il n'en est pas moins commode; tous les besoins y sont prévus, toutes les convenances y sont satisfaites. L'escalier est éclairé par une croisée latérale, ayant jour sur la grande cour, et par deux arcades ouvertes sur la petite cour. Celle-ci a été fort réduite, afin de donner aux étages supérieurs une nouvelle dépendance; nous l'avons rétablie dans son état primitif, à l'aide d'uu dessin de Peruzzi,. et d’après ce que nous avons tious-mème observé sur les lieux. - • ,
NOTICES HISTORIQUES
fioa-
Quant à la façade, il en est peu qui aient à ce degré le vrai type du palais romain; peu où l'harmonie générale ait été mieux comprise. On reconnaît partout la touche du maître à la division des étages, à la forme et à la proportion des fenêtres et de la porte, et juSqu'à leur espacement. Ce calme, cette convenance, cet accord partait, sont les signes de la science et de l'habileté de l’artiste.
Cette façade manque de couronnement: soit que la mort ait empè-, ché Peruzzi de compléter son œuvre; soit, comme il arrive si souvent au terme d'une construction, qu’ayant déjà excédé la dépense prévue, il ait cherché l’économie dans la suppression de l’éntahlement.
Le grand salon, comme l'indique le plan du premier étage, est éclairé par trois croisées. Ce salon étant élevé de deux hauteurs d’étage, les trois meazanines correspondantes lui donnent encore du jour.
Détails de la façade du /xdais Angelo- Massitni.
,5. Ces détails ont un caractère mâle et sévère ; ils sont tous dignes d’attention ; mais la porte et les fenêtres d’entrée du rez-de-chaussée méritent plus particulièrement d’être cités pour la beauté de leurs profils et l'heureux galbe des consoles. L’architecte trouvera un grand prolit à consulter souvent de pareils modèles.
Co tl/te générale sur le palais Angelo-Massinti et façades de la cour.
is. Les façades latérales de la cour de ce palais,, qui sont entièrement semblables, diffèrent essentiellement des autres, et ne s’y rattachent que par les bandeaux, les appuis et la corniche du couronnement; aux deux étages les ordres sont même supprimés.
KT CRITIÇUF.S.
Go3
Quant aux fabules de l’entrée et du fond de la cour, quoique disposées dans le même parti et de manière à présenter la même physionomie générale, il existe entre elles des différences tranchées. Si ces différences ne sont pas sensibles au rez-de-chaussée , où elles ne portent que sur la décoration du fond des portiques, elles sont Iteaucoup plus marquées au premier étage. Ici, en effet, on trouve sur une façade une loge à colonnes, et sur l'antre des pilastres correspondants , qui décorent un mur percé de fenêtres ; d’un côté une balustrade à jour, et à l'opposé un appui sans balustres. Au deuxième étage, du côté de l'entrée, un mur percé de croisées, avec une corniche de couronnement, tandis qu’au fond de la cour l’étage est supprimé et une simple balustrade se détache sur le ciel.
Il est douteux que Peruzzi ail élevé le second étage; car, au lieu de fenêtres, il a indiqué sur son dessin manuscrit des ouvertures oblongues de la largeur des entre-colonnements de la loge inférieure, ainsi qu’il l'a exécuté à l'étage correspondant du palais Pietro-Massimi.
La coupe générale fait connaître, outre La façade latérale de la cour, la décoration du grand salon *et celle de quelques autres salles; l’entrée de l'escalier; enfin le charmant motif qui orne le portique du rez-de-chaussée à l'extrémité de la cour.
Deux statues furent placées dans les niches de la façade latérale ; dans celle de gauche était la statue de Pyrrhus, qui avait fait donner le nom de Pirro au palais Angelo. Elle se trouve aujourd'hui au musée du Capitole, l,a statue qu’on voit à droite a été copiée sur celle que Peruzzi a indiquée sur son dessin manuscrit.
I,a décoration du fond de la loge du premier étage est aujourd’hui totalement renouvelée ; nous n'avons pas cru devoir indiquer les peintures modernes sur la façade de la cour du côté de l’entrée.
Pour remplacer les deux statues manquant au-dessus de la balustrade qui couronne la façade du fond de la cour, nous avons fait
NOTICES HISTOHIQI KS
choix de deux figures de bronze qui se trouvent dans les appartements du palais Pietro-Massimi.
/ ne île la cour t/n patois . litgcla- Massimi, prise sons te poilit/iie
ri entrée.
>*• Cette vue est d'un bel effet et rend compte de trois côtes de la cour. (vhioique simple et régulière, l'architecture en est pittoresque.
La niche décorant le dessous du portique, que l’on aperçoit au fond, présente un motif élégant, que nous avons cru devoir reproduire à part sur une échelle plus grande. On trouvera au bas de la planche le plan, la façade et la coupe de cette niche, et les mesures principales du portique lui-même.
Détails r/e ta cour du palais <4ngelo-\Iassinii.
»s- Si ces détails ne sont pas remarquables par leur originalité, ils. sont du moins d'un style ferme, TTun bon rapport et d'un caractère parfaitement convenable. C'est ce qu'on reconnaîtra comme nous, si l'on veut les examiner, en se rendant compte de la place qu'ils occupent aux divers étages.
NOTKS.
Dans le recueil de lettres publié par Botlari , et continué par Stefauo Ticozzi, on lit (page 47a du deuxième volume, édition de Milan, t8aa) une lettre d’Antonio Labarro adresser à Peruzzi, (pii faisait partie de la collection' Mariette, labareo envoie à Peruzzi le dessin des portes du Panthéon et de Saint-Adrien ; et sa lettre est écrite derrière ces dessins. Il lui fait part de son mariage avec une jeune Romaine, et le prie de lui envoyer un jeune homme tpii sache travailler les moulures, pour l'occupe» à raccommoder les portes et les croisées , seules choses
ET CIIIT1QIIES. C>o5
qu’un eût alors à faire à Rome. Il l’engage à en dire un mot à Iiorenzetto, qui peut -êt re lui trouvera quelqu'un.
Cette lettre, sous bien des rapports, est très-intéressante. Elle indique qu’à la lin de lîatt, c'est-à-dire un an après le sac de Rome, Peruzzi était encore loin db cette ville, et proliablcment à Sienne, ville où peut-être l’on trouvait de bons menuisiers. S’il est vrai que Domciiico Massimi mourut en 1 5 X 7 , ce furent alors ses fils qui firent rebâtir les deux palais; ce qui ne put avoir lieu avant 1 130, en considérant le temps nécessaire pour établir les plans et pour faire rentrer en grâce Peruzzi auprès de Clément VII, qui avait été offensé du refus de l’artiste de concourir au siège de Florence.
