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Vue du cloitre et du grand jardin des chartreux.
La vue gravée au bas de cette planche donne une idée de l'étendue de ce grand et beau cloître, de l'effet résultant de cette longue suite d’arcades, portées sur cent colonnes de travertin, et du caractère sévère que lui impriment ces pins séculaires et dépouillés, plantés, dit-on, par Michel-Ange. Les ruines des thermes de Dioclétien apparaissent au-dessus des bâtiments, comme un emblème éloquent de la vanité des choses humaines, à ceux qui sont venus chercher ici un asile sûr et paisible contre les agitations de la vie, ses luttes et ses naufrages. |
Le fragment de coupe gravé au-dessus de la vue exprime avec exactitude les proportions des deux étages, celles des arcades ou des colonnes, et fixe les principales mesures.
Les petites fenêtres qui alternent sous le portique avec les portes d'entrée des cellules sont munies de tours par lesquels les pieux solitaires recoivent leur frugale nourriture et les divers objets dont ils ont besoin.
De chaque côté de la coupe sont placées des vues des deux habitations situées au sud, que nous avons déjà mentionnées. Si elles sont moins commodes et moins complètes que les autres habitations, on ne saurait toutefois leur reprocher de manquer de pittoresque.
Palais di Firenze (de Florence), via de Prefetti; plan général
et vue de la cour.
encore attestée aujourd’hui par les armes de Jules IT 4 Monte, qui se voient au-dessus de la porte du milieu de la facade du fond de la
ET CRITIQUES. 601 cour), puis aux Cardelli, est devenu la propriété des dues de Toscane, qui l'ont destiné à servir d'habitation à leurs chargés d’affaires et aux jeunes artistes pensionnaires, que l’Académie des beaux-arts de Florence entretient à Rome.
Les bâtiments de ce palais sont disposés avec une telle irrégularité qu'on reconnaît à première vue qu’ils ont été élevés dans des conditions difficiles. On à voulu conserver et utiliser certaines constructions préexistantes, et l'architecte chargé de la restauration à dû chercher à les régulariser autant que possible, mais sans pouvoir y réussir bien complétement.
Cette restauration est attribuée à Vignole, qui fut, comme on sait, l'architecte du pape Jules IT 47 Monte pour les constructions de la villa Giulia. Nous partageons cette présomption, tout en faisant nos réserves. Si l’on reconnaît Vignole dans l’étude ingénieuse du plan, et même son style dans plusieurs parties dés facades, on peut cependant hésiter à croire encore à sa coopération en apercevant certaines négligences et bon nombre d’incorrections qu'il répugnerait d’attribuer à un maître dont la réputation de sagesse est si bien méritée. Pour expliquer ces alternatives de bien et de mal, nous aimerions mieux supposer qu'en l'absence de Vignole, souvent éloigné de Rome, soit à cause des travaux considérables du château de Caprarola, soit à la suite de ses démêlés avec le pape, la direction des travaux aura été donnée à un architecte inhabile qui, ou n'aura pas su interpréter des croquis trop peu arrêtés, ou aura mal suppléé à des dessins incomplets.
Vue de la cour prise sous le portique, côté de l'entrée.
Parmi les détails incorrects du palais de Florence, dont nous parlions à Particle précédent, et que nous nous déciderions difficilement à attribuer à Vignole, nous citerons ici les proportions des arcades du portique, ou celles des entre-pilastres de la façade du fond
de la cour; elles sont en effet trop éloignées du sentiment de cet artiste et des doctrines qu'il professait. Faut-il supposer que les obstacles qu’il avait à surmonter étaient tels qu'il n’a pas réussi à les vaincre ?
Il est également assez probable que les deux portiques situés de chaque côté de la cour, et dont les chapiteaux sont variés et antiques, sont d’une construction antérieure à la restauration de Vignole ; celui-ci aura seulement établi le portique du côté de l'entrée, où l'on voit des chapiteaux modernes qui semblent de sa composition. Nous reproduisons ici deux des chapiteaux antiques qui se distinguent par
leurs gracieux ajustements.
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