RL
. “\ . , tuf dont on se sert le plus souvent se tire des carrières situées hors des
portes S. Paolo, S. Lorenzo et S. Sebastiano.
La pierre dite Paromeino est un tuf calcaire dont on fait une excellente chaux, et qu’on trouve en abondance dans les montagnes de Palestrine et de Tivoli. Cette pierre est blanche, poreuse, tantôt fragile et tantôt compacte. Les anciens s'en servaient quelquefois pour les ouvrages de macon-
nerie de blocage, et même pour les ouvrages réticulés, opus reticulatum.
. \ j A lé à Ü k c LES PIERRES PONCES qui sont, à cause de leur extrême légèreté, d’un . . A S 14 usage précieux pour la construction des voutes, se rencontrent fréquem
ment au nord de Rome, vers Caprarola, Bagnaïa et les monts Cimini.
Briques. On trouve dans l’intérieur de Rome ou à ses portes une argile blanche et rouge, très-abondante et éminemment propre aux ouvrages en terre cuite. Aussi la brique et la tuile y sont-elles d’une qualité supérieure.
La dimension des briques modernes de Rome ne s’écarte pas beaucoup de celle des nôtres (1). Toutes celles qu’on y fabrique aujourd’hui sont cuites et font un excellent usage. Dans les plus beaux édifices, on les emploie même pour les parements extérieurs. C’est ainsi que sont construits l’intérieur de l'église de Saint-Pierre, les façades des palais Sacchetti, Mattei,
Farnèse, du Vatican, de Saint-Jean de Latran, celles des églises S. M.
(1) Il existe toutefois plusieurs sortes de briques.
Les briques ordinaires (mattoni ordinari) dont on se sert le plus souvent pour la confection des murs ont 0,279 de long sur o"t:,139 de large et o"°t:,037 d'épaisseur.
Les grosses briques (mattoni grossi) ont o"èt:,334 sur o"t:,169 et o"°t:,046.
Les grosses briques carrées (mattoni grossi quadri) ont sur deux de leurs dimensions o"t:,235 et o"èt,046 d'épaisseur.
Les briques minces carrées (mattoni sottili quadri) ne diffèrent des précédentes que par l'épaisseur réduite à o"°t,033.
Enfin, il est encore une sorte de briques appelées quadrucci, ayant o"t:,260 sur oèt:109 et o"t,041.
La plupart de ces dernières briques sont employées au carrelage des appartements, des vestibules, des portiques et des loges découvertes.
On pourra juger du bas prix de la brique par un seul exemple. La valeur du mille des mattont ordinari ne s'élève même pas à 23 francs.
RENSEIGNEMENTS DIVERS. Gil
dell’'Anima, de S. Anastasio de Greci, enfin celles d’un grand nombre d’autres monuments.
La plupart de ces ouvrages ayant été destinés à être recouverts d’un enduit, ne sont. pas établis avec une grande précision d'appareil. On en remarque toutefois qui présentent une régularité de joints d’un aspect tres-agréable, et j'en citerai des exemples dans mes Notices.
La brique s'emploie conjointement avec le travertin et le pépérin, qu'on réserve alors pour les corniches, les bandeaux, les chambranles, et enfin pour les chaines en bossages dont, pour l'ordinaire, on fortifie les angles des façades.
Les anciens ont fait un fréquent usage de briques crues ; mais aucun ouvrage de ce genre n’est parvenu jusqu'à nous. On n’a même pas retrouvé une seule brique crue au milieu de tant de ruines. Les briques cuites, au contraire, ont résisté admirablement aux siècles et aux intempéries ; et les thermes, les aqueducs, et plusieurs temples, en offrent de magnifiques exemples qui témoignent des avantages et de la durée de ces constructions.
Ces briques étaient employées dans les ouvrages dits laterizie, sorte de maçonnerie composée de blocage et revêtue de petites briques triangulaires posées à plat et en liaison, et formant parement. De distance en distance, sur la hauteur, de grandes briques carrées, comprenant l'épaisseur entière du mur, reliaient et consolidaient toute cette construction.
Cette espèce de maçonnerie formait un tout si homogène, que, malgré la destruction des enduits destinés à préserver les murs, plusieurs parties de
ceux-ci sont arrivées jusqu’à nos jours dans un état parfait de conservation.