Iji lettre nous apprend encore que lorcnzctto, comme tant d'antres artistes, s’était éloigné de Rome et habitait la même ville qiu- Peruzzi.
Malgré les expressions de respect qu’on trouve dans cette lettre, 011 y reconnaît un ton de familiarité (pii montre que Labaeco n'était |>as considéré comme un simple menuisirr par Peruzzi.’ Celui-ci le chargeait de lui donner des renseignements sur quelques antiquités; et Lahacro justifiait sans doute cette confiance, puisqu’il publia lui-même un livre sur les antiquités. labaceo, élève d’ Antonio da Sangallo , exerçait encore quinze ans après la profession de menuisier, puisqu'on «546 il exécutait en bois le beau modèle de Saint-Pierre de Sangallo ; en z 548 il gravait lui-même en entier ce projet.
Basilique de S. M. Maggiure {Sainte-Marie-Majeure), dite basilit/ur Libcriana, avec ses dépendances.
la basilique de Sainte-Mari e-Majettre est une des pins importantes de Rome; elle vient en rang après la basilique de Saint-Pierre et celle de Saint-Jean-de-I aitran. Son nom provient de ce qu’elle fut une des premières et la principale église élevée dans Rome à la Vierge. Sa fondation remonte à une époque ancienne. F^es légendes rapportent qu’au tv* siècle, un riche Romain, nommé Jean, de Famille patricienne ( patricius , plusieurs auteurs ont fait de ce titre de noblesse un nom de famille), vit en songe la vierge Marie qui lui
fiofi
NOTICES HISTORIQUES
ordonnait de lui élever dans la ville une église, au lieu même où l'on trouverait le jour suivant de la neige fraîchement touillée. Il alla raconter cette apparition au pape I.iberius l", qui en avait eu une semblable. Ils apprirent qu'en effet, et malgré la chaleur excessive de la saison (on était alors au 5 août), il était tombé de la neige.sur le sommet du mont Esqttilin, près «le l’ancien temple de Junon Lncine- I.e pontife, se plaçant alors à la tète du clergé et du peuple, se rendit en pompe au lieu désigné et posa la première pierre d’une église qui fut construite aux frais du noble romain. Ce miracle de la neige, bien qu’il ne soit pas mentionné par les plus anciens auteurs qui parlent de la fondation de l’église par le pape lâberius, a cependant reçu l’approbation de plusieurs papes, et a même été confirmé par. une bulle de Grégoire XI et de Nicolas V. Aujourd'hui encore, en commémoration de ce miracle, le jour de la fête de la Vierge, des fleurs de jasmin sont jetées sur les assistants durant les cérémonies religieuses. On soulève, à cet effet, les caissons mobiles du soflite de la grande nef. Cette église prit d'abord le nom de basiiicn Liberianu, du nom du pape Liberius, par qui on croit qu’elle fut consacrée en 353 (i); elle était sous l’invocation de .V. M. ad Nives (Sainte- Maricaux-Neiges)\ puis elle fut désignée sous le titre de basUica Sixtirui, lorsqu’elle fut rebâtie, en 43a, par le pape Sixte III; plus tard sons celui de S. M. a/l Prtrsrpe, quand, au milieu du vu* siècle, on y déposa une partie de la crèche de l’enfant Jésus; enfin elle reçut au vin* siècle le nom de S. M. Afaggion-, qu’elle a conservé.
Sixte III, en 43a, fit reconstruire et agrandir l'église; en témoignage de la victoire remportée sur l’hérésie de Nestorius, il fit élever, devant la tribune et le presbytère, le grand arc dit /Ire triomphal, et exécuter en mosaïque sur la face intérieure (voyez planches 3oG et 307) plusieurs peintures représentant des faits du Nouveau Testait) Dans une dissertation sur Sainte- Marie. Majeure, lue à l'Academie d' Archéologie, le H mar» t8î5, et insérée dans les Actes de cette académie, Nicolas Ratti prouve toutefois quêta ron*é<*râHon n en fut failf (juf ver» la fin tle ^64 ou au commenoenienl tle 165.
ET CRITIQUES
Go"
ment. An sommet île l’arc on lit : Xisfus Episfnpus plein Dei. üii lui doit aussi les mosaïques qui sont sur les |>arois latérales de la grande nef; elles représentent plusieurs histoires de l'Ancien Testament (voyez planches 3o6 et ’îoy). Ces peintures, qui servirent au concile de Nieée à réfuter les erreurs des Iconoclastes, sont un monument précieux pour l'histoire comme pour les arts. On ignore le nom de leur auteur, qui pourrait être un peintre grec. Dagincourt prétend y retrouver des imitations des bas-reliefsde ta colonne Trajane; il reconnaît de l’analogie dans le style des figures comme dans la disposition des groupes.
En y3», Grégoire III ouvrit des jours au-dessus des colonnes, à l'instar de ceuxqu’on voyait à la basilique de Saint-Pierre. Il fit restaurer la toiture et renouveler six fermes île la charpente. — '■ En 774, Adrien I,r posa vingt fermes nouvelles. — En 818, Pascal I" reconstruisit l'abside et y transporta le presbytère, qu’il fit élever de onze gradins au-dessus de la nef, afin que le trône se trouvât convenablement éloigné du peuple dans les cérémonies sacrées. Anastase, qui vivait à cette époque, raconte qu’il orna l’église de marbres, qu’il renouvela le pavé, et enfin qn’il éleva six colonnes de porphyre devant la confession.
Depuis lors et jusqu'au milieu du xiT siècle, aucuns travaux importants ne furent exécutés dans la basilique; mais Eugène III, qui régna de 1 1 4 à 1 1 53, ajouta un portique de huit colonnes à la façade. C’est à la même époque que fut établi, aux frais de deux nobles romains, le beau pavé de la nef du milieu {opus vermicuiatum), avec incrustations de pierres dures.
Vers 11 Go, Alexandre 111 éleva au milieu de la basilique deux ambons pour y lirel’épitre et l’évangile, ornés de porphyre et d’autres marbres, et semblables à ceux qu'on voit encore à Saint-Laurent hors les murs (Voyez D et D’, planche 3 1 1) ; ils furent enlevés au temps de Grégoire XIII et de Sixte V.
