SITUATION GÉOGRAPHIQUE
La situation géographique de Rome s'estime ordinairement par rapport à deti? monuments, l’église de Saint-Pierre et le collège de la Sapienza. Ce dernier point étant le plus central, nous iui donnerons la préférence; ainsi nous fixerons la latitude à : 4*° 53* 54* ... •
et la longitude à : io° ()' 3o".
(i) Sous ce titre de Renseignements divers , nous avons compris une suite d'articles qui pourront sembler, sinon etrangers* au sujet, du moins ne s'y rattacher qu’indirectcment. Ce* documents pouvant servir h éclaircir quelques points de l’Histoire de l'art moderne k Rqpie, ou à donner des notions plus complètes sur le système général des constructions , nous avons jugé à propos de les joindre k notre travail.
La plupart de ces details se retrouvent, il est vrai , dans d’autres ouvrages , mais j'ai appris par ma propre expérience qu'on ne parvenait à sè les. procurer qu’après des recherches fatigantes et d’asseï longues études; le lecteur nous saura gré, sans doute, de les lui avoir épargnées.
B ENSEIGNEMENTS DIVERS
DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE (i).
i Nous allons essayer de décrire sommairement l'état primitif et l’état actuel de la superficie du sol de Rome; après quoi nous donnerons quelques indications sur la nature des roches qu'on y rencontre, pour servir . comme d’introduction à l’énumération que, nous nous proposons de faire des matériaux iudigènes : nous terminerons |Kir la liste des matériaux étrangers que le luxe des anciens Romains avait été demander aux contrées lointaines, et dont un grand nombre ont été utilisés dans les monuments modernes.
Il ne faut pas croire que ce soit une entreprise aisé» que d’avoir à faire des observations sur un sol où l’on ne trouve partout que des ruines. Rome a subi tant de vicissitudes; les incendies, les dévastations de barbares, les • inondations du Tibre, les tremblements de terre, ont accumulé tant dé débris de toutes sortes, qu'aujourd’hui les vallées sont pour ainsi dire comblées, et que les monuments antiques qui subsistent encore, sont pour la plupart profondément enfouis ; ainsi, 'au milieu du Forum, la colonne de Pliocas , ouvrage du commencement du septième siècle de notre ère, et qui est *• elle-même élevée sur des ruines, est à 8*",tuo (a5’i*4‘) au-dessous du sol actuel; et près de la Salant l’on a découvert le pavé d’une rue antique à io",3g4 (Ii’"*’) au-dessous du pavé moderne. Enfin on ne trouve le terrain • naturel qu’à une profond eue, moyenne de 5"“,oo (iS1^ 5*).
Ces reconnaissances sont d’autant plus pénibles à faire, qu’il faut souvent ‘ les entreprendre dans les souterrains des habitations, et qu’elles ne peuvent quelquefois s’exécuter qu’à lia idc de la sonde. ••
• Il résulte de là, qu'il convient pour 'atteindre le but que nous nous proposons, et pour se reconnaître au milieu de tant de bouleversements, •l’interroger, d’une part, les souvenirs de. l’histoire, souvenirs vagues et très- » *
(i) La plupart des renseignements que nous donnons ici sur le sol do Rome sont extraits de l'excellent ouvrage de M G. Brocclii , intitulé : Dctlo stato fisico dcl moto di Homo.
HENSE1C.NF.VIENTS DIVERS.
incomplets; de l'autre, de consulter des annales plus véridiques, que la nature seiqlile receler soigncuscmrut dans soir sein.
Pour bien saisir la configuration générale du sol de Rome, on doit se représenter une vallée spacieuse flanquée d'une suite de collines, et sillonnée au milieu par le Tibre. A. droite, elle est circonscrite par le Vatican et la longue crête du Jauicule ; à gauche, par le Pimius , le Quirinal , le Viminal, l'Ksquilin et l'Aventin. Dans celte vallée s’élèvent isolés le Capitole , le Palatin, le Cu'lius, et même cette portion de l'Aventin couronnée jrar S. Alessio et S. Prisca, laquelle est séparée de l'autre partie du même mont par une gorge assez, profonde qui conduit à la porte S. Paolo. Quant au Pincius, au Quirinal, au Viminal et àl’Esquilin, ils resseniblent moins à des collines distinctes et séparées, qu’à un même plan nudujé qu’on ne saurait mieux comparer qu'au revers de la main.
