‹ Édition définitive des œuvres et discours de Benito Mussolini. II, Vie de mon frère Arnaldo. Précédée du Livre de Sandro Mussolini (mon neveu)Chapitre 55 sur 86 · DS CR SE · texte numérisé non relu

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une année plus tard, il écrira Sur Son fils un livre destiné à quelques intimes, Arnaldo atteindra dans ces pages la limite suprême de la beauté et de la grandeur. «Les lamentations de l'amour paternel >, tel pourrait s’intituler ainsi — et ainsi sera-t-il appelé —— ce bref volume, qu’on ne peut lire sans prendre part à toute la douleur qui s’y exprime. Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup d'œuvres dans la littérature italienne qui possédent une pareille puissance dramatique et qui reflètent une aussi profonde et une aussi mélancolique résignation chrétienne, Ce dialogue entre le père == encore vivant — et le fils mort n’est pas seulement extraordinairement pathétique, mais complet et parfait

dans sa forme. Dés les premières pages, s'élève le leitmotiv de la bonté :

« C’est ton papa qui l'écrit. Je vois, dans l’ombre et le silence, que tu as un imperceptible mouvement de contrartélé. J'agis à l'encontre de ta fierté ; je veux parler de a vie si courte et pourtant si éclatante. Je nobéis pas à une douloureuse vanité paternelle, si cruellement frappée, ni à mon orgueil blessé, perdu, anéanti, mais Seulement à la conscience d’un plus grand devoir. Je sens que dune si grande douleur il peut et il doit éclore beaucoup de bien : je sens que de la douleur

paternelle enfermée, peut jaillir la source d’un immense bienfait. >

Arnaldo raconte ensuite brièvement la vie de Sandrino, ses premières années, il rappelle les épreuves terribles qu’il dut subir entre les premiers et inexorables

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verdicts des médecins et les espoirs sans cesse renaissants que suivaient des déceptions toujours plus amères. Le calvaire de Cesenatico commença le 3 août 1930. Mais, voici la page dédiée à la dernière journée de Sandrino ; voici, avec des accents qui ne sont presque plus terrestres, la prière qui ne fut pas exaucée.

« Alors je m'agenoutllai et je dis : « Seigneur, sauve Sandrino. Il est bon et pur. Il n’a jamais dit une parole injuste ; U n'a Jamais manqué à tes lais. H & aimé ses parents et ses maîtres, ses camarades et son prochain. Il n'a reculé devant aucune épreuve. Sæ modestie a toujours été digne et fière. Il a aimé les khumbles. Il na jamais commis de péché ; Sauve Sandrino, 6 Seigneur ! Il est ta certitude de demain ; c’est l'honneur et la bonté de la maison. Son confesseur l’a appelé un «saint». S'U y a des fautes que quelqu'un doive expier, prendsmot, Ô Seigneur. Et si tu juges la mort une libération, [ais-moi devenir aveugle, estropié, paralytique, mais ; sauve Sandrino. J'ai déjà véeu. Il a vingt ans. Ce matin, quand on a exposé le Saint-Sacrement, sa petite sœur a eu une crise de larmes désespérées. Vita, son frère, est tout renfermé dans sa sourde douleur et nous inquiète. Sauve Sandrino pour eux et encore plus pour maman, pour tous ceux qui invoquent læ Grâce ,pour les innocents qui prient, pour tous ceux qui, de toutes les régions de l'Italie, forment pour lui des vœux et des souhaits. Sauve cet enfant, Ô Seigneur. Il honorera Ta loi divine el la loi morale des hommes.» Je sentis que ma prière ne pouvait être exaucée.…. Le matin du mercredi 20 août, le soleil était fulgurant : mais je vis tout de suite, tres À

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nettement à l'horizon, une bande noire. Le professeur Ferrata me dit : «IL est mourant. Il ne souffre pas.»

Maintenant c’est le père qui raconte au fils mort les phases de son agonie — pages qui donnent le frisson ——

puis la description des obsèques et de la sépulture à Paderno.

« Maïs de cet humble cimetière, tu veux qu'une clarté j@illisse perpétuellement ; une lumière de fot, de bonté. Toutes tes souffrances doivent se transformer en bonnes œuvres. Ce n'est, peut-être, qu'à cause de cela que Dieu & permis la tragédie qui a brisé ta vie »

Moi qui étais là les derniers Jours, qui arrivais le lendemain du jour fatal, le matin, et qui vis Sandrino immobile, glacé dans la sérénité de la mort pendant que le soleil incendiait les Champs, la mer et les maisons silencieuses — moi, qui embrassais Arnaldo, défait, méconnaissable, absent et déjà lointain, je pensais que devant ce malheur irréparable, toute parole de consolation était vaine, que, maintenant, Arnaldo ne tenait plus ou presque plus à la vie, parce qu’il avait l’anxieux désir et la certitude de rejoindre un jour le fils perdu. Ce fut le mois d'avril suivant que je recus le livre dédié à la mémoire de Sandrino, avec la dédicace suivante : «A mon frère Benito, ces pages écrites en souvenir de Sandrino, dans l'angoisse la plus âpre, avec toute ma douleur. — ARrNarpo.s Je lus tout de suite le livre qui me tortura l'esprit, me procura une souffrance aiguë et toutefois ineffable et je télégraphiai à Milan :

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« J'ai lu avec une grande émotion le livre que tu as consacré à la mémoire du pauvre Sandrino et j'ai vécu à nouveau ces journées d'angoisse. Tu ne pouvais pas mieux honorer Sandrino dont le souvenir est toujours vivant dans mon Cœur. »

Pendant que j'écris ces mots — soir du 31 décembre 1931 — je regarde le portrait de Sandrino qu’Arnaldo m’a envoyé avec cette dédicace : « A Benito, notre chef, ce rameau détaché du tronc, à vingt ans. — Arnaldo et Augusta. — Septembre 1950 — VIII > et je me souviens du 31 décembre 1930, quand Arnaldo était mon hôte à la villa Torlonia. Je trouve cette note dans mon journal : «A minuit nous avons écouté à la radio les cloches de Gênes et les sirènes du Port. Arnaldo était triste et Augusta plus triste encore que lui. »

Dans les dernières années Arnaldo fit une série de discours qui n’ont été oubliés ni par les fascistes ni par le public. C’est ainsi qu’à Pavie, on se souvient encore de sa conférence « Vers le nouveau primat », qu'il ft pour l'inauguration de l'Institut Fasciste de Culture, le 17 janvier 1929. Un discours qui eut une grande répercussion fut celui qu’il prononça à Milan le 9 mars 1928, an VL et qui avait pour titre : « Les forces majeures. » Un autre, très intéressant aussi, au Théâtre Lyrique de Milan, remonte au 13 mars 1929. Arnaldo y explique pourquoi il n’était pas au nombre des candidats :

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