‹ Èdifices de Rome moderne, ou Recueil des palais, maisons, èglises, couvents, et et autres monuments publics et particuliers les plus remarquables de la ville de Rome dessinès, mesurès et publièsChapitre 65 sur 104 · Partie construite du palais de Céveque de Cervia, via de’ Banclii · texte numérisé non relu

Partie construite du palais de Céveque de Cervia, via de’ Banclii

v. j7. Cette partie de constructions, quoique peu avancées, frappent tous ceux qui viennent à Rome y chercher des sujets d’étude. On y reconnaît la main d’un maître, et les beaux détails signalent la

ET CRITIQUES

manière d'Antonio da Sangallo, qui en fut effectivement l’architecte, ainsi queVatteste le passage suivant de Vasari, extrait de la / Ve de Sri 11 go I/o : — « Afentre che t/nesti tan pi si fabbricavnno tomii Antonio in « /(oui n, dove diede pnnripio in snl rnnto rli S. Lueia, laddovr è io « nuovn zeccn, al palazzo del vescovo di Cervia, che /mi non fit « Jinito. » Tandis que ces temples (deux petits édifices dans une île du lac de Uolsène) se construisaient, Antoine revint à Rome, où il commença à l'angle de Sainte-Lucie, où est située la nouvelle Banque, le palais de l'évêque de Cervia, qui depuis ne fut pas fini. »

Eglise S. Grisogono.

On fait remonter l’origine de l'église de Saint Chrysogone jusqu'au xm. j». pape saint Sylvestre (ive siècle). Grégoire III la restaura en 7^1 et y établit des moines venus d'Orient à la suite des persécutions exercées sur les iconoclastes, sous Iakm l'Isaurien. En i48o Sixte IV la concéda aux moines carmélites de la congrégation de Mantoue, qui la possèdent encore aujourd’hui. Le cardinal Scipion Borghèse, eu ifia3, en fit renouveler la construction par l’architecte Gio. Battista Soria. Celui-ci rebâtit la façade et le portique, qu’il orna de quatre colonnes doriques de granit rouge.

L'intérieur ressemble à celui de S. M. in Trastevere. Il forme trois nefs, divisées par des colonnes de granit, provenant de la Naumaehie voisine d'Auguste ou des thermes de Sévère, mais dont les chapiteaux ioniques sont modernes. Le grand arc de la tribune est porté par deux colonnes de porphyre d’ordre corinthien. I,e maître-autel est recouvert d’un baldaquin élevé sur quatre colonnes d’un allmire très-rare. Le plafond, doré et fort riche de moulures, est divisé eu nombreux compartiments. 11 était orné d’une admirable fresque du Gnerchin, qui a été enlevée et transportée en Angleterre. Aujourd’hui une copie a remplacé l'original.

NOTICES HISTORIE ES

Petit palais, via (lialia; plans, façade et ennpex.

. io. I.a tradition a constamment désigné ce petit palais comme l'œuvre de Baldassarre Péruzzi. Elle est corroborée par les analogies qu'on remarque entre les détails et ceux des palais Massimi ; et c'est une question définitivement tranchée pour nous, depuis que nous avons retrouvé les dessins originaux provenant de la main du maître. On ■«connaît ici la justesse d’esprit de Péruzzi et la simplicité élégante de son dessin.

Une pente douce fait monter au vestibule, dont le sol ainsi élevé est préservé des crues du Tibre, situé dans le voisinage ; une autre pente douce, placée sous la première révolution du grand escalier, fait descendre aux souterrains.

I,a disposition des plans est ingénieuse; le’ motif de la façade du vestibule et de la cour brille surtout par ses excellentes proportions. Sur la façade, qui est d'une extrême simplicité, sont habilement peintes des figures qui représentent des personnages marquants de la famille de Médicis, les armes de cette famille , des groupes de guerriers et des frises d’armures. Les moulures des croisées et des bandeaux sont seules en relief. On a lieu de croire 'que ces peintures sont de la composition et probablement de la main de l'architecte Baldassarre Péruzzi. Les figures sont d’un bon style et dans le caractère des statues antiques.

