‹ Edifices de Rome moderneChapitre 83 sur 154 · VAN · texte numérisé non relu

VAN

Église S. M. del Popolo : vue de la quatrième chapelle à droite.

Il y a beaucoup d’analogie entre cette chapelle et celle de la planche précédente. Si la corniche est plus riche, la décoration de la voûte est beaucoup plus simple. Elle est à fond bleu, rehaussé d’étoiles dorées. La planche 235 donne le dessin de l’autel dans des proportions et avec un détail qui permettent de l’apprécier. Le tombeau qui se voit à gauche, en perspective fuyante, est tout à fait semblable à celui de la première chapelle de droite. II me paraît bien évident que ces deux tombeaux sont de la main du mème

artiste.

Eglise S. M. del Popolo: chapelle Ghigi, la seconde a droite

de l'entrée.

Cette chapelle fut construite par le chef de cette famille, par le riche banquier Agostino Ghigi. Il fut l'ami de Raphaël, qui peignit pour lui les fresques de la villa, connue depuis sous le nom de Farnesina, que ce célèbre protecteur des arts s'était fait bâtir, sur les bords du Tibre, par son compatriote Baldassare Peruzzi (voir planches 100 à 102). À l'exemple de Jules IT, qui, pour le récompenser dé grands services rendus, l'avait autorisé à porter le nom de sa propre famille, della Rovere, et à en prendre les armes, Ghigi voulut se faire préparer de son vivant une magnifique sépulture et il choisit pour cette destination une chapelle de l’église S. M. del Popolo. On a prétendu que ce fut Raphaël qui en donna le plan; cette assertion aura probablement pris naissance dans le désir de lui décerner ic une triple couronne artistique et de le trouver architecte là où la tra-

dition le signalait déja comme peintre et comme statuaire. J'ai

examiné précédemment (page 237) la question d'attribution relative à l'architecture de la chapelle Ghigi, et j'ai dit les raisons pour lesquelles j'melinais à la restituer à Baldassare Peruzzi.

Quant à l'opinion, assez générale et suivie par moi, que Raphaël dessina les compositions de la coupole, des'compartiments de l’attique, des lunettes des pendentifs et du tableau de l'autel, commencé par Sébastien del Piombo, elle ne s’appuie pas, il faut le reconnaitre, sur des preuves positives. Le seul fait bien certain, c’est que ce fut d'après son dessin que son élève Lorenzo Lotti, dit Lorenzetto, exécuta la statue fameuse du Jonas. Du reste, si Raphaël n’a pas ici coopéré directement à l’ensemble des travaux, on y retrouve toutefois les traces de son influence sur l’art de son temps. Le style de cette chapelle n'appartient déjà plus à la fin du xv° siècle. L’architecture encore un peu sèche de. cette époque a, en effet, disparu. L’aurore du grand siècle s'annonce déjà avec un vif éclat. L'art qui s'élève, s’est ravivé aux sources de l’antiquité païenne; et c’est une curiosité digne d’être signalée ici, que l’irruption de ce paganisme dans les temples chrétiens et que ces figures de Jupiter, de Saturne, de Diane, de Mércure, etc., qui, dans les peintures en mosaique de la coupole (voir planche 98), font cortége à Jéhovah.

Egüse S, M. del Popolo : mausolée du cardinal Æscanio Sforza,

situé à gauche dans le chœur.

Deux admirables mausolées sont placés vis-à-vis l’un de l’autre dans le chœur, derrière le maître-autel. Ils sont dus au ciseau de l’ingénieux et habile architecte et sculpteur Andrea Sansovino (1), qui

(1) On sait qu'il ne faut pas confondre cet Andrea Contucei dal Monte Sansavino, où Sansovino, suivant la prononciation florentine, avec le célèbre Jacopo Tatti, qui fut son élève et auquel il laissa son nom de Sansovino, que celui-ci, l'ami de Titien et de PArétin, devait à son

tour porter si glorieusement.

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