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k il En mai 1931, j'insistai beaucoup pour qu’Arnaldo vi- He sitât la Lybie. Je le fis dans l'espoir qu’il pût se dis- 1 traire un peu. Il y alla avec son fils Vito. Il débarqua 1e à Tripoli le 2 mars. A la suite de sa visite à la colonie, EE il écrivit certains articles qui plurent à de hauts fonc- 1h tionnaires de la métropole et des colonies. En cette 1:35 occasion c'était le journaliste qui triomphait. Mais dans Wii à | un manuscrit resté jusqu'alors inédit et que je fis pour- 1: tant lire au Ministre Quadrumvir de Bono, on trouve qu Ê des notations qui ne sont plus du journalisme, mais de {us la poésie. Arnaldo a visité Sabrata, où l’on pratique des no à fouilles ainsi qu'à Cyrène ou à Leptis Magna. Spectacle ("ie jt grandiose qui provoqua chez Arnaldo des méditations ah ja profondes sur les vicissitudes des choses humaines : CHERS « J'errais à travers les champs sur les dunes. Une il ji pluie récente les avait couverts d’une tendre verdure 1 qui bientôt disparaîtrait avec la chaleur qui déjà comai Ji mençatt. J’apercus tout à coup de vastes massifs de no {leurs aux tons chauds comme sous les tropiques : rouge ii] 1 foncé, azur intense, il y avait là des prairies entières de 1! HE fleurs couleur d'or et de marguerites délicates. Où ai-je à [LE È éprouvé ces sensations d'ambiance, de couleur, de temps, | |. | que je ne réussis pas à situer dans l'aujourd'hui, mais A fl | dans une époque lointaine dont je ne me souviens pas, ci dans un décor que je ne réussis pas à reconstituer par
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< Je retourne à Tripoli au coucher du soleil. Le soleil, qui tombe dans la mer, teinte de pourpre vive l'horizon. Pensées lointaines, sentiments qui se débattent aux frontières inexplorées des âmes, souvenirs des gloires anciennes et de douleurs récentes. Mélancolie douce et grave du crépuscule. »
Mais voici une autre note non moins poétique, que J'ai trouvée dans ses papiers. Elle doit dater aussi de 1930 ou 1931. Elle a pour titre : Nuages. La voici :
J'ai vu ce matin souriante
la terre.
J'ai respiré l’âcre odeur ferrugineuse des mottes de terre brûlée imprégnées de la pluie féconde.
Les plantes
semblaient sorties
d’un bain de fraîcheur
pour une fête
dans la gloire du soleil
et tendaient
leurs branches, leurs rameaux, leurs corolles vers le ciel,
comme pour remercier et bénir
une arrtère-garde de nuages
qui fuyatent
pour aller arroser
d’autres terres lointaines.
C'est ainsi que je voudrais un matin me réveiller à l’improviste,
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en me sentant allégé
des scories
de la matérialité,
en me sentant tout prés
des êtres chers
OR l'âme libérée
fai È vers les rivages immortels !
Fa Ne pas croire au mal,
goûter le bonheur de s'élever toujours plus haut, embrasser avec une ardeur passionnée les frères qui souffrent,
{ous ceux qui esperent ;
croire à la force souveraine,
a la pensée qui éclaire
le monde ;
tendre son esprit vers les cimes comme les stèles et les plantes NL vers les cieux !
LEE Mais les désirs de notre âme 11e s’enfuient, eux aussi,
comme les nuages
vers des rives lointaines.
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« Embrasser les frères qui souffrent et ceux qui espérent > voilà le leitmotiv des pensées d’Arnaldo, pendant toute sa vie et surtout pendant la dernière période de son existence. |
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ù Tragiques instants ! D’un tragique qui ne peut être | tout à fait compris que par ceux qui sont « continués » : dans le temps par leurs enfants. La mort de Sandro a | donné à l’âme d’Arnaldo sa pleine maturité. Et, quand | +