IV, À
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« marbre placés dans Sainte-Marie du Peuple, à savoir l’un en l'hon- «<neur du cardinal Sforza et l’autre du cardinal Recanati, très-proche « parent du pape.
« Lesquels ouvra- « ges furent exé-
« cutés par An-
LA « dré avec une
« telle perfection,
«qu'ils ne lais-
« sent rien à dési-
« rer, en ce qu’ils
« sont finis et tra-
« vaillés avec tant
« de précision, de « beauté et de grà- « ce, qu’on recon-
« naît en eux Fob- « servation des
« règles de l'art.
«On y voit en-
« core une statue
« de. la Tempé-
« rance tenant en
« main un sablier
« et qui est: ré-
« putée chose di-
« vine ; et en vé-
« rité elle ne sem-
« ble pas une œuvre moderne, mais plutôt antique et dès plus par-
‘faites; et bien que, parmi les autres figures, il y en ait d’un grand « mérite, celle-ci néanmoins est de beaucoup supérieure pour l’atti-
FE
‘tude et la grâce; sans compter qu’on ne peut voir rien de plus
« élégant et de plus beau que ce voile qui l’enveloppe et qui est tra- « vaillé avec une telle délicatesse, qu'il semble, en l’examinant, tenir « du miracle. » (Vasari: Vita di Andrea dal Monte Sansovino. )
Les quatre gravures des planches 239, 240, 241 et 242 font bien connaître la structure des splendides mausolées, élevés en l’honneur des deux cardinaux; nous avons pensé, toutefois, qu'en outre de ce tracé, purement architectural, il pouvait être intéressant de faire apprécier les proportions élégantes de ces tombeaux sous un nouvel aspect, celui de l'effet pittoresque. C’est dans ce but que nous placons ici une belle vignette destinée à mettre en évidence les développements des diverses saillies et le jeu des
ombres.
Plan du palais Spada; Piazza Capo di Ferro.
Ce palais, situé à peu de distance du palais Farnèse, fut bâti, au temps de Paul II, par le cardinal Girolamo Gapo di Ferro, qui l’éleva pour en faire son habitation. La construction en fut confiée à Giulio Mazzoni, élève de Daniel de Volterre. On remarque dans le plan des dispositions assez étranges qui dénotent le peu d'expérience de l’architecte. Mazzoni, en effet, était plutôt un sculpteur qu'un constructeur d’édifices. Vasari semble même ne lui attribuer que le mérite d’avoir été, tant à l’extérieur qu'à l’intérieur de ce palais, le décorateur-ornemaniste ; il en parle également comme d'un peintre de mérite : « Ayant appris de Daniel, dit-il, à travailler en stue, et devenu en cet art l’émule de son maître, il a orné de sa main tout l'intérieur du palais du cardinal Capo di Ferro, et fait là des œuvres merveilleuses, non-seulement en stuc, mais encore en compositions historiques, peintes à fresque où à l'huile, qui lui ont justement valu des éloges infinis. » 1l faut évidemment ici faire la part de l’exa-
gération complaisante du langage.
Du cardinal Capo di Ferro le palais passa à la famille Mignanelli, puis au cardinal Bernardino Spada, qui, en 163», le fit restaurer et décorer par Francesco Borromini.
La facade principale, sur la place Capo di Ferro, bien que d'un aspect singulier, ne laisse pas que d’avoir une certaine importance. Derrière cette façade se trouve un vestibule qui manque d’ampleur et dont l’ornementation trop peu accentuée est défectueuse. À gauche de ce vestibule quelques pièces réunies ont servi à recevoir une sorte de musée de statues antiques, parmi lesquelles la curiosité se porte principalement sur la statue colossale dite de Pompée (1), au pied de laquelle la tradition suppose que tomba César sous le poignard des conjurés. Le vestibule ouvre sur un portique à l'entrée de la cour; à la droite de ce premier portique prend naissance le principal escalier du palais. Il est formé d’une seule rampe, se développant dans une cage qui semble trop étendue. [l manque de jour et la décoration en est mesquine.
Le jardin est séparé en deux parties, de manière à ménager à la fois une vue agréable, et un passage pour l’arrivée des voitures aux écuries. Celles-ci sont reportées loin de l'habitation, qui est mise
ainsi à l'abri de l'odeur et du bruit.
