L. DUYARCIN
abondamment pourvus d’eau.
La partie du fond est réservée, et séparée par un mur de clôture. On y remarque particulièrement une fontaine d’une assez belle apparence et surtout très - pittoresque, située dans l’axe du palais à l’extrémité des jardins, et destinée à faire point de vue aux appartements. La décoration de cette fontaine se compose d’une statue colossale d’Apollon abritée par un pin très-beau, et qui à souvent servi d'étude aux pein-
tres de paysage. Sur le dessin
que nous en donnons ici, le point de vue est pris du Vicolo Sterrato.
Dans la partie des jardins située vers la droite, on a établi un jeu de
ballon public parallèlement à la rue di Porta Pia.
Palais Barberini; plans du rez-de-chaussée et du prenuer étage.
Elévation principale.
Vers l'an 1624, peu après l’avénement d'Urbain VIT au pontificat, 1
le cardinal camerlingue Francesco Barberini, son neveu, commença la construction de ce palais, qui ne fut achevé qu’en 1630. Les baâtiments furent élevés sur l'emplacement de l'habitation et des jardins du cardinal Carpi, devenus ensuite la propriété des ducs Sforza. Les travaux furent dirigés par trois architectes : Carlo Maderno, Francesco Borromini et Lorenzo Bernini. Sans pouvoir marquer avec précision dans quelle mesure chacun d'eux prit part aux constructions, nous espérons du moins, à l’aide d'observations suivies, donner des indications qui s’éloignent peu de la vérité. On ne doute pas que ce fut Maderno qui disposa les premiers plans, et qui dut même commencer les constructions. Mais alors il était vieux, fort occupé à la basilique de Saint-Pierre, et obligé, par suite de ses infirmités, de se faire porter en litière. I mourutd’ailleurs peu d'années après, en 1629. Ainsitout donne lieu de croire que sa participation aux travaux du palais Barberini fut presque nulle. Ce qui le confirme, c’est que Maderno, pendant les dernières années de sa vie, se faisait suppléer dans la surveillance des travaux qui lui étaient confiés par son parent et élève Borromini, lequel fut ainsi naturellement appelé à lui succéder. D'un autre côté, le pape favorisait tout particulièrement Bernini, et, sur ses instances, son neveu, le cardinal Francesco, l’adjoignit pour la suite des travaux à Borromini. D'abord le cardinal put croire que les deux jeunes artistes marcheraient d'accord, mais il ne tarda pas à s'apercevoir deson erreur ; ear c’est de cette époque que doit dater la jalousie et la profonde inimitié de Borromini contre son rival, inimitié qui ne cessa pas d’être alimentée par les succès de Bernini. Sans doute elle ne fut pas étrangère à la fin tragique de Borromini, qui, bien des années après, se donna la mort en se perçant de son épée. Quoi qu’il en soit, le cardinal, comprenant que des volontés si divergentes porteraientun grand préjudice à ses intérêts, se détermina à faire deux parts : la partie du fond, le vestibule, la rampe douce et la facade postérieure, échurent à Borromini, qu'on reconnait à l’incorrection des détails; l’autre