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rien d'intéressant, si ce n'est quelques restes de peinture en sgraf-
fito d'un bon style. On découvre également sur les murs du passage
qui sépare les deux cours quelques traces de fresques, et sur la voûte des feuillages et des oiseaux. Ces peintures témoignent du luxe apporté à la décoration de ce palais, dont l'architecture est attribuée à Gio. Antonio de’ Rossi. Les deux colonnes qu’on voit sur les ailes du petit portique sont en marbre cipollin et d’une belle
exécution.
Plan du palais Lavajant; via Paola.
La disposition de ce plan, quoique dépourvue d'originalité, n'est pas sans mérite. L'examen des bâtiments fait reconnaître qu’on a pris beaucoup de soin des constructions, qui sont encore aujourd’hui en
bon état.
Plan et coupe d'une maison ; via del Teatro-V'alle.
Il ne faut pas s'attacher ici à la disposition du plan, qui n'offre rien de satisfaisant, si ce n’est les deux portiques et l'escalier. La façade sur la cour elle-même, bien qu’elle ne manque pas de grâce, ne sera pas d’abord appréciée. On est choqué des disparates qu'on y trouve. Ces colonnes cannelées, ou lisses, ou même torsés qu'on aperçoit dans la loge supérieure; ces chapiteaux de mauvais goût, doriques et composités, posés çà et là, semblent accuser un-tel désordre, qu’on est peu disposé à s'arrêter devant un ensemble aussi inharmonieux ; mais un examen plus réfléchi efface cette première impression et fait trouver de l'intérêt au joli motif et à l’arrangement des fenêtres de l’entresol.. D'autres détails encore charment par leur à-propos, tels que les médaillons et la balustrade; on regrette toutefois que les arcades du dernier étage sorent dépourvues d’archivoltes
et que cet étage n'ait pas été complété par un couronnement convenable (1). |
Il ne faut donc pas chercher ici une œuvre complète et irréprochable; mais on y rencontre une pensée heureuse qui demanderait à ètre fécondée par l'étude.
Les colonnes qui composent les deux portiques du rez-de-chaussée sont au nombre de huit; sept de ces colonnes sont en granit gris, et la huitième en granit rouge.
Les premières dispositions de cette habitation ont été modifiées
depuis que des constructions nouvelles ont été élevées sur le jardin.
Plan de l'église S. Cecilia in Trastevere.
Cette église fut, dit-on, élevée sur le lieu même où existait jadis la maison de sainte Cécile. Elle fut consacrée par le pape Urbain [e, vers l’an 230. Saint Grégoire le Grand la restaura, et Pascal I*', en 821, l'ayant rebâtie, y fit transporter les corps de la sainte, de saint Valérien, son époux, et de saint Tiburce, son beau-frère. Clément VII donna cette église aux Bénédictines, qui bâtirent le monastère contigu. Au xvut siècle le cardinal Sfrondato, neveu de Grégoire XIV, l’orna somptueusement. Enfin elle fut accrue et embellie à l’intérieur en 1725 par les cardinaux titulaires Francesco Aquaviva et Trojano, son neveu.
La place qui précède l’église est d’un bon effet, mais c’est surtout la cour qui mérite l’attention. Elle fut disposée avec simplicité et convenance par Ferdinando Fuga; il la borda d’un trottoir de chaque côté et l’orna d’un beau et grand vase de marbre, qui a dù servir, dans les premiers siècles du christianisme, pour l'ablution
(1) Ce serait peut-être apporter une amélioration à cet étage que d'y transformer les arcades en entre-colonnements par la suppression des arcs; nous croyons que l’ensemble gagnerait à
cette modification.
PB
des fidèles. Cette longue cour, qui éloigne l’église de la voie publique, lui donne plus de calme et prépare le chrétien au recueillement.
Le portique de l’église est décoré de quatre colonnes, dont deux en granit et deux en marbre africain.
