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mont-de-piété, y produit un bon effet. Sa composition , il est vrai, n'offre rien de bien remarquable; mais la proportion des vasques et celle de leurs supports sont établies avec justesse ; enfin on aime sur-
tout l'harmonie qui y règne.
Plan de l’église S. Ignazio et du Collége Romain.
Le cardinal vice-chancelier Ludovico Ludovisi, neveu de Grégoire XV, posa, en 1626, la première pierre de cette église, qu’il élevait en l'honneur de saint Ignace, canonisé par son oncle en 1622. Le cardinal mourut en 1632, à l’âge de trente-sept ans, et légua une somme de deux cent mille écus romains destinée à la continuation des travaux. L'église, bien qu’inachevée, fut ouverte en 1650 par ordre du prince de Piombino, Niccolo Ludovisi, frère du cardinal. Devenu vice-roi de Sardaigne, ce prince accorda une somme considérable, nécessaire à l'achèvement des constructions, qui n’atteignirent à leur entière perfection qu’en 1685.
Le grand peintre Domenico Zampieri (le Dominiquin), qui pratiquait aussi l'architecture , avait composé pour cette église deux projets qui ne furent pas mis à exécution. Le père Grassi, jésuite, en les combinant tous les deux, en forma un troisième, d’où est résulté l’église actuelle. Mais la façade principale est l’œuvre d’un autre architecte , et fut bâtie par Alessandro Algardi.
La disposition générale du plan est grandement conçue, et l’on y retrouve la forme d’une croix latine. La nef du milieu domine les autres par son Importance, et fait opposition avec les petites nefs qui sont divisées en trois chapelles régulières , à demi fermées , et nettement accusées par autant de coupoles ; de là résulte une suite de motifs semblables, qui portent un caractère à la fois religieux et monumental. La grande nef est d'une architecture correcte et régulière; elle est décorée d’un ordre corinthien de pilastres accouplés. Les deux cha-
pelles qu’on voit aux extrémités de la nef transversale sont d’une richesse éblouissante. Les marbres antiques et modernes, ainsi que les bronzes dorés, y sont prodigués à l'infini ; mais la vue de toutes ces magnificences si fausses et de si mauvais gout laisse d’amers regrets quand on songe aux pauvretés qu'elles décorent.
On doit au père André Pozzi, jésuite, qui avait une merveilleuse aptitude pour la perspective, les peintures de la coupole et de la voûte de la grande nef; et ces peintures donnent, en effet, une preuve éclatante de son savoir en cette science. Cependant, tout en rendant justice au talent qui lui a fait surmonter tant de difficultés pour produire l'illusion, on ne peut s'empêcher d’être péniblement affecté du résultat de tant d'efforts, lorsqu'on découvre dans ces ambitieuses compositions des erreurs de goût sans nombre. Heureusement la pensée que toutes ces colonnades, que ces bâtiments entassés ne sont que des fictions ou des jeux d’un pinceau habile, vient amoindrir vos scrupules et calmer votre susceptibilité d'artiste.
Les bâtiments qui viennent à la suite de l’église sont antérieurs de quarante-quatre ans à la construction de celle-ci, et furent élevés en 1582 par Grégoire XIIL, sur les dessins de Bartolomeo Ammanati. Leur ensemble, avec les dépendances, forme l'établissement d’enseignement le plus considérable qu'il y ait à Rome. Il est connu sous le nom de Collége Romain. On doit s'étonner du décousu qui existe entre les diverses parties de ce grand ensemble. Ce manque d'unité résulte de ce que les bâtiments ont été élevés à diverses époques, et sous la direction de plusieurs architectes. Il est rare qu'une construction qui n’est pas d’un seul jet soit régulière et homogène, tant l’homme, et surtout l'artiste, tient à conserver son individualité, à la-
quelle il sacrifie même l’œuvre qui lui est confiée (1). [ne suffit pas
(1) Aujourd’hui nous aurions heureusement plusieurs exemples du contraire à constater La plupart des architectes de nos jours, qui ont à compléter ou à étendre un monument, s’efforcent d'y maintenir partout une parfaite harmonie, et en cela ils font preuve de bon esprit et de capacité.
que la critique frappe d’un blâme énergique les architectes incapables ou vaniteux, il faut que l'autorité soit éclairée, vigilante et inflexible à leur égard ; qu'en un mot elle comprenne son devoir et sa responsabilité envers l'avenir.
