COS. III. PATRI. PATRIAE. ET IMP. CAES
M. AVRELIO. ANTON1NO. PIO. FELICI. AVG. TRIB. POTEST. VH.
COS. III. P. P. PROCOS. FORTISSIMO. FELICISSIMOQITE. PRINCIPE ET. — IVI.lAE. AVG. MATRI. AVG. S. ET CASTRORVM. ET. SENAT VS.
ET. PATRIAE. ET. IMP. CAES.
M. AVREI.il. AUTOMNE PII. FEUCIS. AVG.
PARTHICI. MAXIM. BRITTANNICI. MAXIMI. —
ARGENTA BII. ET. NEGOT1ANTES. BOARII. HVIVS. I.OCI. QVI.
INVKHENT. DEVOTI. NVMINI. EORVM.
Elévation et une maison, via d' Am-t W ». •
I>e vestibule et le portique qui le suit sont dans d’excellentes proportions; ce petit vestibule, garni de bancs au pourtour, est bien disposé ; l'étude de l’escalier, éclairé à la fois sur la rue et sur la cour, est bien entendue. Tout ici, bien que dans de petites proportions, est heureusement combiné. La façade, également très-simple, plaît par une bonne distribution et par les justes rapports entre la porte, les fenêtres, le petit balcon et les bandeaux.
Polie d une vigne de la villa Mattéi.
Cette porte est aujourd’hui détruite ou oomplétement dénaturée ; et cela est regrettable, car tout y est grand, bien calculé et étudié avec intelligence. Aussi nous plaisons-nous à reproduire ce petit édifice, qui peut être utile à un architecte.
IX, il.
NOTICES HISTORIQUES
()Hl>
Porte (P une vigne, via i/i S. Stbasliuno.
Peut-être peut-on s’étonner du caractère tout à fait monunienlal donné à cette porte , bien qu’elle conduise simplement à un jardin. I,e motif d’ailleurs en est heureux et la composition ne manque pas d'un certain mérite.
Porte tin palais Serristari, via i/i Borgo l eee/iio.
KUe présente une belle étudede refends et le caractère de l’ensemble est d’un style sévère.
Plan et vue générale île la hasiUtfue de Saint-Piiul (S. Paolo) ■ hors les murs et de ses dépendances.
Cette vénérable basilique, située près des rives du l ibre et sur la route antique d’Ostie (via Ostiensû), à un mille des murailles de Rome et «le la porte d'Ostie, aujourd’hui S. Paolo, fut, dit-on, primitivement bâtie par l’empereur Constantin le Grand, sur un cimetière où avait été enterré l’apôtre saint Paul. Ce premier temple fut consacré en 3a4 parle pape saint Silvestre ; mais comme il était trop petit pour l'affluence des fidèles, les empereurs Valentinien II, vers 388 (i), et Théodose I", successeurs de Constantin, le firent reconstruire plus ample et plus orné ; il fut terminé sous le règne d’Hoiiorius. Ce souvenir de ces faits est conservé dans les deux vers suivants, écrits eu
(i) On trouve an bas du fût de la dernière rotonne de la nef latérale, la mention du J»* consulat de Valentinien, qui correspond à l'année 390. Quant à Honorius, sous le règne désastreux duquel l'édifice fut achevé, il mourut en 4»3. Ce serait donc dans re< intervalle de 38# à ',»3, qu'il faudrait placcrla construction de la basilique.
UT CRITIQUES
mosaïque sur le grand are intérieur du. côté de la grande nef, dit antriomphal (voyez les planches 335 et 338) : •
Tlicoriosius ta- pii, perfecit Honorius aiilam Honoris inundi, sacratain corpore Pauli.
En Oalla Placidie, femme de Constance, qui fut associé à l’empire, et fille, sœur et mère des empereurs Théodose, Honorius et \ alentinien III, fit exécuter sur l'arc triomphal, nommé pour ce motif Arc de Placidie, la mosaïque dite Triomphe >/« Christ.
’ L’église de Saint-Paul fut dans tous les temps l’objet d’un soin particulier de la part des papes.
En i 7uj, Benoît XIII fit élever la façade par Antonio Canevari et Matteo Sassi ; cette façade, dirigée du côté du 'fibre, est ornée de colonnes de marbre accouplées. Le petit plan topographique indique la distance de la basilique à" la porte S. Paolo et sa situation à jieu de distance des rives du fleuve, ainsi que de l’emplacement des trois églises : S. Maria Scaia Cœli ( nüc trefontane), SS. Vincenzo ed Aiihstasio, et une dernière église sous l’invocation de saint Paul, élevée au lieu même où l’on prétend que l’apôtre des Gentils fut décapité, et où, selon les légendes, jaillirent trois sources aux endroits touchés par sa tête, qui fit trois bonds en tombant. Les trois sources, qui ont fait appeler ce lieu : ailé tre fo titane, existent dans l’intérieur de l’église (voyez la planche 33g).
La petite vue générale fait connaître l’aspect de l'ensemble des batiments; et le plan en donne les dispositions et les mesures exactes.
On sait que cette belle et antique basilique devint en- i8a3 la proie d’un incendie ; il en est parlé plus loin (page 690). Nous avons été assez heureux pour pouvoir la contempler avant, ce cruel désastre: mais alors notre travail sur Saint-Paul n'était pas achevé, et pour compléter nos renseignements nous avons dû recourir à l’excellent ouvrage publié par monsiguore Nicolai : Délia hasi/itn (H «V. Paolo, Koma, i8i5, I vol. in-f*, ai planches.