Aujourd’hui cette église ne présente plus malheureusement l'aspect élégant que notre dessin fait supposer. En 1823, à la suite d'une restauration, les vingt-quatre colonnes de granit gris qui la divisaient en trois nefs ont été engagées dans l'épaisseur de forts piliers et ont ainsi disparu.
Le sanctuaire est élevé de plusieurs marches au-dessus du pavé de la nef, et le maîtré-autel est couvert d’un baldaquin en marbre porté par quatre colonnes d’un très-beau marbre blanc et noir.
L'abside est décorée d’une mosaïque qui date du 1x° siècle. Le pavé du chœur est composé de marbres très-variés formant un dessin riche, mais bizarre.
Parmi les objets intéressants que renferme cette église il faut citer la crypte, où est le tombeau de sainte Cécile; la belle statue en marbre exécutée par Stefano Maderno et dans laquelle l'artiste a reproduit la pose qu'avait le corps de la sainte lorsque le cardinal Sfrondato fit ouvrir, en 1599, la bière où elle reposait ; enfin la chapelle construite à droite de la nef, sur l'emplacement de l’étuve où l’on croit que sainte Cécile fut jetée d’abord. On retrouve encore
dans les murs les conduits par où circulait la chaleur.
Tombeau du cardinal Ælano Cettiworr, dans l'église S. Prassede. Tombeau du cardinal Christoforo della Rovere, dans l'église
S. M. del Popolo.
Les deux monuments gravés sur cette planche, de chaque côté du plan de l’église de Sainte-Cécile, sont évidemment conçus d’après -les
mêmes données, bien que le motif en soit très-différent. L'un et
VANES ET CRITIQUES. 655
l’autre ils sont compris dans une arcade, vers le milieu de laquelle le défunt est représenté couché sur un sarcophage, au-dessous duquel une longue inscription donne le nom et une courte biographie du personnage. Dans la partie supérieure du monument sont représentés, sur celui de gauche les deux apôtres saint Pierre et saint Paul, et sur celui de droite la Vierge tenant l'enfant Jésus et accompagnée de deux anges en adoration.
Les deux monuments, exécutés en marbre blanc, datent du règne de Sixte IV, c’est-à-dire de la fin du xv° siècle, époque du triomphe de la sculpture d'ornement, ét qu'on peut nommer l’âge d'or des arts. L’exécution est pleine de finesse et d’un sentiment exquis qui répand de la grâce dans les moindres ajustements.
Église S. M. degli Angeli (Sainte-Marie-des-Anges) et Chartreuse ;
place de” T'ermini.
Cette église, qui occupe l'emplacement d’une salle principale des thermes de Dioclétien, est, par ses vastes proportions, une des plus majestueuses de Rome. Au xvie siècle le pape Pie IV, cédant aux sollicitations d’un prêtre sicilien, nommé Antoine Duca, qui avait une grande vénération pour les anges, se décida à élever un temple sous l’invocation de la Madone des Anges. Il confia l'exécution de ce projet à Michel-Ange Buonarotti, alors âge de plus de quatre-vingts ans. Le grand artiste conçut la pensée de transformer en église une immense salle des thermes de Dioclétien dont les murs et les voûtes avaient encore leur intégrité. Le pape adopta son projet de préférence aux plans dessinés par d’autres excellents artistes, si l’on s’en rap-
porte au récit de Vasari, que nous croyons devoir citer ici(1). Michel-
(1) « .… Fece richiesto dal medesimo pontifice per far la nuova chiesa di S. M. degli Angiol nelle terme Diocleziane per ridurle a tempio a uso di cristiani, e prevalse un suo disegno, che
fece, a molti altri fatti da eccelenti architetti, con tante belle considerazioni per comodità
Ange conserva en place les huit belles colonnes de siénite, d’un seul morceau, qui flanquaient les grandes voûtes d’arête de cette salle. Pour préserver l'édifice de l'humidité il jugea à propos d'élever le sol de l’église d'environ 2 mètres; cet exhaussement a détruit la proportion des colonnes et masqué leurs bases, qu'il a fallu rétablir. Quoi qu'il en soit, on doit à la transformation opérée par Michel- Ange la conservation d’un précieux reste antique de l'architecture romaine. Malheureusement les détails modernes de cette église sont d'un goût déplorable; ils ont déparé cet ensemble, dont l'aspect est si grandiose et si majestueux, et auquel on ne reprocherait que des proportions trop lourdes peut-être, défaut rendu sans doute plus sensible depuis la surélévation du sol et l’adjonction fâcheuse d’un piédestal courant à la naissance de la voüte.
