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complètes et d’une rédaction rapide; nous en donnons ici la substance.
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On y remarque deux hypoténuses, indiquant à ouvrier linclinaison des rampes (1), et le point de départ et le point d’arrivée des marches. La mesure de longueur des rampes et la hauteur de chacune
d’elles sont également marquées sur le dessin.
Palmes,
La héutPuride [a 1" TAmpe SOU EE "FO. M de la 2° | Dé. ee à CU UE 17.
de la 3° HT LR CU CET 15.—
En totalité, du carrelage (3) inférieur au carrelage supérieur. 39. +
Ces hauteurs sont déduites d'un principe émis par l'architecte : à savoir, qu'on montera, par palme, cinq seizièmes de palme, c’est-àdire environ un tiers de la longueur. Sangallo a soin d’avertir que la hauteur de la première marche de chaque rampe, qu’il fixe à un demi-palme, doit être ajoutée au résultat de chaque rampe, at-
(1) Linea ippotenusa, pendenza di questa branca.
(2) En rappelant ici que la valeur du palme romain équivaut à 0,223, nous dirons qu’il était fort inutile, pour notre objet, de transformer les mesures du manuscrit. La méthode de Sangallo reste, en effet, la même, quelle que soit l'espèce de mesure dont on se serve. Le palme pourrait même être exprimé en térmes algébriques.
(3) L'original s’exprime ainsi : Da ammattonato a ammattonato.
tendu que cette première marche, n'étant pas comprise dans la longueur de la rampe, ne peut avoir aucune influence sur un calcul dont la base est la longueur totale de cette rampe.
Pour rendre plus clair le procédé de Sangallo, prenons un exemple, et opérons sur la seconde rampe ABC. La longueur de celle-ci est, dit-il, de cinquante-cinq palmes ; conséquemment, puisque, d’après le principe, on doit monter par palme cinq seizièmes de palme, on montera, pour les cinquante-cinq palmes, deux cent soixante-quinze seizièmes, ou dix-sept palmes trois seizièmes. À cela, avons-nous dit, il faut ajouter la première marche de la rampe, fixée à une demi-palme, ou à huit seizièmes de palme; on aura done à monter, en totalité, dix-sept palmes onze seizièmes. Portons maintenant cette mesure sur la perpendiculaire AB, et joignons le point B, qui détermine la dernière marche de la rampe, au point C, qui est le sommet de la première marche tracée à l'avance : on aura l’hypoténuse BC. Cela fait, il suffit d’une opération graphique très-simple pour exécuter le tracé de toutes les marches. Vous divisez AB en parties égales, et de facon que ces divisions aient une hauteur reconnue convenable pour des-marches. En prolongeant horizontalement ces divisions, elles rencontreront l’'hypoténuse , et la section déterminera la largeur des marches ; qui toutes rempliront cette condition, d’avoir en hauteur les cinq seizièmes de leur largeur. Telle était la méthode de Sansallo, méthode ingénieuse et fort commode pour le tracé de l’ouvrier, et sans doute alors généralement en usage. On voit qu'elle rendait solidaires la hauteur et la largeur des marches, mais qu’elle ne pouvait s'appliquer aux escaliers dont les marches étaient obliques ou à quartier tournant.
Nous n'avons pas craint de reproduire sur une grande échelle quelques parties de ce bel escalier, sa noble entrée, avec les mesures et les lignes de retraite, ainsi que la mosaique du deuxième palier. Mais l'escalier n’est pas la seule partie intéressante du plan : l’atten-
tion doit également se porter sur le pilier d'angle de la cour, qui
manifeste à la fois la prévoyance du constructeur et le goût de l’artiste. Ce pilier fortifie l’angle de la cour ; il en arrête avec fermeté les extrémités, et charme l'œil par son heureux ajustement, non moins que par l’idée de $olidité dont il porte le caractère.
Dans la partie supérieure de cette planche, on voit à droite le détail de lun des vestibules latéraux. J'ai dù représenter de préférence le vestibule de gauche, pour y joindre la descente aux souterrains, et faire ainsi connaître les combinaisons du grand escalier à diverses hauteurs.
Enfin, le détail placé à droite au bas de la planche donne le plan de l'angle de la cour du palais, à la hauteur du premier étage. Il fait connaître l'ajustement du pilier d'angle, celui de la balustrade en saillie, et le dessin du carrelage en terre cuite, dont les carreaux, d’un rouge plus éclatant, sont exprimés par une teinte grise plus foncée.