Ces collines sont- d’une élévation peu considérable, puisqu’elles n'alleiguent au plus qua '88“,o3i (*77'"*!. Daus le principe elles avaient
sans doute plus de hauteur et plus d'escarpement ; mais peu à peu les vallées se sont élevées et les pentes ont été adoucies par des travaux de terrassement, comme celles du Quirinal par les déblais de Trajan.
La conformation de ces diverses collines n'offre rien qui mérite d'être mentionné, si ce n'est quelques points culminants que les anciens distinguaient par des noms particuliers.
C'est ainsi qu'au Capitule, qui se compose de deux sommets séparés par que vallée , le sommet méridional se prolongeant vers le Tibre, et qu'on nomme aujourd'hui monte Caprino , était désigné autrefois sous le nom de ruche Tarpèttnne , et la vallée sous celui d’ hUermonlium,
l.r Pa i.atitv avait également deux crêtes appelées Germalus et Velia j l'une située vera.fi. M. Libératrice et l’autre vers S. Auastasia. •
L’Avestir. est séparé en deux parties -distinctes , dont l’une moins élevée, où sont bàlieÿ S. Balhiua et S. baba, et l'autre plus escarpée où dominent les églises «le S. Alessio et deS. Prisca. •
Une portion du Coelius était dénommée Cielmlus ; il est présumable que c’était celtes partie de la colline qui- s’étend de la Scala Santa à la porte Maggiore. ' ’ - ' ' . . -
Sur l’Esqüilii* , la plus vaste des collines de Rome; on distingue quatre
RENSEIGNEMENTS DIVERS
• fia
sommets situés à lu villa Altieri , à la villa Palombara, à S. Pietro in Vincoli et à S. M. Maggiore : les deux' derniers s’appelaient autrefois mont Oppius et mont Crispius.
L’Esquilin est traversé par te rem/mrt de Servius, qui commence vers l’arc de Galien , passe dans la villa Negrcyii , se prolonge vers les tliermes de . ‘ Dioclétien et la vigne des Chartreux , coupe la rue Pia , pour arriver à la villa Mandosia où il se termine parallèlement à la vallée qui sépare le Quirinal du Piucius. Ce rempart est aujourd'hui enterré; mais sur presque tous les points où il existait jadis , on distingue encore une sorte de crête % qui permet d’en suivre l’antique direction.
I,es trois principaux points culminants du Quirinai. étaient désignés sous les noms de Sa/utaris, Mutialis et Uitiaris : on les retrouve à S. Domenieo •e Sisto, à la villa Aldobrandini et au jardin Colonna. Deux autres sommets se remarquent encore: l’un au jardin du palais Barherini, et l’autre au jardin Pontifical. .
Nous n’avons autre chose à dire des trois petites éminences connubs sous les noms de monte Oiordano, monte Citorio et de' Centi, si ce n’est qu’elles sont formées, du pioins les deux dernières, des débris d’anciens édifices.
Nous compléterons ces renseignements sur la forme des diverses colline^,, en donnant ici la mesure de leurs hauteurs respectives. Ces mesures sont rapportées au niveau des eaux moyennes du Tibre prises au port de Ripetta, niveau qui est à 6“' ,497 au-dessus de celui de la Méditerranée (i f. •
Métré» Putfi
Capitole, à l’angle occidental de la roche Tarpéienne. 3f),5aa tat.8
idem, sol de l’église de l'Ara celi 4a', 554 1 3 1 . »
Palatin, sol de l’église de S. Bonaventura 45,477 i4o.»