Les TuILES étant plus exposées que les briques aux intempéries, demandent qu’on apporte encore plus de soin à leur fabrication, et que la pâte en soit plus fine et mieux corroyée.
A Rome, on se sert pour la couverture de deux sortes de tuiles; les unes plates avec rebords, et les autres creuses. Les premières, nommées tegole, ont 0,426 (159%) de long: leur largeur n’est pas la même aux deux extrémités. D'un côté, elle est de 0"*,334 (12° 4), et de l’autre, de 0%",250 (9° 35); leur épaisseur est de 0,023 (10%), et la hauteur des re-
bords de droite et de gauche de 0,025 (11°). Les tuiles creuses où canal
vont aussi en diminuant; leur plus grande largeur ou diamètre est de 0,241 (811%), leur plus petite de 0,176 (6-6), et leursépaisseur de 0,019 (85 +).
Voici maintenant de quelle manière on les emploie : on commence préalablement par former sur les chevrons une aire ou carrelage avec de grandes briques qu'on nomme pianelle, ayant 0,284 (10"6"#) de long sur 0,158 (510%) de large, et 0,029 (13) d'épaisseur. Ces briques se posent à plat d’un chevron à l’autre et sont jointes avec du mortier. Cela fait, on établit sur le bord inférieur du toit un rang de tuiles plates à rebords, qu'on assujetüt en les posant sur mortier : sur ce premier rang, on dispose d’autres tuiles à rebords, de manière à les faire entrer lune dans l'autre avec recouvrement d'environ 0%",081 (3); on obtient de la sorte, dans le sens de la pente du toit, autant de rangées qu’on espace d'environ 0"",027 (1). Cet intervalle est recouvert par des tuiles creuses dont la partie ronde est en dessus et qui se recouvrent les unes les autres, ainsi que les £egole, avec lesquelles elles se raccordent. |
Cette sorte de couverture est très-durable et serait indestructible si les tuiles étaient toutes posées en mortier. Ainsi, près de la voie Appia, on trouve un petit temple de Bacchus, aujourd’hui S. Urbano, voûté et couvert en tuiles antiques du même genre, mais un peu plus grandes. Ces tuiles, dont plusieurs portent une empreinte avec le nom de l’impératrice Faustine, femme d'Antonin, ont été probablement posées lors de la construction de
l'édifice (1).
(1) Parmi les matériaux en terre cuite, on doit mentionner encore les poteries servant de conduites et de tuyaux de descente, Leurs dimensions sont très-variées.
Les tuyaux dits condotti della Maddalena sont les plus grands : leur diamètre intérieur est de o"%t:,251, et leur hauteur, non compris l'embouchure, de o"*t:,409.
Ceux dits de Monte Cavallo. sont de la même hauteur que les précédents, et leur diamètre intérieur de o"°t,176.
Ceux dits de Cévitä-Vecchia ont o"*t,158 de diamètre.
Ceux dits Bastardi ont o"t,120 de diamètre.
Ceux dits Cannelle sont de quatre espèces : ils ont 0"*t:,093, o"*t:,074, o"*t:,063 et o"*t:,047 de diamètre interieur : la hauteur des deux premières sortes est de o"t,446, celle de la troisième de o"t:,232, et celle de la quatrième de 0,371.
Enfin, ceux qu’on désigne sous le nom de Tortorelli sont les plus étroits : leur diamètre est
seulement de 0"t,033, et leur hauteur de 0"*t,334.
La cHaux est à Rome d’une excellente qualité. Elle se fait généralement aujourd’hui, comme dans les temps anciens, avec une pierre blanche et compacte dite palombino, qu'on tire des montagnes de Palestrine et de Tivoli.
Dans les constructions de la ville moderne, on ne s’est malheureusement que trop servi d’une autre espèce de chaux faite avec des débris de marbre antique qu'on rencontrait de toutes parts : des temples entiers sont ainsi
disparus convertis en chaux.
La POUZZOLANE (pozzolana) n'est autre chose qu'un tuf granulaire semblable à celui dont nous avons parlé précédemment. Elle se rencontre en mille endroits à l’intérieur de Rome ou dans les campagnes environnantes. Employée comme sable dans les constructions, elle le remplace avec avantage. Cette espèce de gravier, qui semble composé de débris de pierres ponces, de scories volcaniques et de laves poreuses, ne fait aucune effervescence avec les acides : sa couleur varie ordinairement suivant la profondeur de la fouille. Elle est le plus souvent d’un rouge-brun mélé de particules brillantes d’un jaune métallique; mais la meilleure est celle où le rouge domine et qu’on extrait de Saint-Paul aux trois Fontaines.
