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La tentative de ceux qui veulent arracher le sceptre
aux vainqueurs est ridicule, La diffamation est stupide et dangereuse. »
Au cours des polémiques les plus violentes, en juillet 1924, les calomniateurs de l’Aventin essayèrent d’entamer Arnaldo, mais sa réponse, publiée dans le Popolo d'Italia du 4 juillet, fut, pour lui, l’occasion d’un véritable triomphe.
« Je défie — écrivait-il — n'importe qui, de prés et de loin, qu’il soit illustre ou ObScur, ami ou ennemi, de bonne ou de mauvaise foi, de démontrer que, pendant vingt mois de gouvernement fasciste et de rude fatigue pour mot, j'ai essayé de patronner une loi ou un décret, de solliciter une faveur ou une recommandation dont il ne soit résulté directement ou indirectement quelque avantage pour le pays. Je défie n'importe qui et j'offre comme enjeu ma vie même, de démontrer que j'ai fait valoir, en quelque cas que ce soit, dans quelque occasion que ce soit, auprès des simples citoyens ou des gens haut placés ou des ministres mon lien de parenté fraternel avec le Duce, guide suprême de l'Italie. Je défie de prouver que cette situation ne m’a pas au contraire imposé une vie sévère, une réserve, une discrétion profonde qui nous honore tous les deux, le Duce et mot, et nous place, au moins par notre œuvre profondément loyale, sur un même plan, très haut. Je n’écris pas cela, je le répète, pour les adversaires — qui ne veulent pas comprendre -— mais j'ai surtout écrit, pour ces dix im-
Pudents qui attendent de moi des lettres de recomman- Ɠations et des faveurs pour se produire dans le monde
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et pour faire des affaires et qui maintenant se vengent de la résistance ferme, digne et absolue que j'ai opposée à leurs sollicitations. »
Ce défi très net — que seule une conscience tranquille pouvait lancer surtout à cette époque — demeura sans réponse. Mais à huit ans de distance ou presque, je tiens à confirmer les paroles d’Arnaldo. Il ne m’a jamais rien demandé. Jamais rien pour lui, peu de chose et des choses très licites pour les autres.
L’assassinat de Casalini, perpétré le 11 septembre, accentua la tension politique. Le 16 du méme mois, Arnaldo demandait des mesures énergiques contre la sédition aventinienne.
«Eh bien — écrivait-il — si La vie politique italienne — je ne parle pas de notre petite existence à nous, mais de celle de l'Italie majestueuse de grandeur et de puissance — se trouve dans le cas d’être amoindrie et humiliée par les factions, dont nous avons dressé la liste, Duce, il ne faut pas laisser les mains libres aux « squadristi », il suffit de délier la hache du licteur et de frapper inexorablement. Dans la moitié de l'Europe on «a supprimé des journaux ; on n’a pas vu l'Europe prendre le deuil pour cela. On peut, on doit dissoudre les sociétés secrètes, on doit considérer comme un délit le fait d'appartenir à une faction qui suit les inspirations d'une puissance étrangère et qui, en tout cas, se déclare l'adversaire de l’ordre établi.»
«.. Il est nécessaire de frapper, de frapper tout de suite et de le dire clairement pour éviter que pendant notre marche en avant, à chaque dix pas, l'éternel
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Je veux encore rappeler, de cette période, l’article publié en date du 11 décembre et qui est la défense et l'apologie du général De Bono, atteint par la grotesque dénonciation de Donati. |
« Le général De Bono se défend tout seul — écrivait Arnaldo — Lui, qui, à soixante ans, peut montrer des états de service qui devraient faire rougir de honte les pseudo-intetlectuels qui, par télégramme, assurèrent M. Donati de leur solidarité. »
Non moins péremptoire était l’article publié en date du 18 décembre, alors que toutes les illusions de l’Aventin étaient sur le point de se dissiper.
