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Église S. Balbina.
Cette église très-ancienne a été restaurée à diverses époques. Rien de plus simple que la disposition de son plan; le porche, l'autel du fond et les deux autels latéraux sont tous d’une parfaite convenance. La facade, qui porte un caractère de simplicité naïve, répond exactement aux indications du plan. Le porche en est bien accusé, et les
arcades sont d’une excellente proportion.
Église S. Saba.
Elle est située sur le versant de la partie orientale du mont Aventin. On sait qu’elle est très-ancienne, mais on ignore la date de sa fondation. On a pu croire qu’elle était du nombre des basiliques constantiniennes , parce que les deux colonnes en porphyre du portique extérieur, que Pie VI à fait placer au musée du Vatican, portent au sommet les bustes des empereurs Constantin IT et Constant, penchés l’un vers l’autre comme pour s’embrasser ; mais l'emploi de ces colonnes, dans un édifice qui n’est composé que de débris antiques, n'est pas une preuve qui semble admissible. Ce qui est toutefois incontestable, c’est que la maison de sainte Silvie, mère de saint Grégoire, était en ce lieu, et qu'au vi‘ siècle elle fut remplacée par un oratoire. On doit en croire le témoignage de l’inseription suivante qu’on lit sur l’architrave du portique extérieur : « Ecclesia SS. Sabae et Andrae ad « cellam novam, ubi olim et domus deinde oratorium S. Silviae matris « S. Gregorii PP., ex qua domo quotidie pia mater mittebat ad elivum « Scauri filio seutellam leguminum.» Cette inscription fut vraisemblablement placée au temps de la fondation de l’église, vers le milieu du vit siècle, quand les moines grecs, chassés d'Orient par la persécution
des iconoclastes, vinrent se réfugier sur cette partie de l’Aventin, et
ET CRITIQUES. 385 dédièrent la basilique à saint Saba, abbé de Cappadoce, et à saint André. On est du moins certain qu’au temps d’Adrien I‘ le couvent attenant à l’église était habité par des moines grecs.
La disposition du plan est entièrement semblable à celle des premières basiliques chrétiennes. L'église actuelle est divisée en trois nefs, mais dans l’origine elle dut en avoir cinq. Cette opinion est fondée sur la remarque qu’il y a des colonnes incrustées dans les murs latéraux, et qu'on y distingue même les arcs qu’elles supportent; elle est aussi confirmée par cet autre fait, qu'il existe au delà des mêmes murs deux corridors de la largeur des petites nefs, et qu’on voit sur les murs deces corridors des peintures presque entièrement effacées. Le chœur est élevé de plusieurs marches au-dessus du sol, et lon y monte par une large rampe. De chaque côté de celle-ci se trouvent deux petits escaliers qui descendent aux souterrains. L’abside est décorée de peintures en mosaique, où le Sauveur est représenté entre deux figures qui vraisemblablement sont celles des saints Saba et André.
Sur les quatorze colonnes qui séparent les nefs, trois sont de granit rouge , trois de marbre du mont Hymette (imezio), trois de marbre gris, trois de granit gris, une de porta-santa, enfin une de cipollin. Elles ont été enlevées à divers monuments antiques, et portent presque toutes des chapiteaux différents. La charpente est restée apparente : le pavé est une mosaïque qui présente une grande variété de marbres.
La façade n’est pas dépourvue d'originalité, et la galerie du haut est d’un agréable effet. Les colonnes sont en travertin, avec bases et chapiteaux de marbre. Les piliers du portique du rez-de-chaussée sont en briques, et ont remplacé les colonnes de marbre de la construction primitive. Nous avons indiqué précédemment que deux de celles-ci avaient été transportées au musée du Vatican.
Le motif de cette facade se retrouve dans plusieurs églises de Rome, bâties dans le même caractère, vers la même époque ; nous citerons
comme exemple S. Giovanni e Paolo.
WIL 7e
Église S. Tommaso degli Inglesr.
Cette église, l’une des plus anciennes abbayes de Rome, portait d’abord le nom de Trinité des Écossais. Grégoire XIIL y réunit le collége anglais, et le cardinal Norfolk , en 1555, la rebâtit en entier ainsi que le collége, sous la direction des architectes Domenico Fontana et Legenda.
Église S. Salvatore delle Coppelle.
Le nom delle Coppelle lui vient de ce qu’il y a plusieurs siècles les fabricants de coupes et les tonneliers habitaient dans le voisinage. Célestin IIT, en 1195, la restaura, et la dédia au Sauveur. L'architecte Carlo de Dominicis la réduisit à l’état actuel. On y remarque un beau tombeau du cardinal génois Spinola , ouvrage de Bernardino Ludovisi.
Palais Barberin ; plan général et vue d'ensemble.
Ce palais, situé à mi-côte à l'extrémité nord du Quirinal et sur le revers occidental de cette partie de la colline, est un des plus importants et des plus vastes qu'il y ait à Rome. Si on le réunit aux dépendances et aux jardins, on obtient un ensemble qui comprend un espace de plus de deux cents mètres carrés, et dont les limites sont la place Barberini, les rues di S. Niccola di Tolentino, Sterrato, di Porta Pia, enfin celle delle Quatro Fontane. Les jardins, établis sur la crête de la colline, occupent l'emplacement de ce qu'on nomme l’ancien Capitole (Capitolium vetus), petit temple qui sous Numa avait trois chapelles dédiées à Jupiter, à Junon et à Minerve.
La place Barberini, autrefois Grimana, comprend une partie de
l’ancien cirque de Flore. Irrégulière et sans intérêt par elle-même,
nous devions néanmoins en donner le plan et la vue, pour faire bien
juger de la situation du palais et de son importance, et pour montrer
combien sa masse imposante ressort au milieu des mesquines habita-
tions qui l'entourent.
La place ne compte aucun monument, si ce n'est une assez belle
fontaine désignée par le nom de fontaine du Triton. Nous en donnons
le détail planche 187, et la description page 398.
Les jardins qui font suite au palais sont spacieux, bien dessinés, et