NOTICES HISTOH1QIKS
(je temple immense, solitairement dressé dans le désert ipii commence aux portesde Rome, était d’un intérêt d'autant plus précieux, qu’il formait en quelque sorte un véritable musée d’antiquités chrétiennes c’était, en m$me temps, un de ces rares édifices pouvant donner l’idée, non-seulement des premières basiliques chrétiennes, niais encore des basiliques antiques; par son étendue et sa magnificence, il pouvait rivaliser même avec les plus renommées du paganisme. .
les basiliques, chez les anciens, étaient, dans le princi|>e, des salles faisant partie du palais du souverain (comme l'indique leur nom dérivé du mot grec fScretXtù;, roi) et où l'on rendait la justice; on le» appelait aussi regûe let/es. Chez les Romains, les basiliques furent les tribunaux où siégeaient les juges et des espèces de bourses où se réunissaient les négociants pour traiter de leurs affaires commerciales. Selon Pline, Rome comptait jusqu'à dix-huit de ces édifices. Construits sur un plan rectangulaire plus long que large, ils formaient une salle, souvent divisée, dans le sens de sa longueur, par deux rangs de colonnes en une nef centrale plus large et en deux bas-côtés plus étroits et moins élevés. Hans de certaines basiliques, et entre autres dans la basilique Æmiiiti, figurée sur les fragments du grand plan de Home conservé au Capitole (voir page aGo) et dont vingt-quatre colonnes furent employées dans la construction de Saint-Paul hors les murs, il y avait quatre rangs de colonnes et par conséquent île doubles bas-côtés. Au-dessus de ces bas-côtés s’élevait fréquemment un second ordre donnant lieu à une galerie ou tribune. la1 vaisseau tout entier était recouvert d'un toit en bois ; quelquefois les baseûtés seuls étaient recouverts et la nef du milieu était à ciel ouvert. On pense que : « I absence des voûtes et la légèreté des murs extérieurs dans ces monuments, ont été peureux une cause de destruction presque générale. » A l’extrémité opposée à l'entrée, l’édifice se terminait par un hémicyele oii était placé le tribunal, lin avant de l'hémicycle s'étendait le transsept, élevé de quelques marches au-dessus
KT CRITIQUA
du pavé des nefs; il recevait quelquefois latéralement un tel développement , que Vitruvc dit : que le monument prenait alors la forme d'un T. On retrouve là l'origine d’un des éléments particuliers ail plan d’un grand nombre d'églises du moyen âge.
les chrétiens consacrèrent volontiers les basiliques à l'usage de leur culte. Ces édifices, affectés seulement à des usages civils, ne leur inspiraient point la même répugnance que les temples qui avaient servi aux cérémonies religieuses du paganisme. I # plan d'ailleurs se prêtait aisément aux exigences liturgiques de la nouvelle religion ; ils l’adoptèrent, en lui faisant subir quelques modifications, pour les premières églises qu’ils bâtirent. Ils trouvaient également dans le caractère de cette architecture une certaine conformité morale : à la place du culte tout extérieur du paganisme, ils venaient substituer un culte tout intérieur; aussi de l'extérieur du temple païen, la décoration passa-t-elle à l’intérieur de la basilique chrétienne ; c’est ce qui a fait dire avec raison que les premières églises n'avaient été que des temples retournés.
Sous les portiques de l’étage supérieur, comme on en voit un exemple à Sainte-Agnès hors les murs (voyez planches lia, 1 13 et i i4),se tenaient les vierges et les femmes, qui alors ne se mêlaient pas aux hommes. Cette disposition, du reste, ordinaire aux églises grecques, est rare dans les églises latines. Plus tard, aux vje, vu” siècles et suivants, dans les églises qui furent réparties ou édifiées nouvellement, le portique supérieur, devenu inutile, fut remplacé par un mur élevé, percé de fenêtres afin d'obtenir plus de jour, tandis que dans le principe on recherchait l’obscurité comme plus favorable au recueillement et rendant plus mystérieuses les cérémonies sacrées. Malgré les transformations qu’elle subissait à travers les âges, la basilique conservait toujours son caractère de monument antique approprié à des usages nouveaux; mais elle ne devait être qu’une forme de transition, pour ainsi dire, adoptée par le christianisme jusqu'à ce qu’il eût arrêté lui-même un programme en rapport avec les besoins
NOTICES HISTORIQUES
de son culte, et réalisé dans un nouveau système de construction l’expression vraiment originale de son architecture religieuse.
On a cherché à retrouver les vestiges de la première basilique de Saint-Paul, attribuée à Constantin; monsignore Nicolai, dont nous avons cité plus haut l'ouvrage sur cette basilique, a fait des recherches attentives et suivies à l’extérieur du monument, dans le but principal de s'assurer si l’église bâtie par Constantin avait été agrandie et étendue par les successeurs immédiats de ce prince, ou si ceux-ci l'avaient fait détruire pour en construire une autre plus grande et plus somptueuse. Si, en effet, ils n’avaient fait qu’agrandir le monument primitif, on en reconnaîtrait naturellement des traces sur les murs et aux points de jonction des deux constructions. Or, à l’exception des deux chapelles modernes du saint sacrement et du crucifix, du chœur et de la partie supérieure du clocher, toute la construction parait homogène, uniforme; l'édifice tout entier ne présente à l'extérieur qu’une seule couleur et la même qualité de matériaux. La brique parait de la même cuisson et elle est partout de la même grosseur et de la même longueur. Les murs de la grande nef ressemblent à ceux de la nef transversale et ceux-ci a ceux des nefs latérales. On a poussé ces investigations scrupuleuses jusqu'à sonder les points qui paraissaient les plus suspects ; mais ces épreuves n’ont servi qu'à confirmer les conclusions déjà tirées de l'aspect extérieur. Excepté le chœur, qui, à la première vue, semble d’une construction identique, qu’on reconnaît bientôt comme étant postérieure , il n'existe aucune soudure, ni d’autres ressauts de mur que ceux des additions que nous venons de signaler, et les éperons, destinés à fortifier l'édifice et qui probablement furent construits peu de temps après son achèvement, car ni la qualité des matériaux, ni le mode d'emploi n'y ont pas sensiblement variés.