Palais Farnèse ; élévation principale du palais.
La facade que nous avons sous les yeux est une des œuvres les plus imposantes de l'architecture moderne; le type le plus vrai, le mieux caractérisé peut-être du palais romain. Sans doute on a élevé depuis des façades conçues et étudiées dans le même principe, et on en trouve même un assez grand nombre dans la ville; mais presque toutes ces imitations sont souvent chargées de détails de mauvais goût, et ne peuvent, en aucune facon, être mises en parallèle avec le premier modèle, qui resté encore le plus parfait.
Qu'on s’arrête donc quelque temps à contempler ce chef-d'œuvre. Quelle dignité dans l’ensemble! quelle grandeur dans la masse | quelle harmonie dans les proportions ! enfin, quelle fermeté et quel goût dans les détails !
S1 vous considérez l’étage inférieur, qui est destiné à supporter le poids des autres, vous y retrouverez partout le symbole de la force.
La porte d'entrée (1) et les angles du mur de face ont des bossages qui semblent les fortifier : les croisées sont fortement accusées par de larges chambranles et soutenues par de puissantes consoles; enfin, le bandeau qui marque la limite du rez-de-chaussée à son profil méplat, et presque entièrement dépourvu d’ornements. La critique la plus rigoureuse ne saurait signaler aucune erreur, même légère, aucun désaccord dans tout ce rez-de-chaussée. Au premier étage, c’est la mème sagesse et la même convenance, et tout s’y rattache parfaitement avec le soubassement. Cette liaison est opérée avec intelligence par les belles lignes qui les séparent, l’harmonieux assortiment des moulures, la continuation des bossages aux angles, et, pour ainsi dire, par des rapports généraux de fraternité très-sensibles aux yeux de l’observateur. Complétons notre pensée par un exemple : faisons le rapprochement des croisées des deux étages; elles ont à peu près la même masse. Celles du rez-de-chaussée sont fortement charpentées; celles du premier étage ont moins d’accent, mais un caractère plus noble, plus élégant, bien que d'un style également sévère. Les colonnes avec leurs chapiteaux remplacent ici les chambranles surmontés de leurs consoles. Ainsi donc, il y a analogie dans la silhouette et une différence marquée dans la forme. Ces croisées du premier étage, on doit le remarquer, sont évidemment une imitation des petits autels du Panthéon, et l’application en est ici fort judicieuse. C’est ainsi que procède le génie : il peut à son gré s’attribuer tout ce qui lui convient, pour en parer ses œuvres ; c’est son droit, son privilége, et lui seul réussit à légitimer ses larcins.
La loge du milieu est un motif mesquin et peu digne de ce bel étage : bien que d'une médiocre importance, il interrompt toutefois la ligne majestueuse des croisées. Nous reparlerons plus en détail de
cette loge dans la notice relative à la planche suivante.
(1) Cette porte est d’un bel appareil, mais elle n’a pas toute l'importance qu’elle devrait avo relativement à la masse entière de la facade. Cela s’explique par le fait que la porte était déjà exécutée avant que l'agrandissement du palais eût été résolu et que la facade eût été sen - “siblement élargie.
Le bandeau supérieur est conçu dans le même esprit que celui du rez-de-chaussée; mais comme il appartient à l'étage noble, il à fallu l'enrichir, et les ornements y ont été multipliés. Les moulures de ce bandeau ont peu de saillie, dans le but évident de faire valoir davantage celles du grand entablement qui couronne l'édifice.
Le dernier étage est bien en harmonie avec les deux étages inférieurs, quant à la masse; mais plusieurs détails (qu'on nous permette cette critique à l’égard d’un grand maître) sont d’une conception malheureuse. On ne saurait approuver la forme cintrée des croisées, ni le maigre ajustement des frontons, non plus que les consoles accouplées servant de support aux colonnes. De telles erreurs échappent quelquefois aux artistes les plus éminents, qui semblent payer ainsi leur tribut à l’imperfection humaine. Quant au couronnement de l'édifice, nous nous sommes déjà expliqué en le proclamant un chefd'œuvre. Celui du palais Strozzi à Florence, justement célèbre, et surnommé la corniche d’or, est moins homogène avec la masse qu'il couronne, moins riche et moins correct que celui du palais Farnèse.