Coçues, sol de l’église de S. Gio : in Laterano 4 4 ,"8 a 8 t38. »
Viminal, sol de l'église S. Lorcnzo in Panisperna 45,477 i4o-“
Esquilin, sol d’une éminence dans l;i villa Negroni. . . . 58,Go6 ■ 84 - 5
idem, sol de l’église S. Croce in Gerusalemme 3q,7'3r) iaa . 4
(i) O* documents ont etc puisés dans les travaux de Calandrelli, Srukburg, Scaccia, Schouw et de' Vecchi.
RENSEIGNEMENTS DIVERS
*mm. Pieds
QriRi.YAL, sol de la cour du palais pontifical 4i,5"9 128. »
idem, sol de l'église S. M. degli Angeli (aux theémes
de Dioclétien) 48.726 i5o.»
idem , - * sol du jardin Colonna 4 5, a 07 1 3g . a
Pmcms, . solde l'église délia Trinitàde' Monti 42.23g <3o.»
idem, sol de la villa Lqdovisi , au casin de l’Aurore. 5g, 770 184. «
idem, * sol de la villa Mcdici 53,84a i65.ij
Avcttth, sol de l’église S; Alèssio... 4°>93o 126. »
Janiccle, sol de l’église S. ‘Pietro in Moiitorio 53,5g8 i65. »
idem , point culminant près de la fontaine l’aola. . . 88, «3 1 277.»
Vatican, sol de la basilique de S. Piclro 33,71 3 73.»
Monte Mario, qui forme comme la suite du Vatican i36,433 4ao. »
Corso, ' vers son milieu , à l’égout du palais. Piano. . . 6,0g 1 18. g
Panthéon, pavé du vestibule. " 4,873 i5.»
Forum, sol aulique sous l’arc de Septime Sévère. .. . 7,985 24.7
S’il faut en croire le témoignage des historiens, les premiers habitants de ces Contrées, lorsqu'ils .vinrent y fixer leur demeure, trouvèrent la plupart de ces collines couvertes de bois, et des sources assez nombreuses à leur hase.
I.E Capitole, suivant Denis d'Haljcarnasse, formait un bois de chênes; du pied de cçtte colline sortait Vaqua hiutola , laquelle se rendait probablement dans le Vélabrc Mineur, line autre source, qui n’a -pas été mentionnée par les anciens, existe encore près de la prisou Mamertina.
Sur le Palatin se trouvait le bois dédié à Pan ; sur l'éminence qui s’v rattache, où l'on a bâti l’arc de Titus et S. Franccsca Humana , existait un bois, et, de l’autre côté, dans la vallée du cirque Maxime, on cite encore un bois de 'myrtes, d’où peut-être la vallée reçut le nom de Mirtea ou Murcia. Trois sources sont indiquées, l’une, sortant de la caverne Lupercale, l’autre, à la base du mont tournée vers le Capitole, enfin , près de S. Teodoro, la troisième, qui se perdait dans le lac Julurne. Il est assez, probable que ces eaux provenaient d'unè même source, et peut-être de celle qu'on retrouve à une grande profondeur dans la villa Spada, laquelle sort aujourd'hui piés de la cloaca Massima.
On ne peut douter qu’il n'y eût des bois sur I’Aventin, puisque c’est là
64 RENSEIGNEMENTS DIVERS
que les anciens indiquaient la demeure de Faune, . des Satyres rl des Sylvains. f ‘ • •
Des bois de chênes devaient exister sur le Coeurs, puisqu'il était nommé Querquelu/anus. .
On trouve près .de la villa Fonseca une source qui était peut-être Vaqua ,4rgenlina ; elle sert aujourd’hui aux besoins d'une fabrique de ‘papier établie près de S. Anastasia. .
Plusieurs bois sont signalés sur I’Esquijlih. Suivant une inscription , une source fut trouvée au temps de ^Dioclétien près de la villa Negrorri. Son eau, plus salubre que l’eau Marc la elle-même, et plus légère que celle du Tibre, fut recueillie dans une citerne et servie sur la table de l’empereur. On rencontre une autre source sous le sol de S. Cosnio e Damiano.
