LA FOI
Alors je m’agenouillai et je dis: «Seigneur, sauve Sandrino. Il est bon et pur. Il n’a jamais dit une parole injuste ; il n’a jamais manqué à tes lois. Il a aimé ses parents et ses maîtres, ses camarades et son prochain. il n’a reculé devant aucune épreuve. Sa modestie a toujours été digne et fière. Il a aimé les humbles. Il n’a jamais Commis de péché. Sauve Sandrino, Ô Seigneur ! il est une certitude pour demain ! C’est l’honneur et la bonté de notre maison. Son confesseur l’a appelé un « saint ». S'il y a des fautes que quelqu’un doive expier, prends-moi, Ô Seigneur. Et si tu juges la mort une libération, fais-moi devenir aveugle, estropié, paralytique, mais sauve Sandrino. J’ai déjà vécu. Il a vingt ans. Ce matin, quand on a exposé le Saint-Sacrement, sa petite: sœur a eu une crise de larmes désespérée. Vito, son frère, est renfermé dans sa muette douleur et nous inquiète. Sauve Sandrino pour eux et encore plus pour: maman, pour tous ceux qui invoquent la grâce, pour les. innocents qui prient, pour tous ceux qui, de toutes les.
régions de l'Italie, forment pour lui des vœux et des souhaits. Sauve cet enfant, Ô Seigneur. I honorera ta loi divine et la loi des hommes. »
Je sentis que ma prière ne pouvait être exaucée. Elle était inutile. Il me semblait voir se dresser devant moi un obstacle que je ne pouvais renverser, une force obscure que je ne pouvais vaincre. Tu pliais, comme une branche qui ne peut plus supporter ie poids de fruits trop abondants ! Tu mourais parce que tu étais parfait et que tu n’appartenais pas à ce monde. Mais, avec mon esprit, se rebellait tout mon être ; je sentais, avec le désespoir de ceux qui voient mourir, avant le temps, leurs propres créatures, comme la douleur physique d’une blessure déchirante. Je compris que, malheureusement, la science avait épuisé ses ressources et que le miracle ne s’accomplirait pas.
Le matin du mercredi 20 août, le soleil était fulgurant : maïs je vis tout de suite, très nettement, à l’horizon, une bande noire. Le professeur Ferrata me dit : « IL est mourant. Il ne souffre pas. »
Voilà : à partir de ce moment tu ne te souviens plus, et ne peux pas te souvenir. Tu étais encore parmi nous, tu ne pouvais pas nous regarder de loin comme maintenant ; mais tu n’avais plus que quelques éclairs de lucidité, par intervalles. C’est moi, maintenant, qui vais te raconter ces heures tragiques, vécues, autour de ta terrible souffrance.
Tu avais passé une nuit agitée. Puis un certain calme s'était produit dans ton organisme déjà à bout. Tu entraïs dans le coma. À dix-sept heures commença l’agonie. Je te tenais dans mes bras. Je m'étais donné de
7 £ Te ei - .
* : Y 1, ? ad + Zn { <> he | pare ré < ; FAX PP SRAIT: : ee Le cos mers 48-408 RE ve RS oh TE IN PU era M à ME, À ge ge mp ee te GT rre— mtns + un ee ee me PENSE re un L ee jus Van - ee r = : RARE: ENS Rue PC ETET TE NS dE EN = PORT phil, , cer A PAT, or os A PARU FI" | Fur LP «+ p+ rh Jharpihte Dan ee fus 7 + - » PP £ F 6 v' À
ere nn A NE nd Aie MEET Et de A SuniRs ét ben .
RE ne LT de.
la force pour tous les autres ; j’avais préparé l’âme de maman, de Vito, de ta petite sœur, à la catastrophe imminente. À genoux, nous levâmes nos regards vers le ciel, dans une dernière et muette invocation.
Je n’oublierai jamais de ma vie les heures de ton agonie. Tu étais légèrement penché sur le côté ; ta respiration était difficile, et suscitait en nous une sorte de spasme. J'aurais voulu m'ouvrir les veines, m’arracher la vie, pour pouvoir te donner un peu de repos et de force.
Tout à coup, je m’apercus que tu cherchais quelque chose ? Tu ne pouvais plus parler ; il était impossible de te comprendre ; je devinai pourtant que tu avais soif, que tu avais besoïin de calmer la fièvre de ta respiration haletante. Ton pouls se mit à battre avec précipitation. Ton œil était beau et lumineux. Le professeur Ferrata comptait les battements de ton cœur. Il était à côté de moi : il comprenait mon désespoir impuissant et 1l cherchait d’un regard, d’un mot, à me rendre courage. Lui aussi vivait sa tragédie, en constatant l’impossibilhité où se trouvait la science de sauver ton existence. Vingt minutes avant que tu n’exhales ton dernier soupir, comme pour m’avertir de ta fin si proche, 1l me murmura : < Son cœur l’a quitté. Maintenant 1l ne vit plus que par ses réflexes.» Je dis très fort : « Ouvrez les fenêtres. Qu'il voie encore le soleil !> Tu compris mon intention. Le coucher éblouissant du soleil frappait pour une dernière fois ton imagination. Du regard, tu me remercias.
Peu à peu, lentement, ta respiration redevint plus calme, plus lointaine, plus rare, et à 19 h. 25, avec Ia
ÉTAT" L 7: Lègin STE pe Hal :
Sms : SIP,
PPS 5".
ue Vo <
er dc pa |) 2m *
EXNL RE pile TT DS Es, Lu TT
À ; t L he FH .
sérénité d’un ange, tu exhalas ton dernier souffle, ton dernier mouvement de vie sensible. Puis tu tombas dans l’immobilité tragique de la mort. Je revois maintenant la beauté de ton visage, dans sa sérénité parfaite et sur lequel semblait encore s'étendre la grande paix de l’âme libérée, appartenant désormais à Dieu.
Nous, les quatre survivants, désespérés, sanglotants, nous invoquâmes ton nom, pour qu'il nous donnûât la force de vivre.
Je ne te dirai rien, Sandrino, de ce qui se passa ensuite. Tu as tout vu du royaume de l'Esprit ; tu sais, tu te rappelles, les imposantes manifestations, les regrets qui suivirent ta mort, l’arrivée de l’oncle Benito, de tous les parents, des amis, des personnalités accourues de toutes parts. Mis en bière avec ta chemise noire, tu ressemblais à un ange.
Les honneurs que l’on rendit à ta mémoire à Cesenatico, le silence de cette petite bourgade, tes grandioses funérailles, sont et seront toujours présentes à ma mémoire. Que restait-il maintenant, Sandro, à mon âme, sinon ce pauvre réconfort de te voir honoré et regretté comme tu le méritais ? Mais ce qui demeurera toujours gravé dans mon cœur, c’est le deuil du peuple. Tous les braves cœurs ont vécu la tragédie de tes vingt ans, ils ont honoré tes vertus, ils ont souffert de tes souffrances, ils ont demandé à Dieu un miracle et ils ont sincèrement pleuré ta mort.
Je vois encore la longue route que parcourut ta dépouille mortelle, toute couverte de fleurs ; j’ai vu les enfants, les femmes, les rudes travailleurs de la terre, s’agenouiller devant toi comme au passage d’un saint.
- > er gun Se RP ot NE
&i [13 i}, vip 13e ai +. # { 2 ta ET &° 5,14 hi * [er nee ?
42h L/ #0 fl D DR « : 14 ‘Hi EU D :
” FA ‘14 Re ER ré 5Y t î 4 L 1 * à Re:
3 ; Æt: