‹ Edifices de Rome moderneChapitre 95 sur 154 · NT SE · texte numérisé non relu

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et les refends qui se prolongent dans cet intérieur sont un accompagnement qui motive suffisamment cette fermeté.

La porte, nous l'avons déjà dit, est étudiée dans le style d’architecture de l'époque romaine de la fin de la république. C’est un des plus beaux exemples de porte qu’on puisse offrir. On en jugera d’après le détail reporté à la planche suivante. A l'instar des portes antiques, la largeur de celle-ci est réduite vers le linteau.

Les pilastres de la coupe correspondent aux colonnes et diminuent comme elles. Leur diamètre est moindre que celui des colonnes et leur diminution proportionnellement plus petite. Peruzzi na pu réussir à sauver l'effet peu agréable de cette diminution.

L'ajustement des bancs est charmant, et l’idée heureuse; on en

verra le détail à la planche suivante.

Détails du vestibule du palais Pietro-Massimr.

Sur cette planche sont rassemblés de magnifiques détails : la porte est le plus remarquable. Elle est riche de moulures et d'ornements, distribués avec tant de goût et de raison, qu'on ne saurait y trouver matière au moindre bläme.

La frise porte une guirlande de lauriers, qui se rattache à la console par un ajustement original. Cette frise, ainsi décorée, appelait, pour lharmonie, des ornements sur d'autres points. C'est ce qui a été fait avec une réservé et un bonheur extrèmes : il a suffi d’orner quelques moulures de denticules, de chapelet de perles, d’oves et de canaux, et les caissons de rosaces, pour rétablir l'accord le plus parfait. Le chambranle, au contraire, pour faire opposition, n'offre que ses moulures, assez multipliées, il est vrai, et parfaitement en rapport. Quant à la console, Peruzzi a cru devoir lui donner quelque richesse ; le voisinage de la frise le demandait. Ces divers ornements,

quoique distribués avec sobriété, pouvaient enlever à la porte son

caractère dorique; c’est ce que l'architecte a senti; et c'est sans doute pour rappeler ce caractère, qu'il a ajouté dans la corniché des modillons (1) simples, qui ont quelque analogie avec les mutules de l’ordre dorique. Que de perfection ne découvre-t-on pas, quand on analyse les œuvres de tels maîtres et qu'on s'efforce de s'identifier avec l'esprit qui a dù les diriger.

La porte, nous devons encore le rappeler ici, est établie dans le principe des anciens : l’ouverture, en effet, est plus étroite dans la partie supérieure; les consoles saillantes ont peu d'épaisseur et sont découpées par des filets d’une grande finesse; les chambranles ont des crossettes; tous ces détails sont dans le goût de l'époque romaine de la fin de la république.

L'une des coupes sur la porte, celle de gauche, donne le refouillement des moulures et la face intérieure des consoles; l’autre coupe rend compte de leur face extérieure, de la saillie de la porte sur le mur etde celle des pilastres, des refends et des chambranles de croisées.

Les détails des grandes niches, situées aux deux extrémités du vestibule, sont à la même hauteur pour le style. [Il y a un goût infini dans l'ajustement des caissons losanges, et dans celui des petites figures mythologiques qu’ils contiennent ; on se sent déjà envahi par ce riant paganisme, avant d’avoir franchi le seuil de la porte. (Nous n'avons vu aucun inconvénient à changer de place deux ou trois figures, qui nous semblaient plus élégantes, et dont la pose et les ajustements entraient mieux dans la forme du losange). Tous les ornements de cette niche sont également exécutés en stuc et sont bien

conservés. Le dessin du banc n’est pas sans mérite. La console qui

(1) La porte extérieure du palais Sachetti, planche 94, présente aussi un bel exemple de l'emploi des modillons; mais comme Sangallo mourut dix ans après Peruzzi, sans avoir achevé le palais Sachetti, la priorité doit être équitablement accordée à Peruzzi. Les fenêtres du premier étage du même palais Sachetti offrent également de l’analogie; ce qui prouve que les deux éminents artistes, émules et contemporains, avaient adopté les mêmes doctrines: ils

les variaient dans l'application, chacun suivant son génie individuel.

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