En avant de la basilique de Saint-Paul il y avait, au moyen âge, un atrium ou grande cour carrée, que le pape Adrien Ier, à la fin du viii" siècle, fit paver en marbre; tout autour régnait un portique soutenu
ET CRITIQUES
par de grosses colonnes. On retrouve des traces de cette ancienne disposition dans la vignette jointe ici au texte.
Klle reproduit, d’après une gravure publiée à Rome par Ant. Lafreri, à l'occasion du jubilé de 1575 (1), l’état extérieur de la basilique au xvir siècle. Les colonnes du portique sont encore debout en partie ; mais la toiture en est détruite.
L'nfïluenee des fidèles à cette basilique était telle que, pour garantir la foule de la pluie et des ardeurs du soleil, les papes avaient fait établir un autre portique qui se prolongeait jusqu'à la porte de Rome, dite : S: Pao/o. Il en restait encore des traces au x* siècle. Outre la construction de ce long portique qui atteste la haute importance qu'avait dès lors ce monument religieux, on sait qu'au ix' siècle
(1) Dans une autre gravure publiée sous le pontificat d'Alexandre VII (1655-1667), et par conséquent prêt d'un siècle après la première, la basilique présente à l'extérieur un aspect identique ; seulement il manque au portique ruiné de la cour les deux colonnes situées à droite é
et à gauche de la petite porte d’entrée. Serait-ce simplement l'effet d’une négligence du graveur, qui aurait mal copié la gravure de Lafreri? Cela est peu probable, car pour les autres parties de l'édifice le dessin est semblable datis ces deux gravures. Il faut voir là plutôt une indication réelle de la destruction lentement opérée de ce portique.
NOTICES HISTORIQUES
Jean VHI liàtit dans son voisinage une grosse bourgade, appelée Giovannipoli, dans le double but de défendre la basilique contre les incursions des Sarrasins et d’assainir le canton où elle est située et où paraît avoir toujours régné endémiquement la malaria. « Cette petite ville, dit Melchiorri, dut être dans le lieu où, aujourd'hui (en 1 838}, hors de la basilique, il y a vers Home une prairie avec une croix, qui indique que là furent ensevelis environ quatorze mille habitants de Rome dans la peste de i656 à iGôy. »
Etat ancien. — Parmi les monuments les plus anciens de la basilique de Saint-Paul, après la mosaïque du grand arc de Placidie, dont il a été parlé précédemment, on citait la porte d'entrée située au centre de la façade principale. Klle avait été exécutée à Constantinople en 1070, sous le pontificat d'Alexandre II, d’après les ordres du consul romain Pautaleone Castelli. Outre les images des prophètes et plusieurs sujets relatifs aux apôtres, le consul Castelli y était représenté prosterné aux pieds de saint Pierre; on y avait aussi figuré ses armoiries. Ces curieux bas-reliefs ont péri en grande partie dans l’incendie. Du côté droit, c'est-à-dire du côté «le la porte sainte, 011 apercevait au fond un grand sarcophage antique, dont la sculpture, travail de la décadence, représente Marsvas écorché par Apollon. Ce tombeau renferme les restes de Pierre Léon, qui fut le tyran de Rome au xiF siècle.
Au-dessus du portique, élevé en lyaôsur les dessins de Canevari, la façade était décorée de mosaïques, exécutées au xm* siècle par Pierre Cavallini.
I<a longueur de la basilique était de 433 pieds, depuis la porte d'entrée jusqu’au fond de la tribune. Les cinq nefs avaient 3io pieds de longueur et une largeur de aa4- La grande nef, large de 8a pieds, avait 10G pieds de hauteur.
I*e plan de la basilique de Saint-Paul est donné avec ses mesures dans la planche 334- On voit que ce plan était disposé en croix latine et divisé en cin«| nefs par «piatre-vingts colonnes formant
ET CRITIQUES
quatre rangs «le vingt «xrlonnes chaque. OII«*s des deux rangées du centre étaient plus grosses que celles des deux autres; vingt-quatre d’entre elles, plus précieuses, treize à droite et onze à gauche, étaient en marbre violet, dit paonazzelo; elles étaient canneléra aux deux tiers et avaient 36 pie«ls de hauteur. Selon une tradition trèsancienne et «pii s’est maintenue très-vive jusqu’à nos jours, on croit qu'elles proviennent du mausolée d’Adrien. Cette opinion aurait été corroborée, dit-on, après l’incendie et la chute des colonnes,' par la découverte du nom de l’impératrice Giulia Sabina, femme d’Adrien, inscrit à leurs extrémités et retrouvé dans le rapprochement «les morceaux. Cependant cette provenance est «’ontredite par «l’autres archéologues, qui pensent que ces colonnes avaient été probablement tirées de la basilique ÆmilUi, au Forum. I>es seize autres colonnes, complétant, avec les précédentes, les deux rangs delà grande nef, étaient en marbre «le Paros. Toutes ces l>elles colonnes ont péri dans l’incendie. Quant à eelles «les petites nefs latérales, également en marbre de Paros, elhrs furent moins endommagées. Cependant, dans la reconstruction du nouveau Saint-Paul, elles ont été remplaces, comme les premières, par des colonnes de granit du Simplon.