«Le jour où le Fascisme serait obligé de se retirer honteusement sous sa tente, il donnerait en le faisant la plus éclatante preuve de son impuissance. Nous voudrions ajouter que si cela arrivait, on pourrait désespérer de notre avenir comme grand peuple. Demain, une Italie en pantoufles, condamnée au rôle de servante dans chaque mission internationale, humiliée au dehors de ses frontières, réduite au fameux Ministère de chartage socialiste, serait l'expression politique la plus humiliante, la plus illogique, la plus néfaste de cet aprèsguerre. Quelque intellectuel épuisé pourrait le souhaïter, pour en déclamer ensüite l’oraison funèbre. Mais cela arrivera pas. Il existe — pour empêcher ce massacre — les âmes aguerries et les puissantes légions fascistes. »
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Cela n’est pas arrivé.
Serviteur fidèle de la Révolution, conscient de ses nécessités draconiennes, Arnaldo approuva, sans aucune réserve, avec une énergique vigueur, les décisions exceptionnelles prises par le gouvernement après le quatrième attentat : «11 fallait surprendre en flagrant délit les quelques fantoches internationaux qui depuis longtemps n'avaient qu'un seul but, contrecarrer le Fascisme. Nous avons lu toutes les diatribes et suivons de près les manœuvres les plus frauduleuses. Un gouvernement révolutionnaire qui a pour lui le droit et la force, peut être patient, mais il ne peut consentir à son propre suicide. Vient alors le jour où avec quelques articles de loi et quelques mesures exceptionnelles, àl cloue au pilori ceux qui par ambition ou par calcul ont frappé au cœur leur patrie. Aprés les dispositions prises contre les adversaires qu'en dix ans de fatigue, de batailles, de désintéressement, on n'avait pas réussit à habituer, non pas à notre joug, mais à une conception plus juste du problème national, il faudra frapper la zone grise, dans laquelle se dissimulent les désenchantés du Fascisme. Certainement, à partir d'aujourd'hui, la discipline nationale va prendre un sens plus profond. »
L’Aventin une fois dispersé, 1926 apparaît comme une des années fascistes les plus fécondes en créations législatives et politiques. C’est l’année où entrent en vigueur certaines des lois qui sont comme les pierres angulaires de l'Etat fasciste : qu’il nous suffise de rap- | peler Pinstitution des Podestats, la loi sur la maternité | k et l’enfance, la loi syndicale, la loi sur l’œuvre natio- |
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nale Balilla, l’immixtion d’éléments du parti dans les cadres préfectoraux, la création de 19 nouvelles provinces. «Préfets, Secrétaires fédéraux, Podestats, sont des représentants effectifs et actifs du Régime fasciste. La tenaille se referme. C’est le moment où tous les Italiens tendent toutes leurs énergies dans le même sens. Il n'y a pas de forces antagonistes et le scepticisme méme ne peut entamer la solidité du Fascisme.» Cétait vraiment, ainsi qu’il écrivait, la Nation encadrée. Mais fidèle à son intime et profond impératif moral, il ajoutait : «C’est l'heure des meilleurs, jugés non pas à travers la rhétorique, mais avec le mètre infaillible de leur vie laborieuse, créatrice et féconde en bien.» Parlant de la tâche, qu’il appelait terrible et complexe des Secrétaires fédéraux, il montrait sa connaissance profonde de la psychologie du peuple italien, donnant ainsi un avertissement aux fonctionnaires choisis en haut lieu, sur les bases — logiques et conséquentes — du nouveau Statut du parti national fasciste.
« Le peuple italien — écrivait Arnaldo — n'invoque pas une déesse abstraite, dont il ne sent ni la présence, ni le besoin et qui s'appelle la Liberté : le peuple italien, au contraire, invoque la justice, il a le sens profond de la droiture dans la vie civile, il maudit les privilèges et bénit les justes.»
Les premières discussions et polémiques intéressantes avec les journaux catholiques l’Italia et lOsservatore Romano sur la question romaine et par conséquent sur les rapports entre l'Eglise et l'Etat, sont de 1926. Ar-
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naldo a collaboré à la conciliation de 1929, ainsi qu’à celle — non moins laborieuse et dramatique — de 1931. C'était là le problème qu’il comprenait à merveille, en dehors de mes directives et de mes suggestions. Mais déjà en 1926, les termes du grave problème étaient examinés par lui avec une précision toute objective.
