TD
qui diffère sur plu-
sieurs points de
F 14 Q l'exécution , no-
tamment sur la fa-
à cade. Les quatre
(1) Scizzo delle finestre del giardino.— Le finestre non si fecciono poi cosi, si fecciono come si dice qui... Les manuscrits indiquent encore tous les détails de ces croisées, de la grandeur méme de l'exécution.
(2) S'il n’est pas douteux que la facade postérieure ait été conmmencée par Sangallo, s'il est
UT CRITIQUES. 209 pilastres du projet de Sangallo ont été remplacés par autant de colonnes engagées ; et aux angles de la loge le motif a été changé par l’adjonction de chaque côté d’un pilastre, qui forme accouplement avec la colonne engagée qui l’avoisine.
Quoi qu’il en soit, ce n’est pas le projet de Sangallo qui a été suivi pour le milieu de la facade, à moins de supposer (ce qui est peu probable) qu'il a modifié depuis lesquisse de la loge, très-arrètée pourtant. qui figure sur la page précédente. Ilest d’ailleurs impossible d'admettre que Sangallo ait pris la moindre part à cette partie centrale. L'exécution en est molle et négligée : elle diffère trop de celle de la cour, dont on admiré le caractère ferme et grandiose des moulures et la beaute des profils, pour pouvoir l’attribuer à la même main.
Au reste, notre conclusion sur la construction de cette facade postérieure est celle-ci : En 15/46, lorsque Sangallo cessa de vivre, la suite des travaux fut confiée à Michel-Ange. Celui-ci posa le couronnement de la facade principale, et éleva les étages supérieurs de la cour et des façades Tatérales. À sa mort, en 1564, il fut remplacé par Vignole. Cet architecte se trouvant alors surchargé de travaux, prineipalement à Saint-Pierre et à l’église du Gésu, dut s’adjoindre, pour ceux du palais Farnèse, son élève Giacomo della Porta. I nous paraît évident que ce fut celui-ci qui s’occupa presque exclusivement de la suite des constructions. Nous en trouvons en quelque sorte la preuve dans les profils et le caractère banal des moulures. Giacomo della Porta était sans doute un artiste distingué; 1l était bon constructeur, comprenait parfaitement les effets d'ensemble, mais 11 manquait le plus souvent de goût et n'avait pas le sentiment du détail. En 1573, quand Vignole vint à mourir, il resta seul à la tête des travaux, et il composa alors la loge du dernier étage, qu'il acheva en 1589, comme
le témoigne l'inscription citée plus haut.
certain qu'il a exécuté les croisées du rez-de-chaussée, on ne saurait toutefois fixer le point où sa direction a cessé, et c'est ce qui nous semble aujourd’hui bien difficile à éclaircir.
NiLLe
Palais Farnèse ; coupes sur la cour.
la coupe générale sur la longueur donne une idée assez nette et assez complète des vestibules, des portiques de la cour, et de l’intérieur des salles et des galeries: On peut juger de leurs proportions relatives, du rapport des ordres, et même du mauvais effet du dernier étage, bien que la petitesse de l'échelle ne permette pas de distinguer sur cet étage les tristes détails de l’ordre et des croisées (1).
La coupe sur la largeur se présente avec plus d'avantage; elle reproduit la plus belle partie de la cour, c'est-à-dire les deux ordres inférieurs et le côté de cette cour, dont les arcades du premier étage sont restées ouvertes et débarrassées des croisées qui les déparent. On ne trouverait dans aucun monument des formes et plus belles et plus nobles, un concert de toutes les parties plus harmonieux." Ce double portique, véritable modèle de goût et de pureté, est du style le plus élevé. I n'est inférieur à aucun autre ouvrage de ce senre. Pour la fermeté des profils, la finesse des moulures et l’élésance des proportions , il peut être mis en parallèle avec le théâtre de Marcellus, dont il est évidemment une émanation. Je souhaite à tout véritable artiste de pouvoir contempler sur les lieux mêmes cette œuvre d’une perfection si rare, et Je lui promets ces Jouissances intimes, si réelles et si pures, et ces douces rêveries que la contemplation calme et l'étude du beau inspirent toujours.