Les nefs latérales étaient sans autel et sans décoration, et avaient la plus grande partie de leur pavé en briques. Le pavé de la grande nef, au contraire, était composé de fragments de marbre. Le plafond était formé d’une charpente de poutres de sapin d’une longueur très-remarquable; c’est elle qui servit d’aliment à l’incendie.
1res parois des murs de la grande nef étaient recouvertes «le peintures représentant des sujets bibli<jues, sur l'âge desquelles les opinions des archéologues varient beaucoup. Selon d’Agincourt, elles auraient été exécutées au xi* siècle. Ce curieux monument de l’art de la peinture, ainsi qu'une bonne partie de la série chronologique des portraits des papes qui se déroulait au-dessous, a aussi péri misérablement. Cette série des papes s’élevait au nombre de deux cent cinquante-trois. FJ le fut commentée d'abord par saint Léon Ier, puis
3TOT1CES HISTORIQUES
continuée par saint Syuimaque. Benoit XIV fit restaurer ces peintures et ajouter des portraits nouveaux; enfin la série en fut complétée par Pie VII.
A l'extrémité de la grande nef deux immenses colonnes de marbre *
grec, dit satino, et d’une circonférence de S"1,!»;), soutenaient le grand arc triomphal ou ai-c de Placidie, du nom de («alla Piacidia (voir page 681). On voyait au-dessus de cet arc, sur le côté qui fait face à la porte d’entrée, l'antique mosaïque que saint I^on I*r, ou, suivant d'autres écrivains, Galla Piacidia fit exécuter en 44°) et qui représente le Sauveur au milieu des vingt-quatre vieillards de l’Apocalvpse, avec les apôtres suint Pierre et saint Paul et les symboles des quatre évangélistes.
Pour pénétrer par les cinq arcades du fond de la grande nef dans la nef transversale, qu’on nomme également avisée, l’on montait cinq degrés. Ce transept, pavé en briques, était divisé en deux nefs par huit grosses colonnes (sept de granit et une de cipollin) soutenant un fort mur de division, allégi au milieu par un arc concentrique à l’arc triomphal, mais plus petit que ce dernier, avec lequel il se combine, ainsi qu’avec la tribune.
Quand on cherche ce qui a pu motiver la construction de ce mur, et qu’on le voit aboutir à des ouvertures circulaires ou à des croisées cintrées, qu’il a fallu boucher et dont on reconnaît à l’extérieur la trace encore bien évidente, on acquiert la certitude que c'est là une addition faite en un temps de barbarie. Il est vraisemblable qu’on a voulu, par ce moyen grossier, fortifier cette vaste nef transversale ét diminuer les grandes portées, qui devaient inquiéter les constructeurs. Ils n’ont pas craint, au milieu de la décadence du goût qui régnait alors, de dénaturer l’édifice par un pareil expédient; et ils ont enlevé son caractère à cette belle nef, qui devait surprendre par son immense étendue et par l'abondance du jour, qui y pénétrait de toutes parts.
On a prétendu que la partie supérieure du clocher avait été ren-
ET CRITIQUES
versée à la suite de tremblements de terre, puis reconstruite; des traces de cette reconstruction se reconnaissent en effet. Nous serions même porté à croire que l'édification du mur du milieu de la nef transversale eut lieu à la suite d'un événement de ce genre, et qu'il fut considéré comme un immense éperon placé à l’intérieur, tandis qu’à l'extérieur quatre puissants éperons venaient encore fortifier cette même nef. Dans le même but de consolidation on supprimait à la fois de nombreuses croisées, lézardées par les secousses et qui sans doute menaçaient ruine. On retrouve encore aujourd’hui, après des siècles, les traces de l’existence primitive de ces baies ou croisées.
Au centre de la partie de la nef transversale voisine de la grande nef, et au-dessus de la confession où l’on conserve, dit-on, la moitié des corps de saint Pierre et de saint Paul (i), s’élevait l’autel papal, surmonté d'un ciboire d’architecture gothique, exécuté en 1280, et dont le dessin est dû au célèbre Arnolfo di f «ipo. Ce monument de l’art du xm* siècle, qui a été restauré après l’incendie, est figuré dans la planche 336.
A chacune des extrémités de la double nef transversale étaient deux autels décorés de quatre colonnes de porplivre.
Le fond de l’abside, ou tribune, comme disent les Italiens, était occupé par le maître-autel, également décoré de quatre colonnes de porphyre, et dessiné par Qnorio Lunghi, architecte, mort en 161 y.
La voûte de l’abside était couverte de peintures en mosaïque du xiii'' siècle, commencées sous le pape Honorius 111 et terminées par l'abbé Orsini, qui devint pape sous le nom de Nicolas III. Ces mosaïques ont échappé à la destruction et ont été restaurées.
On voit, d’après la description qui vient d’être faite de l’ancienne basilique de Saint-Paul, combien ce vénérable édifice présentait d’intérêt pour l’histoire de l'art par la variété d'époques et de styles des
(s) L'autre moitié est d.ins la basilique de Saint-Pierre, tu Vatican; les têtes de ers autres sont h Saint-Jean-de'Lalran.