« Depuis quatre ans, l'autorité religieuse, du chef de l'Etat au plus simple ministre, est considérée par tous comme une chose qu'on ne discute pas, qu’on ne juge pas, qu'on n'oserat offenser. Le droit du pape à la souveraineté du Vatican est un détail. L'Etat italien ne dépouille personne. L'Italie a toujours été généreuse et la nouvelle Italie n'entend pas poser à l’œuvre chréttenne de l'Eglise des limites qui pourraient être offensantes. Mais si c’est un devoir que l'Etat et le Fascisme ont rempli, on peut, et à juste titre, poser en principe que du devoir accompli naît un droit, celui de ne pas voir ignorer par les papes avec une froideur et une hoslilité déclarées la réalité de l'unité italienne avec Rome comme capitale. »
Il pensait que «ceux qui détiennent le pouvoir d’un côté et de l’autre» devaient ratifier ce que le peuple italien — avec son bon sens profondément intuitif — avait déjà ratifié par sa vie laborieuse de chaque jour. « En effet ce n’est pas la premiere fois —— avertissait-il — que les précurseurs se rencontrent parmi les plus humbles peut-être ; dans leurs jugements ils sont plus près de la pensée de Dieu.»
On ne peut aborder le problème des relations entre l'Etat et l'Eglise sans toucher à celui de l'éducation : en
constatant le développement pris depuis 1927 par l’œuvre nationale Balilla, il affirmait que la « direction totale de l'éducation était une nécessité à laqueile le Fascisme re pouvait renoncer. Il est bien entendu que l'élément religieux sera pris en considération dans toute la force de sa doctrine divine et humaine ».
S’apercevant du danger que représentent l’infiltration de certains éléments équivoques et la trop grande diffusion, <le gaspillage », de létiquette «fasciste» qui se produisit effectivement pendant une certaine période de 1927, Arnaldo affirmait que : « dans le régime fasciste —— national et «totalitaire> par excellence — seuls les fascistes ont le droit de commander. St une association nationale de professionnels change, après avoir choisit de nouveaux directeurs, sa vieille dénomination en celle de fasciste, il ne faut pas croire, et til serait dangereux de croire, à la conversion automatique de tous ses adhérents au Fascisme. Il y a des forces nationales qui doivent être encadrées, guidées et soutenues par les fascistes. Le droit de décider de la fot et À: de la valeur ne peut être que le privilège d’une force [le politique consciente, qui détient dans toutes les circonstances le commandement, reste fidèle à sa parole et à la conviction absolue de ses croyances ».
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Après cinq ans d'activité journalistique, Arnaldo résumait comme suit les résultats de ses multiples expériences dans la presse fasciste :
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« Suppression des adjectifs retentissants, style sévère, respect des réalités, conclusions en harmonie avec les
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problèmes posés, enfin vie pratique interprétée fidéèlement suivant la théorie et la méthode fascistes. On peut accorder des circonstances atténuantes aux adjectifs, mais seulement en parlant de la Foi fasciste qui a eu ses martyrs, et des Mythes qui dépassent l'intelligence de tous. Il ne faut pas craindre d'écrire des chroniques : il faut qu’elles soient riches, abondantes, originales même et que, si possible, elles s’adressent à la meilleure partie de l'humanité, à celle qui pense, qui vit, qui a l'enthousiasme des belles choses, à celle qui s'élève audessus de la médiocrité, qui s’exalte dans la pureté des pensées et des bonnes œuvres. On pourrait supprimer le compte rendu des suicides et la «chronique noire », celle qui concerne des êtres féroces et abjects. »
L'homme qui pensait ainsi considérait le journalisme non comme une profession, mais comme une mission. Pourtant rien ne lui échappait dans le cours dune journée rapide. Tout était souligné, dans l'article de fond ; c’est ainsi que dans le numéro du 16 juillet 1927 il commentait trois événements : la premiére réponse de la Magistrature du Travail, l'inauguration de la Nouvelle Banque du Travail, la séance de l’Institut National des Exportations. Le commentaire servait à élucider la question et à convaincre les lecteurs. Voici comment Arnaldo saluait cette série d’accords syndicaux sur l’agriculture :
«Giosué Carducci, dans ses ardentes invocations «à l'amour de la patrie, invocations pleines d'inquiétude
sur la différence profonde qui existait alors entre la
réalité et son rêve de grand artisan, posa comme condi-
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