DES PONTS
Quatre ponts établis sur le Tibre font communiquer entre elles les deux
rives du fleuve. Ces quatre ponts ne procurent en réalité que trois passages
(1) Horace décrit ainsi, ode 2, livre 1°, l’une de ces terribles irruptions du Tibre :
« Vidimus flavum Tiberim, retortis « Littore Etrusco violenter undis, « Jre dejectum monumenta regis
« Templaque Vestæ. »
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d’une rive à l'autre, parce que deux d’entre eux aboutissent à l'ile Tibérine et sont situés dans le prolongement l’un de l’autre. Dans la ville antique, le système de communication était plus complet : elle comptait sept ponts, et.sur six points différents on passait le Tibre.
Malheureusement ces ponts furent établis suivant un principe doublement vicieux, et n'ont pu résister à des débordements considérables. Non-seulement leurs piles trop massives ne laissaient pas un débouché suffisant aux eaux, mais plusieurs se trouvant placés dans une direction défectueuse relativement aux courants, ont été entrainés par eux.
Les quatre ponts qui existent aujourd'hui sont en grande partie antiques ou construits sur des fondations antiques. |
Le Poxr S. ANGELo, autrefois Ælus, fut bâti par l'empereur Adrien et réparé par plusieurs papes. La dernière restauration eut lieu sous Clément IX, et fut exécutée par Bernini, qui posa le parapet et lorna de statues. Sa longueur est de 99 mètres.
Le PonT Sisro, autrefois J/aniculensis, ayant été emporté, Sixte IV, en 1473, fit exécuter celui qu’on voit maintenant, par l'architecte Baccio Pintelli, lequel l’établit sur les fondations du pont antique. IlL’est remarquable par ses tympans évidés én œil de bœuf; précaution utile qui, dans les crues d’eau, augmente le débouché et facilite l'écoulement. Sa longueur est de 98 mètres,
Deux ponts, partant des deux rives opposées du fleuve, aboutissent à l'ile Tibérine. Le premier, le pont Quarrro Carr, autrefois Fabricius , est antique. Suivant les inscriptions qu’on lit sur les arches, il fut construit l'an de Rome 690, par Fabricius, Curator viarum. Son nom moderne lui vient de quatre hermès quadrifrons, servant jadis à orner ses extrémités.
Le second pont, qui forme de l’autre côté de l'ile la continuation du premier, est antique et porte le nom de S. BartoromE£o : on l’appelait autrefois Cestius. W fut reconstruit et dédié par les empereurs Valentinien, Valens et Gratien , d’après l'inscription qu'on voit sur le bandeau de couronnement,
laquelle le désigne même sous le nom de Gratién (Fr).
(1) D'après une inscription moderne qu'on lit sur le pont Quattro Capi, ce pont, et celui de S. Bartolomeo, furent restaurés en 1670, par Innocent XI.
Les trois autres ponts brisés, qu'on peut encore reconnaitre par les vestiges qui en restent, sont : le pont 7riomphalis, ou selon d’autres, Vaticanus. I n'en subsiste plus que des débris peu apparents qui encombrent le lit du Tibre.
Le pont Rorro (rompu), autrefois Palatinus, fut commencé par le censeur M. Fulvius, et achevé par Cornelius Scipion l’Africain, et L. Mummius, censeurs. Ayant été détruit à la suite d’une inondation, il fut reconstruit en 1552, par Jules II, et renversé peu après, en 1564. Grégoire XII le rétablit en 175; mais linondation de 1598 en emporta près de la moitié. Depuis lors il n’a plus été relevé. On pourrait, avec beaucoup de vraisemblance, attribuer ces chutes successives à l'obliquité de son axe relativement au courant.
Enfin, 1] ne reste maintenant du pont Sublicius, illustré par lexploit d'Horatius Coclès, que quelques ruines qu’on aperçoit dans le fleuve près du port de Ripa grande.