L. DUJAR DIN. SC
es en marbre, servant à isoler le chœur au
milieu de la nef.
Nous donnons, dans la belle gravure sur bois qui orne la page précédente, une seconde vue intérieure de l’église, prise d’un point très-élevé, de manière à bien faire pénétrer le regard dans l’intérieur du chœur et du sanctuaire, et à montrer comment ils se relient entre eux, et quels sont les divers objets dont ils se composent ou
qui les circonscrivent.
Puits entre cour et jardin, dans le couvent de’ Gesuiti Penitenziert.
\iv,33 Ge couvent est situé dans le quartier Saint-Pierre, entre la place
Scossa Cavalli et la rue del Borgo di San Spi-
rito. L'architecture des bâtiments rappelle le
style de Baccio Pintelli. On y retrouve le caractère de ses profils, la forme de ses balustres, l’ornementation de ses pilastres à pans coupes.
(Voyez planche 167.)
Les armes de Sixte IV, qui y figurent, vien-
nent encore ajouter une autre probabilité. Déjà,
en effet, nous avons eu l’occasion de faire re-
marquer que Baccio Pintelli fut l’architecte le plus employé à Rome, au temps de ce pontife:
Aussi n’hésitons- nous pas à considérer cette
construction comme son ouvrage. Toutefois
plusieurs soffites, ainsi que quelques peintures
répandues dans le couvent, semblent ap-
partenir à une époque postérieure;, et
peut-être serait-on fondé à y reconnaître
la coopération de Baldassare
Peruzzi.
Ce qui donne à ce petit
monument du puits de l'intérêt et une certaine valeur, c’est sa dis-
ET CRITIQUES. 597 position particulière, heureusement combinée pour le rendre à la fois propre à servir à l’usage du jardin supérieur et en même temps pour lui faire produire dans la cour basse un effet très-pittoresque. La vignette sur bois ajoutée ici, montre d’une manière plus précise la
différence de niveau des deux sols qu'il sépare. PLANCHE 951.
Tombeau de Giovanni di Castro, dans la première chapelle à droite
de l'église S. M. del Popolo.
Plusieurs projets de constructions destinés à la famille di Castro, trouvés parmi les dessins d’Antonio da Sangallo, indiquent que celui-ci fut l'architecte de cette famille, et nous portent à penser que le tombeau, sujet de cette planche, doit lui être attribué. Il n'avait alors que trente-six ans, lorsqu'il l’éleva, en 1506, sous Jules IT. Ces présomptions se trouvent corroborées, si l'on examine attentivement ce monument. En effet, pour des yeux exercés à interpréter les œuvres des maîtres, le caractère. des ornements et des détails accuse bien ici la manière de Sangallo.
Les ouvrages de ce grand architecte, furent dans l’origine, pour la masse comme pour le détail, entachés d’une certaine pesanteur, qu'il modifia dans un âge plus avancé, sans néanmoins parvenir à en triompher tout à fait. Ce défaut caractéristique se transforma même chez lui en une sorte de système.
Dans le tombeau de Giovanni di Castro , c’est à la partie superieure que cette pesanteur est le plus sensible, dans les ornements de la frise, dans le chapiteau et les arabesques des pilastres. Tout est mieux entendu à la partie inférieure; le sarcophage, le piédestal et sa base sont bien combinés; l’ornementation est bien ajustée; et les figures gracieuses, qui semblent être des portraits, sont bien assises. d’un mouvement plus heureux et d’une exécution plus satisfaisante
que celles du couronnement.
Or VS
Église S. Martino à Monti.
Cette église, une des plus belles de Rome, est située sur l'Esquilin, entre les thermes de Titus et la basilique de Sainte-Marie Majeure. On la désigne aussi sous le nom de Chiesa de” SS. Silvestro e Martino. On croit communément que le pape saint Silvestre fit construire ici un oratoire souterrain dans un jardin appartenant à un prêtre nommé Équitius. La persécution des chrétiens ayant cessé, l'édifice fut agrandi à l’aide de matériaux empruntés dans le voisinage, aux thermes de Titus et de Trajan, et on lui conserva le titre 22-Equizio, qui rappelait le nom de l’ancien propriétaire du terrain. Selon la tradition, le même pape saint Silvestre y tint un concile auquel furent présents deux cent trente évêques et l’empereur Constantin luimême. Depuis il n’est plus fait mention de cette première église, qui, tombée en ruine et restée en partie sous terre, ne fut découverte qu'en 1650.
Vers l’année 500, le pape saint Symmaque éleva sur le même emplacement une église qu'il dédia à saint Silvestre et à saint Martin, et qui est l'origine de l’église actuelle. Adrien I, et, au 1x° siècle, Sergius [F et son successeur Léon IV, la réparèrent successivement; et elle reçut divers embellissements de plusieurs cardinaux titulaires, parmi lesquels on compte saint Charles Borromée, qui l’enrichit d’un soffite doré. En 1559, elle fut donnée à une congrégation de PP. Carmélites à qui elle doit sa dernière transformation, opérée au xvi siècle. Le père Antonio Filippini, général de l’ordre, consacra son patrimoine, montant à soixante-dix mille scudi, à cette reconstruction, confiée à l'architecte et peintre Filippo Gagliardi. L'église nouvelle perdit alors son caractère d’antiquité.
Elle est divisée en trois nefs, par deux rangs de colonnes corin-
thiennes, antiques et de marbres différents, provenant, dit-on, de la
Villa Adriani, près Tivoli. La disposition du maître-autel, pyramidant d’une manière élégante au-dessus d’une plate-forme élevée sur un double escalier, et entourée d’une balustrade, est attribuée à Pietro da Cortona, à qui sont dues l'ordonnance et la décoration de l’escalier du milieu qui descend à l’église souterraine.
Dans les nefs latérales, les paysages peints à fresque, et qui, malheureusement, ont été retouchés, sont l'ouvrage estimé de Gaspard Poussin (Guaspre Duguet); les figures sont d’une autre main. Deux peintures à fresque, particulièrement intéressantes pour les architectes, représentent l’intérieur de Saint-Pierre et de Saint-Jean de Latran avant leur reconstruction. Les peintures de l'abside sont de Cavallucci, sous la direction duquel l'église fut enrichie de nouveaux ornements à la fin du siècle dernier.
La planche 252 réunit les plans détaillés du chœur et de l’église souterraine et une vue générale de l'intérieur de l’église qui en fait bien saisir l'effet pittoresque.
ce PLANCHE 953.
S. Martino « Mont ; vue de l'église souterraine.
La vue, gravée sur la partie supérieure de la planche, fait connaître l’aspect vraiment merveilleux de cette partie de l’édifice, où! la disposition adoptée par Pietro da Cortona produit un effet théâtral et une riche perspective.
Eglise S. Giacomo degli Spagnuoli, située place Navone.
Un infant de Castille fit bâtir cette église, aujourd’hui détruite ; elle fut ensuite, vers 1450, reconstruite par don Alfonso Paradinas , évêque de Rodrigo , en Espagne, et dédiée à l’apôtre saint Jacques et à saint Idephonse, Le caractère de la façade et le goût des ornements disent assez que Baccio Pintelli en fut l'architecte.