Les anciens nommaient Arenariæ les carrières de pouzzolane. Les catacombes de Calisto ou de S. Sebastiano, de Basilla sur l’ancienne voie Salara, de Torre Pignatara sous l’église de S. Pietro e Celestino, de Ciriaca hors de la porte S. Lorenzo, enfin de Calepodio e Novaziano à S. Pancrazio, sont autant de carrières de pouzzolane.
On a lieu de s'étonner que. Vitruve, qui mentionne la pouzzolane de Naples et en décrit les merveilleux effets, nait rien dit de celle de Rome. IL est vrai qu'il indique trois sortes de sables, le noir, le gris et le rouge, et l'on se demande, pour expliquer une omission aussi extraordinaire, s’il n’a pas voulu désigner trois diverses pouzzolanes. Pourquoi cependant établit-il une distinction si marquée entre ce sable et les pouzzolanes de Naples dont les qualités sont pourtant à peu près les mêmes? On ne saurait toutefois concevoir qu'au temps de Vitruve on ignorât l'existence de la pouzzolane
aux environs de Rome, où elle est partout si abondante, et l’on ne peut
croire davantage qu'on ait pu méconnaître aussi longtemps les qualités précieuses qui la caractérisent.
Dans le ciment des monuments antiques, on reconnaît deux espèces de
pouzzolanes, la noire et la rouge.
Le morTiEr qu'on fait à Rome est excellent, parce que les matières qui le composent sont d'une qualité supérieure. La chaux y est très-bonne et la pouzzolane l'une des meilleures qu'on puisse se procurer. Celle-ci s'emploie seule avec la chaux, et le mélange se fait comme pour le sable.
Le mortier qu'on retrouve dans les monuments antiques est d’une telle consistance, qu'on s’est imaginé que les anciens avaient une méthode particulière pour le composer. Tout leur secret pourtant consistait à n’employer que de bons matériaux et à les broyer avec le plus grand soin. Il est d’ailleurs probable que ce procédé si simple ; et à la portée de l’ouvrier, nous a été transmis sans altération. Les irruptions de barbares, en arrachant l'artiste à ses études, doivent occasionner, sans doute, la décadence des arts, mais elles ne sauraient changer chez un grand peuple les méthodes les plus ordinaires de l’art de bâtir, lorsqu'elles ont été consacrées par l'expérience d’une longue suite de siècles. On peut, en effet, comparer le mortier employé à la construction de plusieurs édifices élevés depuis le xvr' siècle, et on le trouvera tout aussi adhérent, tout aussi résistant, que celui des monuments
antiques.
PLarre. Les anciens ont fait usage du plâtre qu’ils tiraient de l’île de Cypre, de la Calabre, de l'Étolie et autres lieux. Ils s'en servaient quelquefois comme de mortier, et surtout pour la composition des enduits. Aujourd'hui, on
l’emploie seulement comme enduit, et même assez rarement.
Manrsres. Les anciens entendaient par #rarbre toute espèce de pierre compacte susceptible de prendre le poli et de conserver un beau lustre. En architecture, où la pierre est assez souvent considérée sous le rapport seulement de son apparence, on à conservé au mot marbre la même acception, bien que les naturalistes ne classent parmi les marbres que les pierres calcai-
res qui, recevant le poh, font effervescence avec les acides sans faire feu sous
le choc de lacier. Ils excluent donc de cette catégorie les granites, les porphyres, les jaspes et les albâtres.
On trouve aux environs de Rome des brèches que les anciens ont-négligé d'exploiter, parce qu'étant maitres de disposer d’une multitude de carrières répandues sur tous les points de leur vaste empire, 1ls ont dû choisir de préférence les marbres dont les couleurs étaient ou les plus brillantes ou les plus agréables. Les Romains modernes ayant retrouvé dans les ruines le produit de mille carrières diverses , n’ont guère fait usage dans leurs édifices que des marbres arrachés aux monuments antiques ou découverts dans les fouilles.
11 nous a paru à propos de donner ici quelques indications sur les prineipaux marbres que nous aurons occasion de citer dans les Notices. Nous ne nous attacherons qu’à faire connaître leur couleur, le lieu d’où ils proviennent, et les dimensions des blocs de diverses espèces employés dans les monuments de la ville moderne.