En 1 a56, les deux autels situés de chaque côté de la grande nef, en
fa»# 1 NOTICES HISTORIQUES
face tin choeur, furent renouvelés, ainsi que leurs ciboires de marbre. 1,’nn (voyez planche 3og, et ci-contre un dessin de la face latérale
du même autel, pris dans l'ouvrage de l’ablié de’ Angelis), fut consacré à saint Grégoire par le sénat et le peuple romain, dont les noms pompen\, vaine formule d'une tradition morte, étaient rappelés dans l’inscription suivante, mise sur ce petit monument : Altare S. Gregorii qnod antiqnitus H. / . dicebatur, /'<•rit S. f‘. Q. R. Tabemaculum, seu ciborium R. / . ferit marmoreum S. P. Q. A.,- l'autre autel, dit des Reliques (voir planche 309), portait cette inscription : J ncobus Joanni Copocei et Vinia, u.ror ejus, fecrnmt fieri hoc opus pro rédemption* anima rum jtuarum ; anno Domini
Nicolas IV, qui fut pape de laHttà 1292, refit l’abside et l’agrandit notablement. C'est aussi à la fin du xmr siècle que furent exécutées, aux frais des cardinaux Jacques et Pierre Colonna, l’un oncle et' l’autre neveu : i° les peintures en mosaïque de la façade extérieure de l’ancien portique : elles ont été conservées dans la loge du portique actuel; 2“ celles de l’abside : elles sont figurées, ainsi que les précédentes, dans la planche 3 1 a ; 3" celles qui sont entre les quatre fenêtres ogivales, et dont l’auteur fut Gaddo Gaddi, le contemporain de Cimabue. Enfin c’est au même cardinal Jacques Colonna qu’est dû le pavé delà grande nef, au milieu duquel il repose.
A l’époque où nous sommes arrivés, la basilique, changeant de forme à l’intérieur, se rapprocha de la disposition des églises no-
der ues. Le premier changement. fut opéré clans le choeur; les cardinaux Colonna le transportèrent de la nef dans le presbytère. Bientôt on vit les. chajielies se multiplier k tel point, que la famille seule des. Colonna en possédait aux quatre angles de la basilique.
En t 'ijô, Grégoire XL, à son retour d'Avignon, fit bâtir sur la façade principale un clocher qui est aujourd'hui le plus élevé de la ville.
I<e cardinal français Guillaume d’Estouteville, a rvhi prêtre de la basilique, mort a Home en i4H3, construisit une chapelle qu'il décora de marbres et de peintures, éleva le ciboire du maître-autel (voir planche 3 1 1 ) et ouvrit deux portes latérales près de la tribune; on lui doit encore la construction de la voûte en avant de l’abside et celle des voûtes des nefs latérales. -,
Alexandre VI, qui avait aussi été arcbiprêtre de la basilique et qui occupa le trône pontifical de i4<>a k 1 >o3, fit exécuter, dit-on, par Giuliano da Sangallo, le beau softite de la grande nef, déjà commencé par son oncle Calixte III ; on prétend que ce sofïite fut doré avec le premier or venu d'Amérique, offert en l'honneur de la Vierge par le roi d’Espagne Ferdinaud et par sa femme Isabelle.
Il faut croire que les barbares qui saccagèrent Home en 1 b-i~ ne causèrent pas k la splendide basilique des pertes sensibles; du moins l’histoire n’en a pas signalé. On sait seulement, qu'ils dépouillèrent de ses pierres précieuses le cadre d'une image de la Vierge, dont la peinture était attribuée k saint Luc.
Quelques années plus tard, plusieurs chapelles furent construites par des cardinaux archiprètres et par d'autres personnages illustres. Nous citerons la chapelle Sforza, commencée en 1060 par le cardinal Guido Ascanio, sur les dessins de Michel- Ange, et terminée parle cardinal Alexandre, son frère, sous la direction de Giacomo délia Porta.
Vers i565, le cardinal Frédéric Cesi fit construire une chapelle assez considérable par Martino Lunghi le Vieux. Fille appartient aujourd'hui k la. famille Massimi, ", .
NOTICES HISTORIQUES
Kn i5“4. le cardinal Montalto, depuis Sixte V, éleva un tombeau d’une belle et somptueuse apparence au pape Nicolas IV, sur les dessins de Domenico Fontana; ce tombeau fut d'abord placé à gauche et à l’entrée du chœur.
En i575, Grégoire XIII renouvela l’ancien portique extérieur, élevé par F.ugène III, et ouvrit la rue qui conduit à Saint-Jean-del,atran. Ces deux faits sont attestés par l’inscription qu’on voit encastrée dans le mur de l’atrium de la sacristie :
GREGORIUS XIII. PONT. MAX. ECGEMI I.ABENTEM PORTICUM DEJKÇ1T, ET MACNIPICENTILS RESTITIIT.
VI AM AI» LATKRAIU'M APKRtUT ANWO JURILEI MDLXXV.
Vers la fin du règne de ce pontife et au commencement de celui de Sixte V, des travaux intérieurs furent exécutés ; les ambons furent enlevés, mais on laissa subsister l'ancien presbytère, le maître-autel et les deux ciboires.
Vers 1 585, le cardinal Montalto, peu de mois avant d’être élevé au pontificat, commença une vaste et magnifique chapelle, sur les plans de Domenico Fontana, pour y recevoir la crèche du Christ, qui, en 64a ou peu après, avait été trans|»ortée à Kome et placée dans l’église par le pape Théodore, natif de Jérusalem; cette chapelle est nommée del Prcsejx; (de la Crèche), ou bien encore chapelle Sixtine, du nom de son fondateur. Pour lui donner une entrée plus imposante, l’architecte ouvrit une arcade dans la grande nef et sur l’axe de la chapelle, ce qui l'obligea, pour la svmétrie, à répéter la même ouverture du côté opposé. Évidemment ce parti fut une faute, et une faute d'autant moins excusable qu'on s'aperçoit que le changement fut surtout exécuté dans un intérêt privé et pour faire valoir une création nouvelle, d’une beauté incontestable sans doute, mais en sacrifiant l'unité et l'harmonie du monument principal à un détail, à un simple accessoire.
BT CRITIQUES.