Voici les principales dimensions de cet édifice :
Hauteur du grand ordre, compris la
nouvelle base, les füts et le chapiteau. 13",826 Diamètre dés colonnes. 80 0.7 1,644 Hauteur du so] à.la vouté te "EEE 0 Longueur de la grande nef transversale. 100,622 Longueur de la grande salle seule. . . . 58,749 Largeur de la même salle. . . . . . . . . 24,000 Entre-colonnements, d’axe en axe. . . . 18",000 Et'celti-dumilieu. "#7. 55 EM RON
Le pavé fut exécuté par Grégoire XIIL; et en 1701, sous-Clement XI, le prélat Bianchini fit tracer sur ce pavé la belle méridienne qu'on y voit; elle est bordée des signes du zodiaque figurés en
de’ frati Certosini, che l’hanno ridotto oggi quasi a perfezione, che fe’ stupire sua santità e tutti 1 prelati e signori di corte delle bellissime considerazioni che aveva fatte con judizio, servandosi di tutte l’ossature di quelle terme; e se ne vede cavato un tempio bellissimo, ed una
entrata fuor della opinione di tutti gli architetti. »
(Vasart, Vita di Michel Agnolo Buonarotti.)
pierres de couleur, et sa longueur est de 45",715. Le monument des thermes, offrant plus de solidité et de chances de durée, fut choisi de préférence pour établir ce gnomon astronomique, sur lequel on trouvera quelques détails dans le foyage en ltalie, de Lalande.
Enfin Benoît XIV, en 1749, ‘fit faire à l’église, sous la direction de Luigi Vanvitelli, de grandes modifications qui altérèrent entièrement le plan primitif adopté par Michel-Ange et mirent l'édifice dans l’état où on le voit aujourd’hui. Vanvitelli donna à l’église la forme d’une croix grecque. Il consacra une nouvelle salle à devenir la nef principale; et la première salle, transformée en église par Michel-Ange, devint la nef transversale. Ces changements amenèrent la nécessité d’une autre entrée principale : pour cela Vanvitelli utilisa une salle ronde antique en avant-corps, et il en forma un vestibule d'entrée qui reçut deux chapelles et quatre tombeaux dans les niches. Deux de ces tombeaux renferment les restes de deux artistes célèbres : Carlo Maratta et Salvator Rosa. Le maître-autel fut placé dans l’abside, à l'extrémité de la nouvelle nef principale, et il est étouffé sous une voûte basse. De plus, pour établir de l’uniformité, la nouvelle nef fut ornée de huit colonnes, semblables d'aspect aux colonnes antiques, mais construites en briques recouvertes d’un enduit et peintes. Tous ces changements ont été amèrement censurés ; on à crié au sacrilége. Bottari, particulièrement, dans les Dialogues sur les trois arts du dessin, qui lui sont attribués, regrette entre autres choses la belle porte de Michel-Ange, qui a été murée, et critique l'entrée actuelle qui donne accès dans l’église par le vestibule, où l’on est obligé de descendre dix degrés(1). Du reste il paraît (et c’est une observation que fait Milizia) qu'il ne faut pas exclusivement ver-
(r) Finalmente in luogo di quella superba porta, che gli architetti non si stancavan di lodare, si entra adesso per una portuncula laterale posta in una facciatuccia concava mieschinissima, col! obbligo di scendere niente meno di dieci scalini, come si andasse giù in una
grotta. (Bottari.)