Le Granite est une roche moins homogène et beaucoup plus dure que le marbre. Il est composé de feldspath, de quartz et de mica, en proportions variables. On distingue deux sortes de granites : le rouge et le gris. Les douze obélisques de Rome sont tous formés de granite rouge.
Les anciens tiraient leurs granites d'Égypte, de l'ile de Cypre et de l'ile d’'Elbe.
Les plus grandes colonnes de granite d’une seule pièce, qui existent à Rome, sont celles du portique du Panthéon : elles ont 11,910 de hauteur.
Dans l'église de Saint-Paul hors les murs, la hauteur des deux colonnes qui soutiennent l’arcade à l'extrémité de la nef, est de 11"*,694.
Celles des thermes de Dioclétien ont la même hauteur.
La plupart des anciennes églises ont été bâties avec des colonnes antiques ; presque toutes ces colonnes sont en granite. Ainsi, à Saint-Paul (r) et à
Saint-Laurent hors les murs, à S. Sabina, S. M. in trastevere, S. Crisogono,
(1) En 1823, Saint-Paul a été détruit par un incendie: c'est une perte à jamais regrettable. On reconstruit maintenant cette basilique sous la direction de M. Poletti : les colonnes de la nouvelle église seront formées d’une espèce de granite qu’on tire du lac Majeur, et qu'on nomme Migliarolo.
S. M. in ara celi, S. Bartolomeo all’isola, et, dans beaucoup d’autres églises, ce sont des colonnes de granite qui séparent les nefs des bas côtés.
Les colonnes de petites dimensions ont également trouvé leur emploi : les plus précieuses ont servi à orner les autels, et les autres à la construction des cloîtres et des bâtiments particuliers. Ainsi, dans un grand nombre de palais et même dans beaucoup de maisons, les voûtes des vestibules sont supportées par des colonnes qui, le plus souvent, sont en granite. Le palais Borghèse possède à lui seul cent colonnes de granite; quatre-vingt-seize forment le portique de la cour, et les quatre autres servent d'ornement aux façades.
Le Porphyre, la plus dure de toutes les pierres, diffère du granite par sa composition et sa couleur. Son grain est plus fin, ses parties plus compactes et mieux liées. Le porphyre est rouge ou vert. Le premier est d’un rouge foncé, semé de petites taches blanchâtres et quelquefois noires et brillantes. Le porphyre vert a des taches blanches et verdâtres qui tranchent sur le fond dont la couleur est d’un vert très-foncé. Les Italiens lappellent verde antico Où serpentino.
Les anciens tiraient leurs porphyres d'Égypte, de Numidie, d'Éthiopie, des bords de la mer Rouge, des îles de PArchipel, et même de FItalie.
Porphyre rouge. Dans église de Saint-Paul hors les murs, on comptait, avant l'incendie, trente colonnes de porphyre, dont quatre de 0%",83y sur 6,700; au baptistère de Saint-Jean de Latran, il y a huit colonnes de porphyre très-belles, mais inégales de diamètre. Celui de la plus grosse est de 0,568 sur 4,540 de hauteur.
Les colonnes des petits autels du Panthéon ont 0,447 sur 3,537 de hauteur. On compte seize colonnes de porphyre à S. M. Maggiore, quatre à S. Bartolomeo allisola, quatre à S. Marco, quatre à S. M. in trastevere, quatre à S. Lorenzo hors les murs, deux à S. M. in Domnica, et deux à S. Pancrazio.
Porphyre vert où verde antico. Les deux plus belles colonnes de cette
espèce de porphyre se voient au palais des conservateurs sur le Capitole.
met,
Elles ont 0"*,460 de diamètre sur 3,573 de hauteur. A Saint-Jean de Latran, les niches de la nef sont ornées de vingt-quatre
colonnes de porphyre d’un petit diamètre. Celles de la chapelle du Saint-
Sacrement , dans la même église, sont plus grandes et n’ont guère que 3,00 de hauteur.
Dans léglise de S. M. in Campitelli, deux colonues de vert antique décorent l'autel de la chapelle Sainte-Anne.
Dans les villa Medici, Borghèse, et au palais Giustiniani, on en trouve également de fort belles.
Le marbre VNumidique tire sur le gris avec de petites taches Jaunes : c’est une espèce de granite. Les belles cuves des fontaines de la place Farnèse sont formées de ce marbre.