(1) Cette statue fut découverte couchée sous un mur de séparation entre deux maisons contigués. De là contestation entre les deux propriétaires. Les juges, renouvelant le jugement de Salomon, décidèrent que l’un d’eux aurait le corps et l’autre la tête. Le cardinal Capo di Ferro, qui aimait les arts, fit suspendre l'exécution de cet arrêt étrange, et le dénonça à Jules IT. Le pape, voulant empêcher la mutilation de cette statue, l'acheta 5oo écus et la donna au cardinal. Les antiquaires ont voulu y voir tour à tour un Alexandre le Grand, un Auguste, ou quelque empereur inconnu. L'emplacement où elle fut trouvée, et un rapport de traits avec une médaille de Pompée, ont servi à déterminer l’attribution qui a prévalu. Ces traits, du reste, sont sans génie, sans bonté et sans beauté, Quelles qu'aient été les objections soulevées par la critique, et entre autres celle tirée du globe que cette figure tient dans la main gauche et qui ne semble pas convenir à Pompée, on a continué, par un penchant naturel . de l'imagination, à voir dans cette statue celle au pied de laquelle César fut assassiné dans la curie de Pompée et que l’empereur Auguste fit transporter plus tard sur une de ces arcades
désignées sous le nom de Janus. (Suétone, Aug. 31.)
Borromini ayant été appelé à exécuter la restauration de ce, palais, concut la fantaisie de combiner dans l'axe transversal de la seconde cour, un modèle de colonnade aux proportions réduites et rapidement dégradées, de manière à figurer dans un espace restreint la perspective fantastique d’une vaste galerie. L'illusion est complète quand on l'aperçoit à travers l’arcade ouverte au côté gauche de la première cour (1). Quelque ingénieuse que soit cette décoration théâtrale , il ne faut toutefois considérer ce trompe-l'œil d’architecture feinte que comme un jeu puéril et indigne des nobles réalités
de l’art.
Elévation principale du palais Spada ; Piazza. Capo di Ferro.
Si l’on considère le dessin architectural de cette façade en lui-même et isolé de l’ornémentation surabondante qui le masque en partie et distrait l'attention , on trouve qu'elle présente d’heureuses et justes proportions. Les fenêtres, les bandeaux et lés corniches sont dans de bons rapports; les refends sont bien divisés; les détails sont simples et ne manquent pas de pureté. Ce qui nuit à la simplicité de cette facade, ce sont les frontons des niches et surtout les figures bas-reliefs du milieu; elles sont d’une nature trop forte; et les ajustements qui les entourent sont trop maniérés. Les médaillons placés à la hauteur du deuxième étage sont également trop grands, trop surchargés d’ornements ; ils attirent trop l'attention et ils empèchent les fenêtres voisines de conserver toute leur importance. Le même défaut se reproduit, avec une autre disposition, au deuxième étage, où les encadrements qui alternent avec les croisées ont de même trop de valeur. Is contiennent des inscriptions relatives aux personnages
placés dans les niches du dessous. -
(1) On prétend que ce modèle inspira à Bernini les dispositions du bel escalier appelé Scala regia, qui, au Vatican, conduit du rez-de-chaussée à la grande salle nommée Salle royale et-à
la chapelle Sixtine.
VII, ro.
Le dessin du bas de la planche représente un fragment du combat des Centaures de la frise de la cour, bas-relief exécuté en stuc par Giulio Mazzoni. Ce bas-relief est assez bien entendu, surtout pour l’époque; et il rappelle par la simplicité de la ligne le caractère des sculptures antiques en ce genre qui nous sont parvenues.
V'estibule et cour du palais Spada; coupe sur la largeur et vue.
- Cette vue, et la coupe figurée sur la même page, se complètent: l’une l’autre et font connaître l'architecture des diverses faces et la décoration de la cour avec la variété des sculptures et des peintures. Nous ajouterons ici une dernière remarque ; c’est que la plupart des mezzanines du premier étage sont des ouvertures feintes; on retrouve dans cet ajustement mensonger plutôt l'allure irréfléchie du sculpteur que le discernement judicieux de l’architecte.
Détails divers du palais Spada.
L'escalier principal du palais est loin d’être un modèle; cependant, à cause de sa disposition peu commune, nous avons cru devoir en tracer ici le plan et en donner la coupe et la vue. On reconnaîtra encore d’assez bons profils ou ajustements, représentés au bas de la même planche.
Eglise de S. Clément; plan général, entrée extérieure, vue de
l’atrium et du couvent.
Cette église, une des plus anciennes et des plus intéressantes de Rome pour l’histoire de l’art religieux, est située entre le Colisée et
ET CRITIQUES. 5ai
la basilique de Saint-Jean de Latran. Dans le principe elle fut, dit-on, élevée sur l'emplacement d’un oratoire de la maison de saint Clément, un des premiers successeurs de saint Pierre, qui vécut sous Trajan.