Nous ne nous appesantirons pas davantage sur ces détails, qui peuvent être classés parnn les plus beaux types qu'offre notre art : nous
aurons à Y revenir lorsque nous parlerons des planches où ces
(1) On doit regretter sans doute que cette belle cour, par suite du départ de Vignole pour Caprarola, soit restée ainsi exposée à subir au second étage les incorrections discordantes de Michel-Ange; mais le regret est'adouci par l’idée que l'absence de Vignole nous a valu un nouveau chef-d'œuvre, le château de Caprarola , le monument peut-être le plus homogène, le plus complet et le plus irréprochable.
mèmes détails sont représentés sur une grande échelle qui permet d'apprécier la forme et la proportion des moulures et des profils.
On a fait usage, pour la construction de cette cour, de matériaux choisis. Le travertin a été employé partout, si ce n’est à l'intérieur des arcades du premier étage et dés entre-colonnements du deuxième étage, où la brique appareillée, et mise comme remplissage, à servi à détacher les croisées, dont l’encadrement est en travertin.
Le peuple de Rome, très-jaloux , et avec raison, de la conservation des monuments antiques, qui sont autant de témoignages de sa grandeur passée, a accusé Paul IT, ainsi que plusieurs autres papes, d’avoir spolié le Colisée et utilisé ses blocs en travertin à la construction de leurs palais. Cette accusation me semble iei d'autant moins vraisemblable, que Sangallo n’eût jamais consenti à s'associer à un pareil acte de vandalisme. On peut croire néanmoins que des débris du grand ampbhithéâtre, détachés par l'effet du temps, ont trouvé leur emploi dans le rez-de-chaussée de la cour ; et ce qui le ferait supposer, c'est que la pierre est sur cêtte partie d’une couleur d’ocre jaune plus tranchée.
Nous avons mentionné, page 290, un manuscrit de Sangallo qui représente la charpente primitive du comble, laquelle, à la mort de ce maître, avait déjà reçu un com-
mencement d'exécution, mais
qui fut ensuite modifiée par les
continuateurs du palais. Nous
donnons en marge la réduction de ce manuscrit intéressant à connaître, et dont les mesures ont été transformées en mètres.
Nous ferons reniarquer que la charpente indiquée à gauche sur la coupe générale est composée de deux fermes ajustées l’une au-dessus de l’autre, et que la petite ferme supérieure pose sur le faitage de la grande ferme inférieure. Une combinaison analogue, et basée sur le
même principe de stabilité, existe pour la charpente du casin de la
villa Giulia (voyez planche 206), ce qui serait un indice que la charpente da palais Farnèse est l’œuvre de Vignole, auteur de Ja précédente, et fournirait une nouvelle preuve que cet architecte prit part aux travaux du palais dès l’année 1547.
On à prétendu que les bois de charpente de la vieille basilique de Saint-Pierre, en partie démolie pour élever la nouvelle église, furent employés au palais Farnèse, Nous nous bornons à consigner ce fait, que nous n'avons pas vérifié, et sur lequel il nous semble d’ailleurs difficile de pouvoir prononcer aujourd'hui, à moins qu'un auteur contemporain ne laffirme, ou que d'aneiennes entailles ne se retrou-
vent dans les bois.
Palais Faurnèse ; plan et coupe du vestibule d'entrée.
Ce vestibule est d’un aspect riche et sévère. Sa décoration participe à la fois du caractère de la facade et de celui de la cour, et forme ainsi un lien entre lun et l’autre. Cette ordonnance est pleine-de convenance ef de logique, eu égard à la position intermédiaire du vestibule. |
On pourra sans doute, et avec quelque raison, blâmer la proportion trop courte des colonnes relativement à l'étendue de la voûte qu'elles supportent : mais il ne faut pas oublier que les colonnes, dans la plupart des palais de Rome, sont des richesses antiques mises toutes faconnées à la disposition de l'architecte, qui n'a d'autre mission que d'en trouver l'emploi judicieux.
On ne saurait comment expliquer l'ajustement irrégulier. des colonnes engagées qu'on voit aux extrémités du vestibule, non plus que ces deux parties de mur biaises situées sous le portique, si on ne.se rappelait que toute ‘cette partie du rez-de-chaussée, d’abord construite sur de petites proportions, fut ensuite agrandie à l’avénement
de Paul IE au pontificat. Evidemment ces parties biaises ont été ima-
ginées pour dissimuler la tête des deux murs de refend, qui furent alors conservés et ornés de niches et de colonnes engagées. Cette combinaison bizarre, qui n'avait toujours semblé un problème insoluble, trouve ainsi son explication. On sent, par ce seul exemple, les difficultés qu'eut à surmonter le grand architecte chargé d'opérer ces changements, pour ne pas mutiler son œuvre.