Le Cipollino était appelé par les anciens lapis phrygius ; est un marbre d'un gris pâle tirant sur le vert, présentant de grandes veines blanches, dont la disposition ondulée a du rapport avec celles qu’on distingue sur une tranche d'oignon, en italien cépolla, d'où il tire son nom. Les dix colonnes du temple d’Antonin et Faustine sont formées de ce marbre : elles ont 1,462 de diamètre sur 11%*,694 de hauteur. Dans la cour de la Curia Innocenziana, il y en a une fort belle sans emploi et couchée à terre.
La brèche de jaune antique est un marbre mêlé de rouge et de jaune fondus ensemble et nuancés de veines blanches. Il prend un très-beau poli. Les grandes colonnes de l’intérieur du Panthéon paraissent formées de ce marbre : elles ont 1,120 de diamètre sur 7,892 de hauteur.
Le Lumachello, dont le fond est jaune, est rempli de taches grises, noires et blanches : il est ainsi nommé de ce que les taches sont tournées comme de petites coquilles de limaçon; on en voit des colonnes dans le casin de:la villa Borghèse et à la chapelle Strozzi, dans l’église S. Andrea della Valle.
La brèche appelée Porta santa, et autrefois Lapis chius, se tirait de l'ile de Chios. Cette brèche est mélangée de taches inégales blanches, jaunes, rouges et grises : les colonnes des portes de la façade de léglise S. M. delPanima, et celles de l'autel de $S. Sebastiano, dans la basilique de Saint-Pierre, sont formées de ce marbre. On en retrouve encore quatre autres dans lPéglise S. Agnese hors les murs.
Le marbre 4fricain est d’un rouge-brun mélé de veines d’un blanc obscur, avec quelques filets d’un vert foncé. Il en existe deux colonnes au portique du Vatican.
Il y a une autre espèce de marbre africain très-dur et susceptible de rece-
voir le plus beau poli. Le fond est mélangé de taches d’un blanc sale et d’un rouge couleur de chair ou sanguin foncé, avec des veines obscures et noires très-légères et ondoyantes.
Les marbres notrs antiques sont le tenarien, le Iydien, lalabandique ; celui qui portait le nom de Lucullus venait de Pile de Chios. On en voit quatre colonnes au maître-autel de S. Lorenzo in Lucina.
Le Basalte, qui, selon Pline, venait de la Thébaïde ou haute Égypte, est une espèce de lave d’un gris noir et quelquefois verdätre.
Paonazzetto. Le fond de ce marbre est blanc, avec des taches violettes. Au portique du Vatican, il y en a deux colonnes. À Saint-Paul hors les murs, on en comptait vingt-quatre formées de deux morceaux.
Diapré de Sicile. À est d’une couleur mélée de rouge-brun, de blanc et d’isabelle : ses taches sont grandes et rectangulaires. On en trouve vingt colonnes dans la nef de l'église S. Marco, et quatre à la chapelle Borghese, dans l’église S. M. Maggiore.
Le marbre appelé Lapislazzolo, Vun des plus beaux qu'on connaisse, est très-rare. Sa couleur est d’un bleu foncé, moucheté d’un autre bleu plus clair tirant sur le céleste, et mêlé de quelques veines ou de points jaunes très-brillants. Quatre colonnes de ce marbre ornent l'autel de Saint-Ignace , dans l’église du Gesu.
Le marbre Persico est ainsi nommé à cause de sa couleur qui approche de celle de la fleur du pécher. Il est mélangé de blanc, de jaune et de rouge foncé. Il en existe des colonnes à S. Antonio dé Portoghesi et à S. Carlo al Corso.
Les anciens tiraient leur Marbre blanc de Luna, près de Carrare; du mont Hymette, pres d'Athènes; de l'ile de Brattia, sur les côtes de Dalmatie; de l'ile de Paros, dans l’Archipel; de l'ile de Thaso, dans la mer Égée; de l'ile Proconnèse, dans la mer de Marmara; de l'Asie Mineure; de l'ile de Chios ; enfin, de Cappadoce; et ce dernier était si transparent qu’on le débitait en lames très-minces pour en garnir les fenêtres.