Ku 1187, le pape Sixte V fit élever, |wr le même Domeniro Fontana, l’obélisque qui gisait pris du mausolée d’Auguste. Il fut posé dans l’axe de l’église, et derrière l’abside, sur une plareqoe Sixte V avait fait aplanir. La longue et belle rue Felicc, qui partant de là se prolonge jusqu'au Pincio, fut ouverte en cette circonstance.
F.11 1 5;iç), le cardinal Pinelli, voulant de son vivant se préparer un tombeau, fît établir sous le maître-autel une chapelle souterraine, qu'il orna avec magnificence. Il fit exécuter à la même époque les peintures à fresque de la voûte du chœur, construite par le cardinal d’Estouteville. Ces fresques représentent les quatre évangélistes, et aux angles quatre saints docteurs : Augustin, Grégoire le Grand, Jérôme et Ambroise. Elles sont de Paris Nogari et de Gio. Kattista Ricci. Quant aux peintures adossées au grand arc de Sixte III, elles sont antérieures, et l'œuvre d’artistes dont on ignore le nom.
Ce même cardinal Pinelli fit restaurer les peintures en mosaïque de la grande nef, exécutées ou temps de Sixte III ; celles qu'on trouva complètement dégradées fuient remplacées pardes peinturesà fresque imitant la mosaïque.
En 161 1, sixième année de son pontificat, Paul V résolut d’élever une chapelle destinée, non-seulement à recevoir la figure de la Vierge, peinture précieuse attribuée à saint Luc, mais encore à lui servir à lui-même de lieu de sépulture. Fin confiant la direction des travaux à l’habile architecte Flaminio Ponxio, il .lui enjoignit de ne songer qu'à la Wauté de l’œuvre à exécuter, sans s’inquiéter delà dé|>en.se. Deux années suffirent pour achever cette chapelle, remarquable par la richesse des matériaux, la l>eautédes marbres et l’élégance exquise des ornements. Paul V, après l’avoir consacrée, le 37 janvier t6i3, y transporta en procession solennelle l'image miraculeuse de la Vierge, qui, enchâssée dans l’or et ornée de pierres précieuses, fut placée sur l’autel. Les bâtiments dépendant de cette chapelle, qui, d’après les noms du pape, fut appelée Pauline et Borghèse, comprennent la sacristie et les logements, soit du sacristain, soit des
NOTICES HlSTORIQl r.s
fiia
ministres attachés à la garde ou an service du lieu. Paul V assigna un revenu annuel pour l'entretien et pour le service de la ch;q>elle, afin d’y maintenir le eollége des prêtres bénéficiers devant chaque jour y officier, ou un certain nombre de. musiciens qui , le mardi , étaient tenus «l’y chanter les litanies. . •
I.e même pape ne borna pas là ses travaux : il chargea Flaminio Ponzio de lui produire un plan pour la façade postérieure de l’église et comprenant l'abside (voyez, le bas de la planche 3o4). Une partie des constructions, celles qui enveloppent la chapelle Pauline; furent exécutées ; mais elles s’arrêtèrent à la porte de la faç ade postérieure qui donne entrée à l’un des bas côtés de l’église. Sur un antre point, il fit construire par le même architecte, à la suite du portique de la façade principale de l’église, un grand corps de bâtiment comprenant la sacristie avec toutes ses dépendances et le chœur d’hiver. I n bâtiment semblable, destiné à contenir des logements pour les chanoines, fut projeté pour l’autre côté, mais ne fut pas exécuté. Enfin Paul V, en i6t4, fit élever sur un jnédestal, par Carlo Maderno (t), une colonne prise dans les ruines de la basilique de Constantin. Cette colonne, dont nous parlerons plus bas, forme un bel ornement pour la place qui précède l’église.
lies travaux aussi considérables méritaient de la reconnaissance : aussi le chapitre de Sainte-Marie- Majeure éleva-t-il à Paul V une • statue de bronze , qui le représente donnant la bénédiction au peuple; elle se voit aujourd’hui dans le vestibule attenant au baptistère.
En 1671, Clément X fit ériger à (dément IX un tombeau d’une
(i) On doit' s'étonner que Flaminio Ponfcio, qui avait dirigé avec tant de sucrés les travaux entrepris k la basilique par Paul V, n’ait pas été- charge de l'érection de celte colonne. En on le voit «chevet la belle chapelle Borghèse, et en i6»4 U cesse de paraître, liés lpr> il est à peu près certain qu’il mourut en l6i3. On sait, du reste, que cet éminent architecte vécut quarante-cinq ans, ce (pii fixe la date de sa unissant** à i568, date jusqu'ici restée incertaine, ’
ET CRITIQIICS.
<Jt3
disposition entièrement semblable à relui ({ne Doinenien Foutana avait exécuté pour .Nicolas IV; il fut plaeé dans le chœur, en face de celui-ci. Carlo Rainaidi en fut l’architecte.
Vers 167a, le même Clément X fit poursuivre la façade postérieure, laissée inachevée par Flaminio Ponzio. Carlo Rainaidi, chargé de ce travail, se conforma à l’ordonnance suivie par le premier architecte; mai» il changea complètement le motif de cette façade. -
Vers j~4 o, le cardinal Francesco Negroni commença sur la façade principale, tournée vers la rue de Saint-Jean-de-Intran, ouverte par Grégoire XIII, un bâtiment destiné à l'usage du cardinal archiprètre et du chapitre, et qui devait répéter celui de la sacristie; mais il le laissa inachevé. • j
• En. 1743, Renoît XIV entreprit une restauration complète de la basilique. Il abaissa le presbytère, agrandit et renouvela l’autel de la confession, au-dessus duquel il plaça un riche baldaquin; il lit installer des orgues et établir des stalles pour les chanoines. Dans les nets, il découvrit et répara l’ancien et beau pavé, qu’on avait recouvert d'un pavé grossier. Il renouvela les bases et les chapiteaux des colonnes, qui furent posées sur un socle; des pilastres de marbre furent ajoutés sur le mur des bas côtés, afin' de répéter l’ordonnance des colonnes, et les voûtes au-dessus furent ornées de stucs dorés. Il refit la toiture de la grande nef et toutes les peinturas ; les stucs et les dorures en furent réparés ou renouvelés. Enfin les deux tombeaux île Nicolas IV et de Clément IX, ouvrages déjà mentionnés de Domenico Fontana et de Carlo Rainaidi, furent ajustés symétriquement en face l’un de l’autre, à l’entrée de la grande nef, ce qui produisit un très-bel effet (voyez la planche 3oG). A l’extérieur, le portique dç la façade principale, bâti par Eugène III, fut démoli et. remplacé par une nouvelle façade en travertin, où les colonnes du portique précédent furent utilisées. Une loge commodément disposée pour la l>énëdiction papale fut construite au premier étage, et l’intéressante
NOTICES HISTORIQUES
fil 4
mosaïque due au cardinal Pierre Colonna fut conservée au fond de cette loge. Enfin Benoit XIV' compléta la façade principale, en achevant le bâtiment en aile à gauche, commencé par le cardinal Francesco Negroni. Tous ces travaux furent très-habilement dirigés par l'architecte Ferdinando Fuga (i).