ser sur Vanvitelli le blâme de toutes ces altérations fâcheuses; luimême, dans ses Mémoires manuscrits, conservés à l’Académie de Saint-Luc, attribue plusieurs de ces mutilations aux Chartreux, à qui Pie IV avait accordé les ruines des thermes pour y bâtir leur couvent, réuni à l’église Sainte-Marie-des-Anges. Ce sont eux qui firent murer par l'architecte Orlandini les chapelles disposées de chaque côté de la nef par Michel-Ange, et Vanvitelli prétend qu'il ne put obtenir d’eux la permission de les rouvrir. Ce fut à la même époque que, plusieurs beaux tableaux qui décoraient la basilique de Saint- Pierre ayant été reproduits en mosaique, on put disposer des originaux, qui furent transférés à S. M. degli Angeli. L'on vit alors, en 1736, la belle fresque du Dominiquin représentant le martyre de saint Sébastien transportée tout entière, avec l’enduit et le mur auquel elle adhérait, par le célèbre Zabaglia, cet ouvrier de génie, qui, dépourvu d'instruction, mais doué de facultés naturelles, inventa plusieurs machines ingénieuses et devint architecte de Saint-Pierre. Il faut encore citer, parmi les objets d’art remarquables de cette église, la statue de saint Bruno, faite à Rome par Houdon dans sa jeunesse, et qui est considérée comme un de ses chefs-d'œuvre.
Plan général de la Chartreuse.
Les bâtiments de ce couvent sont combinés, soit avec l’église S. M. degli Angeli, soit avec ses dépendances. Cela se concoit d’autant mieux que les religieux choisirent pour leur architecte Michel- Ange Buonarotti, déjà chargé par le pape de bâtir l'église. On retrouve ici la disposition suivie le plus communément pour ces sortes d'établissements, et qui répond parfaitement au régime de vie que les règles sévères de l’ordre imposent aux Chartreux et à leur isolement obligatoire. Michel-Ange, d’ailleurs, dut être naturellement influencé par le souvenir de la belle et délicieuse chartreuse des environs de Florence, bâtie un siècle avant celle-ci par le grand
architecte Brunelleschi. Dans les deux monastères les dispositions d'ensemble sont les mêmes ; on y voit une suite de petites habitations commodes et toutes semblables rangées symétriquement autour d'un vaste cloître qui les relie entre elles et donne à chaque demeure un accès facile pour le service. Pour faire connaître de quoi se compose chaque habitation nous avons reproduit séparément le plan de l’une d'elles sur une plus grande échelle, en plaçant au-dessous une légende qui marque la destination de chaque pièce, et près de ce plan nous avons ajouté deux petites vues qui en complètent l’intelligence.
On peut voir que dans cet asile calme et silencieux, où tout semble inviter à la méditation, au recueillement et à la prière, les besoins de la vie solitaire du chartreux ont été attentivement prévus, et que les dispositions sont bien calculées dans l'intérêt de son bien-être.
Les bâtiments de la Chartreuse de Rome n'ont pas été achevés et n'existent que d’un seul côté du cloître, vers l’ouest. Grâce aux divers percés qu'on apercoit sur les murs du fond du portique, il a été possible de compléter le plan, où les petites habitations non-exécutées se distinguent par des teintes plus päles et grises, tant au nord qu'à l'est.
Deux habitations situées vers le sud ont une distribution différente de celle des autres. Peut-être ces habitations avaient-elles une destination spéciale, ou bien rappellent-elles un plan primitif qui fut ensuite modifié. L'habitation G, destinée au supérieur du couvent, est plus étendue et autrement distribuée; elle est naturellement placée à l'entrée du couvent et en communication avec l'extérieur. En face sont de petits logements K, destinés à l'usage des étrangers, et situés à l’écart et loin des habitations des moines. Tout cet arrangement intérieur atteste la prévoyance et le sentiment de convenance
qui ont guidé l'architecte.