Le marbre blanc a été fréquemment employé comme revêtissement ou pour colonnes : nous citerons surtout les colonnes Trajane et Antonine, composées l’une de trente-quatre blocs et l’autre de vingt-huit, en y comprenant le piédestal ; les belles colonnes du temple de Jupiter tonnant, de Mars ven-
seur, de Vesta, de la Græcostasis, de la basilique de Marc-Aurèle, de celle de
PR Te
Constantin, du forum Nerva ; enfin, les ares de Septime Sévère, de Titus et de Constantin.
L’Albdtre est une espèce de marbre demi-transparent, moins dur que le marbre ordinaire et d’une texture très-fine. Il est presque toujours blanc : le plus transparent est celui qui est d’un blanc de cire. On en trouve d’une teinte grise, rouge, et de plusieurs autres couleurs ; quelquefois il est veiné et jaspé. On en distingue de deux sortes, l’albâtre oriental et le commun. Les colonnes d’albâtre qu'on voit à Rome sont toutes d’une petite dimension ;
leur grandeur n'excède pas 3,50.
Pavé. Dans les premiers siècles de Rome, les rues étaient pavées en tuf lithoïde; mais on lui substitua ensuite une lave basaltine, nommée silex, et maintenant selcio. Ces pavés étaient formés de polygones irréguliers de cinq, six ou sept côtés parfaitement joints; leur dimension était d'environ 0"",60
mèt.
de diamètre, et quelquefois même de 1"*,00. Aujourd’hui le pavage des rues se fait avec la même lave débitée en morceaux beaucoup plus petits, n'ayant guere que 0"",10. Le selcio se tire, comme autrefois, de carrières situées aux environs de Rome, près du tombeau de Cecilia Metella, et sur le chemin d’AI-
bano, avant d'arriver à cette ville.
Pavements. Le parquet n’est pas en usage à Rome, et le pavement des appartements se fait habituellement en carreaux de terre cuite, disposés avec plus ou moins de soin et de recherche. Ces carreaux sont oblongs et rectangulaires, carrés, hexagones et octogones. Nous avons indiqué ci-dessus les dimensions des premiers.
On les mélange quelquefois de manière à obtenir des compartiments variés de forme et même de couleur, puisqu'on peut leur donner des nuances rouges et jaunes plus ou moins foncées. Pour plus de solidité, les carreaux rectangulaires se posent ordinairement de champ et en forme d'épi dans les vestibules et sous les portiques. Cette sorte d'assemblage était appelé par les anciens opus spicatumn ; les modernes le nomment arête de poisson, spira di pesce. Dans le xvi‘ siècle on s’est encore servi de carreaux de faïence, et on en voit de très-historiés sous le portique du troisième étage de la cour des
loges au Vatican.
Mosaïque. Ce genre de pavement était fort en usage chez les anciens, qui l’'employaient pour les salles, les portiques et les cours.
A Pompéi on en a découvert et on en découvre journellement dans presque toutes les maisons. On en remarque encore dans un grand nombre d'églises bâties au temps de Constantin; et au musée du Vatican on en conserve de fort belles trouvées dans les ruines de Rome ou des environs : la grande mosaique d’Otricoli et celle de Palestrine qu'on y voit, sont célèbres lune et l'autre.
Les mosaïques des anciens étaient généralement faites avec des cailloux de couleur; mais on imagina bientôt, pour obtenir des tons plus vifs et une infinité de nuances, de remplacer ces cailloux par des matieres vitrifiées et colorées. Ainsi furent exécutées , dans le moyen âge, les peintures des tribunes ou absides représentant les figures du Christ, de la Vierge et des apôtres, qui se détachent le plus souvent sur un fond formé de petits cubes de verre doré.
Cet art ne cessa pas d’être pratiqué en ftalie, et'fit des progrès à mesure que le dessin s’épurait lui-même. Il atteignit à Rome son dernier degré de perfectionnement à l’occasion des travaux magnifiques exécutés dans la basilique de Saint-Pierre.
Les grands pendentifs de la coupole de cette église et les tableaux des nombreuses chapelles sont tous en mosaïque. Ces tableaux sont des copies faites d’après de grands maïîtrés, et si bien rendues, qu'à une certaine distance
elles font illusion et semblent de véritables peintures.
Enpuirs Er srucs. La plupart des constructions des anciens étant exécutées en briques où en maçonnerie de blocage, demandaient à être revêtues d’enduits destinés à orner et à protéger les murs à l'extérieur. Ces enduits, composés ordinairement de trois couches, étaient formés d’un mélange de chaux, de pouzzolane et de tuileaux pilés : leur épaisseur était très-variable , mais ne dépassait pas 0,135 ( 5r.).