NOTICES HISTORIQUES
(’HJO
objets qu'il renfermait. Ainsi il confinait aux beaux siècles de l'antiquité par les vingt-quatre colonnes en paonazzeto de la nef et par leurs chapiteaux. I«s autres colonnes, la mosaïque du grand arc de Placidie, le sarcophage de Pierre Léon (voir page 686), donnaient une idée de ce qu'étaient les arts sous les successeurs de Constantin. Ou suivait les traces de leur décadence pendant les siècles de barbarie dans la porte de bronze du milieu de la façade, dans la construction du mur de séparation de la nef transversale, dans le candélabre et les peintures qui décorent la grande nef. I<es mosaïques de la façade et celles de l’abside sont des monuments de la première renaissance des arts au moyen âge, de ce xm* siècle, époque à laquelle l’art gothique atteignit au nord de l'Italie le plus beau développement. Enfin l’architecture des autels modernes et celle du portique de la façade, dessiné par Canevari, attestaient- une nouvelle décadence au xvne siècle.
lia basilique de Saint-Paul est confiée aux bénédictins de la congrégation du Mont-Cassin, qui furent établis par Martin V, en i4a4i dans l’ancien monastère annexé à l'église et construit au xiu'-siècle^i). Iæ planche '134 donne le plan de ce monastère. Le cloître est formé d'une suite d’arcades assises sur de forts piliers. Dans ces arcades sont enchâssées une foule de petites colonnes accouplées, la plupart à spirales et décorées de mosaïques de marbre. Cette décoration, œuvre du xm' siècle, est sans dignité; elle manque à la fois de la gravité romaine et de l’élégance antique. De nombreuses inscriptions profanes et sacrées ont été incrustées dans les murs autour du cloître par les soins de l'abbé Galetti. Ces inscriptions sont reproduites dans le livre déjà cité de monsignore Nicolai.
Incendie. — Ce fut dans la nuit du i5 au 16 juillet i8u3 qu'eut lieu le fatal incendie qui détruisit la basilique de Saint-Paul, épar-
(ij Os religieux sont obliges, pour se soustraire aux dangers de la malaria, qui est endé1 inique dans le voisinage de la basilique de Saint-Paul, de quitter cette résidence pendant les fortes chaleurs de l’été.
tT CRITIQUES.
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gnée par le temps depuis quatorze siècles. I. 'événement fut occasionné par suite de l'incurie d'ouvriers plombiers. Le feu se déclara d'abord dans la belle charpente; il se communiqua ensuite avec iine incroyable rapidité à la toiture, qui, devenue la proie des Gammes, s’écroula tout entière, entraînant dans sa cluite une partie des murs, [/immense fournaise brûla ainsi plusieurs heures avec une activité sans égale. Les belles colonnes de marbre de la nef furent calcinées; celles de porphyre des autels et de la tribune furent fendues; les mosaïques furent détachées du mur. En cinq heures la destruction du vénérable temple chrétien fut presque complète et la [►ertc irréparable. La tribune seulement , quelques mosaïques et quelques sarcophages échappèrent en partie au désastre.
Pour faire apprécier d'un coup d'oeil toute l'étendue de la destruction qu'entraîna cette déplorable catastrophe, nous plaçons ici une gravure exprimant, d'après un dessin fait sur les ruines encore
figa notices msToniQt es
filmantes, l’état du monument après l’incendie, et offrant ainsi l’affligeante comparaison des parties détruites et de celles restées debout- Parmi ces dernières un grand nombre, et entre autres les colonnes rie la nef, n'étaient elles-mêmes en réalité que des débris, rendus par la calcination impropres à être utilisés.
Pendant que ce sinistre événement s'accomplissait aux portes de Rome, à une autre extrémité de la ville le pape Pie Vil était sur le point de succomber à une grave maladie. Il mourut un mois apres, sans avoir eu connaissance de ce malheur. Son successeur, Léon XII, et après lui les papes qui lui ont succédé, se sont attachés à le réparer.
Léon XII institua une commission chargée d'aviser à ce qu’il y avait de mieux à faire en cette circonstance. Cette commission, composée de cardinaux et des membres de l'académie de Saint-Luc, auxquels on adjoignit un certain nombre d'érudits, arrêta qu'on rétablirait la vieille basilique dans son état primitif. Une lettre encyclique fut adressée par le pape à tous les évêques du monde eatholique, pour inviter les fidèles à 9’associer par leurs dons à l’établissement de la nouvelle construction. Les princes et les peuples envoyèrent leurs offrandes, et une somme de 5o,ooo cens romains fut fournie annuellement par le trésor du gouvernement romain pour subvenir aux dépenses. L’architecte Pascal Belli, aidé des architectes Bosio et Camporesi , fut chargé de la direction des travaux. Après sa mort, survenue en i833, il fut remplacé par notre honorable et docte ami l'architecte Luigi Poletti, à qui revient pour la plus grande part l’honneur de la reconstruction. Nous regrettons de n’avoir pu aller cette année, ainsi que nous l’avions projeté depuis longtemps, visiter ses brillants travaux. Nous sommes privé en conséquence du plaisir de leur donner ici le tribut d’éloges qu’ils méritent, et nous ne pouvons parler de la restauration que d'une manière sommaire.
État actuel. — Tout le monde s’accorde à louer la magnificence de la nouvelle basilique. Selon le vœu émi» par la commission, elle
BT CRITIQUES. fi(}3
devait être rétablie dans les mêmes proportions et dans la même forme que l'ancienne. Mais ces sévères prescriptions fléchirent devant le désir de rendre cet édilice plus somptueux et plus digne, par la richesse de ses matériaux, d'être un des principaux temples de la capitale de la chrétienté.
I ne nouvelle façade a été construite; elle est décorée d’un portique soutenu par quatorze colonnes de marbre grec veiné. I.'intérieur de la basilique est divisé en cinq nefs par quatre-vingts colonnes de granit du Simplon (i), avec bases et chapiteaux corinthiens en marbre blanc. Les quarante plus grandes colonnes sont placées dans la grande nef du milieu, vingt de chaque côté ; elles portent des arcades au-dessus desquelles règne un entablement en marbre veiné et s'élèvent les parois latérales, décorées d’un second ordre d’architecture. Dans le soubassement de ce second ordre sont distribués une suite de portraits des papes exécutés en mosaïque. Entre les pilastres de ces parois de la grande nef s'ouvrent de chaque côté dix fenêtres cintrées. Deux immenses colonnes en granit de Baveno; avec bases et chapiteaux en marbre blanc de Carrare, soutiennent le grand arc de Placidie, dont la face a reçu des mosaïques qui reproduisent les sujets des anciennes peintures.