La cour est ce qu’il y a de monumental dans cette partie du plan ; elle est carrée, parfaitement régulière et entourée d’un portique à double étage. Autour decette cour sonthabilementdistribuées les diverses salles d'étude ; enfin, aux deux extrémités du portique situé près de l'entrée principale, existent de larges escaliers qui desservent le premier étage. Mille enfants, environ, sont recus dans cet établissement. Les jésuites leur enseignent les langues latine, grecque et hébraïque, la rhétorique, la philosophie, la théologie, les mathématiques et les sciences naturelles.
L’habitation des professeurs, tous de la Société de Jésus, depuis que Léon XII a replacé cette corporation à la tête de l'enseignement, est reportée dans les bâtiments qu'on voit à gauche sur le plan. Cette partie des constructions n’est d’aucun intérêt pour l'architecte; il n’y trouverait aucune régularité, ni rien de ce qui annonce des recherches ou qui sente l'étude.
Le collége possède une excellente bibliothèque, et un observatoire illustré par plusieurs astronomes éminents. Enfin, le célèbre père Kircher y a fondé un musée où l’on trouve un grand nombre de bustes, de statues, d'inscriptions, et de riches collections de bronzes antiques, d'objets d'histoire naturelle et d’as romains.
Pour éclaireir les observations que nous avons à faire sur la façade et fixer les idées, nous présentons sur la même page une vue extérieure qui suffira pour atteindre notre but, bien que l’échelle de notre dessin soit très-petite. Si l’on considère avec attention cette facade, on s'aperçoit que l'architecte Ammanati a voulu donner à l'édifice un caractère tout spécial. On suit sa pensée, bien qu'il n’ait pas su toujours l’exprimer avec bonheur. Aïnsi il a eu raison, sans doute, de vouloir marquer par une saillie et en l’élevant d’un attique la par-
tie consacrée à l’enseignement ; mais cette saillie ne correspond qu’im-
parfaitement à la cour des études, et l’une des deux grandes portes d'entrée, rejetée sur le côté de cette cour, est sans aboutissant, et conséquemment sans utilité aucune. Sur ce point, comme on le voit, l'architecte a done complétement échoué. Ce n’est pas tout: on reconnaît que son bon sens lui avait inspiré l’idée d’accuser cette mème partie centrale par une décoration plus monumentale. À cet effet 1 avait agrandi plusieurs portes et plusieurs croisées ; mais aucun parti pris ne se dessine sur cet avant-corps : il règne au contraire dans la décoration un tel décousu, une telle confusion, qu’il faut dire avec regret, et pour la seconde fois, qu'Ammanati n’a pas su accomplir sa tache. Car, il faut l’avouer, les bâtiments en aile et en arrière-corps ont été par trop sacrifiés ; les belles lignes y manquent; les croisées, trop multipliées et partout uniformes, y sont d’une fatigante monotonie ; enfin l'artiste, mal inspiré en visant à la simplicité, n’a su obtenir que de la pauvreté et nulle grandeur. En définitive, notre conclusion sur cette façade peut se résumer en ce peu de mots : Pensée heureuse dans le motif d'ensemble, masse générale d’un beau profil, divisions principales marquées avec à-propos et justesse ; d'autre part, aucun sentiment de l'étude, aucun ajustement de quelque valeur ar-
tistique.
Collége Romain; cour des études.
Cette cour, ainsi que nous l'avons déjà dit, est carrée et régulière ; les arcades et les ordres sont d’une assez bonne proportion, et les détails corrects, mais sans finesse. L’accouplement des pilastres aux angles est un motif de raison:et de prévoyance, justifié d’ailleurs par le goût. On sera à même d'apprécier sur la coupe le caractère de l’architecture de la cour, tandis que la vue du haut de la planche fera juger de son effet pittoresque. Cette cour tout entière est l’œuvre de Barto-
lomeo Ammanati.
IX, ro,
Fo
Palais Borghèse ; plan et facade.