Les enduits intérieurs étaient exécutés de la même manière; seulement, lorsqu'on voulait décorer les appartements avec luxe, on ajoutait aux trois
couches en mortier trois autres couches de stuc.
Ce stuc se composait d’un mélange de chaux et de poudre de marbre, et formait une pâte plus ou moins molle, susceptible, lorsqu'elle avait pris une certaine consistance, d’être taillée et faconnée comme l'argile des sculpteurs. On exécutait de cette manière des compartiments, des corniches et même des bas-reliefs auxquels on donnait le plus beau poli.
On recouvrait quelquefois les stucs des couleurs les plus brillantes qu’on appliquait sur la dernière couche encore fraîche. Enfin, on peignait sur ces fonds coloriés des arabesques, des paysages et jusqu’à des sujets historiques.
Les enduits et les stucs sont préparés aujourd’hui à peu près de la même manière qu’autrefois ; mais comme on y apporte moins de soin, qu'on y multiplie moins les couches, et qu'enfin on leur donne moins d'épaisseur, ils n’ont pas autant de durée. On remarque, en effet, qu'un grand nombre de façades modernes sont en partie dépouillées de leurs enduits. Toutefois il existe des stucs établis depuis plusieurs siècles, et qui bien qu’exposés aux injures de l'air, sont parfaitement conservés. On peut citer surtout ceux de la façade et de la cour du palais Spada, ceux du vestibule du palais Farnèse, ceux de la façade et du vestibule du palais Massimi, et beaucoup d’autres encore.
Dans les habitations ordinaires, on se borne, aujourd'hui, à couvrir les enduits d’un lait de chaux, même pour les intérieurs. Cependant on exécute le plus souvent sur ceux-ci des ornements qu'on applique au moyen de poncifs. Ces peintures s’établissent à très-bas prix, elles remplacent les tapis-
series et les tentures de papier, et durent davantage.
Quant aux véritables peintures de décoration, nommées FRESQUES, on en voit un grand nombre, et des maîtres les plus célèbres, dans les palais et dans les églises de Rome. Ces fresques s’exécutent à l’eau sur un enduit encore frais qu’elles pénètrent assez avant. Elles se conservent généralement assez bien à l’intérieur, et les couleurs les plus vives appliquées avec intelligence pourraient, pendant plusieurs siècles, se maintenir dans toute leur fraîcheur, même à l'extérieur, si on doit en juger d’après un fragment qu’on distingue sur la façade d’un palais construit, rue Giulia, par Baldas-
sarre Peruzzi. Malheureusement les enduits ayant été presque toujours
mal établis, se sont détachés, et de beaux ouvrages ont été ainsi à jamais perdus.
Les peintures en clair-obscur, exécutées par un procédé analogue, ont éprouvé le même sort par suite de la même négligence, et c’est à peine si on en retrouve aujourd'hui quelques traces. On en voit encore plusieurs fragments sur la facade postérieure de Pancien palais Massimi, et sur celles du casin de la Farnesina. Ces divers genres de décorations, dirigées et exécutées souvent par d'habiles peintres, devaient avoir beaucoup de charme et donner
l’idée d’une grande magnificence.
Le sGRAFFITO est une espèce de peinture pour laquelle on suit un autre procédé. Vasari le décrivant avec beaucoup de précision, nous nous contenterons de le traduire ici. « Le sgraffito, dit-il, qui est tout à la fois dessin et «peinture, sert uniquement à orner l'extérieur des maisons et des palais. C’est «le genre de décoration le plus expéditif et en même temps le plus durable, « puisque les contours, au lieu d’être indiqués au charbon ou avec toute «autre matière analogue, sont gravés avec la pointe d’un fer par la main du «peintre. Il s'exécute ainsi qu'il suit : on prend de la chaux détrempée à l’or- « dinaire avec du sable; on y mêle de la paille brülée, qui donne à l’enduit «une teinte de noir argentin. Cela fait, on Papplique sur la facade, et, après « l'avoir bien lissé, on le couvre en entier d’un lait de chaux. C’est sur cette « façade ainsi blanchie qu'on décalque ensuite les poncifs des sujets qu'on « veut y représenter, et dont on fixe les contours au moyen d’une pointe de « fer qui, enlevant la superficie blanche, fait reparaître le noir de l’enduit. «Enfin, on achève de leur donner du relief avec des hachures. Tel est le «genre de travail appelé sgraffito par les peintres, per esser dal ferro sgraf-
«fiato, parce qu’en effet l’'enduit est en quelque sorte égratigné par le fer. »
Bois. Les forêts des environs de Rome donnent des produits très-variés et très-abondants, qui, non-seulement suffisent aux besoins de la ville, mais fournissent souvent aux approvisionnements des arsenaux de Toulon, où ces bois sont recherchés pour leur bonne qualité.