Il's’est opéré un mouvement dans la partie supérieure de cette facade, qui s’arrondit vers le milieu. Cet effet, qui dénote quelque vice de construction, doit-il être attribué à l’habile constructeur Sangallo, ce qui est peu vraisemblable, ou bien à Michel-Ange, le continuateur des travaux ? Îl se peut que celui-ci ait négligé de relier, par des chaînes ou par la charpente, le mur extérieur avec eelui de la cour. "
La façade entière est construite en briques assez bien appareillées, et restées apparentes. L'entablement, les bandeaux , les bossages,:les croisées, y compris Chambranles, colonnes et frontons, enfin tous les
membres d'architecture, sont exécutés en travertin.
Palais Farnèse; parties principales de l'élévation.
Nous avons réuni sur cette planche les parties les plus importantes vit, :: de Ja facade du palais : le milieu, l'angle et le profil, que nous avons produites à une échelle plus grande que celle de l’ensemble, afin de faire mieux connaître le rapport des étages, celui des croisées et des moulures entre elles, ainsi que leurs diverses saillies.
Pour l'intelligence plus complète du premier étage, nous avons ajouté aux renseignements donnés par la coupe, deux plans dont l'un explique l’angle et l’arrangement des croisées, et l’autre celui des colonnes accouplées de la loge. Les quatre colonnes de cette loge sont en marbre blanc mêlé, dit mischio. Les dimensions des masses prineipales sont déterminées par les mesures générales , inscrites sur la gravure : le lecteur peut y recourir:
Nous ne reproduirons pas les jugements que nous avons portés sur l'ensemble de cette belle facade dans la notice de la planche précédente, et nous n'avons aucune observation nouvelle à y ajouter; seulement nous croyons que l'architecte appréciera beaucoup mieux les beautés que nous lui avons signalées, maintenant qu'il a sous les yeux des fragments où les divers détails de la façade sont exprimés avec plus de-clarté.
Nous n'avons pas tout dit sur la loge du milieu de la façade, et nous
2 a RES NEnQnS: Cette loge a-t-elle
re, et comme l’exprime formellement Vasari ? (1e de Michel-Ange.) On n’en saurait douter. Mais la pensée primitive appartient à Sangallo, et c’est un manuscrit de ce maître qui nous en apporte la preuve : la loge y est indiquée; toutefois, au lieu de quatre colonnes
#— été exécutée par Michel-Ange,
— comme on s'accorde à le croi-
que présente l'exécution, deux seulement sont marquées sur le ma-
nuscrit. D’ rs étce at: vient à l'appui de notre opinion, c’est que la loge actuelle a tout le caractère d'une adjonction, d’un travail fait après coup et appliqué sans liaison aucune.
Un second manuscrit de Sangallo est intéressant sous un autre rapport : il donne la forme du balcon projeté en avant de cette loge, et fait connaître la première pensée de l’architecte pour les croisées du premier
étage. Sangallo ornait celles-ci de ba-
lustres, et les colonnes étaient portées
sur de fortes consoles, au lieu de pié-
destaux qu'il a ensuite adoptés, ce Ÿ qui, certainement, est une amé-
horation. Mais il a maintenu cette
TN . même disposition pour les croisées du + étage, et et à tort, selon nous. On sent, au’ reste, ce qui l'a déterminé à suivre ce parti. Il a voulu éviter le piédestal, qui eût présenté trop de saillie, et peut-être dépassé le bandeau sur lequel il pose. Quoi qu'il en soit, ces doubles consoles sont un ajustèment malheureux , plutôt au point de vue du détail qu'à celui de la masse. Un autre croquis de la main de Sangallo, croquis très-grossier, que néanmoins nous avons pu traduire en un dessin , fera connaitre la première pensée de l'architecte. Celui-ci, comme on le voit par la figure ci-après, avait d’abord projeté, à l'angle de la façade, un pilastre-corinthien, comprenant deux hauteurs d’étages, couronné d’un entablement complet, et ayant quelque rapport avec un débris antique, dit /rontispice de Néron.On s'apercoit icique Sangallo n’était pas alors fixé sur la croisée du dernier étage, puisqu'il en donne deux motifs distincts. L'une de ces croisées est cintrée et se rapproche de celle qui a été exécutée, avec cette différence que l’arcade s'élève da-
vantage à l'intérieur du fronton, et que les colonnes sont portées, non plus sur deux consoles accouplées, mais sur une seule.