Ce palais fut commencé en 1590 par le cardinal espagnol Dezza, sur les dessins de Martino Lunghi /e vieux ; et c’est le plus bel ouvrage de cet artiste. Peu d'années après, le palais fut acquis par le cardinal Borghèse, qui, devenu pape sous le nom de Paul V, en fit don à ses frères. Ceux-ci chargèrent Flaminio, Ponzio de prolonger les bâtiments de l'aile gauche depuis l’extrémité de la place où se trouve le pilastre qui sépare les treizième et quatorzième croisées, jusqu’à la rue de Ripetta. Le jardin fut tracé par Carlo Rainaldi, qui donna le dessin des trois grandes fontaines adossées au mur d’enceinte de ce jardin, et qui sont exécutées en stuc dans un goût si bizarre.
On a trouvé que la forme oblique, anguleuse et irrégulière du plan, se rapprochait de celle d’un clavecin ; et de là est venue au palais la dénomination de Clavecin Borghèse. (Il cembalo di Borghese.)
La partie de ce grand édifice qui fut élevée par Lunghi est, sans contredit, la plus remarquable. Elle comprend une grande et belle cour, et les bâtiments qui l'entourent. Les appartements y sont bien distribués, et le double portique de la cour composé de colonnes accouplées, forme une ordonnance pleine de grandeur. Deux nobles entrées introduisent à la cour, et deux beaux escaliers, parfaitement situés pour les dégagements, établissent une communication facile avec le premier étage: celui du fond, qui est ovale, est remarquable par sa rampe à spirale, supportée par une suite de colonnes accouplées. Cet escalier est une imitation assez maladroite de celui que Bramante avait exécuté depuis près d’un siècle, au Vatican, dans les bâtiments du Belvédère.
Une vaste galerie de tableaux a été formée dans les appartements du rez-de-chaussée ; c’est la plus nombreuse qu'il y ait à Rome et la
plus riche en chefs-d'œuvre. Le prince don Francesco Borghèse, mort
il y a peu d'années sans enfants, a voulu, par une disposition particulière qui lui fait honneur, que cette collection fût inaliénable pour ses héritiers. En assurant la durée de ce précieux musée, consacré aux jouissances du publie et aux études de l'artiste, le prince à fait un acte de généreuse munificence.
On remarquera sur le plan une ligne ponctuée et tracée sur les bàtiments de l'aile gauche, élevés par Ponzio. Cette ligne a pour but d’appeler l'attention sur cette longue enfilade de portes, dont la brillante perspective ajoute à l'effet de ces beaux appartements. Cette perspective, qui se prolonge au loin, se termine par la vue des montagnes et d’une fontaine ajustée dans la grande porte d'entrée d'une maison voisine, pour contribuer à l'agrément et faire point de vue aux appartements du palais Borghèse. On trouvera cette fontaine représentée sur la pl. 10. La même magnificence règne dans les appartements du premier étage, et la même richesse aux étages supérieurs. Nous signalerons dans ceux-ci huit beanx tableaux du peintre français Joseph Vernet.
L'ensemble des facades présente une masse imposante, assez bien divisée, d’une architecture irréprochable, mais peu caractérisée, et sans grande valeur au point de vue de l'artiste. La façade principale, composée de neuf croisées de front, et la partie de la facade latérale qui en comprend treize, l’une et l'autre construites par Lunghi, sont mieux étudiées que le prolongement exécuté par Flaminio Ponzio. L'aspect de ce prolongement est monotone, et peu digne enfin du talent déployé tant de fois par son auteur.
Palais Borghèse; coupe et vue de la cour.
La coupe et la vue, réunies sur cette planche, peuvent donner une idée de la splendeur de la cour, et de l'effet surprenant et théâtral qu’elle produit. On s’étonne qu’on ait réuni autant de colonnes et de
richesses pour une simple habitation privée. Ces colonnes, en y com-
Ds
prenant celles des deux portes d'entrée, sont au nombre de cent. En
voici l’énumération :
Porte d'entrée de la façade principale. Colonnes de granit gris... 1 â Porte d'entrée de la façade latérale. Colonnes de granit rouge.. 21 Cour. — Portique du rez-de-chaussée. Colonnes de cipollin. ..... \ THE A Re de granit rouge.. 2 | | 48 IAE or ee der more de granit del foro. 4 Te TRE SOUMET de granit gris.... 40 Cour. — Portique du premier étage. Colonnes de granit rouge... 8] 48 Idem “
«spores lofisiteliohe) ere e'sietelans +
sos
… +. de.granit gris...se à 40)