F «s têtes de profil du rez-de-chaussée, les armures et trophées de la frise qui se dessine sous les croisées du premier étage, et les quatre figures des angles, au premier et deuxième étage, sont peintes en bronze doré; tandis que les autres figures de ces mêmes étages, ainsi que la frise intermédiaire, sont en grisaille. Les armes des Médicis placées au milieu et les deux figures portant, l’une une épée, et l’autre un bouclier, qui les accompagnent, sont peintes à fresque.

KT CRITIQUES

Malgré la pluie et les intempéries ries saisons durant trois siècles, ces dernières ligures étaient eneore d'une conservation parfaite quand nous les avons vues, eu i8ai et i8a3. .Mais depuis qu'on a transformé ce petit palais en caserne d'infanterie, les peintures

ont beaucoup souffert; et quand nous avons cherché à les reproduire en i845, nous les avons trouvées méconnaissables et cruellement mutilées.

Il existe encore des peintures arabesques sur les voûtes de l'escalier; elles ne manquent pas d’un certain charme , et nous eu reproduisons ici une partie assez, bien conservée.

Sous l'appui de la croisée du milieu du premier étage se trouve une petite mezzanine qui donne du jour à la voûte du corridor. Au-dessus de cette mezzanine est une table de marbre noir, sur laquelle est gravée cette inscription ;

COSMO MKMCl Dl Cl FLORKN. Il l’ACIS ATQCE

JUSTICIAK Cl’LTORI.

Dans l'appartement du premier étage on peut signaler des plafonds en bois, ornés de caissons et de rosaces d'un joli dessin. I>es

NOTICES HISTORIQUES

compartiments du pavé en briques de l’une des snlles sont fort gracieux.

l.e balcon de lu baie du fond de la cour, sous la terrasse, est présentement muré; on en distingue seulement les traces, il se trouve indiqué sur les dessins originaux de Péruzzi. On jouissait rie là de la vue du Janicule et des bords du Tibre.

Nous ne pouvons nous dissimuler la projiortion disgracieuse de l’arcade du milieu de la cour, trop large au premier étage par rapport à celle du rez-de-chaussée. Ce motif est d’ailleurs très-difficile à combiner agréablement.

Détails du petit pal dis, via (Un lia.

v. io. Nous donnons ici, sur une plus grande échelle, une |>artie des détails du petit palais gravé dans la planche précédente. Les [teintures sont exactement rendues avec le caractère qui les distingue.

Déjà sans doute, dans la planche qui précède, on aura remarqué que la porte du rez-de-chaussée, sous le vestibule, diminue d’ouverture dans la partie supérieure, vers le linteau. Nous avons vu que ce système, indiqué par Vitruve et qu’on retrouve chez les anciens, a été suivi par Antonio da Sangallo au rez-de-chaussée du palais Farnése. A cette époque du xvi' siècle, quand la ferveur pour les anciens était dans tous les cœurs, quand le culte de l’art antique était devenu une religion véritable chez tous les maîtres, lorsque des commissions de savants étaient instituées pour commenter Vitruve, il n’est pas étrange que les deux éminents architectes Péruzzi et Sangallo, étudiant souvent ensemble les monuments anciens, aient fait presque en même temps des applications des mêmes doctrines. Celle-ci, du reste, n’a dû précéder que de peu d’années celle faite au palais Farnèse.

Pour {/'entrer {/‘une maison , via di Mansermto.

•Jette |>orte principale de la façade est un peu courte, mais d’un assez bon style. Sa construction date du commencement du xvie siècle, c’est-à-dire est contemporaine de Bramante; elle pourrait même être attribuée à ce maitre. Déjà nous avons présenté {planche 3»4) un détail de croisée de cette maison. I /inscription gravée sur la frise : trahit sua qubmq. voi.uptas, rappelle, selon L’usage de celte époque, la devise adoptée par le propriétaire.

PLANCHE 34f>,

Pu fais La/ireUotti, via de Coronari.