I a*s pontifes qui ont succédé à Benoit XIV n’ont fait à la basilique Saintc-Marie-Majenre aucune innovation importante. Ils se sont bornés à quelques restaurations partielles ou à lni offrir quelques riches présents.
En i8a5, Léon XII transforma en baptistère une chapelle consacrée à l’Assomption, et qui servait aux chanoines de chœur d’hiver, il la fit décorer de marbres, de stucs et de dorures, et fermer par des grilles élégantes et des balustrades. Un beau bassin de porphyre, provenant du musée du Vatican, fut par ses ordres destiné à servir de fonts baptismaux et placé au centre de la chapelle. Ces nouvelles dispositions furent exécutées sur les dessins de l’architecte Giuseppe Valadier.
Depuis lors l’église n'a subi aucuns changements; on peut ajouter seulement que tout y est maintenu dans un bel état de conservation. ' ,
i) llru* inscription*, placées, l'une sur la porte principale du milieu, et l'autre sur la cinquième et dernière, qui se trouvent l'une et l'autre snus le portique, relatent avec détail tous ces travaux du pontife. Voici le texte de ces deux inscriptions ;
KUHCtO UV..ro»T. *A\.
QCflft LIBER tUTATF. OPT1VI rMftClPI- U SERIA ME Htftll.ico. MONTF*
* a n wvacxm ere\erit
IMPOSim blI.NIS OUimiT
tonnera mnnu.iin
MUBtM* COWNHÏIRl R AERE*
A *ILU AATKIIMUT * % .
EXTERIURF.S CRAMi*
ID WCittiAV ABSIDIS PUTOI BEPAJUV EWT TCCTW ' I Tl STATE. OOHItma lUlttlfAIV I r.lMTUH ET r.VNOKia ■L’IJElCEJmsS. «wx,
(LVEMaiH IIV. PO-VT. VAX.
UREMANI TPtFI I FftoMm ET EMtTKtl « BAAC UPinifilKM EXCtTAVIT A.TTO «PCiAllll.
tOMIIK.AU* fit I III. .
HT CRITIQUES
Plan général de la Imsilùiur.
Pour qu'on puisse se rendre compte des changements et des travaux exécutés successivement dans la basilique, et dont nous venons
de tracer l’histoire, il est à propos de produire ici le plan du monument, lorsqu’il conservait encore une partie des dispositions que les restaurations modernes ont fait disparaître. Sur ce plan - on reconnaît que les colonnes qui séparent les nefs sont toutes régulièrement espacées; (pie l'abside primitive existe, ainsi que l’autel de In confession ; enfin les deux ciboires et les deux pupitres, ou ambons, se voient en avant du chœur. I«s deux portes de chaque côté de l’abside ne sont pas encore omettes à l’extrémité 'des bas côtés, et les deux splendides chapelles de Sixte V et de Paul V ne sont pas élevées; mais une foule de chapelles garnissent le pourtour de l'église; enfin l’on distingue parfaitement ici le portique d'Eugène If I avec ses colonnes accouplées.
Examinons maintenant, au point devue.de l’art, le plan actuel de la basilique (voir la planche 3o4), et entrons dans quelques détails. Ce plan ne présente aucun caractère d’originalité; on y retrouve encore les principaux traits de la basilique primitive; il consisté principalement en deux longues files de colonnes, aboutissant à un mur cintré, et séparant en parties symétriques une vaste enceinte couverte. Cette disposition, qui semble conçue sans efforts, n’a pas
<>l() NOTICES HISTORIQUES
cesse d’être répétée, parce qu’elle est d’une éternelle beauté et d'un merveilleux effet, comme on en peut juger d'après la vue de l’intérieur (planche 3oC). Ce qu’il v a de plus important et de plus remarquable dans les autres combinaisons, ce sont les deux grandes chapelles de Paul \ et de Sixte V : situées de chaque côté des nefs, en pendant l’une de l'autre, et formant comme les hrasde la croix, elles se rattachent assez bien à l'ensemble. Quant aux autres chapelles et aux divers lwtiments venant à leur suite, leurs formes bizarres et décousues ne révèlent que trop la plus complète imprévoyance et l’absence d’un plan général arrêté dès l’origine.
Le vestibule a, qui remplace le portique d’Eugène III, est peu étendu ; mais la disposition et la proportion en sont louables. En tare et au fond se présentent cinq portes, dont les trois du centre donnent entrée à la grande nef. La petite porte murée, la première à gauche, est la /toile sainte, qu'on ouvre seulement au temps de jubilé; celle de droite conduit au clocher. Dans la grande niche située à l’extrémité du vestibule, vers la droite, est placée la statue de bronze de Philippe IV, roi d’Espagne, qui fil de riches présents à la basilique. A l’autre extrémité du vestibule, et en face de cette statue, est l’entrée du grand escalier h, qui conduit à la loge de la bénédiction papale. Ce vestibule et l'escalier sont l’œuvre de Ferdinando Fuga.
En entrant dans la grande nef, on voit, à droite, adossé au mur du clocher, le tombeau de Clément IX, et en face, du côté gauche, celui de Nicolas IV ; au fond, le grand autel de la confession / ; sur la droite, vers l’entrée, on rencontre les bâtiments élevés par Flaminio Ponzio : d’abord l’ancien chœur d'été des chanoines, transformé en baptistère d par Giuseppe Valadier; puis la sacristie c et ses dépendances c', meublées d’armoires fort belles et où la voûte est enrichie de fresques estimées. Au-dessus ont été distribués des logements pour les chanoines. Au delà du baptistère, le petit vestibule./ contient la statue en bronze de Paid Y, déjà mentionnée; plus loin
ET CRITIQUES
sont la grande et liclle chapelle «le Sixte V /«, et la petite sacristie attenante K , que construisit Domenieo Fontana. En face, et de l'autre côté «le l’église, la magnifupie chapelle de Paul V / et ses dépendances f, dues à l'habileté de Flaminio Ponzio.