Il ne reste aujourd’hui que quelques fragments très-minimes de l’ancien carrelage en brique; mais ces fragments, quoique fort dégradés, nous ont cependant suffi pour présenter un ensemble complet sur la moitié du plan. Ce carrelage vient aboutir, vers le milieu, à des dalles en granit rayées au ciseau, afin de donner prise aux pieds des chevaux. Enfin, ces mêmes dalles forment une sorte d’encadrement à une partie de pavé établie dans l'axe du vestibule.
Nous avons figuré sur l’autre moitié du plan, d’une part, les projections des caissons de la voute, et, de l’autre, celles des caissons qui forment les soffites des bas-côtés.
Sur les douze colonnes du vestibule, trois sont en granit del foro, trois en granit gris, et les six autres en granit rouge. Quant aux colonnes engagées, celles des parties latérales comme celles des extrémités du vestibule sont, ainsi que les pilastres, exécutées en travertin.
La coupe sur la longueur, qu'on voit au-dessus du plan, fait connaître l’ajustement des caissons de la voute et de l’intrados des arcades, la proportion des colonnes et des niches, sans donner toutefois une idée bien complète de l'effet de l’ensemble, dont on jugera beau-
coup mieux en consultant la planche suivante. PLANCHE 127.
Palais Farnèse ; coupe et vue du vestibule d'entrée.
La coupe sur la largeur donne les dimensions exactes et les proportions relatives de la partie centrale et des bas-côtés, la profondeur
des niches et des divers caissons.
La vue disposée au-dessous de la coupe présente d’heureuses 0ppositions de lignes : l'effet en est brillant et complexe. Ainsi, tandis que la partie centrale est ornée d’une voûte formant berceau, et semée de caissons eintrés et richement ornés, la décoration des bascôtés, qui a moins d'éclat, se compose au contraire de soflites rectilignes. Au-dessous de ces soffites on distingue une suite de colonnes engagées et de niches cintrées qui produisent en fuyant des accidents et du mouvement. Enfin, on découvre au loin quelques parties de l’intérieur et de l'extérieur du portique de la cour, qui ajoutent de
l'harmonie et de l'intérêt au tableau.
Palais Farnèse ; coupe et vue du vestibule d'entrée.
La vue précédente ne suffisait pas pour faire apprécier tout l'effet du vestibule ; il nous a donc paru utile de représenter celui-ci sous l'aspect opposé, en plaçant le point de vue à son extrémité, et sous le portique auquel il vient aboutir. De là on juge mieux de l'effet perspectif des bas-côtés, et de l'opposition des plafonds et des voûtes.
On remarque sur le premier plan ces deux parties de mur dont la forme biaise ne saurait être expliquée autrement que nous ne l’avons fait au bas de la page 298; ils sont évidemment la conséquence d’un remaniement dans la distribution d’un plan primitif : aussi la décoration de ces deux parties se ressent-elle des difficultés imprévues qui surgirent alors, et elle ne peut être considérée que comme un expédient fâcheux auquel l'architecte a dû recourir pour arriver à une solution. Les caissons allongés qui tendent à un centre sont, en effet, d'un triste aspect, et semblent un disgracieux remplissage.
La coupe du haut de la Planche, faite dans le sens de la longueur du premier portique, donne des renseignements complets sur la décoration de ce portique et de l’entrée de l'escalier. Quelle que soit notre
admiration pour Antonio da Sangallo, nous devons avouer que les
encadrements des pilastres qui figurent au pied de l'escalier sont d’un mauvais effet, et déplorer, comme indigne d’un tel maitre, l'ajustement de mauvais goût qui relie les chapiteaux entre eux. Pour excuser l'architecte, il n’y a pas ici le motif de difficultés qui naissent d'un agrandissement ou d’une restauration, puisque l'escalier est sorti
tout entier, et d’un seul jet, de ses mains.
Palais Farnèse ; détails du vestibule d'entrée.
