‹ Edifices de Rome moderneChapitre 108 sur 154 · VIX · texte numérisé non relu

VIX

XII

Porte d'une maison, vicolo de” Fenti.

L'ajustement de cette porte a du rapport avec celui de la porte précédente; c'est une variante dont l'architecte pourra faire son

profit.

l'estibule d'une maison habitée par Michel-Ange, via d'Ara Celr.

Cette maison est devenue célèbre par suite de la tradition : qu'elle a servi de demeure au grand artiste. La disposition du plan est. assez bien accusée; dans le vestibule est l'escalier principal, et à gauche le passage qui conduit à la cour. Les peintures de la vote de ce vestibule sont aujourd’hui fort dégradées et difficiles à déchiffrer. Nous avons représenté le grand peintre assis, montrant du doigt à un élève le beau torse antique, qui faisait son admiration.

Au-devant d’un pilastre de l'escalier, nous avons placé un candé-

labre de la composition de Michel-Ange.

Maison habitée par Salvator Rosa, via Gregorianx.

Le nom de Salvator Rosa donne aussi de l'intérêt à cette maison, située entre les deux rues Gregoriana et Sistina, sur le sommet du mont Pincio. Cette position en rend l'habitation très-agréable. La disposition du plan en est sage ; le petit vestibule est d’une bonne proportion, et l'aspect des fabriques voisines qu'il laisse apercevoir

forme une perspective variée et pittoresque.

Basilique de S. M. in Trastevere.

La basilique de S. M. in Trastevere fut, une des premières, élevée

a Rome en l'honneur de la Vierge; selon la tradition elle serait même la première église où il fut permis aux chrétiens d'exercer leur culte ; elle aurait été bâtie en 222 sur l'emplacement d’une ancienne taberna meritoria, où maison de dépôt pour les soldats invalides, bâtiment abandonné que l’empereur Alexandre Sévère aurait cédé au pape Calixte I. Elle reçut d’abord le nom de Fons Ole, parce qu'elle était dans le voisinage du lieu où, selon le récit d'Eusèbe de Césarée, une source d'huile de pétrole s'était mise tout à coup à couler pendant une journée, l'an de Rome 7353, au moment de Ja venue du Christ. On rattacha à ce phénomène naturel une idée miraculeuse, et la tradition s’en est perpétuée. Nous ne la rapportons que pour donner l'intelligence de l'inscription placée sur l’archivolte du grand arc de l’église, où se lisent les mots Ole Fons. L'église fut abandonnée pendant un siècle; puis, quand les persécutions cessèrent,. elle fut rétablie par le pape saint Jules f*"; elle fut restaurée en 707 par le pape Jean VII, et suceessivement par Grégoire Il, par Grégoire II; Adrien [° y ajouta deux nefs; Grégoire IV y fonda un monastère pour les chanoines réguliers de Saint- Augustin ; Benoît ITE construisit la tribune; Innocent Il, en 1139, rebâtit l’église depuis les fondations et fit faire les mosaïques du haut de la tribune; au xv° siècle Nicolas V la fit restaurer de nouveau par Bernardo Rossellini; enfin en 1702 Clément XI fit ajouter le portique actuel de la façade, sur les dessins de Carlo Fontana. L'intérieur de l’église est divisé en trois nefs d’une bonne proportion; on y compte vingt-deux ou vingt-quatre colonnes de granit gris et rouge de différents diamètres et ayant des chapiteaux antiques variés. Les chapiteaux, d’ordre ionique, d’un style fort riche, proviennent d'un temple d’Isis et de Sérapis; on y voit les petites têtes de ces deux divinités égyptiennes et celle d'Harpocrate; le pavé est en marqueterie de porphyre, de serpentine et de marbres. Le dessin du plafond est très-tourmenté; on y admire, au centre, une belle

peinture du Dominiquin, représentant l’assomption de la Vierge et

exécutée sur une lame de cuivre. L'autel de la confession est orné de quatre colonnes de porphyre portant un tabernacle. L’abside ou tribune a deux séries de mosaïques; celles du haut, où sont figurés en grandes proportions le Christ, la Vierge et divers saints, sont du milieu du xn° siècle. Les mosaïques placées au-dessous, et représentant quelques traits de la vie de la Vierge, furent exécutées vers 1290 par Pierre Cavallini, qui fut le collaborateur de Giotto dans sa fresque de la Navicella, à la basilique de Saint-Pierre. Ces mosaiques ont été restaurées de nos jours sous la direction de Camucecini. Les peintures au-dessous des mosaïques sont de Ciam-

pelli, peintre du xvi° siècle.

