APRÈS LA TRAGÉDIE
Eu m'as quitté, Sandrino, mais maintenant, admis parmi les élus, pur esprit, tu continues à contempler, pieusement, mes souffrances. À certains moments Je t’ai senti et je te sens tout près de moi, peut-être, présent à mes côtés. Et tu connais la désolation qui domine ma vie, depuis que la tragédie s’est accomplie.
Les jours qui suivirent, lents et monotones — quand les honneurs et les cérémonies eurent pris fin — eurent pour moi un indéfinissable caractère de tristesse ei d'abandon. Il y a des pauses qui ressemblent beaucoup à ces accalmies de la tempête, qui anéantit la vie tout autour d'elle. Tout apparaît gris et immobile ; puis la douleur recommence à marteler le cerveau et ranime avec insistance le souvenir. Alors se dessine, avec des contours toujours plus précis, la gravité du malheur.
Tu sais, mon fils, ce que j'ai éprouvé, à peine ai-je senti en moi définitivement, que tout était fim. Une espèce d’étouffement lourd m'avait saisi. Il me semblait, dans la journée, ne pas pouvoir atteindre le soir, et, pendant la nuit, j'espérais ne pas revoir le matin.
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