Le bois est beaucoup moins employé dans les constructions romaines que
dans les nôtres. Les pans de bois, les parquets et les cloisons de menuiserie
ne sont pas en usage; les escaliers sont toujours en pierre; enfin, dans les habitations de quelque importance, les salles du rez-de-chaussée sont habi-
tuellement voûtées, et quelquefois même celles du premier étage.
Caarpente. Les planchers sont disposés à peu près comme on le pratiquait anciennement parmi nous; c’est-à-dire, que les poutres, au lieu d'être recouvertes de plâtre qui les détériore, restent apparentes ou sont revêtues en menuiserie, et se conservent ainsi beaucoup mieux.
Les fermes des combles sont généralement d’une combinaison très-simple et parfaitement raisonnée. L'on peut citer comme modeles les fermes de S. Sabina, de Saint-Paul hors les murs, et celles du théâtre Argentina. Ces combles sont exécutés en sapin, et bien qu'ils soient plus légers, moins compliqués que les nôtres et chargés de couvertures plus pesantes, ils se maintiennent droits et en bon état.
On doit attribuer leur belle conservation (1) au soin judicieux qu’on à mis dans le choix des matériaux et à la perfection du travail, car les bois sont équar-ris à vives arêtes: Ces combles, d’ailleurs, sont bien acrés, les couvertures bien faites et bien entretenues, de manière à les préserver de toute humidité.
Menuiserie. L'art de travailler le bois avec précision et délicatesse ne me paraît pas avoir été poussé à Rome aussi loin que dans plusieurs autres villes d'Italie, et principalement en Toscane. Les travaux de menuiserie ordinaire , tels que les portes et les croisées, sont en général traités avec peu de soin et de goût. Je ne connais d'ouvrages en bois vraiment remarquables que les nombreux plafonds exécutés en chène et en sapin dans le cours du xvi‘ siècle ou au commencement du xvrr. On en trouve de fort beaux aux palais Massimi et Farnèse , et surtout dans un très-grand nombre d’églises : à S. M. Maggiore , à S. Gio: in Laterano, à S. M. in Trastevere, à S. M. in Ara cel, à S. Lorenzo hors les murs, etc...
Serrurerie. Les anciens employaient beaucoup plus souvent le bronze
(1) Plusieurs des fermes de l'église Saint-Paul, détruite par l’incerdie, dataient de la fiu du
pontificat de Léon II, et de l'an 816.
que le fer dans leurs constructions. Les crampons qui reliaient les assises de pierre, la couverture des temples et des principaux édifices , et quelquefois les revétisséements intérieurs, étaient exécutés en bronze. Des charpentes enticres furent même formées de ce métal, et les historiens font mention de celles du forum Trajan et de la cella Soleartis des thermes de Caracalla.
Les constructeurs modernes, obligés de renoncer à l'emploi du bronze à cause de l'élévation du prix, l'ont remplacé par le fer. La qualité supérieure des matériaux employés pour la maçonnerie leur a même permis d'en réduire singulièrement l'usage. Plusieurs grands architectes se sont élevés contre l'emploi du fer, et Vignole répétait souvent que les bâtiments ne devaient pas se maintenir à l’aide‘de tringles. Le fabbriche non si hanno da reggere colle stringhe.
Les ouvrages de serrurerie ordinaire sont loin d'atteindre à Rome Pexactitude et la perfection qu’on remarque dans les nôtres. On y fait encore ce que l’on pratiquait chez nous il y a plusieurs siècles : les ferrures sont en général grossières et manquent de ces combinaisons adroites qui les rendent d’un usage facile et commode. Peut-être pourrait-on citer quelques grands
ouvrages , tels que des grilles, mais ces ouvrages sont des-exceptions rares.
RRSERONIE ER