La chapelle voisine »«, qui sert aujourd'hui de choeur aux chanoines, est la chapelle Sforza. Elle fut commencée, sur les dessins de Michel-Ange, par le cardinal Guido Aseanio Sforza, qui mourut, ainsi que .Michel-Ange, en 1 56/J- Le cardinal Alessandro Sforza Ht ensuite achever cette chapelle, sous la direction de Giacomo délia Pi>rta. I.es tombeaux des deux frères Guido Aseanio et Alessandro Sforza se voient, en face l’un de l’autre, dans les deux parties cintrées de cette chapelle. La forme de celle-ci est bizarre, et l’ordonnance corinthienne de mauvais goût.
Enfin la dernière chapelle à citer de ce côté est la chapelle Cesi « ; elle appartient aujourd'hui aux Massimi, marquis et ducs de Rignano. I.a forme en est oblongue et régulière et l’ordonnance corinthienne; une lanterne située à la voûte et trois croisées servent à l’éclairer. Sur les parois latérales sont placés deux tombeaux, orn«*s «le colonnes corinthiennes; celui de droite fut élevé au cardinal Frédéric Cesi, en i56;>, et l’autre au cardinal Paul Cesi, mort en 1537. Les' statues sont de bronze et de la main de Guglielmo délia P«>rta.
las pavé de la grande nef fut exécuté en mosairpte à la lin «lu xn* siècle; le dessin en est varié et riche. Le |»vé des petites nefs est composé de dalles de marbre et date de 17.VL époque de la dernière restauration.
Flaminio Ponzio, «pii exécuta dans la basilique des travaux si importants, avait projeté pour la façade postérieure deux porti«|ues assez bien ajustés, aboutissant aux «leux nefs latérales, et devant servir d'abri à ceux qui entraient ou sortaient de l’église. Il 11e changeait en rien la disposition du chœur. Un beau perron rectangulaire précédait la fat;ade. Une partie seulement de ce plan a été ex*;cutée, comme 011 peut le voir au bas «le la présente planche 3oj , où est
NOTICES HISTORIQUES
représenté ce projet de Flaminio Ponzio, qui mérite d'attirer l’attention.
lairenzo Bernini lit également tin projet pour Paclicvement de cette même façade postérieure. Peut-être le fit-il en c; ncurrençe avec Carlo Hainaldi? Le plan de ce dernier fut sans doute préféré comme le moins dispendieux. Celui de Bernini était mieux étudié, mieux entendu et d'un plus Bel effet; mais il avait le tort, en agrandissant l’abside, d'entraîner la destruction des antiques mosaïques de la tribune, qu'il aurait dû respecter. On pourra comparer les deux projets réunis sur la même planche, celui de Rainaldi à gauche, et à droite celui de Bernini.
Basilique de S. M. Maggiore. / urs de la façade pnucijxdr rl de la façade /wstrriruir.
». La façade principale de l'église n’a en elle-même aucune valetrr architecturale; mais elle est d’un aspect assez pittoresque, et elle le doit aux monuments qui composent avec elle un pompeux ensemble: Fuga, qui a construit le portique et terminé le pavillon de gauche, a visé à l’effet en multipliant les ressauts et les frontons; malgré tous ses efforts, son but n’a pas été atteint, et son œuvre ne mérite même pas une critique détaillée, tant elle est dépourvue d'intérêt. L'artiste cependant, comme il l'a prouvé à l’intérieur de l'église et dans la disposition de plusieurs plans d'édifices, possédait un talent véritable; il s'est égaré en cette circonstance. Son portique à deux étages remplace celui d’Eugène III, composé d'un seul étage et formé de huit colonnes accouplées, quatre de granit rouge et quatre de granit gris, qu’il a su utiliser dans sa construction. Au-dessus de l'ancien portique était placée la mosaïque du cardinal Pierre Colonna, (pie Fuga a eu le bon esprit de Conserver au fond de la loge de la bénédiction.
UT CHITIQI'ES. (j|C)
\m gravure placée ci-dessous sera examinée avec intérêt. Elle donne, d'après Israël Silvestrc (né en iCai et mort en iligi), l’aspeel du portique d'Eugène 111 et de l’ajustement de la mosaïque plaeée audessus, tel qu’il existait avant les changements opérés par Fuga sous Hennit XIV.
Ia> pavillon de droite, contenant la sacristie et des logements à l'usage des desservants de l'église, et qui fut construit par Flaminin Ponzio, n’offre rien de remarquable dans son architecture. I,a niasse en est lourde et ne s'harmonisait pas, quant aux détails, avec, le vieux portique d’Eugène III. Cependant il faut reconnaître que Ponzio, dont l’intention était de conserver le vieux portique, était parvenu à le faire valoir, à l’accuser davantage, en lui opposant deux avant-
NOTICES HISTORIQUES
corps qui l'encadraient et donnaient du mouvement et du pittoresque à cette façade. Fuga, au contraire, a été mal inspiré quand il a supprimé l’ancienne façade pour en substituer une nouvelle, malheureusement en saillie sur les pavillons de Ponzio, «lotit il achevait celui de gauche; en effet, non-seulement le nouveau portique est entaché de détails de mauvais goût et de ressauts multipliés; niais, ce «|ui est plus regrettable : sa liaison avec les bâtiments voisins est mal combinée, et de telle sorte qu’aujourd'hui la partie du milieu est beaucoup moins accusée que dans le projet anterieur. Cette restauration vicieuse reçut cependant les applaudissements des contemporains. Cela ne peut servir à excuser l'erreur de l’architecte. Fuga, en effet, nous le répétons, tâta it un artiste de valeur; mais il partagea, peut-être par faiblesse, l’aveuglement de son siècle, dont le goût était égare, et ne trouva en lui ni une foi assez robuste, ni des principes assez arrêtés pour résister à l’entraînement de la mode.
La façade tout entière, à l'exception des huit colonnes en granit, est construite en travertin.
■ .Nous avons déjà dit que le «'locher, ou tour carrée, qu’on distingue sur la même vue (planche 3o5) et qui domine tous les bâtiments, date de l’année t3j6 et fut élevé par Grégoire XI, à son retour d’Avignon. On peut remarquer que le système ogival apparaît d’une manière tranchée dans les fenêtres du bas du clocher; il est associé au système du plein-cintre, «pii se reproduit dans les fenêtres supérieures. •
Quant aux deux coupoles, «]u’on aper«;oit sur un plan plus éloigné, •elles appartiennent aux chapelles de Sixte V et de Paul V’.