Le Vimisal fut ainsi nommédes bois de saules, virnini, qui l'ombrageaient. Quelques boisj sont indiquée sur le Qcirinal, notamment celui du temple de Quinnus. On reconnaît aujourd’hui trois sources, l’une dans- le palais del Grillo, une autre dans le Vicolo Mazzarini ,’ et la troisième dans le couvent de S. Croce e lionavenlura de’ Lucchesi. .
. On ne possède presque aucuns renseignements sur le Pincius (cq/lis hotlu- ■ forum) : on ignore s’il était couvert de bois, et même si les diverses sources qui devaient s’échapper de scs pentes avaient un nom particulier.- Seulement, P. Victor et S. Itufus indiquent une fontaine des Sapions, située près des jardins de Lucullusl mais on ne saurait dire si cette fontaine était naturelle du artificielle.
Suivant Pline, il existait sur le Vatican un chêne plus ancien que la cité.
Diverses sources baignaient le lieu où s’élève la basilique de Saint-Pierre;
Innocent X en conduisit les eaux dans la cour du Vatican et les distribua
dans les lieux voisins. Une seconde source a été découverte, en 1637, dans
le jardin ilu Belvédère.
Le Janici le possède également plusieurs sources'; on en trouve daçs les jardins Corsini et Salviati, au bas de S. Pietro in Montorio, enfin, une quatrième au pied de la montée de S. Oitofrio. On Ta rnnduile.dans l'hôpital de S. Spirilo, et nommée Lancisi, du nom du médecin qui en conseilla l'usage. ' * '
Le sol de la plaine était dans les mêmes conditions que celui des collines.
Le champ île Van était couvert «le bois «|u'on détruisit pour Taire un lieu propre aux exercices militaires; et Auguste destina à une promenade les bois situés près de Ripetta. Sur ce point, les eaux se montrent encore en abondance; il suffit de creuser le sol à une profondeur de «|uel«|ues pieds pour s’en procurer, de sorte que Home moderne pourrait se passer des beaux aqueducs qui vont puiser leurs eaux dans des lieux éloignés.
Avant que les Romains des premiers siècles eussent assaini leur ville, il existait sur plusieurs points du sol des marais fangeux formés à la suite des débordements du Tibre et alimentés par les sources dont nous venons de faire l’énumt-ration. Ainsi l'Aventin était séparé du Palatin par un marais pis «fond , qui inondait celle partie de la vallée Murcia où se trouve le cirque Maxime; c’était ce qu'on appelait le Vélabrc Majeur. Une autre branche de ce marais s’étendait dans la vallée adjacente entre le Capitole et le Palatin, et formait le Vélnbre Mineur: son extrémité, qui s’élargissait vers S. M. Libératrice, se nommait lac Cuiiiur : enfin, entre ce même lacet le Palatin, près de S. Teodoro, il y avait un petit lac circulaire, le lac Julume, où venait se perdre une source provenant du Palatin. Ces deux lacs et les deux Vélabres prirent leur écoulement dans la cloaca Maxima et furent ainsi desséchés. Toutefois, le quartier environnant n’en conserva pas moins le nom de f'élabre, et, aujourd’hui même, la petite église voisine de S. Giorgio polie encore la désignation de in Velabro.
Sur un autre point, dans le champ de Mars , existaient encore des marais également formés par les eaux du Tibre. I-a situation «lu marais Caprea pourrait se déterminer en suivant la dépression du sol. Il devait partir des bords du fleuve, entre ponte Sisto et ponte Quattro Capi, et se prolonger jusque vers Monte Citorio, occupant ainsi tout l'espace où sont maintenant S. Andrea délia Valle.S. Carlo ai Catinari, piazza Navonaet S. Luigi de’ Fraucesi ; mais comme dans cette surface on observe quehpies éminences, on peut supposer qu’il y existait plusieurs parties à sec formant des espèces «files.
Non loin «le là devait se trouver un autre marais nommé Tarrntn ; il était probablement situé près du Tibre, vers la place Nicosia et le collège Clementino.