* Les murs des deux dernières nefs latérales sont décorés de quarante-quatre pilastres corinthiens; vingt-deux de chaque côté. Ces pilastres, de beau cipollin, avec bases et chapiteaux de marbre blanc, ressortent admirablement sur les parois de marbre veiné, et soutiennent les arcs, entre lesquels on voit alternativement une niche et une fenêtre, les unes et les autres de forme cintrée. Au-dessus de ces pilastres et des colonnes qui leur correspondent en face s’élève une corniche qui supporte le plafond, lequel, tant dans ces deux dernières nefs que dans les deux autres latérales, est en belle har-
< » ) Ces colonnes proviennent des environs «le Baveno, sur le lac Majeur. Elles y ont rte mise* tur de» radeaux; dn lac Majeur elle» ont de*ccndu le Tcvtin jusqu'au P4; elle» ont ensuite descendu cc dernier fleuve jusqu’à la mer, où elle» ont été embarquées sur des navires.
figjJ NOTICES HISTORIQUES
moitié avec les plafonds de la nef du milieu et de la croisée (nef transversale). »
l.e nouveau pavé de l’église a été surélevé de 0“, 89a, afin de mettre le pavé moderne au-dessus des invasions des eaux du Tibre.
I /immense charpente a été habilement combinée et refaite avec de belles poutres de sapin, provenant des forêts des Camaldules. Un splendide soflite, qui dans l'ancienne basilique existait seulement au-dessus de la nef transversale, masque aujourd’hui la cbaqiente dans toute l’étendue de l'église.
f-a nef transversale occupe l’aire de l’ancienne; mais elle a été reconstruite sur un dessin différent. Elle n’est plus divisée en deux parties; on a supprimé le pesant mur qui la partageait dans le milieu. Ce mur, qui n’appartenait pas à la construction primitive, était un témoin honteux de l’impuissance de l'art à une époque de décadence. « l.e pavé de cette nef est en marbre blanc et en marbre dit ban/ig/io (1). F, es parois sont incrustées de marbre de Carrare, jusqu'à l'entablement qui est en marbre blanc avec une frise de marbre violet. Cet entablement est soutenu par un ordre de vingt-quatre pilastres corinthiens cannelés, faits avec les fragments des colonnes de marbre violet de l'ancienne basilique ; et ils ont les bases et les chapiteaux de marbre blanc. A chaque extrémité de la nef, il y a un autel flanqué de quatre grosses colonnes, aussi d'ordre corinthien, également faites avec lesdits fragments. »
« Au milieu de la nef, on observe l’ancien autel papal de la confession, érigé en 1 280 et restauré des dommages de l’incendie. Cet autel est orné de quatre colonnes, d’un beau porphyre, soutenant un baldaquin d’architecture gothique, fait en forme de pyramide.
« Au-dessus de l’ancien maître-autel s'élève un somptueux baldaquin, soutenu par quatre colonnes très-estimées d’albâtre oriental. Les grands blocs avec lesquels ont été faites ces colonnes, érigées en
(1) La fin de celte description est empruntée à de récente* additions faite* à la Description de Rome par Nibbv.
ET CRITIQUES
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janvier jN53, furent donnés au Saint-Siège, sous le pontificat de Grégoire XVI, par Mehemed-Ali, vice-roi d’Egypte, afin qu’ils fussent employés à la décoration de cette basilique.
« Vis-à-vis de cet autel s'ouvre l'ancienne tribune, en grande partie renouvelée, à laquelle on monte par deux degrés d'un rare granit rouge oriental. Dans cette tribune règne aussi le même ordre d’architecture que dans la nef; et il lui est semblable, non-seulement dans ses proportions, mais dans la qualité des marbres. Six pilastres en ornent les côtés ; et les parois sont incrustées de marbre cipollin vert, jusqu'à l'entablement. Quatre colonnes avec leurs contre-pilastres décorent la partie centrale. Au milieu de ces colonnes s'élève sur cinq gradins le siège pontifieal, tout en marbre blanc avec des ornements et des bas-reliefs dorés, la voûte et la façade de l’arc de cette tribune sont décorées des anciennes mosaïques faites vers l'an i aao, lesquelles ont été restaurées des dommages occasionnés par le feu. Un pavé construit en marbres rares et précieux complète la magnificence de cette tribune. »
Aux côtés de la tribune sont quatre chapelles richement décorées. Dans la seconde on vénère un crucifix en bois, sculpté par Cavanelli, crucifix qui, suivant une pieuse tradition, aurait parlé à sainte Brigitte, dont on voit la statue, exécutée par Stefano Mademo. 1 .a troisième chapelle est l'ancien chœur, dont Carlo Mademo fut l’architecte. I^es deux autres chapelles ont été exécutées d’après les dessins du chevalier Poletti.
I iusilû/iw de Saint-Paul hors les murs; coupes sur la longueur et sur la largeur des nefs.
Ces coupes, avec le figuré du plan de la planche précédente, sont les dessins les plus importants que nous donnons sur la basilique de Saint-Paul. On trouvera ici le complément des mesures qui
NOTICES HISTORIQUES
figfi
navoient pu être indiquées sur le plan; de sorte qu'il reste peu de chose d'inexpliqué de l'antique et précieux édifice, dont les dimen-; sinus principales sont ainsi hieu connues.
la même planche contient deux détails de la remarquable charpente, qui a toujours été citée comme un modèle du genre.