Palais Rospigliosi, sur la place du Mont-Quirinal:

Rien sans doute dans ce palais, sous le rapport de la disposition du plan, ou sous celui de la correction du style, ne mérite de fixer l’attention de l'architecte. La principale chose qu'il faut y remarquer, c’est l’arrangement des divers bâtiments, groupés ici d’une manière si pittoresque, et que souvent des combinaisons plus savantes ne procurent pas. Î faut avouer que ces résultats si heureux sont quelquefois dus au hasard. Le mouvement des lignes, les reculées sur les balustrades du rez-de-chaussée, et jusqu’à la loge en arcade du sommet de l'édifice, produisent un effet agréable et un certain désordre qui a du charme. Le jardin (voir le petit plan de gauche) qui s'étend le long du palais est orné de pièces d'eau, et élevé d’un étage au-dessus du sol de la rue. À l'extrémité de ce jardin est un pavillon, composé de trois pièces, où l’on a réuni une collection de tableaux remarquables ; la voûte de la grande salle du centre contient la célèbre fresque de l’Aurore, ce brillant chef-d'œuvre de Guido Reni, qui ne cesse point d'attirer l'admiration de tous ceux qui visitent Rome.

Ce fut le cardinal Scipion Borghèse qui fit édifier, en 1603, ce vaste

ET GRITIQUES. 675

palais sur une partie des ruines des thermes de Constantin; l'architecte Flaminio Ponzio fut chargé des constructions; il eut pour successeur Gi0. Vasanzio. Le palais passa ensuite aux ducs Altemps, puis au cardinal Bentivoglio, et enfin à Mazarin et à sa famille, qui l’augmenterent sur les dessins de Carlo Maderno et de Sergio Venturi.

Maintenant il appartient à la famille Rospigliosi.

Casin de la villa Giustiniantr.

Au bas de cette mème planche sont réunis un double plan du casin de la villa Giustiniani, et une élévation de la facade postérieure. Le plan de ‘cette maison de plaisance est distribué avec intelligence; la façade, ornée de bas-reliefs d’une bonne proportion, est d’un aspect agréable; la loge est assez bien. étudiée, et l'entablement qui forme

le couronnement a de l'élégance.

Eglise et couvent de S. Prassede ; et chapelle Olgiatr.

Cette église, desservie par les moines de Vallombreuse,est située près de la basilique de S. M. Majeure. Au 11° siècle de l'ère chrétienne un premier oratoire aurait été élevé par le pape Pie I sur les thermes de Novatus, frère de sainte Praxède. Suivant les légendes, elle était fille du sénateur saint Pudent et sœur de sainte Pudentienne ; elle aidait de sa fortune les chrétiens persécutés et enterrait les martyrs. Le puits où l’on prétend qu’elle recueillait leur sang et leurs ossements existe encore aujourd'hui au milieu de la nef. En 822, saint Pascal Ef fit rebâtir et agrandir cette église, qui fut divisée en trois nefs, ornées de seize colonnes de granit provenant d’édifices antiques ; il orna également la tribune et le grand are de mosaïques. Au xvi® siècle, saint Charles Borromée, titulaire de cette église, la restaura ; fit reconstruire

la façade, ainsi que l'escalier qui monte à latribune ; enfin c’est lui qui

bâtit le monastère annexé pour les moines de Vallombreuse. On monte extérieurement-à l’église par un ancien portique orné de deux colonnes de granit. L'escalier à double rampe qui mène à la tribune est composé de degrés formés de blocs de r0ss0 antico, que l'on cite parmi les plus gros connus. Le maître-autel isolé, et couvert d'un baldaquin porté sur quatre colonnes de porphyre accompagnées de pilastres, fut reconstruit en sa forme actuelle par le cardinal Ludovic Pie de la Mirandole, en 1750, sous la direction de l'architecte Francois Ferrari. La chapelle de la sainte Colonne, la troisième à droite, est ornée de mosaïques qui datent du 1x° siècle; à cause de la beauté de sa décoration, elle reçut autrefois le nom de Orto del paradiso. On y conserve religieusement une colonne de jaspe, haute de trois palmes, apportée de Jérusalem à Rome en 1223 par le cardinal Colonna; selon la tradition, ce serait celle où fut attaché le Sauveur lors de sa flagellation.