Enfin la colonne isolée et cannelée, de marbre grec, qu'on voit en avant de l’édifice, fut extraite des ruines du monument antique désigné sous le nom de temple de la Paix ou sous celui de basilique de Constantin ; elle y soutenait la grande voûte, et elle était seule restée debout, comme on peut le voir dans mie ancienne gravure, assez
KT CRITIOIKS.
l’are, dont cette page roiitient une reproduction ilans des proportions réduites.
Carlo Maderuo fut chargé par Paul V, en i <»i 4 , d’élever cette
colonne sur la place S. M. Maggiore. Il l'établit sur un piédestal, avec luise, chapiteau et un entablement qu’il couronna d'une statue de la Vierge, exécutée en bronze par le sculpteur français Guillaume liertolet. Enfin une fontaine, se rattachant au socle du piédestal, lut placée en avant de celui -ci. lui colonne, compris la hascet le chapiteau, a rVt pieds l /a (iy'",0o3) de hauteur, et Je monument entier, y compris la statue , l 3o pieds (4«nl,3‘ay).
I.a façade postérieure, qu'on voit au bas de la même page,, est bâtie sur le sommet du mont Esquilin et se trouve dans une situation très-favorable ; non-seulement elle est parfaitement isolée, mais elle est précédée d une place en pente et placée à l'extrémité d’une trèslongue rue, la vin Fclicc. Elle est tout entière exécutée en travertin. Son architecture n'a, il est vrai, rien de remarquable; mais les lignes ont beaucoup île mouvement, et la proportion de 1 ordre et de 1 attique sont dignes d’éloges. Ces deux coupoles, appartenant aux chapelles de Sixte V et de Paul V, qui s'apercevaient déjà dans la vue
NOTICES HI&TOHIQUBS
Ça»
de la façade principale, prennent ici toute leur importance; le clocher, au contraire, paraît abaissé par l'effet de la perspective et de son éloignement. Tonte la partie de la façade, située à droite, qui correspond à la coupole de Paul V, fut bâtie en 1611 par Flaminio Pônzio; tandis que la partie centrale qui enveloppe l’abside et toute la partie de gauche ont été construites, en 1 <!"'!, par Carlo Kainaldi, au temps de Clément X. Des signes particuliers, empruntés aux armes des deux papes, et qui se remarquent dans les chapiteaux, servent à distinguer l'oeuvre de chaque architecte. Ainsi, à droite est l'aigle, exprimant le règne de Paul V, et à gauche l’étoile, indiquant celui de Clément X.
I, 'obélisque, qu’on voit à mi-côte dans l’axe de cette façade, et qui lut érigé en t588 par Sixte V, ajoute à l'effet et au pittoresque de l’ensemble. Cet obélisque, sans hiéroglyphes et brisé en plusieurs morceaux, avait, dit-011, appartenu, au mausolée d’Auguste et gisait à terre dans la rue di Ripetta. Domenico Pontana, chargé de la direction des travaux, le restaura, remplaça la pointe qui manquait par un couronnement de bronze représentant les emblèmes des collines de Rome, surmontés d’une étoile et d’une croix, et posa 'cette aiguille ainsi restaurée sur un piédestal, après avoir fait aplanir le sol, auparavant inégal. La hauteur de l’obélisque, y compris le piédestal , est de 63 pieds (2om,4bô).
PLANCHE 30f».
Bits die/ ne de S. M. Maggiare. / ne générale île f intérieur, /irise de l’extrémité de In grandi • nef, à gauche, /nés de l’autel.
lorsqu’on pénètre à l’intérieur de cette basilique célèbre, on éprouve une vive impression en voyant la vaste étendue de son enceinte, l’éclat des marbres et des dorures, et la richesse des matériaux. Toutefois cette impression dp magnificence serait fugitive, si
Kl CRITIQUES.
I on ne trouvait, alliées à cette richesse, des conditions de beauté bien plus essentielles dans un ouvrage d'art.
L'effet monumental et grandiose de cet intérieur tient à la riche . et belle harmonie qui règne dans les principaux éléments de son architecture; dans cette longue file de colonnes qui, exposées à la vive lumière de la grande nef, se détachent sur les demi-teintes des petites nefs; dans cette suite de pilastres d’une proportion si heureuse au premier étage, et dont la forme contraste si bien avec les colonnes du rez-de-chaussée ; dans le magnifique soffite qui complète l’ensemble. Partout il y a lieu d’admirer la justesse des mesures dans les ordres comme dans les divisions du plafond, et l’adresse avec laquelle sont faites les répartitions. Il faut encore mentionner, an fond de l’église, le baldaquin du maître-autel, recommandable |>our sa masse et par sa disposition. Les quatre croisées du fond répandent dans l'abside un jour assez éclatant, qui fait ressortir .avec netteté et vigueur le dessin de cet autel isolé.
Les deux tombeaux réguliers et d'un noble aspect, placés à l'entrée de l’église, jettent sans doute de la magnificence sur le point qu'ils occupent ; mais ils usurpent la place d’un entre-colonncment de chaque côté de la nef. Primitivement ils étaient en face l’un de l’autre, à l'entrée du choeur; bien que cette situation fût plus favorable sous le rapport de l’ajustement, on les aura vraisemblablement déplacés, parce qu’ils gênaient pour l'arrangement des stalles.
Si les deux grandes arcades ouvertes de chaque côté dans l/t nef, vers l'extrémité de la colonnade, accusent bien l’entrée des deux chapelles de Sixte V et de Paul V, elles sont toutefois regrettables, parce qu'elles discontinuent la symétrie des entre-colonnements égaux, et surtout parce qu’en interrompant l’entablement elles détruisent l'unité.
lies belles colonnes de la grande nef proviennent de l’ancien temple de Junon Lucine, qui existait près de là; trente-huit sont en marbre blanc, et quatre en granit gris. Celles-ci sont placées
NOTICES HISTORIQUES
fia/l
au-dessous des deux arcs latéraux de la grande nef, dont nous venons de parler.