Sur les deux coupes on aperçoit au fond de l'abside et l’on admire encore aujourd'hui une antique mosaïque restaurée (voir page fiHq). dette peinture a été attribuée à l'artiste Cavallini, mentionné à la fin du précédent article, et qui mourut en 1 344s à l'âge de quatre-vingtcinq ans; il fut enterré dans la basilique. Si cette peinture a été commencée sous le pape Honorius III, vers 1220, Cavallini n’aurait alors été qu'un des collaborateurs postérieurement employés à ce travail.
Basilique de Saint-Paul hors les murs; vilmirc et détails divers.
Ce ciboire, qui occupe le milieu de la planche, était placé au-dessus du maître-autel de la confession de Saint-Paul. Il était situé dans l'axe de la grande nef, à l'entrée du transept et près de l'arc triomphal. L'autel papal fut exécuté dans le style ogival par Arnolfo di Lapo, artiste florentin, aidé de son compagnon Pietro. Il était orné, ainsi que la confession, de marbres d'une grande richesse. I^es quatre colonnes <pti supportent le baldaquin étaient de porphyre rouge. Les inscriptions placées dans la partie supérieure indiquent qu'il fut construit en 1 280, par ordre de l’abbé Bartolomeo. Cet autel, restauré depuis l'incendie, a été conservé.
On peut consulter avec fruit la même planche pour des détails trèscurieux qui font connaître les arrangements de certaines parties difficiles de la charpente et les combinaisons adroites auxquelles ils ont donné lieu.
Notre gravure reproduit également une portion du plafond qui
UT CRITIQUES
existait au-dessus de la nef transversale et qni fut exécuté en soiis Sixte V.
Basilique de Saint-Paul hors les murs; vue princiftale de l'intérieur de l'église, prise de Centrée de la grande nef.
Cette perspective donne une idée fort complète et très-exacte «lu magnifique aspect de l'intérieur de l’antique basilique avant l’incendie de l’année i8a3. C’est avec un vif intérêt sans doute qu’on retrouvera ici l’image de cette riclie et curieuse décoration, dont les détails sont à jamais perdus.
I.a belle charpente qui a servi d’aliment à l'incendie avait été conçue dans un système de fermes accouplées, système qui a été rétabli dans la nouvelle basilique. les bois avaient été extraits de la Calabre pour la vieille basilique, tandis que les nouveaux bois ont été fournis par les forêts des Camaldules. Nous avons déjà dit «pie la charpente moderne n’est plus visible comme l’était l’ancienne, et qu’elle est inasipiée par un brillant et riche soffite.
On remarquait autrefois sur le pavé de l'église l’épure de la cou-. |>ole de Saint-Pierre, que Michel-Ange, ou son' successeur Giacorfio délia Porta, durent tracer pour y conserver le plan destiné à l'exécution.
Basilique de Saint-Paul hors les murs; détails de plusieurs mosaïques.
les mosaïques réunies sur cette planche présentent des types distincts, d’autant plus précieux que ces monuments disparaissent et deviennent chaque jour plus rares. Les deux mosaïques du v* et du xiii* siècle, enlevées l’une de dessus l'arc triomphal et l’autre de
tiljH NOTICES HISTOK1QI ES
la façade, ont été transportées dans la nef transversale et restaurées, lai mosaïque du v* siècle surtout conserve un document important, qui fixe d’une manière authentique la date de la fondation et de l'achèvement du vieil édifice.
Eglises situées aux Trois- Fontaines (aile Tir Fontané), hors de la porte S. ’ Pao/o.
Ce lieu, oii existait jadis une bourgade nommée ad A (pins Saleius et habitée par les premiers chrétiens, était fort révéré, parce que, selon la tradition, c’était en cet endroit qtie fut décapité saint Paul. On prétend qu’en tombant, sa tête fit trois bonds, et qu’aux endroits où elle toucha la terre, jaillirent miraculeusement trois sources ou fontaines, qui, depuis, ont fait appeler ce lieu le Tre Fontanc. Ces trois sources sont actuellement dans l’intérieur de l’église Saint- Paul, une des trois églises dont il est parlé dans cet article.
f,a première, dédiée aux saints Vincent et Anastase, fut élevée en (iali par le pape Honorius. Adrien 1er la restaura en 77a, et I-eon III en 800. Charlemagne la dota de terres et de châteaux, et Innocent II, en ii4o, la donna a'ux moines de Citeaux. Elle est d’architecture gothique et à trois nefs, divisées par des pilastres. Sur ces pilastres sont peints à fresque les douze apôtres, exécutés, dit-on, sur les cartons de Raphaël.
L’église S. M. Scala Cœli fut bâtie sur un cimetière rempli de corps de martyrs. En i58a le cardinal Alexandre Famèse la fit reconstruire sur les dessins de Vignole, et le cardinal Aldobrandini la fit terminer par Giacomo délia Porta. Le plan en est très-bien ajusté et tout à fait académique. Son nom de Scala Ceeli lui viendrait d’une vision de saint Bernard, qui crut voir une échelle mystique, par on montaient au ciel les âmes des défunts pour qui il disait la messe.
UT CHITIQt'KS.
|,a troisième église, dédiée à saint Paul, occupe l'emplacement même où le saint apôtre reçut le martyre, [.es trois sources dont il est parlé plus haut sont placées dans l'intérieur, sur une même ligne; elles sont décorées en forme d'autels, ornées de niches, a%ec colonnes de vert antique. On verra au plan A que la forme de l’église a été subordonnée à la disposition de ces fontaines. Ce fut le cardinal Aldobrandini qui fit bâtir cette église, en i5go, sur les dessins et sous la direction de Giacomo défia Porta.