la décoration de cette église est d’un effet assez bizarre. Au milieu du mélange de styles qu'elle présente, de l'incorrection des détails et des peintures de mauvais goût, la chapelle Olgiati, reproduite ici par la gravure, a un certain mérite d'unité; la décoration en est régulière et dans un parti assez bien entendu; elle a été construite par Martino Lunghi. Les peintures de la voûte sont du Joseppin (cavaliere d’Arpino); le tableau du maître-autelest de la main de Frédéric Zucchero. L'un des tombeaux de la paroi latérale a été élevé pour le fondateur, Bernardo Olgiati ; et celui qui est en face pour son neveu, Septimio Olgiati. Dans la sacristie on voit un tableau de la flagellation, attribué

à Jules Romain, et donné à l’église par le cardinal Bibiena.

Tombeau de Jean Ortega Gonueli, dans la sacristie de S. M. del

Popolo.

iv, Les détails de ce petit monument sont charmants; les reliefs en

sont bien accusés et pleins de finesse. On remarquera particulièrement les consoles de couronnement et leurs délicieuses arabesques, les chapiteaux et les arabesques des pilastres et des socles. Une seule ligne du sarcophage se raccorde avec le socle des pilastres. La tête du Christ est isolée, avec un juste sentiment de convenance à la fois religieuse et artistique, au milieu d’un champ uni, qui forme un repos pour la vue et fait ressortir par le contraste les détails d’ornementation délicate qui l'entourent. Deux petits génies qui s'appuient et pleurent sur les armoiries du défunt, s'ils ne sont pas d’un dessin pur et élevé, sont dans un rapport de volume bien calculé avec les autres parties du monument.

La figure principale est malheureusement inférieure au reste : la sculpture en est faible et généralement peu étudiée.

Tombeau d'Antoine Castali, dans l’église S. M. sopra Minerva.

Il est adossé à un pilastre de l’église. Le motif n’en est pas mal conçu, mais les détails manquent de proportion et ils laissent à désirer sous le rapport de la correction.

Bénitiers.

Outre les deux tombeaux précédents, la planche 330 contient deux bénitiers. Celui de gauche, provenant de l’église S. S. Vincenzo et Anastasio, alle tre fontane (voir le plan topographique de la planche 334), est d’une forme élégante, et les ornements en sont d’une extrème délicatesse et distribués avec beaucoup de goût.

L'autre bénitier, placé dans l’église S. Onofrio, est composé dans le goût antique. Le balustre qui supporte la coupe repose sur un trépied. Le galbe général manque un peu d'élégance; la composition pourrait être mieux liée; mais les ornements sont corrects et ont un certain style. |

V, 36 WT X, 0%

Maison située via Güilix.

L'inscription et les armes répandues sur différents points de cette facade ne permettent pas de douter que l'habitation reproduite iei n'ait appartenu à un membre de la famille Farnèse. Or, on sait qu'Antonio da Sangallo ainsi que Vignole eurent des relations avec le cardinal Farnèse, qui devint pape sous le nom de Paul IT. Cette maison est bien certainement d’un de ces deux architectes. La tradition désigne Vignole, et l’on retrouve ici d’ailleurs son sentiment dans quelques détails et dans les moulures ; aussi l’attribuerons-nous de préférence à ce dernier artiste.

La façade est décorée avec simplicité; les moulures de la porte et des croisées ont de la fermeté et sont d’un beau caractère. Cette petite maison privée, faite sans prétention et par un maître de l’art, est un heureux exemple à consulter et qui peut fournir d’utiles ren-

seignements.

Plan d'une maison, via della Maddalena.

La disposition en est assez bien combinée ; la décoration de la cour et l'entrée de l’escalier sont d’un effet agréable.

Porte d'une vigne, via di S. Gregorto.

Cette porte d'un aspect assez monumental est celle d’un jardin appartenant aux religieuses de Sainte-Catherine. Les refends en sont parfaitement bien étudiés. L’amortissement est bien entendu comme masse; on y à introduit un bas-relief antique; ce qui donne quelque charme à la décoration sobre et convenable de ce couronnement de

porte.