. Une partie des moulures de l’architrave et de la cornielie de l'ordre du rez-de-chaussée sont doives. La frise est exécutée en mosaïque et présente des couleurs variées. Quant aux pilastres qui, dans les nefs latérales, correspondent aux colonnes ioniques, ils sont de marbre blanc. Quelques moulures des chapiteaux, de l’architrave et des voûtes sont dorées.
l,es pilastres corinthiens du second ordre sont formés de stuc; leurs bases, cannelures et chapiteaux sont dorés, ainsi que plusieurs moulures de l'architrave et les ornements de la frise.
Au premier étage les trumeaux sont décores de peintures à fresque, représentant les principaux faits du Nouveau-Testament. Au-dessous de ces fresques et de l'appui des croisées sont disposées les mosaïques de Sixte III, où sont reproduites plusieurs histoires de l’Ancien et du Nouveau Testament. La plupart des moulures des divers tableaux et <les bandeaux qui les séparent sont dorées.
la; beau et riche soflite qui couvre la grande nef est exécuté en bois; les moulures et les ornements en sont dorés, mais le fond du caisson est en grisaille; avant la restauration de Benoit Xl\ ce fond était azur.
L’autel principal a été renouvelé par Ferdinando Fuga. L’architecte y a fait un heureux emploi des quatre colonnes de porphyre de l’ancien autel du cardinal de Rouen, Guillaume d’Kstouteville (voir ci-dessus, page (îog). Nous pensons qu’il eût fait preme d’un meilleur esprit en se bornant à restaurer cet objet d’art ayant la consécration du temps. La base des colonnes, leurs chapiteaux et les palmes en spirale qui enroulent le fut du nouvel autel sont de bronze doré. I,es piédestaux sont en marbre blanc, et des tables «le vert antique y sont incrustées. Les moulures des encadrements et les armes pontificales sont en bronze doré;- il en est de même des moulures et des ornements de l’entablement, qui est en vert anti-
ET CRITIQt’ES.
üa5
que. La partie située sous la comiche et formant la pente du baldaquin est exécutée en bronze doré; elle est ornée de tètes de chérubins encadrées entre des palmes pendantes, que séparent des glands. Au-dessus de l’entablement et des quatre colonnes sont placées quatre statues d'anges en marbre blanc, dont les draperies sont en bronze doré. Enfin le couronnement donné à cet ensemble se compose de l’ajustement d’une tiare et de deux clefs en croix, que surmontent deux figures ailées supportant une couronne royale , du milieu de laquelle s’élèvent deux palmes et une croix. Tonte cette partie supérieure du Italdaquin, ainsi que la voûte qui la supporte, est exécutée en bois doré.
La table ou soubassement de l’autel est formé d’une urne d’un porphyre très-rare, soutenue par des consoles avec griffes de lion en bronze doré. Le socle est eu marbre blanc et noir antique, ainsi que la tablette supérieure, qui est supportée dans les angles par quatre petites statues d’anges en bronze doré. On monte à l'autel au moyen de trois marches en jaune de Sienne. La balustrade qui ferme le chœur est composée de marbres rares; au milieu est une sorte de petite confession où reposent les reliques de l'apôtre saint Matthias. Le pavé de la grande nef est exécuté en opus vermiculatum ou mosaïques de pierres de couleur, et date du xn' siècle. Dans les petites nefs le pavé est en dalles de marbre blanc, avec encadrements en marbre gris nommé bardig/io.
Il nous reste encore à examiner les deux tombeaux placés à l’entrée de la basilique, et dont nous avons déjà parlé, ci-dessus (pages 610, 611 et 6i3).
A gauche est le tombeau de Nicolas IV; il fut érigé par le cardinal Montalto , depuis pape sous le nom de Sixte V; Domenico Fontana en fournit le dessin. Ce monument se recommande par la bonne proportion de sa masse et par l’heureuse distribution de ses parties. Dans la niche du milieu le pape, revêtu de ses habits pontificaux, est représenté assis. I^s statues de la Justice et de la Vérité.
NOTICES HISTORIQUE
fia<>
avec leurs attributs, sont placées dans les. niches latérales. Sur le .socle de la statue du pape est gravée cette inscription :
Au-dessous de cette première inscription, une seconde relate le?» actions et les vertus du pontife défunt. Mlle est ainsi conçue :
NIÇOLAVS. IV. OBU1NKM MINOU. PROPKSSUS. PHILOSOPHAS. ET THEO LOCHS EU REGI HS CONSTANTINOPOL1M A GREGORIO X >1 ISSUS GRAECOS AD II. E- COM >| UNION EM. TARTAROS Al) PIDKM RKDUX1T. POST S. BONAVENTUR AM . GENERALES SANCT1TATP. ET DOCTRINA ORD. PROPAGAVIT. NICOl.Al III,
N VN Cl VS INTER PHANCO|t\ M ET CASTELLAE RRGES PACF.M CONCI I.l AMT. SANCTAE POTBNTIANAE CARDIN ALIS I.EGATVS IIONORII IV. IN GALLlAll SKNATORlAM P. R. DIGMTATRM SEDI APOSTOLICAE RESTITV1T. FACTV8 PONT1FEX. II EM P. SVBI.ATIs DISCORDIIS COMPOSVIT. CHRISTlANOS PRINCIPES SACItO FOEDERE IVNXIT. PTOI.EMAIDEM COI’IIS ADIVVIT PLAM1MAM IN PONTIFICIS ITER’v M DITION'EM REDEGIT. PABBLICVM |\ MONTE PESSVLANO C.YMN ASIVM INSTITVIT. l'ROBOS ET KRVDITOS IN COGNATORVM LOCO TANTVM HaBVIT. LATERANEN. ET HANC BASILICAM, STRVCTVRIS ET OPIBVS AVXIT. TANDEM JVSTITIA ET RELIGIONS OBBEM TERRA K MÔDERATVS MAGNA SANCTITATIS OPINIONE OBIIT PRID. NON.
A P lll I.l -S MCCI.XXXXII. PONTIFICATVS svi ANNO a. i
Le tombeau, placé en face du précédent, en est une répétition, quant à la masse et aux lignes d'architecture. Il fut élevé à la mémoire de Clément 1\ par le pape Clément \ , et sur le dessin de Carlo Kainaldi. On doit savoir gré à cet architecte d'axoir eu la sagesse de répéter l'ensemble du monument dont il était appelé à
NICOLAO IV ASCULANO IM CB NO
pont. max. et m in negLf.ctu dii
SEPULCRO PERE I.ATUISSET