Dans la vue pittoresque du haut de la planche, l’église de SS. l 'wcenztt ed Anastaso est placée à gauche; celle de S. M. Scala Ctdi, qui se voit à droite, avec ses frontons et son joli petit dôme, rappelle le style de Palladio. Quant à l’église S. Paolv, qu’on distingue au fond, elle n’a rien dans son extérieur qui se recommande à l’attention. 1,’architecte est resté ici, comme presque toujours, bien inférieur à son maitrc.
Palais Giustiniani; plan et coupe, et vue du vestibule.
(Je palais des princes romains Giustiniani fut élevé par le marquis vin,' Vincenzo, célèbre par ses richesses et par sa magnificence. Il y avait réuni une collection de peintures remarquables et une nombreuse galerie de bas-reliefs et de statues antiques, s’élevant à plus de cinq cent soixante. Ce même marquis, si opulent, fit graver et publia sa belle galerie en deux volumes in-folio. Aujourd’hui les sculptures sont en partie dispersées, ainsi que les tableaux de prix.
Commencé par Giovanni Fontana, ce palais fut achevé par Bormmini, qui laissa sur les façades des détails entachés de son goût bizarre et maniéré. Le plan est disposé dans un assez bon parti; le vestibule particulièrement mérite d’être cité : il est orné de douze belles colonnes de granit gris, et des statues antiques y sont distribuées avec goût.
NOTICE» HISTORIEES
Habitation et tn nifibée il a collège Nazzaremt; filon, confie et élévation.
in. j «. Ce collège fut institué en ifiua par le cardinal .Michel' Angelo
Conti, de Himini, pour des jeunes gens de cette ville. Comme le cardinal était titulaire de l’église de Nazareth, il voulut que l’établissement prit le nom de Nazzareno. f-es lettres et les sciences furent enseignées parles clercs réguliers des écoles pies. Le fondateur logea les jeunes gens dans son propre palais. De nos jours le privilège n'est plus limité à des jeunes gens nés seulement à Himini.
On trouve un certain talent dans l’agencement du vestibule et de l'escalier, et dans le portique qui fait suite à ce vestibule et qui a été transformé en galerie de botanique.
Dans le jardin est une nym pliée, d’une décoration agréable et ornée de mosaïques qui représentent des berceaux et des oiseaux, avec îles grottes abondamment pourvues de belles eaux par l’aqueduc voisin de l’eau vierge.
Palais i/eg/i Atti , via Giulia.
vu, i. Ce {valais est situé à peu de distance du Tibre, qu'on aperçoit au delà de la rue dell' Armata et à la suite du jardin de l'habitation. I-c plan renferme les dispositions d’une habitation complète. Tout s’y présente dans de justes proportions. I -e jour et l’air sont nlvondamment fournis par une petite cour située à mi-étage, après deux révolutions du grand escalier.
Palau, viro/o ilrlla Pnlaccliia.
x. j. I-e plan de ce petit [valais est d'une disposition assez originale et assez pittoresque. Quoique établi dans des dimensions exigucs, il
KT CRITIQUES.'
7or
semble porter un certain caractère de grandeur : mérite réel et qn’il faut apprécier. ■
Ia»s jardins, situés sur le penchant du Capitole, sont élevés. au niveau du premier étage. I, 'escalier \ fait arriver par trois rampes ou
révolutions. On peut avoir une idée de ces jardins, qui sont d’un aspect agréable, d’après la vue ci-contre. On y reconnaît à gauche, à sa haute corniche à console, le petit palais di Veue/.ia (voyez planches 74 et 77), qui se trouvait ainsi réuni au Capitole ; de sorte que les papes pouvaient, au l>csoin , se réfugier dans ce dernier édifice et se mettre à l'abri d'un coup de main.
I.e petit palais, dont la pour est reproduite ici dans da Cortone, à qui il servit
Plan du /trdai.t Muti Hussi, /duzzu d' sim Ccli. '
l« plan de ce [valais est d'une combinaison fort adroite et habilement imaginée par Cio. Antonio de’ Rossi, qui, dans un terrain aussi ingrat, sut à la fois régulariser les salles et la cour, et placer un noble et spacieux escalier. Ce qui plaît surtout dans cette ingénieuse composition, c'est que la forme étrange et l'exiguïté de l'espace, dont l’architecte pouvait disposer, ne semblent point l’avoir embarrassé;
Si).
la vignette, fut, dit-on, bâti par Pietro d'habitation.
NOT1CKS HISTORIQUKS
nulle |«irt la difficulté et la contrainte ne s’y montrent toutes les pièces sont parfaitement éclairées; aucune ne semble perdfie. Il y a dans ce plan un genre de mérite qui lui donne une valeur particulière et le signale comme un modèle utile à consulter. Aussi le propose-ton souvent comme sujet de composition aux élèves d’architecture.
. Plan tf une maison, via di Monserralo.
vu. 6. Cette maison, si simple, n’a pas dû coûter d’efforts de composition; on y remarque la grandeur des salles, qui d'ailleurs sont bien disposées. (Voyez une fenêtre de cette maison, planche 3a4, et la |>orte d'entrée, planche 345.)
Plan d'une maison, via d' Ara Celi.
'v- *>- Malgré sa petitesse, cette composition plaît par l’apparente grandeur de ses proportions. Ije portique, l’escalier et le vestibule sont d'une combinaison très-simple; mais tout s'y agence naturellement, et c'est cela même qui en rend l’aspect agréable dès l'entrée et à la première vue.
Plan d’une maison, via de' Falegiuimi.
nu. 4». Cette maison, qui n’a pas d'importance et qui est fort négligée, frappe néanmoins par les heureuses' dispositions de son double portique, de son petit jardin et de ses fontaines.