Tous les détails du vestibule se trouvent réunis sur cette planche. On peut ainsi juger d'un coup d'œil de leur convenance, du rapport et de l'harmonie des moindres parties.
Nous avons déjà dit que les futs des douze colonnes du vestibule étaient antiques. C'était une bonne fortune pour Sangallo d’avoir à sa disposition de telles richesses, mais leur emploi avait bien aussi son danger. Ces colonnes, en effet, étaient d’une petitesse qui ne permettait guère de les faire entrer dans la décoration d’un édifice dont les proportions sont partout monumentales. L'habile architecte comprit donc qu'il fallait les élever sur un piédestal : mais, dans cette situation, 1l était à craindre qu’elles ne semblassent maigres et mesquines. Ce défaut capital devait être évité, et c'est à quoi il a réussi en supprimant la corniche du piédestal, auquel il a conservé toutefois la base qui forme empattement sur le sol. Il est résulté de cet ajustement que le piédestal semble une partie intégrante de la colonne et faire corps avec elle. C’est là un de ces résultats imprévus, une de ces solutions admirables de problèmes jugés insolubles, que l'étude ou le génie patient sait obtenir. Que l'architecte apprenne donc, par cet exemple, qu'il peut avoir dans l’étude une confiance sans limites, et que cet enseignement lui profite !
On peut se demander d’où provenaient ces douze colonnes antiques du vestibule ; mais on manque de documents, et aucun antiquaire ne
les mentionne. Pour moi, je suis porté à croire qu’elles ont appartenu à ces petits monuments isolés et votifs qu'on voyait dans l’ancienne basilique de Saint-Pierre, que Bramante et Sangallo lui-même avaient dû démolir-pour faire place aux nouvelles constructions. On aura jugé que, vu leur petitesse, ces colonnes ne pouvaient trouver d'emploi dans la nouvelle basilique ; et Sangallo aura été autorisé à les utiliser dans le palais de Paul IT, comme il le fut pour les débris de l’ancienne charpente. Cette conjecture n’est confirmée par aucun auteur contemporain, mais elle n’est pas sans quelque apparence de vérité.
Les ornements des caissons de la voüte du milieu, aussi bien que ceux des caissons des bas-côtés, sont exécutés en stuc, et présentent un dessin agréable. Ils ont peu de saillie, et sont aujourd’hui tellement effacés, que ce n'est qu'avec peine qu'on est parvenu à les reproduire dans leur intégrité. Cette partie de la décoration est réputée l’œuvre de Michel-Ange.
Les bancs situés entre les colonnes engagées des murs latéraux, sont une conception pleine d’à-propos et de convenance dans un vestibule. Leur ajustement et leur profil, qui correspondent à ceux des piédestaux des colonnes, sont bien conçus, et contribuent à donner
une grande fermeté au petit ordre qu’ils supportent. 8 | PI
Palais Farnese; parties principales de la coupe sur la cour.
Cette planche résume les parties les plus intéressantes de la cour. Elle donne, à une plus grande échelle, le profil général de cette cour, l'entrée de l'escalier, l’ensemble des trois ordres, et leur arrangement aux angles, les arcades, les croisées ; enfin le vestibule du fond et le profil de la façade postérieure. Déjà ces mêmes indications se trouvent sur la coupe de Ja planche 125, mais la petitesse des détails s’oppose à ce qu'on puisse les apprécier. Ici, au contraire, l'échelle étant
triple, le lecteur pourra mieux juger de l’ensemble des proportions, du rapport des ordres et des étages, enfin, des moulures et des profils.
Il sera ainsi à même de
rectifier nos jugements,
l'éloge comme le blâme.
On nous saura gré, sans
doute, de reproduire ici
une partie d’un dessin
manuscrit de Sangallo qui
représente, avec des va-
riantes, les premiers es-
sais de cet architecte pour
la décoration de la même cour. Sur ce dessin, le nombre des arcades est également de ciëng. Le
fragment que nous pré-
sentons suffira, nous n’en
doutons pas, pour met-
tre à même de faire d’in-
téressantes et utiles com-
paraisons. Îl faut y remarquer :
Qu'au rez-de-chaussée
les métopes ne sont pas
ornées, et que la corni-
che a des mutules ;
Qu'au rez-de-chaussée