L'autre croisée n’est pas cintrée, elle est à platebandes, et dans sa dé-
coration il n'entre ni co-
lonnes ni consoles. Bien que plus correcte que la première, elle est moins monumentale, et
moins en harmonie peut-
être avec celle du pre-
mier étage.
Ce même dessin deémontre clairement que Sangallo élevait beaucoup moins son entable-
ment que ne l’a fait de-
puis Michel-Ange; et
ce qui le prouve encore,
c'est que la charpente du
comble avait déjà recu
un commencement d’e-
| | | | | | | Le =
be:
xécution à l’angle du pa-
IT
lais, au-dessus du grand
salon, avant que Michel-
Ange eût pris la direc-
RE
tion des travaux. Cette charpente existe encore; nous l’avons mesurée, et la voici :
Elle est située à plus de deux mètres en contre-
bas de celle que Michel-
Ange a établie depuis. Si cet architecte ne l’a pas démolie, c’est qu'il aura trouvé sans doute le soffite du grand salon déjà rattaché à cette mème charpente; et, pour ne pas détruire ce soffite, il aura dû maintenir la charpente primitive et en exécuter une seconde au-dessus d’elle. Ajoutons encore cette observation, que la charpente primitive est identique avec celle d’un manuscrit de Sangallo que nous produirons plus loin (page 297), et tirons enfin cette conclusion, que la charpente primitive et celle du manuserit ne peuvent être que du meme auteur.
Nous avons indiqué à titre de renseignement, sur notre figure, le plancher qui règne au pourtour du palais à la hauteur du comble, pour montrer comment, au-dessus du grand salon, ce plancher vient rencontrer la charpente de Sangallo, qui dépasse le carrelage d’environ 0",7) ; ce qui est un indice certain de la priorité de son existence.
En terminant cet article, nous engageons le lecteur à comparer l’entablement de Sangallo à celui de Michel-Ange, et il reconnaitra que les deux corniches, comme les deux frises, y ont la même hauteur ; que les moulures varient dans les deux corniches , tandis que dans les deux frises les ornements sont à peu près les mêmes. On ne connaît pas d’ailleurs le couronnement définitif de Sangallo, qui dut le modifier quand il substitua les chaînes de pierres aux pilastres. Il est même permis de croire que ce couronnement projeté n'avait pas conservé d’architrave, et se rapprochait davantage de l’exécution. Ainsi Michel-Ange a eu le bon esprit de ne pas s’écarter sensiblement de la pensée du premier artiste, qui, mieux que tout autre,
devait savoir comment il convenait de couronner son œuvre. PLANCHE 121.
Palais Farnese; détail de la corniche de couronnement de la facäde.
Nous renvoyons pour ce détail à ce que nous avons dit à l’occasion de Ja planche 115, à cette partie de la notice où nous avons
cherché à établir que l'étude de cet entablement appartenait vraisemblablement à Vignole. Pour le croire uniquement l'œuvre de Mi: chel-Ange , 1} faudrait supposer que celui-ci a pu renoncer, pour cette fois seulement, à sa méthode habituelle, à ces formes excentriques et bizarres dont il ne s'écartait Jamais. Sans doute, il est suflisamment attesté que cet entablement a eté exécuté sous sa direction ; aussi ne le contesterons-nous pas, mais sous réserve toutefois, et en admettant la coopération d'un autre architecte, nourri de l'étude des anciens et formé à leur école. Accordons, si lon veut, la noble part de l'œuvre à Michel-Ange : à lui done la conception des belles lignes et des fortes moulures ; à lui la sobriété observée dans l'ornementation ; en un mot, tout ce qui semble savamment calculé pour l’effet , et qui dénote un esprit ferme et juste. À son collaborateur revient tout ce qui à trait au goût : l’unité de style apportée dans Fensemble, ainsi que la correction et la beauté du profil. Telle serait, selon nous, la part légitime qu'on pourrait faire aux deux grands artistes.