(Je palais, commencé sous Sixte V par Francesco da Volterra, fut terminé quelques années après par Carlo Maderno. La porte d’entrée, qui est du plus mauvais goût, fut ensuite achevée -par le grand |ieintre Domenico Zampieri, dit le Dominiquin. Nous publions de ce palais la seule partie qui soit digne d’intérêt : le plan, dans lequel le portique et l’escalier sont assez bien disposés, et la vue pittoresque, qui fait connaître les antiquités placées sous les portiques. Ia.'s quatre colonies du portique du rez-de-chaussée sont en granit gris, et celles du premier étage en granit ronge. C’est dans ce palais que se réunissait l'Académie degli infecondi tout le temps de son existence.

Maison construite par Raphaël pour son habitation sur /a pUur ’ Saint-Pierre, près te Vatican .

(Jette maison, disposée par Raphaël, en t5i3, pour son habitation, dans le voisinage du Vatican, où il exécutait des travaux considérables et ses plus sublimes peintures, fut bâtie par le grand architecte Bramante, son oncle et son protecteur. Elle fut démolie

NOTICES HISTORlQl’ES

en ififii pour la construction de la colonnade de la place Saint- Pierre, élevée par Rernini. Nous 11’avons donc pu en rétablir le dessin que d’après de vieilles gravures, où le palais est désigné sous le nom de//' .dijuila, et en nous guidant pour les détails sur les oeuvres de Bramante et de Raphaël.

Cette habitation était située via di Borgo Nuovo, dans Pilot désigné par la lettre A sur le plan à droite de la planche. Voici ce que dit Vasari sur ce palais, dans la Vie de Bramante :« Feœ fan- in « Borgo il nalazzo che fit di liaffaello (fa l'rhino, lavoralo di mattoni « r di getto cou ra.f.fCj le colonne c bozzc di o/icra ilorica e nisticlt,

« mm nio/to lielln rd invenzion mnva del J'are le cose grttate. — o II (Bramante) fit construire au quartier du liorgo le palais qui fut « la propriété de Raphaël d’Urhin, lequel fut exécuté en briques « et en stuc, ouvrage dorique et rustique, invention très-belle et <t nouvelle île l’emploi du stuc. » Hans la façade, la proportion des étages et les ajustements sont parfaitement entendus Raphaël, en y plaçant les armes des Médicis, a voulu exprimer son attachement et sa reconnaissance pour I -éon X. •

f ne de la fontaine, jiiazza délia Madonna 'de’ Monti.

Le motif de cette fontaine est simple; mais elle est d’un aspect et d’une proportion qui plaisent, et ce sont là des qualités réelles qui méritent d’être appréciées. Quelques mesures principales, ajoutées* sur le plan et sur la Mie de l’ensemble, rendent compte des excellentes proportions de cette fontaine et permettent de les reproduire au besoin.

Nous avons trouvé quelque analogie entre cette fontaine et celle qui orne le cloître du couvent de’ SS. Apostoli (planche 1G8), et que nous avons attribuée à Dorticnico Fontana, l’architecte en faveur sous Sixte V.

BT CRITIQUES.

Pour compléter l’intelligence de ce petit monument, nous ajoutons ici une gravure sur bois destinée à en montrer la coupe.

/ lie île la /duce et de la /<> ataiae île Trevi.

La source de l’eau vierge ( aei/iia vermine) est à huit milles de "• *'• Home, sur l'ancienne voie Collatine. Elle entre dans Rome après avoir traversé la villa Borghèse ét le monte Pincio, et elle arrive au pied «le la Triait à de' Xhmti, sur la place d'Espagne, d'où elle se

bifurque jiour se répandre en ville. Son nom lui vient, dit-on, de ce «pi'elle fut indiquée par une jeune fille à des soldats altérés.

Agrippa, gendre d’Auguste, lit amener cette eau, à ses frais, pour l’usage des thermes qu’il faisait édifier derrière le Panthéon. Les conduits souterrains fuient ensuite restaurés sous Claude et Trajan; puis ils furent négligés environ mille ans, a la suite des dévas-

NOTICES HISTORIQUES

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