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anniversaire de la fondation du Popolo d'Italia. Cet après-midi-là, le professeur Cesa-Bianchi, après avoir examiné longuement Sandrino, annonça la fatale nouvelle à son père. Je me rappelle que quand Arnaldo, au téléphone, me parla de cette visite, sa voix était profondément émue. Dans mes papiers je trouve une de ses lettres en date de 20 novembre 1928. C’est le premier cri d'angoisse.
« Mon très cher Benito, je veux avant tout te donner des nouvelles de Sandrino. Comme je te l’ai déjà dit au téléphone, il est atteint de leucémie globale myéloïde. Les différents médecins que j'ai consultés ont tous fait un diagnostic très grave ; maladie inguérissable. Pourtant, si je regarde ce garçon, sa sérénité et l'absence de toute douleur physique, j'en tire des raisons d'espérer. J'ai confiance dans les rayons À et la cure de piqûres et d’arsenic et dans l'alimentation au suc de foie que nous essaierons pendant les intervalles du traitement par rayons. Cette cruelle vérité, je la connais seul, ce qui me rend difficile, en famille, la stricte application d’un certain régime à ce garçon qui, comme fous les malades, est un peu irascible et désire toute sorte de choses comme, par exemple, de monter en avion. Pour le satisfaire, je l’ai emmené voler, aujourd’hui, avec moi, sur un trimoteur Foker. Tous ces désirs de vie sont pour moi une autre source d'espoir. À la seule pensée qu'un malheur aussi grave pourrait m'atteindre, mon cœur se brise. Je te remercie de ton intérét affectueux. »
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Depuis lors ce cœur de père commença à se briser. Arnaldo commenca à mourir ce jour-là. Il en fut de même pendant toute l’année 1929. Au printemps de 1930, je fus son hôte pendant ma semaine milanaise. Sandrino était encore debout, mais plus maigre et plus silencieux que jamais. Je sentais peser dans la nouvelle demeure de la Via Masséna une atmosphère de préoccupation. La mort était présente dans tous les Coins. Quelques semaines s’écoulèrent. Un soir, Arnaldo, de Cesenatieo, où il se trouvait, me donna le premier coup de téléphone alarmant. J’allai voir Sandrino. Ma visite lui fit du bien. Je l’embrassai. Je m'efforçai de lui donner du courage, Médecins, infirmiers, amis, tous firent l'impossible avec une abnégation surhumaine. Pendant vingt jours Arnaldo oublia toute nourriture, sommeil, repos : il resta debout, à force de café, jusqu’à la terrible soirée où, à dix-neuf heures, une voix éplorée m’apprit que Sandrino était mort. Les événements de ces jJours-là sont dans ma mémoire et dans celle de tous.
Rentré à Rome, Arnaldo me télégraphiait ainsi de Paderno : « Au nom d'Augusta et au mien, Je désire te renouveler mes remerciements les plus vifs pour la part que lu as prise à notre deuil. Dans notre maison désolée, notre âme s'émeut au seul Souvenir de ta bonté. Merci encore et baisers fraternels. »