Nous ferons remarquer que l'ajustement des ornements de la frise est composé dans un esprit d'harmonie qui fait honneur aux continuateurs du palais. Des fleurs de lis avaient été semées par le premier architecte sur le couronnement du rez-de-chaussée et sur le bandeau du deuxième: étage. En rappelant cet émblème dans la frise du eouronnement, où il se mêle aux ornements qui le décorent, c'était procéder avec logique, graduer la richesse suivant les étages, relier les parties supérieures du palais avec le soubassement; €’était enfin con-
stituer un tout harmonieux et homogène.
Palais Farnèse; détail des croisées du premier et du deuxième étage
de la facade.
Nous n'avons que peu de chose à dire de ces détails, sur lesquels nous avons déjà porté notre jugement lorsque nous avons examiné
Vars
l'ensemble de la facade (voyez page 284). Nous avons blâmé, dans les croisées du second étage , la forme cintrée de la baie, la pauvreté et la maigreur du fronton, ainsi que l'ajustement insolite des consoles qui servent de support aux colonnes. Cet ajustement, toutefois, semblerait motivé par le peu de saillie du bandeau inférieur ; mais cette exeuse ne justifie pas l’incorrection.
Quant aux croisées du premier étage, nous en avons parlé avec loge. Nous avons fait remarquer qu'elles étaient une imitation heureuse des petits autels du Panthéon, et une sorte de transformation raisonnée des croisées du rez-de-chaussée. On jugera mieux nos appréciations sur ce détail, et l’on se rendra mieux compte de l'entente
parfaite des moulures, comme du beau sentiment des profils.
Palais Farnèse; détails divers de l'élévation principale.
Tous les détails réunis sur cette planche sont d’une beauté incontestable : la croisée du rez-de-chaussée est surtout une œuvre caractéristique qu'on ne saurait trop louer, ni trop recommander à l'étude. On dirait un fragment d'architecture antique, une de ces créations heureuses, de ces révélations spontanées qui n’appartiennent qu'aux temps primitifs. On y admire à la fois le sentiment profond de la moulure, la grande fermeté du profil, le galbe parfait et fier des consoles. Que dirai-je du stylobate qui asseoit si bien l'édifice? La saillie et les moulures y sont fortement accentuées, et il porte au plus haut degré le caractère monumental. Destiné à servir de siège et à protéger les fondations des eaux pluviales , il plaît, parce qu'on entrevoit ce double but d'utilité, et qu'il est à la fois une œuvre de raison et de goût. C’est ainsi qu’en architecture l'expression d’une exigence ou de la nécessité n’a pas un moindre charme que la beauté même de la forme qui doit toujôurs en dériver.
Le bandeau du deuxième étage, le stylobate et le couronnement du
rez-de-chaussée sont en harmonie parfaite. On peut dire que ces trois détails appartiennent à la mème famille par Ja physionomie et le caractere.
Palais F'arnèse ; élévation postérieure.
Cette facade, quant aux dimensions, a la même importance que la facade principale ; mais elle lui est inférieure sous le rapport de l'unité. Le motif du milieu semble une pièce de rapport qui la divise en trois parties trop égales. Il faut toutefois savoir gré à l’auteur de cette façade, d’avoir eu la pensée de rappeler à l'extérieur l’architecture de la cour, de s'être abstenu d'innovations, en un mot, de n’a-
voir fait usage que d'éléments déjà existants, en vue d'obtenir plus
d'harmonie. Les pilastres accouplés aux angles sont même un motif
louable à plusieurs égards ; mais l’exécution des ordres et des autres détails est faible et sans finesse. On ne doit pas moins blâmer la liaison maladroite des moulures partant du centre, avec celle des bandeaux venant des facades latérales ; cela est surtout sensible pour la corniche de couronnement, et le raccord y est fort mal combiné. Cette corniche centrale est, au reste, mesquine et sans valeur, comparée surtout à celle qui l’avoisine, et qui n’est autre que le prolongement de la belle corniche de la façade principale, dont nous n'avons cessé, en toute occasion , de parler avec admiration.
Entre les deux piédestaux, et sous la balustrade de l’arcade, on lit, au troisième étage, une inscription qui fixe la date de l'achèvement du palais à l'an 1589, au temps du cardinal vice-chancelier Alexandre Farnèse, deuxième cardinal de ee nom, et petit-fils de Paul FFT.
Elle est ainsi coneue :