Plan d'une maison, piazza Rusticucer.

Les deux portiques de cette cour présentent une bonne dispo- x1v, 9. sition; mais l'architecture, qui semble dater du xvi° siècle, est d’une proportion trop lâche et d'un effet peu agréable.

Eglise de S, Giorgio (sant Georges) in Felabro.

On prétend qu'elle fut bâtie au commencement du vi* siècle et xn, 4. qu’elle fut appelée Basilica Sempronia, parce qu’elle avait été élevée sur les ruines de la basilique antique construite par T. Sempronius, et dont parle Tite-live (1. xziv, 16). Elle prit son nom : #7 'elabro, du quartier de Rome entre le Tibre et le mont Palatin, où elle était située. Ces mots, comme on le voit dans l'inscription rapportée plus bas, se changerent par corruption en velum aurt.

Restaurée par Léon Il, elle fut également dédiée à saint Sébastien ; saint Zacharie la rebâtit et y transporta les reliques de ce saint. Le cardinal Gaetano Stefaneschi, qui en 1295 fut nommé titulaire par Benoît VIIL, fit peindre la tribune par le célèbre Giotto. Le cardinal Giac. Serra, Génois, restaura de nouveau cette église, et en donna le soin aux ermites déchaussés de Saint-Augustin, qui la possédèrent jusqu’à la domination française. Une dernière restauration, qui date de ce siècle, a prévenu une ruine complète de cet antique édifice.

Le plan de l’église de S. Giorgio est irrégulier; elle est à trois nefs divisées par seize colonnes (quatre en marbre et douze en granit), qui ont été tirées de divers monuments. Le petit portique de la facade est très-simple ; il est orné de quatre colonnes, une de cipollin, une de granit et deux de marbre de Paros, et fermé par des grilles en fer; il fut construit au x siècle par un prieur de Péglise,

nommé Stephanus Ex-Stella, comme cela résulte d’une inscription

sculptée dans la frise :

Stephanus Ex-Stella, cupiens captare superna, Eloquio rarus, virtutum lumine clarus, Expendens aurum studuit renovare pronaulum, Sumptibus ex propriis tibi fecit, sancte Georgi, Clericus hic cujus prior ecclesiæ fuit hujus :

Hic locus ad velum prænomine dicitur aurr.

La simplicité de l’intérieur répond à celle de l'extérieur. Les nombreuses restaurations de cette église ont effacé son caractère d’antique basilique. Cependant au fond de l’abside on voit encore un banc circulaire où se plaçaient les prêtres, et au milieu duquel est lé siége épiscopal. Les peintures de cette abside, exécutées vers 1330 par Giotto, ont beaucoup souffert des outrages du temps et de ceux des restaurateurs; aujourd’hui il ne reste que peu de chose de ces peintures primitives.

Outre le plan et les vues extérieure et intérieure de l’église, nous donnons dans la même planche sa façade géométrale, et des détails empruntés à cette façade. |

On remarquera dans la vue extérieure un petit édifice antique attaché à l’église de S. Giorgio; cet édifice est désigné sous le nom d’ARC DE SEPTIME SÉVÈRE, et vulgairement sous celui d’Ærc des Orfevres, ou mieux encore sous celui d’Ærc des Argentiers. I fut érigé, en effet, aux frais des banquiers, ou changeurs de monnaies, et des marchands de bœufs du forum boarium en l'honneur de Septime Sévère et de sa famille; les bas-reliefs sont médiocres et se ressentent de la décadence de l’art; la figure de Geta, qui était sculptée dans un de ces bas-reliefs représentant un sacrifice, en a été effacée ; son nom a également disparu de l'inscription du fronton. On pense que cette mutilation eut lieu après que son frère Caracalla leut poi-

onardé dans les bras de Julie, leur mère. Voici l'inscription sulptée

sur le fronton :

IMP. CAES. L. SEPTIMIO. SEVERO. PIO. PERTINACI. AVG. ARABIC. ADIABENIC. PARTHIC. MAX. FORTISSIMO, FELICISSIMO. —— PONTIF. MAX. TRIB. POTEST. XII. IMP. XI.

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