Dans la confession ou crypte placée sous le maître-autel, ont été déposées des reliques du saint. Déjà, en 392, saint Jérôme fait mention de l’église Saint-Clément. Il est certain, du reste, qu'elle existait au v° siècle, puisque ce fut dans son enceinte qu’en 417, le pape saint Zosime condamna l’hérétique Celestius, disciple de Pelasge; saint Grégoire le Grand y institua, en 590, quelques processions de pénitence et y prononca deux de ses homélies (la 33° et la 38°). Elle fut restaurée sous plusieurs papes et entre autres, en 772, sous Adrien I. Des antiquaires considèrent cette église comme ayant été reconstruite au 1x° siècle, sur une basilique plus ancienne ; il faut n'accépter qu'avec une certaine réserve cette date, qui paraît n'avoir d'autre fondement que le monogramme du pape Jean VII, sculpté sur la balustrade en marbre du chœur. Si nous continuons à suivre la série des temps, nous trouvons que Pascal 11 y fut élu pape en 1099. Divers cardinaux la réparèrent successivement, et notamment Jaeques Thomas Gaetani, neveu de Boniface VII, qui, en 1299, restaura l’abside, désignée en Italie sous le nom de tribune, et la décora de mosaïques. Cependant, s’il faut en croire Carlo Féa, ces mosaïques auraient été faites par le cardinal Anastase, au commencement du xu° siècle. Le caractère archaïque de leur style serait conforme à cette date. En ce:cas, l’image de saint Dominique, morten 1221, que l’on y voit, aurait été substituée lors de la restauration du cardinal Gaëtani. Sous Clément XI, l’architecte Carlo Fontana entreprit une dernière restauration, celle à laquelle est dû l’état actuel. Ce même architecte établit aussi le monastère contigu des religieux Dominieains ; depuis Urbain VIL, l’église de Saint-Clément leur appartient.
C'est à juste raison que l’on signale cette église comme une des plus intéressantes de Rome. Malgré ses nombreuses restaurations, dont la dernière est du commencement du xvin° siècle, aucune n’a conservé
plus intactes la disposition et les parties caractéristiques des basiliques chrétiennes et ne s'adapte mieux aux cérémonies de l’ancienne liturgie. C’est ce qui va ressortir de l'examen détaillé qui suit.
L'église est précédée d’un atrium, où cour entourée de portiques, à laquelle un porche d'entrée donne accès. Ce porche, à voûte d’arête, et surmonté d’un toit à trois pignons, est porté par quatre colonnes provenant d’édifices anciens; les deux en avant sont d'ordre ionique, les deux autres d'ordre corinthien. Une barre de fer, placée entre les chapiteaux des colonnes, porte encore les anneaux qui servaient à suspendre les tentures destinées à soustraire les fidèles aux causes. extérieures de distraction.
Pa cour carrée est entourée de galeries ou portiques. À l’exception de la galerie à laquelle est adossé le porche, et qui est formée de piliers, les trois autres portiques sont soutenus par des colonnes de granit. Deux galeries opposées présentent des arcades à plein cintre; les deux autres n’ont que des architraves. -C’est dans cette cour que les pénitents exclus de l’église se tenaient à genoux, exposés aux injures de l'air, et invoquant les prières des fidèles jusqu'à ce que l’absolution leur fût accordée. 11 y avait ordinairement dans l’atrium des basiliques un ou plusieurs bassins où les fidèles se lavalent la bouche et les mains avant d'entrer, et dont le souvenir s’est perpétué dans les bénitiers placés aujourd’hui à l'entrée des églises. On enterrait aussi les personnes de distinction dans cette partie des basiliques, usage qui s'est maintenu au moyen âge et qui, ainsi qu'on en a justement fait la remarque, s’est conservé jusqu’à nos jours devant les églises de campagne. La galerie de Ja facade de l'église représente le narthex (voir la description de l’église de Saint-Laurent hors les murs). À la partie gauche du narthex s'élève un clocher, dont la construction est plus récente que celle du reste de l’édifice.
L'intérieur de l’église est divisé en trois nefs, par deux rangs de colonnes ioniques, que l’on dit être en marbre de Paros et de Numidie.
On remarquera qu'un des bas côtés est plus large que l’autre : c'est
celui qui était occupé par les hommes. Cette inégalité de dimension se reproduit dans plusieurs basiliques. La nef est pavée en marbre de diverses couleurs. Dans la seconde moitié, et au milieu de la nef centrale (voyez planche 248), est placé le chœur, où se tenaient les chantres, les sous-diacres et les diacres, lisant l'Épitre et l'Évangile, les lettres et ordonnances épiscopales. Cette enceinte est entourée d’un mur à hauteur d'appui en marbre décoré de mosaïques, sur lequel on voit le monogramme de Jean VIIT, semblable aux empreintes. des médailles de ce pape. Sur les côtés du chœur sont placées les chaires ou ambons, nom provenant du gree 4y£uv, éminence, et dont quelques-uns ont cherché à tort l’étymologie dans le mot latin ambo, à cause des deux escaliers dont ils sont ordinairement munis. L'’ambon de droite, garni de son pupitre (voyez planche 249), a la forme carrée, et n’a qu'une seule rampe d'escalier; il sert à la lecture de l'Épitre. L’ambon de gauche est de forme octogone et a un double escalier ; il est plus élevé que l’autre et sert à la lecture de l'Évanoile. À côté de cette dernière chaire est une colonne torse servant de candélabre pour le cierge pascal.
Le sanctuaire est séparé du chœur par des marches et par un chancel où balustrade, formée’ iei d’un mur d'appui en marbre, et il ne communique avec lui que par une ouverture. Dans les anciens temps le sanctuaire était masqué, pendant une partie des offices religieux, par des tentures suspendues au-dessus du chancel. Au milieu du sanctuaire est le maître-autel surmonté d’un ciborium, édieule à deux frontons, porté sur quatre colonnes de marbre, dont les baldaquins sont une imitation altérée.
Derrière l'autel et dans le prolongement de la nef du milieu est l’abside ou hémicycle formant le chevet de l’église. Cette partie était le presbyterium, la place réservée aux prêtres. Au fond de l’hémicycle est le siége épiscopal, cathedra, élevé sur trois degrés, et que l'on dit avoir été fait au xt siècle, Autour sont des bancs pour Îles prètres.
A droite et à gauche de l'abside on trouve ici deux absides latérales,
534 NOTIGES HISTORIQUES
à l'extrémité des nefs des bas côtés. Dans la primitive église: elles étaient closes au moyen de tentures; on y déposait les vases précieux, les vêtements des prêtres, les offrandes des fidèles, les livres sacrés, les diplômes. En avant de ces absides latérales, et à droite et à gauche dé l’autel, étaient les emplacements réservés, d’un côté aux sénateurs, de l’autre aux matrones; une balustrade et trois marches les séparent ici des nefs collatérales.
La mosaique de l’abside, qu'elle soit du xu° siècle où du xmf comme on l’admet généralement, a été restaurée au xvu' siècle, sous Urbain VII.
Après les curiosités archaïques, relatives à la distribution architecturale particulière aux basiliques chrétiennes, l’église de Saint- Clément offre encore à l'étude, dans une de ses chapelles, une rareté artistique des plus précieuses : des fresques de la jeunesse de Masaccio, le célèbre précurseur de Michel-Ange et de Raphaël. Malheureusement ces peintures ont été altérées par les restaurations successives qu'elles ont dù subir, et dont la dernière date de 1825. Elles représentent la Passion, quelques traits de la vie de sainte Catherine et les quatre Évangélistes. Les figures de ceux-ci sont celles qui ont le moins souffert.
Parmi les tombeaux en marbre de cette église, qui méritent d'attirer l'attention , il faut citer particulièrement celui du cardinal Roverella, situé à droite du sanctuaire. Ce monument du xv° siècle se
recommande par la légèreté et la finesse de sa sculpture. PLANCHE 248.
Plan détaillé de S.-Clément ; coupe sur la longueur de l'église
et de l'atrium ; détails divers.
On trouve sur cette planche, outre le plan détaillé de l'église et la coupe générale qui en font bien comprendre la distribution, divers dé-
tails intéressants, particuliers aux anciennes basiliques chrétiennes, et
représentés ici à une plus grande échelle, pour en
compléter l'intelli-
gence. Sur le dossier du siége épiscopal on remarquera une inseription
contenant le nom du cardinal Anastase qui fit faire ce siége vers 1112.
Eglise de S.- Clément ;
La gravure de la planche 219 est destinée à montrer en perspective 1, 95.
vue de l'intérieur.
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pi Ï |
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les parties les plus earactéristiques de | cette vénéra- N ble église
l’'abside avec
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peintures ; le
maître - autel
surmonté du ciborium; les deux ambons
placés à droi-
te et à gauche
. du chœur, la
colonne tor-
se destinée à
porter le cierge pascal, et
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position et
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